‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 28 sur 146 · A M. LE DUC D'ESPERNON · texte numérisé non relu

A M. LE DUC D'ESPERNON

[Paris,] \l\ décemLre 16&/1.

Monsieur, Bien que je sçache que le zèle que vous avez pour le service du roy vous excitera assez à travailler à remettre en bon estât, et le pluslost qu il vous sera possible, le régiment de Guyenne, je ne laisse pas de faire une chose superflue en vous y exhortant, et de vous conjurer d en donner, en celte occasion, une preuve sy nécessaire. Vous n'ignorez pas ce qui s'est passé, cette campagne, en Catalogne'2, et vous ne dou-

1 II s'agissait d'assiéger cette ville. On lit dans les Mémoires de Turenne (édit. Michaud et Poujoulat, p. 379): (rLaplacede Frankendal, qui est entre Spire et Worrns. incommodoit beaucoup la communication de ces deux places. -

5 La guerre de Catalogne, qui avait été malheureuse en 1 6M1 , préoccupait vivement

Mazarin. Le maréchal de La Mothe, rappelé de Catalogne, avait été arrêté à Lyon et enfermé au château de Pierre-Encise. En attendant l'arrivée du maréchal d'Harcourt , le sieur du Terrail avait été chargé du commandement des troupes.

Le manuscrit de la Bibliothèque nationale Kr. '1 170(1°' 3oo-3o8) contient une ample

Décembre terez point aussy, à mon avis, que , Sa Majesté ayant tant d'interest que ,c/l6- la face des affaires s'y change, et que ce qui s'y est perdu s'y regagne, vous ne sçauriez luy faire chose plus agréable que de contribuer ce qui despendra de vous à l'avancement d'un dessein sy magnanime. Outre cela, j'ose me promettre que vous ferez quelque considération de la prière que je vous en fais, puisqu'il est vray que personne n'est avec plus de passion que moy, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° i 7 19, t. II, P 186 recto. — Copie du temps.

A M. DE TUREN\E.

[Paris,] 16 décembre 16'ift.

Monsieur, Pour respondre à la vostre du 2 3 du passé, je vous diray qu'il m'a esté un peu sensible d'apprendre la nécessité où se trouve nostre cava-

instruction du 8 décembre i6'i4, adressée ;i M. du Terrail, et concernant les recrues et quartiers d'hiver de l'armée de Catalogne. D. Joseph Margarith, Pierre de Marca, les intendants du Boscpiet et Ballhazard , reçurent des instructions analogues ( Fr. ^1170, fos 3o8-3io). Vient ensuite un état des troupes de Catalogne (Uni. P 3 1 o v°-3 1 6 r°.) Le roi adressa , le 1 2 décembre 1 6 1\ h , une lettre aux députés du principal de Catalogue sur la levée d'un régiment d'infanterie catalane, qui devait être payé comme celui des gardes françaises du voi (Uni. I" 3 16- 317). Le 1G décembre, M. de Marca, visiteur général de Catalogne, recevait une lettre relative aux immunités ecclésiastiques de cette province (ibii. f°s 317-818). Le roi écrivait, le a5 décembre, sur le même su-

jet, aux députés du principat de Catalogne (Fr. h 170, f°s 3i8 v°- 819 v°)et aux conseillers de Barcelone (ibii. î" 319-v0 32o). Voyez d'autres mémoires du principal de Catalogne avec les réponses du roi (ibii. Ps 320-325).

On trouve dans le manuscrit de la Bibliothèque nationale Fr. /i 1 69 (fos 1/18 v°-i56 v") une instruction en date du 22 décembre i644, au sieur du Plessis-Besançon , se rendant en Catalogne.

