‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 36 sur 146 · AL SIGNOR PAOLO MACARANI1, ROMA · texte numérisé non relu

AL SIGNOR PAOLO MACARANI1, ROMA

Di Roma, li 26 maggio i645.

Diverse lettere di costi portano le diligenze de! signor Mario Frangipani à favore di Beaupuy uno de principali capi délia conspiratione contro di me2, et essendone stato 1 et ta una 11 el consiglio ch'era diretta al segretario di Stato, ogn' uno si è maravigliato che un huomo accusato di lai delitlo trovasse tanti protettori in luogo dove la dignità cardinahtia è più rispettata. lo non voglio entrare nella materia, perche si puol coti ragione presumefe che vi habbia interesse, ma dire solamente à Vostra Signoria che la condotta del signor Mario, per il riguardo de! Rè e per il mio, non "è buona. E verô, che io non [penso] à vendicarmene, nia non vorrei che obligasse Sua Maestà à farlo. Non sarebbe

1 Paul Macarani, un des correspondants de Mazarin à Rome, était en même temps un des familiers d'Innocent X. Mazarin savait que ce qu'il lui écrivait serait communiqué au pape.

J Voyez tome I des Lettres de Mazarin, p. 337, note 2. (I faut consulter, sur le séjour de Beaupuis à Rome, les Mémoires de H. de Campion, qui avait aussi trempé dans la conjuration contre Mazarin (édit. Treuttel et Wûrtz, Paris, 1807, p. 286 et suiv.). Beaupuis fut ai ré lé et enfermé à Rome au château Saint-Ange. Il n'en sortit qu'après l'évasion du duc de Bcaufort du donjon de Vincennes (iG48). rrBeaupuis sortit, alors, dit Campion. l'esprit un peu aliéné, de sorte que son père, le comie de Maillé, le retira chez lui , on Gascogne , sans

qu'il ait paru dans le monde depuis. » Grotius parle aussi de l'emprisonnement de Beaupuis dans sa lettre du 3o mars-y avril i645 : -Beaupuys nondum hue venit navihus longis, uti dicebatur; sed custoditur in arce Arcangeli, mullum pro libertate ejus laboranle cardinale Medicœo, qui eum in tutelam suam receperat.i H. de Campion parle aussi, dans ses Mémoires, du cardinal de Médicis; mais il ne le fait pas intervenir avec autant d'ardeur en faveur de Beaupuis. Comme Campion se trouvait à Rome avec Beaupuis. qu'il partageait son logement, et. qu'il fut témoin de son arrestation, qu'il a racontée en grand détail, on doit consulter de préférence ses mémoires pour tout ce qui concerne cet ennemi de Mazarin.

in ruio potere d' impedirlo se il detto signore continuasse à lare oslen- juin i64£ latione di condursi in modo da disgustare e procurare pregiuditii ad un si gran Rè, che per essere di sette anni, non lascia d'havere le mani assai lunghe.

Alcuni scrivono che il signer Mario si riscalda all'avantaggio di Beaupuy, perche si persuade d'incontrare il gusto del Papa, che vorrebbe havere canipo di ben trattare il sudetto, e per compiacere à Spagnuoli che lo proteggono, e per l'are dispiacere à me, che Sua Santità non ama. Io non starô à ricercarne la vera ragione, ma mi contentarô d' haver accennato tutto questo à Vostra Signoria per scarico dell'amicitia, che ho professata sempre al signor Mario, come ella hà potulo conoscerc, e nel rimanente non starô à mettermi in pena di quello sia per segnirne. Il papa pensarà bene alla condotta che dovrà tenere in un negotio di questa importanza, e molto più il signor Mario dovrà essaminare quello li convenga; et ancorche siscriva e si creda da molti in contrario, io non dubito punto che la Santità Sua havrà horrore, quando se li proponga di proteggere uno, che hà voluto attenta re alla persona d'un cardinale.

Con che resto, etc.

Archives des Affaires étrangères (Allemagne), tome 111, p. 891 à 89.3. — Copie du temps.

MAZARIN AUX PLÉNIPOTENTIAIRES

[Paris, ] 1" juin ifiio.

