ADDITION
Depuis cette lettre escritte, j'ay veu le Roy, qui a tousjours un peu d'esmotion, et on a résolu, en présence de la Reyne, de le saigner dans demy-heure. L'on craint la petite vérole; mais il n'y en a point encore aucun signe. Je n'ay point d'autres nouvelles à donner à Vostre Altesse Royale depuis celles que je luy envoyay l'autre jour.
archives des Affaires étrangères (Hollande), tome XLVI1, f" 167. — Minute de la main
de Lyonne.
A M. DE LA THM1LLERIE.
[Paris,] i5 novembre 16^17.
Mazarin éprouve une satisfaction indicible en apprenant que le prince d'Orange se montre, comme par le passe', favorable à la France :
Le congé qu'il a donné à Knut, avec ses autres conseillers qu'il a cassez, est une grande preuve de sa bonne disposition envers nous. Si ce premier pas peut estre suivi de l'autre, de le faire déposer de la charge qu'il a dans la province de Zelande, comme vous l'espérez, ce galand homme ne sera pas peu mortifié , et nous aurons grand subjecl de nous louer dudict sieur prince.
Mazarin a vu avec plaisir que les affaires de Portugal prenaient un meilleur
' François Vautier, né à Montpellier en H sortit de la Bastille en i643 et fut
i5ç)2, premier médecin de la reine Marie nommé premier médecin du Roi, charge
•IcMédicis, avait éternisa la Bastille après qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en
la disgrâce de cette princesse. 1 652.
Irain, et que M. de la Thuillerie espe'rait les voir bientôt terminées; mais il trouve Novembre extravagante la demande de vingt -huit millions de dédommagement que ré- 16A7. clament les Provinces-Unies. On est rassuré sur les dispositions du Brandebourg, d'après le rapport du sieur de Saint-Romain. La dépêche se termine par des recommandations pour des achats de poudres et de vaisseaux.
GGXXVI.
Archives des Affaires étrangères (Allemagne), tome LXXXVI. — Minute de la main
de Lyonne.
AU DUC DE LONGUEVILLE
[ Paris,] i5 novembre 1667.
(extrait.)
Mazarin commence par exprimer l'inquiétude que lui inspire la maladie du Roi. Passant ensuite aux affaires, il ajoute:
Je me resjouis de tout mon cœur avec vous des nouveaux advantages que Monsieur le Prince vient de remporter sur les ennemys dans la Catalogne1. Le marquis d'Ayetone a receu l'affront complet; car il avoit envoyé un trompette à M. le Prince faire la galanterie de lui tesmoigner déplaisir de le voir partir sans avoir l'honneur de tirer l'espée contre un si grand capitaine. Cependant on a veu bientost quel succez a eu cette bravade. On ne sçauroit s'imaginer à quel point pèsent aux Espagnols les postes que nous avons fortifiez vis-à-vis de Tarragone et de Lerida.
Mazarin approuve la conduite du duc de Longueville à l'égard de Wolmar, plénipotentiaire de l'Empereur, qui se rend à Osnabrùck. H parle ensuite de l'électeur de Bavière et de l'importance de le retenir dans l'alliance de la France. Ce prince s'est plaint de ce que les Français construisaient une citadelle à Heilbronn; ce ne peut être qu'une invention des ennemis.
1 On trouve le détail de ces événe- et Poujoulat). Le maréchal de Gramont ments dans les Mémoires du maréchal de était un des lieutenants de Gondé en Cata- Gramont(p. 273-275 de l'édition Michaud logne.
id'17.
GCXXVII.
Biblioth. pub), de Chartres; mscr. n° 67; original signé et en partie chiffre'; les chiffres sont traduits.