‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 69 sur 146 · CG · texte numérisé non relu

CG

Archives des Affaires étrangères (Rome), t. GIV, f" tiw-listt. — Copie du temps.

AU CARDINAL GRIMALDI

Paris, 9 septembre 16/17.

(extrait.)

Délie cose di Napoli habbiamo nuove fresche con un corriero di Roma, che porta non solo la continuations, ma l'augumento délia diftidenza et rabbia di quel popolo contro i Spagnuoli, et il signor duca di Ghisa2 hà fatta questa speditione per représentai* quà i trattati, che Sua Excellenza dice di havere col detto popolo, dal quale sperava di dover essere quanto prima eletto e chiamato per suo générale; sopra di che dimanda il consenso di Sua Maestà e favore et assistenza, promettendo di operar tutto in servitio di questa corona secondo le congionture che si presentaranno , e la dispositions che troverà in quel popolo, 0 di larsi un rè, o di govcrnarsi corne republica. Il signor ambasciadore crede che egli possa ingannarsi e che non gli sia per rius-

cire questo suo negotiato Io per me sono dello stesso parère,

che il signor duca si lasci portare troppo lacilmente dal suo desiderio

1 Voyez ci-dessus, p. 467, texte et note. pour obtenir la rupture de son mariage * Le duc de Guise s'était rendu à Home avec la comtesse de Bossu.

Septembre e che venghi abusato da chi tratta seco; nondimeno malamente si '''''7 puo dar giuditio délie risolutioni di un popolo cosi stravagante.

Mazarin est d'avis qu'il faut laisser agir le duc de Guise. Le peuple de Naples s'engagera ainsi de plus en plus dans une entreprise dont il lui sera difficile de sortir et qui pourra procurer des avantages considérables à la France.

CGI. Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n" 1719, tome II, f° 289 verso. — Copie du temps.

A M. DE TURENNE

[Fontainebleau,] 11 septembre 1667.

( extrait. )

Je vous eusse depesché exprez un courrier, sans la commodité du sieur Bouffalo, que j'ay chargé de cette lettre, pour vous dire que Beck s'est destaché de l'armée ennemie de Flandres avec dix regimens tant cavalerie qu'infanterie pour le Luxembourg. Je suis asseuré que lesdicts regimens ne font pas plus de deux mille trois à quatre cens hommes, et par conséquent qu'encore qu'il vous puisse empescher d'entreprendre quelque siège, il ne vous empeschera point d'estre maistre de la campagne, attendant la jonction des troupes de Mme la Landgrave, qui vous donnera moyen d'exécuter quelque autre chose. On nous promet que vous recevrez lesdictes troupes, et ce pendant vous aurez veu le sieur le Rasle1, qui vous aura entretenu bien au long de ma part. Quoy qu'il en soit, sy nous faisons quelque progrez considérable en Flandres, vous y aurez tousjours beaucoup contribué par la diversion que vous aurez faite (il y a lieu de l'espérer), l'archiduc s'estant tout à fait mis sur la deffensive, et ne songeant qu'à se bien retrancher sur la Lys, pendant que toutes nos troupes s'assemblent avec resolution de le combattre, s'il est possible, sinon de se rabattre sur quelque place; nous attendons à toute heure la nouvelle de ce qui aura esté faict.

1 Inge'nieur célèbre de cette époque.

Le bruict a couru jusques icy que vous avez pris Arlon; mais, comme Septembre il ne nous en est rien venu de vostre part, nous en avons sursis la ,647croyance; au reste, comme les affaires changent à tous momens de l'ace, nous nous remettons entièrement à vostre prudence de ce que vous aurez à faire.

Je ne doubte point que, pendant que je songe, de mon costé, à mettre vostre armée au meilleur estât qu'elle ayt encore esté, vous ne vous y appliquiez aussy soigneusement du vostre, et que vous ne redoubliez vos diligences pour retirer de l'armée de M. Wrangel autant de cavalerie qu'il en a eu de l'autre l.

Nous avons depesché le résident de Brandebourg, qui est un homme d'esprit et qui paroist bien intentionné, pour avoir les trois mille hommes que son maistre a sur pied, et j'ay particulièrement faict remettre une somme d'argent à M. de la Thuillerie, afin que rien ne manquast audict résident pour l'accomplissement de son dessein, et pour la marche desdictes troupes, de sorte que, sy ce qu'il s'est promis s'exécute, et sy ce qu'on escrit ailleurs de Hollande arrive, vous les recevrez bientost, et, sy nous sommes assez heureux que celles de Mme la Landgrave vous arrivent aussy à temps, nous pouvons nous promettre que vous pourrez vous signaler avant la fin de la campagne par quelque progrez important.