I F.XTIUIT.)

Je ne puis m'empescher pourtant devons faire remarquer que, dans l'occasion de l'accident arrivé à M. le mareschal de Turenne \ vous avez eu la plus belle matière du monde pour exagérer aux ministres

' Défaite de Mariendal ou Mergentheim (5 mai). Voyez ci-dessus, p. i64.

Juin i6ô5. de nos alliez la franchise de nostre conduitte, puisque le duc de Bavière nous offrant la carte blanche en un temps où nous sçavions que ses forces estoient tres-considerables , nous avons préféré visiblement non pas tant leur interest au nostre, puisque i'interest et le profit s'y rencontroient esgalement pour eux et pour nous dans raffoiblissement de l'ennemy commun, mais une assez légère satisfaction pour eux de ne vouloir rien conclure, quoique avantageux à tous les deux, sans leur en avoir donné part et de leur agrément, en quoy il est certain qu'ils ne seroient pas à beaucoup prez sy religieux ; ce que l'on peut représenter vivement pour les engager d'autant plus à nous correspondre do mesine.

J'ay aussy à vous faire sçavoir, afiin que vous en tiriez dans les occasions le profit qui se pourra , que nous avons de Madrid nouvelle de fort bon lieu , que les Plénipotentiaires, qui seront pour l'Espagne à Munster, se doivent remettre absolument de toutes choses à Penaranda, qui a le secret de son maistre et toute la confidence.

On mande aussi de là, de fort bon endroit, ce qu'il est pourtant à propos de tenir secret, que l'on a dessein de retirer Saavedra, parce qu'ils trouvent qu'il agist un peu trop de sa teste , et que les ministres de l'Empereur se sont extrêmement plaints de son procédé. Je croy que cela nous est avantageux, parce que c'est un homme plein d'artifice, el qui, ayant beaucoup d'esprit, pourroit plus facilement, et avec plus d'adresse, embrouiller les affaires qu'un autre, et nous faire du mal.

Mazarin continue sa dépêche par des recommandations sur les levées de troupes et la termine ainsi :

Nous venons de recevoir avis que le Turc vient pour attaquer la Chrestienté avec cent mille hommes de pied et quinze mille chevaux, cent galères, trois galeaces1, cent cinquante vaisseaux ronds et sept cens autres voiles. Vous sçavez ce que je vous ay mandé sur ce sujecl par ma précédente; c'est pourquoy il ne faut pas, s'il vous plaist,

1 Les galéacos étaient des vaisseaux beau- servaient de voiles et de raines comme ces coup plus grands que les galères, et qui se dernières.

perdre de temps d'en donner part à nos alliez et d'aller au devant, aiïin juin iG'i qu'ils ne trouvent rien à redire, si nous faisons quelque proposition non seulement digne de la pieté de la Reyne, mais qui, par bonheur, se rencontre accommodée à nostre interest particulier, estant constant que, Roses pris, nous serons obligez de quitter la mer devant l'armée que les ennemis y auront bientost.

Manuscr. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, lonie IV, f° 9.hS recto. — Copie du temps.

AL SIGNOR CARDINALE GRIMALDI, ROM A

l)i Pni'ifji, li 2 giuno îGiy.

( extrait. )

Resto molto obligato alla premura con che Voslra Eminenza simpiega nelle cose che riguardano il servitio di questa Corona et il mio particolare interesse; ma à dire il vero, io non havrei mai creduto, quando anche fossi stato certo délia aversione del Papa verso la Francia et la mia persona , che clovesse trovare protettione costi uno de principali conspiratori 1 contro la vita d'un' cardinale. Tutto il sacro collegio vi hà grand'interesse, et i carditiali Spagnuoli medesimi dovrebbero prendere parte in un' attione che nella mia persona tocca tutto il sacro collegio.

Qualcheduno haveva proposto che Sua Maestà doveva scrivere i suoi sensi al cardinale decano, ma hô giudicato à proposito di sospenderne la rissolutione sin' che Vostra Eminenza m'accenni, scia giudichi a proposito, et in che termini ella crede che si dovesse scrivere.

