‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 56 sur 146 · A M. LANIER · texte numérisé non relu

A M. LANIER

[Paris,] xo mars 16^17.

(extrait.)

Je vous diray que Leurs Majestez ont résolu déporter, cette année, le plus grand effort de leurs armes dans la Catalogne, pour y restablir les affaires au point que nous pouvons souhaiter, et qu'à cet effect Monsieur le Prince s'y en va prendre le commandement des armes de la province, ayant esté jugé à propos d'y envoyer une personne de sa naissance, de son crédit et de sa capacité, pour parvenir avec plus ée

Chargé d<^ .ill'airrs (Je France en Portugal.

seureté à nos fins, dont la principalle certainement, et que vous aurez beau champ de faire valoir de là, est de faire une si puissante diversion des forces ennemies dans l'Espagne, que le roy de Portugal ayt toute facilité de faire , de son costé , des progrez et d'estendre en sorte ses frontières, que la difficulté qu'auront les Espagnols de recouvrer ce qu'ils auront perdu et la crainte de pis les rende plus traitables à Munster, touchant les affaires du Roy.

J'ay esté ravy de voir, dans vostre mémoire du dernier janvier, les prudentes considérations que vous avez représentées audict roy sur ses mterests, et je vous prie de ne vous lasser point de rebattre tousjours les mesmes matières, jusqu'à ce qu'il ayt pris les resolutions qui sont de son service, comme de pourvoir de bonne heure, à quelque prix que ce soit, à avoir de la cavallerie, de ne s'arrester pas tant au oiesnage et à amasser des trésors qu'à les despenser à propos pour les choses nécessaires et utiles, et de remédier aux divisions qui sont entre la noblesse et le liers-estat, dont il pourroit s'ensuivre, avec le tems, de tres-dangereuses conséquences.

Archives des Affaires étrangères; minutes des négociations de Munster, tome XIII. —

Minute de la main de Lyonne.

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