J'ay encore à vous dire, sur le subject de la déclaration de M. l'électeur de Cologne-, qu'elle est un peu surprenante, et que, s'il y avoit eu, comme il prétend, quelque infraction à son préjudice du traitté d'Ulm, de la part des Suédois et des Hessiens, la raison cust voulu qu'il s'en fust plaint et en eust demandé la réparation avant que de venir à une nouvelle rupture; mais, puisque cela n'est point, il sera à propos de bien observer la conduite de M. de Bavière. Ce n'est pas qu'il nous ayt donné jusques icy aucun subject de nous déifier de luy, et que sa réputation ne l'oblige assez de demeurer dans l'observation du

1 C'est-à-diredesWeimaiiens, qui avaient 2 Ferdinand de Bavière, archevêque-élec-

abandonné Turenne pour se joindre à l'ai- leur de Cologne depuis 1611. Il était frère niée de Wrangel. puîné du duc de Bavière Maximilien.

Septembre traitté qu'il a faict avec les deux couronnes; mais vous sçavezque la prel6-'7- voyance n'a jamais rien gasté, et qu'en certaines occasions , on ne sçauroit estre trop sur ses gardes.

Archives des Affaires étrangères (Allemagne), tome LXXXVIII. — Minute delà

main de Lyonne.

A M. DE TURENNE

[Fontainebleau,] i5 septembre 16/17.

Mazarin, après avoir reconnu que Turenne n'est pas en état de tenter d'entreprise considérable , ajoute :

Vostre venue dans le Luxembourg n'a pas laissé de produire l'un des deux effects que nous nous en estions promis , c'est-à-dire de faire du bruict et obliger l'archiduc à séparer ses forces et les rendre de tous les costez inférieures aux nostres, comme il est arrivé; en sorte que nous espérons, à tous momens, que si MM. les mareschaux de Gassion et de Rantzau, qui ont marché droit vers le camp de l'archiduc, ne peuvent l'y combattre pour la qualité de ses retranchemens, ils feront quelque entreprise de considération.

Mazarin termine en demandant à Turenne si, avec un renfort de six mille hommes, il croirait pomoir assiéger Montmédy. On s'efforcerait de les lui envoyer, afin qu'il tentât cette entreprise avant la fin de la campagne.

GCIII.

Archives des Affaires étrangères (Allemagne). Minutes des négociations de Munster, tome XVI, f° 21 3. — Minute de la main de Lyonne.

AU DUC DE LONGUEVILLE

[Fontainebleau,] 20 septembre 1G67.

(extrait.)

Je n'ay point de nouvelles de Flandres, et je vous advoue que je

suis au désespoir de voir perdre sans rien faire le reste dune saison dont les momens sont si précieux; car encore que la dernière action, dont on vous envoyé la relation1, soit d'esclat, je n'en puis demeurer satisfaict, si je ne la voye suivie de quelque chose de solide; mais il semble que la mauvaise constellation du ciel, qui nous a tant traversez au commencement de cette campagne, dure encore, estant certain que nous avons presque le double de forces qu'a l'archiduc, et, avec cela, nos généraux ne peuvent se résoudre à rien entreprendre, quoy qu'on leur sçache mander. Je vous confesse confidemment que cela me perce le cœur, et que je le supporte beaucoup moins patiemment que je ne faisois tous les malheurs qui nous arrivoient il y a quatre mois, parce qu'enfin la prévention2 des ennemis en estoit la cause ou d'autres

Se

ptembre 16/17.

1 Mazarin écrivait, le 21 septembre 16/17. à Fontenay-Mareuil (Archiv. des Affaires étrangères, Rome, t. CIII, fos 110-111): rVous verrez, par les imprimez de Renaudol , ce qui s'est passé en la dernière action qu'ont faicle nos généraux, d'estre allé droict aux ennemis pour leur mettre le marché à la main de donner bataille; à quoy il n'a pas été possible de les obliger. Mais nous en aurons tousjours tiré cet advantage dans le public que tout le monde aura veu qui est le maistre de la campagne et qui, de nous ou des Espagnols , est reduict à la deffensive dans les Pays-Ras. Car avoir faicl une longue marche à dessein d'aller rencontrer l'ennemy et le combattre, sy la qualité de ses retranchemens l'eust peu permettre, avoir attacqué lesdicts retranchemens, luv avoir emporté une redoute, l'avoir rasée, avoir campé à sa veue sans estre retranché, avoir vigoureusement recogné jusque dans ses lignes tout ce qui en a voulu sortir pour nous suivre, quand nous sommes retournez sur nos pas, sont des marques si visibles de la supériorité des armes du Roy sur celles