Enfin, le 29 décembre 1666 , le roi écrivait à Pierre de Marca, aux députés du principat de Catalogne, aux conseillers de Barcelone et à D. Joseph Margarith, pour leur annoncer le départ du comte d'Harcourl pour la Catalogne (manuscrit de la Bibliothèque nationale Fr. /ii 70, fos 333 v°-337).

lerie, ayant supposé le contraire, et ne la croyant pas en si mauvais Décembre estât que vous me mandez; mais, comme je ne cloute delà vérité de vos paroles et que je juge, aussy bien que vous, absolument nécessaire de remédier à ce mal, d'abord que j'ay reçcu vostre lettre, j'ay fait appeler messieurs des finances, et leur ay lait comprendre le besoin inesvitable qu'il y avoit d'ajouster encore présentement une monstre à la dernière qui vous a esté envoyée, et, bien que nous soyons maintenant sur le fort de la despense que nous sommes obligez de faire, et que le recouvrement d'argent se rende tous les jours plus difficile, on ne laisse pas de travailler à vous faire présentement cette somme, et je vous puis asseurer, ou que je manqueray de crédit, ou que vous serez satisfait de ce costé-là le plustost qu'il sera possible.

Je ne sçay pas quels sont les comptes que vous faites de l'argent qui a esté envoyé depuis un an à l'armée; mais je sçay bien que les parties contenues dans le mémoire cy-joint ont esté eflectivement payeez, outre les avantages que les gens de guerre ont tirez de la ruine de Lorraine et d'Alsace.

Mais, affin qu'il ne nous arrive plus d'embarras de ce costé-là, ny rien à quoy nous ne nous soyons attendus, je vous supplie de nous faire sçavoir jusques où vous croyez que la despense de l'armée se pourra monter cette année, affin que, selon cela, nous prenions de bonne heure nos resolutions et ajustions nos mesures.

Pour ce qui est de l'augmentation de six compagnies pour le régiment de Roqueservieres que vous jugez devoir estre donné à M. Smitberg, à qui il a desjà esté , il me semble qu'il seroitplus à propos d'augmenter les soldats dans les compagnies que les compagnies dans les regimens, etainsy qu'il vaudroit mieux , en levant seulement deux compagnies nouvelles pour mettre ledit régiment à douze, bailler audit sieur Smilberg l'argent pour lever les hommes qui auroient composé les autres quatre et les partager aux dix compagnies qui sont sur pied, d'où l'on tireroit aprez celles qu'on jugeroit nécessaires pour laisser en garnison. Ce n'est pas que, si vous estimez que le service se fasse mieux de l'autre façon, vous n'ayez le pouvoir de le faire et que

Décembre vous ne le deviez mesme faire, puisque le bien des affaires de Sa Mal(;''''- jesté doit toujours estre la règle de vostre conduite.

J'ai fait donner de l'argent" à M. de Belnave pour lever encore cinq cents hommes, qui doivent bientost marcher et luy incontinent aprez; j'estime qu'avec ce renfort son régiment se pourra mettre à mille hommes.

Je travaille encore pour en envoyer quatre cents à mon régiment, et je tascheray de vous en faire envoyer trois cents, sous un bon officier, de la levée que nous avons fait faire en Irlande, et que nous avons envoyé quérir. Avecceux-cy et ceux que vous avez desjà il s'en pourra former un corps, qui pourra subsister et se maintenir.

Vous ne me pouvez plus sensiblement obliger que de me mander avec franchise vos sentimens touchant les personnes que je vous ay proposées, et il n'y a rien que je désire avec plus de passion , de mes amis, que cette manière de procéder. Et, comme l'on ne désire point mettre personne en la place qu'avoit M. d'Aumont qui ne vous soit agréable, et qui n'ayt les qualitez nécessaires, non-seulement pour bien vivre avec vous, ce qui, à mon avis, n'est pas malaisé, mais encore pour pouvoir s'accommoder à l'humeur des Allemands et s'en faire considérer et aymer, je vous supplie de nous en proposer quelqu'un que vous croyiez capable de réussir en cela et de vous donner la satisfaction à vous et au reste de l'armée.

Et, comme vous ne m'escrivez rien de M. d'Hoquincourt ', sinon que vous ne le connoissez pas bien, je vous diray qu'il passe pour estre un des plus vieux mareschaux de camp que nous ayons, et fort entendu dans le mestier, qu'il est fort riche, et porté à faire une belle despense, qui ne sont pas des qualitez peu considérables pour le dessein que nous

' Charles de Monchy , marquis d'Hoc- kcrque. Ce fut son amour pour M"" de Châ-

quincourt, devint maréchal de France en lillon qui l'entraîna dans le parli delà Fronde.