La regina havrebbe fatto chiamare il Nuntio2 ordinario e quello che passa in Irlanda, per parlare loro in buona forma sopra la materia.

1 II s'agit de Beaupuis, ou Beaupuy. de France se nommait Nicolas Bagni. Il tut dont Mazarin a parlé, t. I, p. 665. promu à la dignité de cardinal en 1657 et

5 Le nonce qui résidait alors à la cour mourut en 1660.

Lui, 16/i.v ma essendoue stata impedita da unaindispositione del Rè, hà ordinalo al conte di Brienne di parla re à monsignor de Bagni in presenza deir altro1, in modo che non prendendosi altra condotta da Sua Santità in uno negotio, la giuslicia del quale è cosi chiaramente per noi, non possi dalla Santilà Sua addursi per scusa di non haver saputo che il detto aflare toccasse cosi sensibilmentè questa Corona.

Importa poco, come ho scritlo già à Vostra Eminenza , che mio i'ratello sia cardinale, ô nô, es'assicuri che quando mi sono lasciato persuadere à scrivere in sua raccommandatione al signore cardinale Pamphilio, e procurare che la regina facesse il simile, hô creduto d'adulare Suà Santità, sapendo che nel posto nel quale mi trovo, senza alcuna vanità, posso havere occasione difare più per il Papa e per la sua casa di quello Sua Santità possi per la mia, consistendo tutto in accordare ùncappello; ma che Sua Santità voglia per un capriccio, ô perdare gusto à Spagnuoli, maltrattarci, è certo che Sua Maestà non lo soflrirà.

Se il padre maestro del sacre palazzo 2 havrà giuditio e prudenza 3, havrà occasione di passare una vita felice con l'arcivescovado d'Aix, «die gl' ho fatto accordare, e se gli ne mandano con questo ordinario i'espedilioni. Supplico Vostra Eminenza di regolare la sua condotta e darli quei consigli che stimerà più proprii per il suo bene e riposo.

Per ritornare à Beaupuy, è una strana cosa che il Papa non habbia trovato cominodo per lui il sioggorno nel castello di Santo Angelo, che è stato per ladietro il più proprio per la commodita e per la sucurezza aile persone le più qualificale, che siano state ritenute prigioni. lo non so di dove procéda tan ta compassione, trattandosi di caso cosi énorme, e di una persona ordinaria, come è il detto Beaupuy.

Chimique Thà voluto visitare non hà incontrato alcùn ostacolo à

' Du nonce qui se rendait en Irlande. ° Le jugement que Mazariu porte sur

" C'est le. titre par lequel on désignait son frère confirme celui de M. de Grémon-

Michel Mazarin, frère du cardinal. ville. ( Voyez ci-dessus, p. 160-161, notes.)

tarlo, e lino le persone che lia inviate costi M. di Vandomo1; mi vieil juin (6<i5 scrilto clie gl hanno parlato, e che Mario Frangipani lia corrispondenza con il Vandomo, et lia visilalo il sudetto Beaupuy, c che protegge publicamente il delitto et i delinquenti.

Molti assicurano che il Papa sia hnpegnato di parola col Grau Ducadi non rimetterlo, e vedendo di non poterseue scusare in riguardo aile vive instanze che da quesla parte se ne fanno, fondale nella giustitia. che non potrebhe essere disputa ta ad un [tribunale], poiche per Pestratto del processo iuviato, apparisce pienamente il delitto di Beaupuy, habbia Sua Sautità rissoluto di metterlo in luogo, dal quale possi il sudetto con facilita fuggirsene, assistito dalli i'autori di Vandomo 6 di dare à questo commodité di farlo avvelenare3, affinchc con la morte di Beaupuy manchi qui la principale prova per la convinzione del duca di Beauforl.

Se tulto questi succedesse in Barbaria, mi parerebbe duro, e sarebbe senza dubbio disapprovato da tulto il mondo; hora pensi Vostra Eminenza quello che deve dirsene, seguendo in Roma. lo desidero con passionc che il Papa sia ben'consigliato in un' negotio nel quale contiuuando à condursi corne hà fatto sin hora, non riceverà gran sodisfattione, e l'avantaggïo che havrà la Francia sarà c\\e ciascheduno applaudira aile rissoluiioni che Sua Maestà prenderà in un' negotio cosi pieno di giustitia e nel (piale pare che Sua Sautità prenderà piarere à maltrailarla.