des ennemis, qu'il n'y a plus lieu de la révoquer en double, » II semble qu'il y a contradiclion entre cettre lettre où Mazarin affirme le triomphe de la France et celle où il se plaint du peu de succès des généraux ; mais la différence s'explique par la situation des personnes auxquelles s'adresse Mazarin : à Rome, il veut qu'on croie aux avantages de la France, et il les exagère. La lettre au duc de Longueville est confidentielle, et exprime les véritables sentiments du cardinal. On trouvera dans les lettres analysées la preuve du désir qu'avait Mazarin de présenter aux Napolitains la France comme victorieuse. Il écrivait à Fontenay -Mareuil , dans une dépêche du 22 septembre 16/17, (I" '' (allait tr faire savoir par toute sorte de moyens auxdicts peuples la supériorité que les armes du Roy ont partout, à la terre et à la mer, sur celles d'Espagne. »

2 Ce mot parait avoir ici un sens particulier : ir L'avantage qu'avaient eu les ennemis de nous prévenir en entrant les premiers en campagne, »

M.mniN. —

Septembre raisons cognues; mais je n'en trouve point à ne faire aucun progrez l6/|7- quand on est maistre de la campagne avec le double des forces qu'a l'ennemy, d'autant plus que le mareschal de Turenne , arrivant dans le Luxembourg, a faict le mesme effect que s'il avoit joint nos armées, parce qu'il a attiré à lu y un corps presque aussy considérable que le sien. Je suis, d'ailleurs, dans une affliction particulière pour la perte du pauvre Ronette l, que j'aimois tendrement et qui valoit ce que vous sçavez. Il n'y a rien que je ne baillasse pour le racheter.

GGIV.

Archives des Affaires étrangères (Allemagne). Minutes des négociations de Munster, tome XVI, f" a3o. — Minute de la main de Lyonne.

[Fontainebleau,] 27 septembre 1667.

(extrait.)

Mazarin insiste encore sur le chagrin que lui cause l'inaction des maréchaux qui commandaient l'armée du Nord. 11 ajoute :

M. le mareschal de Gassion a repassé la Lys et vient attaquer Lens. H me mande que, puisqu'il n'avoit peu, en aucune façon, obliger l'archiduc à quitter ses retranchemens, il venoit en des campagnes rases pourvoir s'il seroit homme de parole, s'estant vanté que, si nous nous mettions en lieu où l'on peust donner une bataille, il marcheroit aussytost droit à nous pour nous la présenter. Ce pendant, courant le pays et attaquant des postes comme Lens, pendant que l'archiduc se tient couvert dans son camp , quoyque ce ne soit pas ce que nous pourrions raisonnablement nous promettre de l'estat de nos forces, nous faisons voir, pour le moins, la supériorité où se conservent les armes du Roy sur celles des ennemis.

Je vous envoie un petit livret qu'on a faict depuis peu à Paris comme

1 Ou Roanette. (Voyez la table alphabétique.)

un advertissement aux peuples de Flandres, qui eust pu produire Septembre quelque bien parmy eux, s'il eust esté accompagné de quelque pro- ,f)/'7 grez de nos armes.

Vous trouverez cy-jointe la dernière relation que nous avons eue de ce qui se passe à Naples 1 et la copie d'une lettre italienne qu'on a jetée dans cette ville-là2, qui vous servira de quelques momens de divertissement.

J'ay receu la lettre particulière qu'il vous a pieu m'escrire en recommandation de M. le mareschal de la Mothe 3. La conduite de ses pareils a esté si mauvaise, comme vous aurez peu sçavoir, qu'elle empeschera la Reyne d'user de la générosité qu'elle eust peut-estre faict [paroistre] autrement; mais elle ne fera pas que la justice ne soit exactement administrée. Pour mon particulier, je me flatte que vous verrez aysement que je ne prends aucun interest imaginable en cette a flaire, et je vous proteste que je recevray avec joye la nouvelle que ledict sieur mareschal se soit pleinement justifié, et, sur un mot que

