‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 62 sur 146 · ADDITION A LA LETTRE DU 13 JUILLET · texte numérisé non relu

ADDITION A LA LETTRE DU 13 JUILLET

Tout présentement, on vient de recevoir advis, par un gentilhomme que M. le mareschal de Gassion a depesché, qu'il avoit investi la Bassée. M. le mareschal de Rantzau est allé en mesme temps vers la mer attaquer Dixmude. C'est un projet assez hardi de faire deux entreprises tout à la fois, pendant que les ennemys veulent donnera entendre qu'ils sontprests à nous engloutir; mais la fortune ayde ordinairement le courage, et nous avons commencé à l'esprouver, dans le commencement [du siège], ledict sieur mareschal ayant taillé en pièces neuf cens hommes qui vouloient se jeter dans la Bassée, et qui sont tous demeurez sur la place ou prisonniers. Il a envoyé le drapeau à Leurs Majestez, et nous espérons que ce sera une crise aux petites disgrâces qui nous sont arrivées cette campagne.

luiHel îrt.'iv-

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719, tome II, f° 12a verso. — Copie du temps.

A M. DE GASSION

[Paris,] 1 6 juillet 1667.

(extrait.)

Je vous fais ce mot pour me resjouiravec vous que les convoys soient passez heureusement, et que vostre vigilance ayt empesché jusqu'icy qu'il ne soit entré personne dans la place1. On apprend que les ennemis feront tout ce qu'ils peuvent, du siège de Landrecy, pour former un corps , pour tenter le secours d'une place dont la perte leur sera beaucoup plus sensible que la prise de l'autre ne leur seraadvantageuse2, et ce pendant, affoiblissant extraordinairement leur camp devant celle-cy, les attaques ne s'en feront pas avant tant de vigueur, et M. d'Heudicourt 3 aura moyen de faire plus longue résistance que nous n'eussions creu. J'ay escrit à M. de la Ferté-Senneterre de sçavoir bien au vray ce qui demeurera dans leur camp , afin que , si les ennemis s'estoient affoiblis , en sorte qu'ils ne pussent pas fournir à défendre tout, il essaye de jeter par quelque endroit deux ou trois cens mousquetaires dans la place.

.Nous avons esté fort ayses icy de la prise de Dixmude en sy peu de tems4, quoy qu'il y eust plus de cinq cens hommes et que le poste l'ust bien fortiffié. M. de Bergère y a très-bien servy, et M. le mareschal de Rantzau m'en a escrit, s'en louant extrêmement. J'ay esté fort marry des blesseures de MM. de Noirmou tiers et de Clanleu et de tant de braves ofliciers; mais il est impossible d'attacquer des places de la sorte sans estre exposé à des inconveniens.

1 Gassion faisait alors le siège delà Bassée. 3 Michel Sublet d'Heudicourt, nommé

2 La ville de Landrecies fut prise le maréchal de camp en 16/19, mort en 1 665. 18 juillet par tes Espagnols, et celle de la ' Cette place s'était rendue, le 1 3 juillet, liassée le 19 par Gassion. après trois jours de siège.

Juilïul ibk/.

irchives dos Affaires étrangères (Allemagne). Minute des négociations de Munster, t. XV. — - Minute de la main de Lyonne.

A M. SERVIEiN.

Pas de date (probablement du 17 ou 18 juillet 1 6^7). (extrait.)

Sa Majesté a approuvé les raisons que vous avez mandées pour l'aire \oir qu'il estoit à propos de se contenter de ce que l'on pourra tirer présentement de MM. les Estats sur le subject de la garantie, et lrouve bon que vous acheviez cette affaire le plus tost et le moins mal qu'il se pourra, afin qu'en voulant tout avoir, nous ne perdions pas la conjoncture d'obtenir ce qu'on nous offre aujourd'huy, qui servira tousjours à engager lesdicts sieurs Estats à ne pouvoir se lier avec l'Espagne aprez la paix faicte , sans une trahison trop manifeste , et à nous estre favorables à cette heure dans la conclusion de la paix.

On a aussy approuvé les considérations qui vous ont retenu d'entamer la négociation des affaires de Portugal , et il seroit bon que le ministre, que ce roy a de delà, estant persuadé, comme vous mandez, qu'il faut attendre nécessairement une conjoncture favorable, l'escrivist à ses collègues qui sont icy et ne cessent de nous pousser là dessus. Il me semble qu'il n'est pas fort nécessaire de vous asseurcr de la protection de Leurs Majestez, en cas que Pau eust le crédit de faire faire icy des plaintes contre vous par l'ambassadeur de MM. les Estats; car vous n'aviez aucun besoin de prendre la précaution de m'en escrire. Si cela arrivoit, il ne serviroit qu'à vous relever auprez d'eux; car ils verroient avec quelle hauteur vous seriez souslenu.

J'ay advis de Ires-bon lieu que les Espagnols consentiroient à une suspension d'armes avec nous dans les Pays-Bas, cl mesme à une paix, pourveu que les Hollandois voulussent encore prendre vivement l'af-

juHIfi Hi'17. faire, et qu'ils leur déclarassent que, s'ils n'y conseillent, ils leur continueront la guerre conjointement avec nous. H ne faudroitpas grande contestation pour faire un traité comme celuy-là; il n'y auroit qu'à demeurer chacun en possession de ce qu'il tient et à bien lier MM. les Estats de nous le garantir et de nous fournir quelques assistances pour la Catalogne. Je vous ay tousjours veu d'opinion qu'il valoit mieux achever toutes choses en une fois; mais c'estoit en un tems que les Hollandois ne nous avoient pas abandonnés, comme ils ont faict depuis, de sorte qu'à nouveau faict nouveau conseil.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tome II, f° 35 h verso. — Copie du temus.

Page 1