‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 32 sur 146 · AV · texte numérisé non relu

AV

Archives des Affaires étrangères (Allemagne), tome III. p. 81/1-819. — Copie du temps.

MAZARIN A IX PLÉNIPOTENTIAIRES

[ Paris, ] au mai i645.

(extrait.)

Nous axons esté prez de huict jours entiers dans les inquiétudes de ne sçavoir de quelle considération estoit l'accident arrivé à M. le mareschal de Turenne3, ny aucune des parlicularitez, qu'avec incertitude. A la fin, il arriva hier un courrier de ces quartiers-là, qui nous en a donné plus de lumière, nous ayant asseuré que ledil sieur mareschal n'avoit combattu qu'avec sept régiments de cavalerie et trois d'infanterie; qu'avec cela la victoire avoit esté chère aux Bavarois; que ledit sieur mareschal, partie avec ceux qu'il avoit ralliez, partie de ceux qui le venoient joindre, où estoit le sieur de Tracy, avoit repassé le Mein

1 Anne-Geneviève de Bourbon, lille du vrier 169/1. (^oyez sur la fin de ce prince, prince de Condé et sœur du duc dEnghien, avec lequel s'éteignit la maison de Longuemariée, le 2 juin i64a, au duc de Lon- ville, les Mémoires de Saint-Simon > edit. lla- ;;ue\ille. (Voyez la Jeunesse de Madame de chetle, t. I, p. 1 83.) D'après Saint-Simon, Longueville, par M. Victor Cousin.) l'abbé de Longueville avait l'esprit égaré.

" L'héritier que l'on commençait à es- rren sorte qu'il fut enfermé dans l'abbaye

pérer en mai i(i/i5 naquit le 12 janvier de Saint-Georges [de Boscherville] près de

1 066. Il reçut les noms de Jean-Louis- Rouen , pour le reste de sa vie , où il n'étoil

Charles d'Orléans, duc de Longueville et vu de personne, et M. le Prince prit l'ad-

d'Kstouteville. Il entra dans les ordres et ministration de ses hiens. » devint prêlre en 1669: il mourut le /1 fé- ' Voyez ci-dessus, p. i6'i. note 3.

Mai i645. avec deux mille chevaux, et alloit joindre les troupes de M'"e la Landgrave, et qui! estoit arrivé plusieurs de nos reginiens et de nos troupes à Brisach, Strasbourg, Philipsbourg et Francfort. Comme l'on avoil creu l'armée entièrement défaite et aprehendé qu'il ne fut mesarrivé à la personne de M. le mareschal de Turenne, et que Sa Majesté, d'abord , pour jouer au seur, donna tous ses ordres sur ce fondement là, faisant passer, sans perte de temps , M. le duc d'Anguien avec une armée plus considérable que n'esloit l'autre, il y a lieu de se promettre que cette disgrâce sera bientost reparée avec usure, et M. de Bavière, qui n'avoit en teste que des forces qui n'estoient pas esgales aux siennes, s'en sera attiré sur les bras de plus considérables avec la personne de VI. d'Anguien , qui , sans cet accident, eust pris sa marche d'un autre costé.

Gomme le principal but que l'on a eu en faisant avancer le mareschal de Turenne a esté dasseurer la suite des progrez contre l'Empereur à l'armée suédoise, empescbant celle de Bavière de fortifier l'ennemi , je veux croire que, soit pour le service de la cause commune, soit pour la loy de la bonne correspondance, les ministres de Suéde n'oublieront rien pour nous assister en ce rencontre, et qu'il n'y aura pas grande peine à porter MM. Oxenstiern et Salvius1 de contribuer tout ce qui dépendra d'eux pour faire que Kœnigsmarck , s'il est nécessaire, se joigne à M. de Turenne, ou qu'il agisse de concert avec luy. affin que M. d'Anguien estant arrivé et Mme la Landgrave joignant aussy ses forces aux nostres, on puisse un peu rabattre l'orgueil de ] armée bavaroise et la mettre à la raison.

Le reste de la dépêche est relatif à des levées de troupes qui devaient fortifier I année de Turenne.

1 Plénipotentiaires suédois qui négociaient était fils d'Axel Oxenstiern, chancelier de à Osnabriick. (Voyez t. Ides Lettres de Ma- Suède. tarin, p. 117. 58(5. etc.) Jean Oxenstiern

DU CARDINAL iMAZARlN. 167

Mai i6â'E

IAVI.

Manusc. de la Bibliolli. Mazarine, n° 1719- tome I, f" 37g recto. — Copie du temps.

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