‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 31 sur 146 · LX1V · texte numérisé non relu

LX1V

Manusc. de la Bibi. Vlazarine. n° 1719. tome 1, fQ 0*76 verso. — Copie du temps.

A M. DE LONGUEVILLE 2

[Paris, ) 16 mai i6&ij.

Monsieur, Nous n'avons point de response précise de M. de Gremonviile sur les instances qu'il a faictes au Pape pour faire donner ordre à son nonce à Munster de vous faire traiter d'Altesse. Connue il estoit sur le poinct de son départ, il n'a pu tirer autre esclaircissement de l'intention de Sa Saincteté, si ce n'est qu'Elle adviseroit et feroit savoir à son ministre ce qu'Elle auroit résolu, et de quelle façon il devroit s'j conduire. Cela m'a obligé de presser encore M. de Bagny3 de faire une vive recharge aux lettres qu'il en a cy-devarit escrittes et à Rome et à

François Barberini était le cardinal neveu . et son frère cadet était le cardinal Antoine. 11 y avait un troisième frère nommé I). Taddée. On lit dans les Mémoires de l'abbé Arnauîd (édit. Micbaud etPoujoulat, p. 5 12) : rrOn les accusait (les Barberios) de beaucoup de choses qu'il étoit fort difficile de prouver; mais le plus grand de leurs crimes éloit davoir amassé beaucoup de biens sous le long pontifical de leur oncle Urbain VIII . ce qui avoit excité l'envie et l'avidité de doua Olympia, belle-sœur du pape et toutepuissante sur son esprit. Le cardinal Antoine, qui paroissoil être le plus en butte. s étoit déjà sau\é en France (en décembre iG'iô. au moment ou Henri Arnauld se

rendit en Italie avec son oncle), et toute la prudence et la sagesse du cardinal François Barberin ne le purent si bien assurer qu'il ne lût contraint, quelque temps après, de fuir, avec toute sa famille, le même péril et de chercher le même asile (la protection de la France).»

9 Henri d'Orléans, duc de Longueville.

devait se rendre à Munster pour y représenter la France avec d'Avaux et Servien. M. Victor Cousin a donné des détails intéressants sur l'ambassade du duc de Longueville, dans l'ouvrage intitulé: Jeunesse de Madame de Longueville , p. -^67 delà 3' édition.

Nonce du pap< France.

I6/i * LETTRES

Mai l6/i5. Munster. Enfin je ne laisse rien en arrière de ce que je crois pouvoir contribuer à vous donner cette satisfaction, et, quand je fais reflexion au traitement que vous avez autrefois receu des Suédois et en Allemagne, je conçois bonne espérance que les ministres de cette couronne-là et ceux des autres princes nos alliez s'y porteront volontiers; mais je prendra) bien la liberté de vous représenter (et m'asseure de vosfre équité que vous en demeurerez d'accord avecmoy) que les dilficultez que les médiateurs ] et nos parties2 pourroient y apporter ne doivent pas empescher la négociation, puisque certainement les ennemis ne manqueroient pas de dire que la France, n'ayant nulle disposition à la paix, va mendiant des prétextes pour en esloigner le traitté; ce qui tourneroit non-seulement à un préjudice notable pour cette couronne, mais au desavantage de rostre personne, qui seroil chargée de toute cette envie. Vous avez sceu l'accident arrivé à M. le mareschal de Turenne3. Je suis certain qu'il aura fait tout ce qui pouvoit dépendre de luy, et ce qui m'afflige quasi le plus, c'est le desplaisir sensible que luy-raesme aura eu de son malheur, parce que, d'ailleurs, il y a lieu d'espérer qu'il pourra bienlost estre reparé avec usure, et que cela n'apportera aucune altération aux affaires d'Allemagne. L'Empereur a son armée ruinée: M. Torstenson est aux portes de Vienne avec des forces tres-considerables , outre la jonction qu'il peut faire avec le Ragostky 4. kœnigsmark et. les troupes de M" ;e la Landgrave | sont] desocupées et libres d'agir partout; la paix de Dannemarck est sur le point d'estre conclue, et, pour ne se fier pas entièrement sur autruy, le Roy envoyé en Allemagne une armée plus forte que n'esloit celle de M. le mareschal de Turenne, sous la conduite de M. le duc d'Anguien, qui part dans quatre jours.

Au reste, vous agréerez bien qu'au lieu de m'affliger de ce que vous estes sur le point de perdre pour quelque temps la compagnie de

1 Le Vénitien Contarini et le nonce dn Turenne avait été surpris et vaincu par

pape, Fabio Cliig-i. 1rs Bavarois à Mariendal, le 5 màii6A5.

s Nos adversaires, les Autrichiens et les " Waywode ou prince de Transylvanie.

Espagnols. ( Voyez t. I des Lettres de Mazarin, p. 5a.

Madame vostre femme1, je me resjouisse avec vous du sujeclqii' eau- Mai i645. sera cette séparation. Je ne sçaurois à beaucoup prez vous exprimer la joye que j'av ressenty de vous voir en estât d'avoir bientost un digne successeur de vostre nom et de vos vertus 2, personne au monde n'y ayant pris tant de part que moy, comme nul autre ne peut estre avec une sy véritable passion que je suis, etc.

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