1 65 1 . Il s'attacha au prince de Condé pen- Il lui livra Péronne, dont il était gouverneur,

danl la Fronde, et le suivit lorsqu'il passa Tout le inonde connaît le billet qu'il lui écri-

du côte" des Espagnols. Le maréchal d'Hoc- vait: Péronne est à la belle des belles. quincourl fut tué. en iG58, devant Dun-

avons. On dit seulement qu'il est un peu hazardeux ; mais j'estime que. Décembre devant servir sous vous et exécuter vos ordres, il n'y a pas beaucoup à craindre de ce costé-là. Cela n'empesche point que vous ne deviez m'en mander avec liberté \ ostre sentiment, puisque enfin je désire vostre consentement sur toutes choses.

Pour ce qui est de la lieutenance de Boy de Brisach en faveur de M. de Gharlevois, j'en parleray au premier conseil de guerre qui se tiendra pour y faire résoudre l'affaire; mais d'autant qu'il est nécessaire, au préalable, d'ajuster quelque chose qui regarde M. d'Oysonville, je vous prie de tenir la chose secrète jusqu'à nouvel avis. Vous pouvez neantmoins dire en gênerai au sieur de Gharlevois qu'on songe icv à Juy et de bonne façon. Il fauclroit sçavoir de luy en particulier s'il se trouveroit assez fort pour lever un régiment, auquel cas celuy d'Oysonville pourroit servir dans l'armée.

Je suis bien ayse que vous ayez conseillé Mm la Landgrave d'envoyer du renfort à M. Torstenson; j'avois eu la mesme pensée, et m'en estois laissé entendre en cette sorte à son résident qui est icy. Sy les nouvelles qui nous sont arrivées se confirment et que Gallas ayt esté mal trailté dans sa retraitte de Bernbourg1, ce renfort n'y aura pas peu contribué, et les Suédois auront vu par là que nous allons tout droit au bien du party confédéré, et préférons ses avantages aux nostres particuliers, puisque vous auriez pu vous prévaloir des forces hessiennes pour les desseins que vous avez delà le Rhin; il faut neanlmoins, pour nous asseurer plus précisément de l'eschec que les impériaux ont receu par les Suédois, qu'il nous en vienne d'autres nouvelles.

Cependant j'escris àMmola Landgrave, conformément à ce que vous me mandez, pour avoir deux de ses brigades, soit qu'elle nous les Iransporte tout à fait, soit qu'elle vous les preste pour vous en servir la campagne prochaine, à quoy vous travaillerez aussy de vostre costé,

' Capitale des ducs d'Anhall-Bernbourg, Magdebourg, poursuivi par Torstenson et près du confluent de la Saale et de la Wip- kœnigsmark. per. Le 17 novembre, Gallas se relira vers

Décembre et à quoy. outre l'autorité du roy qui est attachée à vostre charge, la i644. proximité du sang qui est entre elle et vous pourra beaucoup contribuer, et, de mon costé, pour faciliter cette affaire, je procureray le payement des pensions que le Roy donne aux ministres de ladite dame. Bref, j'agiray, et par mes lettres et avec son résident, conformément à ce que vous m'escrivez.

Si M. de Tracy se résout de ne retourner plus à l'armée, on verra de vous envoyer quelque homme de robe qui soit homme d'ordre et d'intelligence, et capable de régler les péages et les contributions et les autres choses qui regardent la subsistance de l'armée, aussy bien que de manier l'argent du Roy, ce qui, à mon avis, requiert davantage qu'on ayt de l'honneur et de la probité qu'une grande suffisance.

Vous ne m'avez rien respondu touchant le sieur Brachel, qu'on retirera, si vous le jugez ainsy, et que vous pourrez aussy garder, si vous croyez qu'il puisse eslre utile en travaillant sous un autre, dont il n'aura qu'à exécuter les ordres.