1 Cetle relation se trouve aux archives des affaires étrangères (Rome), t. GIV, f" 367-069. Elle commence ainsi : « Le cose di Napoli sono hoggi in questo stato : la città è quasi occupa la egualmente dalli Spagnuoli e dal popolo.n De son côté, Fonlenay-Mareuil signalait la persistance de I insurrection de Naples : n Encore, écrivait-il . que le vice-roy (duc d'Arcos), par l'abolition de toutes les gabelles et par la concession de nouveaux privilèges, ayt pensé apaiser le peuple el le regagner, si est-ce que cela ne lui a point réussi; car il (le peuple) est demeuré dans les mesmes deffiances, se tenant tousjours armé; s'est encore fortifié par tous les quartiers de la ville, où il a mis quantité de canons, ayant ensuite pillé et bruslé les maisons de tous les partisans elde plus de (rois cens hommes, presque tous de la noblesse. A quoi le vice-

roy ne pouvant remédier, ayant perdu toute l'autorité, il laisse faire au peuple tout ce qu'il veut et sort rarement du Chasteau-Neuf. Le vice-roy de Sicile n'est pas mieux obéi; car le peuple de Païenne, ne se contentant pas de s'estre faict descharger de toutes sortes d'impositions , demande à cette heure qu'on luy laisse la garde de la ville et qu'on en fasse sortir tous les Espagnols. 1

2 A la suite de la relation italienne citée au commencement de la note précédente, le même volume renferme (f° 3y5 et suiv.) une pièce attribuée à Zongo Ondedei et intitulée : Lettera di un Napolitano scrilta di Roma ad un suo amico à Napoli. C'est la lettre dont parle Mazarin.

1 Voyez , sur le maréchal de La Motbe- Houdancourl, le t. I , p. 906 , des Lettres de Mazarin. Il devait être jugé par le parlement de Grenoble.

Septembre m'escrivit dernièrement M. î'evesque de Rennes1, je l'ay exhorté moy- 1()''7- mesme à luy aller rendre à Grenoble toutes les assistances qu'il pourroit.

Archives des Affaires étrangères (Allemagne), t. LXXXIX. Minute corrigée par Mazarin.

A M. DE TURENNE

[Fontainebleau,] 28 septembre 1667.

(extrait. )

Après avoir accusé réception de deux dépêches du maréchal, Mazarin continue ainsi :

On nous mande que l'archiduc, ne se sentant pas en seureté auprez de nos armées avec les troupes qui lui restoient, et ne croyant pas de pouvoir empescher qu'ils (nos mareschaux) ne vinssent à bout de quelque entreprise considérable, si on la tente, a depesché à Beck, en diligence, divers courriers pour le faire revenir en Flandres. Vous le pouvez sçavoir mieux que nous, qui n'apprenons autre chose, si ce n'est qu'il n'avoit pas passé Givet, et qu'il demeuroit pour estre prest à retourner sur ses pas rejoindre l'archiduc, ou s'avancer vers le Luxembourg, en cas que nous nous attachions à quelque place. Si vous avez advis qu'il prenne sa marche pour rejoindre l'armée, et qu'il n'ayt pas laissé des troupes dans le Luxembourg, je vous prie de considérer si vous pourriez attaquer et emporter Arlon, et si vous croyez qu'on le peust garder cet hyver moyennant une bonne garnison qu'on y pourroit enfermer et bien entretenir sans diminution de nos troupes.

Mazarin continue sa dépêche en avertissant Turenne qu'il ne faut pas compter sur des secours de la landgrave de Hesse, parce que l'électeur de Cologne a rompu la neutralité, et que l'arrivée de Lamboy, qui a marché vers l'Ostfrise, pour y prendre ses quartiers d'hiver, menace les troupes de la Landgrave. Enfin Kœnigsmark a été forcé d'envoyer trois mille cinq cents reîtres à Wrangel, et ne pourroit défendre cette princesse contre l'ennemi, si elle laissait ses propres troupes s'éloigner.

' Henri de la Mothe-Houdancourt, frère réchal de France. Il mourut, le 2& février de Philippe de la Mothe-Houdancourt, ma- 1686, ù l'âge de quatre-vingt-deux ans.