Supplico \ostra Eininenza di far instruire M. Guellier1 délia forma con la quale dovra parlare e condursi e valersi clelf opéra del signer Ondedei. non essendo convenicnte che mio fratello apparisca. E seVostra Eminenza giudicasse opportuno di tcnerneproposito confidentenienle e corne da lei al cardinale Panzirolo, facendoli bon conoscere pTincon-

Le duc de Vendôme avait quitté nand II de Médicis, qui régna de 1621 à

la France après l'arrestation du duc de 1 670.

Beaufbrt, son fils, et s'était retiré en ■"' H y a dans la copie accelcnare , qui no

Italie. présente pas de sens.

! f.e grand-duc de Toscane était Ferdi- * Chargé d'all'aires de la France à Rome.

Juin i645. venienti che seguiranno ini'allibilissimamente se non vi apporta rhnedio, mi rimetto alla sua prudenza, corne ancora di parlarne nell'istessa forma al cardinale Sforza, che per moite strade mi fà pervenire che vuol servire assolulamente la Francia, e dar à me segni dell' amicitia. che publica havere per me.

Manusc. de la Bibliotb. Mazarine, n° 1719, tome II , P* 5g recto. — Copie du temps.

A M. LE DUC D'ENGHIEN

[Paris,] 6 juin i6io.

Monsieur,

L'on a jugé icy à propos de vous depescher ce courrier, pour vous donner avis de la prise de Roses l. Le sieur de Chouppes 2 arriva hier au soir, qui en apporta la nouvelle, et que les armes du Roy y estoient depuis entrées le 29e dupasse. Voilà donc une affaire achevée, et nous espérons que celle de la Motte ne durera pas longtemps, bien qu'on y rencontre de grandes difïkultez, à cause du rocher, qui fait qu'on a de la peine à trouver la terre. Comme vous sçavez, M. de Magaloty y a esté blessé3, mais sans danger, et sans que cela puisse retarder le progrez du siège.

Le sieur de Tracy arriva aussy hier au soir, quoy que son voyage ayt esté peu nécessaire, puisque nous avions remédié, et au delà, à touttes les choses pour lesquelles il a esté envoyé, et pourweu non seulement à restablir les ruines de l'armée, mais à relever encore la réputation de la France à un plus haut point en Allemagne qu'elle n'a esté; sur quoy j'estime qu'il suffit de dire que vous y allez. Son zèle neantnioins est tel, qu'il est prest à partir dez demain pour s'en aller vers le Rhin, et il tire de là l'excuse de son voyage, luy ayant esté

1 Celle ville s'était rendue le 29 mai, rin (voy. p. 918). 11 a laissé des Mémoires, comme Mazarin l'indique plus bas. 3 La blessure était plus dangereuse que

2 II a été souvent question de ce person- ne le supposait Mazarin. Magalotti y sucnage dans le tome I des Lettres de Mata- comba.

très-difficile de s'y rendre1 sans beaucoup de danger, que passant juin i645. par la France; et estant nécessaire qu'il s'y rendist pour des considérations importantes qui vous peuvent estre connues. 11 a ordre, Monsieur, de passer au Heu où vous serez pour vous voir et recevoir vos commandemens, aflîn qu'il s'avance pour les exécuter et mettre les choses en Testât que vous luy aurez ordonné. Je croy qu'il vous trouvera aux environs de Metz, au moins si vous avez jugé à propos de vous y entretenir trois ou quatre jours, comme je vous en avois prié. Cela m'oblige à ne vous point parler du particulier de sou voyage, me remettant à ce qu'il vous en dira de vive voix. Je vous envoyé seulement la coppie du mémoire qu'il m'a porté de M. le mareschal de Turenne2; vous y ferez les reflexions que vous jugerez, et me ferez ce pendant l'honneur de croire que personne n'estime, ne chérit davantage vostre amitié, et n'a plus de passion pour vostre gloire que moy.

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