J'approuve fort la pensée que vous avez pour Frankendal 1, et vous devez vous asseurer que, sy nous pouvons contribuer quelque chose de deçà pour la faire réussir, nous ne nous y espargnerons pas. Si vous pouvez vous rendre maistre du chasteau de Greusnac, ce ne sera pas une petite avance.

Il nous est venu nouvelle que vous aviez assiégé et mesme pris Gerzen2; mais nous attendons sur cela les vostres. On escrit aussy que le duc Charles et Gleen ont passé la Mozelle et sont allez du costé de Bacarach et de Binglicn; sy cela est, je ne doute point que vous ne preniez le party qui sera le plus avantageux et le plus seur 3.

Quant aux nouvelles plus generalles, M. de la Thuillcrie nous donne bonne espérance de la paix qu'il traite, à quoy ne servira pas peu l'eschec que le roy de Dannemarck [a essuyé], et le mauvais estât où se trouve Gallas, et bien que, sans cela, le susdit roy n'eust pas

Voyez plus haut, p. 1 1 5, note 1. Worms et Oppenheini , faisait partie de l'é-

Mazarin veut probablement parler de lectorat de Mayence. Gersheim. Cette petite ville, située entre 3 Voyez plus liant , p. lia, ti3, note 3.

grand sujet désire satisfait de la conduite de l'empereur, qui ne l'a Décembre

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secouru que de mine et cl apparence.

Nous sommes jusques icy asseurez que le prince Ragosky est ferme à vouloir continuer la guerre en Hongrie, et il y a de l'apparence qu'un gentilhomme que le Roy envoie pour résider auprez de luyavec une somme considérable d'argent ne l'esbranlera point de sa resolution.

Un ministre ' que le Roy a envoyé en Pologne nous asseure qu'il ny a rien à craindre de ce costé-là pour les Suédois, et que, pourveu que le prince Ragosky n'entre point dans les Esta ts du roy de Pologne, celuy-cy en usera de mesme pour les siens. Il a grande envie de se marier en France 2, et on n'aura pas grand' peine à luy donner cette satisfaction, n'y ayant point faute de partys sortables. Gela nous servira à nous asseurer tousjours de plus en plus de son affection, et à empescher qu'il ne fasse rien eu faveur de nos ennemis et au préjudice de nos alliez.

Il y a un certain Angelo Octaviani, chanoine de Mayence, qui me presse fort de luy obtenir un passe-port pour luy et pour deux valelz, pour venir en France. Je l'adresse à vous pour le luy donner, à quoy je ne voy point d'inconvénient, et bien qu'il le désire pour venir faire icy des plaintes contre le gouverneur et la garnison de Mayence, j'esliinc qu'on ne doit point refuser cette satisfaction à ceux qui le veulent disputer, puisque nous sommes préparez à ne croire point de léger, et à ne condamner pas ceux qui seront accusez sans avoir ouy leurs deffences; en tout cas, nous ferons tousjours la considération que nous devons de ce que vous nous en manderez.

Je vous supplie me mander ce que vous jugez que nous puissions faire pour la satisfaction de M. de Rosen, vous asseurant que je la desire avec passion, et que j'y contribueray tout ce qui dépendra de moy. Je m'asseure que vous serez fort satisfait de ce gentilhomme

' Ce ministre était Nicolas Flexelles de ~ Le roi de Pologne épousa, en effet,

Bregi. Voyi / de la Barde. De rébus gallicis , une princesse française. Marie deGonzaguep. 1 1 y.) Mantoue.

MizARin. — -m iG

Décembre [et pour] son parler et ses autres bonnes qualités; il n'a point d'attal64ù" chement à Paris, et a une grande application au mestier à voslre exemple.

Depuis avoir escrit ce que dessus, le sieur de Tracy est arrivé, il a résolu de retourner en Allemagne , ce qui a arresté la pensée que j'avois de vous Caire envoyer un homme de robe. J ay fait donner à M. vostre neveu ce que vous avez désiré. Croyez que je suis plus verilablement, etc.

Archives des Affaires étrangères; Allemagne, t. II, p. 890. — Copie du temps.

MAZARIN AUX PLÉNIPOTENTIAIRES

(extrait.)