DU CARDINAL MAZAIUN. £93

Vous aurez sceu desjà comme le vicomte de Courval ' l'a eschappé Septeml belle, Mayence ayant failly d'estre surpris par les garnisons des places voysines des ennemis, à qui la ville de Francfort a donné, à ce qu'il prétend, la commodité de s'assembler pour venir tenter ce dessein. On me mande de bonne part, de ces quartiers-là, qu'ils ont tousjours la mesme visée, et espèrent qu'une autre fois ils ne manqueront pas leur coup , et qu'aprez cela ils raffleroient tout ce que nous avons vers le Bas-Rhin. C'est pourquoy je crois qu'il est extrêmement important de fortifier ledict vicomte de quelque cavalerie, et je ne sçay si, pour ne pas vous affoiblir, vous ne jugeriez point à propos d'y envoyer le régiment de Bek qui est en Alsace. Ledict vicomte m'advertit aussy qu'outre le manquement d'hommes, il n'a pas un grain de bled en magazin. Je vous prie de donner à tout cela le meilleur ordre que vous pourrez, autrement il est extrêmement à craindre qu'il ne mesarrive bicntost de cette place. Vous pouvez escrire de bonne sorte à M. de Vautorte 2, ou enfin prendre telle autre resolution que nous en ayons l'esprit en repos. Il ne faut pas douter que ce ne soit l'électeur de Mayence 3 qui a tramé toute cette menée, nonobstant la neutralité, pour essayer de rentrer dans sa résidence principale. C'est pourquoy tout ce que je vous ay escrit sur son sujet pour essayer de ramener cet esprit-là n'est plus de saison, se recognoissant aisément qu'il ayme mieux vivre Espagnol dans la misère où ils le laissent, que de s'en tirer en s'attachant sincèrement à noslre party; ce sera à vous à rechercher les moyens de vous ressentir de son procéder.

Tout le inonde soupçonne fort M. le duc de Bavière dans cette conjoncture, comme s'il estoit sur le point de rompre le traitté d'IUm et de joindre ses armes à celles de l'Empereur, et prendre cette occasion de ruiner l'armée de Suéde, qui s'est un peu engagée bien avant dans

1 Gouverneur de Mayence. (Voyez la table 3 Anseîmed'Ulmslett, qui avait été nommé

alphabétique.) archevêque- électeur de Mayence en 162g,

1 M. de Vautorte remplissait les fonctions mourut à la fin de Tannée 16/17. ^ eut Pour

d'intendant à Mayence et sur les bords du successeur Philippe de Schœnborn. Rhin.

kU LETTRES

Septembre la Bohême. Pour nioy j'ay grande peine à croire qu'il prenne une U)h~- semblable resolution , qui seroit contre sa réputation et contre ses interests, parce qu'il mettroit les choses à un point irréconciliable entre les couronnes alliées et luy, et qu'il destruiroit en un instant tout ce qu'il vient fraischement de se procurer d'avantages et à sa maison, dans la négociation de Munster, où l'affaire palatine1, qui lui importe du tout, a esté adjustée en la forme qu'il a sceu désirer. Ses ministres, qui sont icy, me font aussy, de sa part, les dernières protestations pour asseurer que cela n'arrivera point, et j'apprends, en mesme tems, qu'il a laissé passer sur ses Estatz un grand convoy de vivres qu'on menoit à l'armée suédoise, sans lequel elle eust esté forcée de décamper de devant l'impériale avec grand desavantage.

Ledict sieur duc se loue extrêmement de vous et du procéder que vous tenez en ce qui le regarde. Je vous prie de le mesnager et cultiver soigneusement cette bonne correspondance, afin de le confirmer d'autant plus dans de bons sentimens pour cette couronne et pour vous; mais, au mesme tems, d'estre tousjours alerte, et bien examiner sa conduite et faire tout ce que la prudence dicte en des affaires de cette nature et de sy grande conséquence.

Mazarin insiste ensuite sur tes embarras pécuniaires dé la France, et ajoute :

Aprez cette lettre escrite, nous avons receu nouvelles de Flandres que M. le mareschal de Gassion a attacqué Lens, où il y a douze cens hommes, et que les ennemis y en ayant voulu jetter encore cinq cens, ils ont esté taillez eu pièces, à la reserve de cent qui y sont entrez; mais que la cavalerie ennemie, qui les avoit escortez, a esté suivie par celle du vicomte de Lamet2 et celle du corps particulier que commande M. Paluau 3, et qu'ils l'ont défaite à platte cousture, [et] amené cinq cens

1 On avait créé, comme on t'a dit, un * François de Lameth. (Voyez table al-

huitième électorat en faveur du palatin du phabétique).

Rhin, en même temps qu'on conservait la 3 Philippe de Clerembaul. comte de

•lignite électorale au duc de Bavière. Voyez Palluau. (Voyez t. I. p. p,5i.) ci-dessus, p. 4a5.

prisonniers effectifs. Lesdicts sieur Paluau et Lamet y ont fait merveilles Septembre de leurs personnes. I<J''7

GGVI.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tome II, f" 359 recto. — Copie du temps.

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