I Paris,] i 9 décembre 1 6A 'i .

Messieurs, .le nie conformerois mal aux volontez de la Reyne si je suivois l'exemple que vous me donnez de vous escrire en particulier; vous me dispenserez d'entrer dans le destail de vos nouvelles contestations, me remettant à M. de Brienne de vous faire sçavoir sur chacune le sentiment de Sa Majesté et de son conseil, où disant mon advis sur toutes choses, je nie suis assez estendu au long et en ay encore entretenu particulièrement ledit sieur de Brienne; mais je ne puis pas mempescher de vous dire qu'on s'est extrêmement estonné que de si légères occasions, qui, à le bien prendre, ne sont toutes que bagatelles, ayent ueantmoins esté capables de remettre la division entre vous- contre les ordres de Sa Majesté; et véritablement, si elle continuoit plus longtemps, cela seroit aussy peu advantageux à la grande estime que l'on a de vostre suffisance qu'au bien du service de Sa Majesté, qui en peut recevoir un notable préjudice, particulièrement dans Testât présent des affaires, qu'on a lieu d'espérer que les advantages que nous avons sur nos ennemis les feront penser tout de bon à mettre leurs interests

à couvert par le moyen.de quelque accommodement. Agréez la liberté Janvienôis. avec laquelle je vous en parle, puisque ces deux inconveniens me seraient infiniment sensibles.

Après avoir engagé les plénipotentiaires à la concorde, Mazarin leur indique la marche qu'ils doivent suivre en s'occupant d'abord des affaires d'Allemagne el d'Italie. Il les prévient que les Espagnols ont envoyé des e'missaires pour s'efforcer de détacher la Suède de la France, et il les engage à surveiller leurs démarches.

lu.

irchives des affaires étrangères. — Allemagne, t. III. p. îAA, 1/19. — Copie du temps. MAZARIN ALIX PLÉNIPOTENTIAIRES.

(extrait. 1

[Paris,] 21 janvier i665.

Je croy vous devoir advertir que l'evesque de Boy-le-Duc1, que le roy d'Espagne a nommé pour aller de sa part à Munster, est celui duquel ils se sont lousjours servis pour négocier avec MM. les Estais et avec M. le prince d'Orange, quand il s'est parlé de leur accommodement particulier, si bien que peut-estre pourroient-ils avoir résolu de' l'employer à l'assemblée, afin d'introduire quelque nouvelle négociation avec les députez de Hollande et les desunir d'avec nous , comme ça tousjours esté une de leurs plus fortes passions et comme ils travaillent sans cesse à cela prez de nos autres alliez.

M. le nonce, qui est en cette cour, en suite du discours que je luy lins sur le sujet des ministres d'Espagne, qui sont à Munster, escrivit à M. le marquis de Castel-Rodrigo les senti mens qu'on en avoil icy. Il y a fait faire response par linlernonce qui réside à Bruxelles, qui contient , en substance, qu ils ont tout pouvoir de trailter et de conclure; qu'ils sont gentilshommes de bon lieu et ne sont pas inférieurs aux autres qui sonl de delà.

Bois-le-Duc, capitale du Brabanl septentrional.

Janvier i6'i5. On sçait fort bien que M. Saavedra est bien gentilhomme, qu'il a de l'esprit, qu'il y a longtemps qu'il sert, et que quand il ne le seroit pas et qu'il auroit tous les deflauis du monde estant plénipotentiaire, il doit estre rescognu pour tel, et on traiteroit avec luy comme l'on a fait; mais tout cela n'empescheroit pas qu'on ne deut dire ce qu'on a dit, et croire que, quand véritablement le roy d'Espagne se resoudroit à la paix, il envoyeroit quelque personne de plus grande estofïe et qui ayt eu des employs plus considérables, particulièrement après en avoir desja nommé plusieurs de cette sorte.

Mazarin prévient les plénipotentiaires qu'on a arrêté à Paris et enfermé à la Bastille un nommé D. Diego de Casteluis, qui cherchait à faire évader les prisonniers de la Bastille et à entretenir des relations secrètes avec divers personnages, et même avec le duc d'Orléans.

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