‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 9 sur 146 · AL SIGNOR CARDINAL ANTONIO BARBERINI · texte numérisé non relu

AL SIGNOR CARDINAL ANTONIO BARBERINI

[Di Parigi,] li 1 1 agosto îGii.

Il Fabri, mio segretario, ben' conosciuto dà Yostra Eminenza era in

1 Voyez ci-dessus, p. 26, note 2. 4 Aronne ou Arona, sur le lac Majeur.

2 Mots omis dans le manuscrit et re'ta- (Jrotius parle aussi de ce siège (lettre du blis d'après la (in de la lettre précédente. 10-20 août îbklx, Epist. ineditœ, p. 187):

3 Brème ou Bremme, ville du duché de «Ad Aronam dicitur esse princeps Thomas. Milan. ( Voyez La Barde , De rébus gallicis, Est id oppidum et arx in rupe despiciente lap. 101.) cutn Majorem xiv milliarihus a Medioiano. »

HAZÀBIH. — II. h

Aoni 166/1. procinlo di partire à cotesla volta su l'avviso che poco dianzi era gitinlo délia grave indispositione di S. Santità, qua'ndo si è ricevulo quello che sia passata à miglior vita1, onde senza interporvi dilatione alcuna si spedisce per portare al signor anïbasciadore li sentimenti di Sua Majestà sopra diverse cose, e come procurera di farle pervenire per qualche strada à Vostra Eminenza me ne rimetto al ditto signore dispiacendomi perô grandemente che non habbi Vostra Eminenza potuto mtendere délia vivavocedel Fabri il sicuro capitale ch'ella puo fare del l'afletto e di una vigorosaprotettione délia Maestà délia Regina e délia mia sincera e cordiale servitù, sopra di che dirô solamente all'Eminenza Vostra che da lei dépende di esperimentarlo in ogni miglior modo, e facendo, dal suo canto, quello à che è tenuta per obligo et è portata per inclinatione, non solo Roma, ma l'Europa tutta la vedrà più autorizata et in posto maggiore di quello sia mai si stata; e l'Eminenza Vostra riconoscerà nella mia persona di che tempra devono essere li buoni servitori e che l'essere protettore e direttore degl'aflari di questo regno, amato e stimato da Sua Maestà, et in tempo che li nemici di esso non prevagliono ne hanno grand' occasione di sperarlo, non è titolo ne posto ordinario, ma taie, che ogni papa, che venghi,sarà costretto à non disprezzare la suà amicizia.

L'accidente seguito me stato grandemente sensibile per l'intéresse délia casa di Vostra Eminenza e per le obligationi, che devo à quella santissima anima , e Vostra Eminenza sa benè con quai tenerezza l'habbi sempre riverita, e le giuste ragioni che ne havevo. Se mi fosse permesso ô potesse giovare il dolersi délie cose non faite, quando non vi è più remedio, farei un gran capitolo del mio sentimento per la promotioneperdutta. Otto soggellielevati un mese prima délia morte di sua Beatitudinc havrebbero fatto un bel gioco a Vostra Eminenza et al signor cardinale Barberino -. E corne il tempo d'ordinario fornisce pretesti alla maggior parle di quelli , che hanno ricevulo gratie ,

' Urbain VIII (Maiïeo Barberini) était 2 François Barberin. (Voyez, sur les car-

mort le 29 juillet 1 6 6 4 , après un pontificat dinaux Antoine et François Barberin, 1. 1 des (|iiiavaitflurévingtetunansmoinshuitjours. Lettres de Mazarin, p. 910, 1™ et -îc col.)

per diminuire le obligationi, o dispensarsi inlierainente di corrispon- voûi .a' dere ad esse, nella promotion© . delli detti soggetti, saressimo stati esenti di questo pericolo. Ad ogni modo conducendosi le cose vigorosamente e prendendo il signor cardinale Barberino una buona rissolutione e queila che senza dubbio è la migliore per la Santa Sede e per la sua persona et casa, vi è campo di confondere li malafl'etti, ehe vogliano perseguitarla, e che riguardano con occhi lividi ogni minimo avantaggio délia Sede Apostolica.

lo ne liù parlato à lungo al signor Malatesta, che havendo in questo rincontro riconosciuta la sincera aflettione del mio cuorc, m'assicuro ne scriverà liberamente al signor cardinale Barberino.

H padre Maestro ' mio f'ratello et il signor ambasciadore faranno parte à \ostra Eniinenza d'altre particolarità, onde mi contentaro di assicurare per hora \ostra Eminenza, che non h à chi sia con maggiore parlialità di me, etc.

Le cose di Fiandra vanno tutte sotto sopra il prencipe d'Orange havendo raesso in securo, secondo tutte le apparenze, lacquisto del Sasso di Gante, che doppo Graveline è la parte più sensibile de Paesi Bassi, et il duca d'Enghien farà presto parlare del suo viaggio.

MAZARIN A IX PLÉNIPOTENTIAIRES

Archives des Affaires étrangères (Allemagne), tome I, p. 201 à 200. — Copie du teni|».

| Paris,] j '1 août 1 Ô'i'i.

Messieurs, Vostre lettre du 3oe du passé, estant quasi touteen response de celles que je vous avois escriles, je n'ay pas occasion de vous faire long discours.

Michel Mazarin, frère da cardinal , était ' Les plénipotentiaires de la France à

maître du sacré palais, comme on l'a vu, t. 1 Munster étaient alors d'Avaux et Servien. des Lettres de Mazarin, p. 16, 17. (Voy. t. I.p. 909 et 969.)

Août i ()'ii. Quand on envoya l'argent pour ie Ragotsky 1 à Venise, il fut résolu au conseil que M. de Brienne escriroit à M. Hameaux 2 de ne le point délivrer, que sur ce que vous luy en manderiez. Je m'asseure qu'il ne l'aura pas oublié, mais j'aurois esté bien aise d'apprendre le départ de ceux que vous voulez depescher en Pologne et vers le Transylvain. Il auroit esté bien à propos que le dernier particulièrement l'ust arrivé avant la conférence deTirna3. Cependant il faudra, avant que M. des Hameaux délivre rien, que l'on ayt avisé avec ledit Ragotsky tout ce qui est nécessaire pour ne donner pas nostre argent inutilement.

Maintenant que, sur ce qu'on nous mande de Hollande, je tiens l'affaire d'Ostfrise4 accommodée, il sera bien à propos que vous sollicitiez, de votre costé , Madame la Landgrave pour la faire agir, comme, du nostre, j'en ay parlé fortement à ceux qui sont icy de sa part. On luy a donné, cette année, des assistances extraordinaires, telles que vous sçavez, dans l'appréhension qu'on a eue que les forces des ennemis n'allassent fondre sur ses Estats. Il est bien raisonnable que nous en tirions quelque fruit à présent que leur esloignement luy en fournit toute facilité : elle a ses coudées libres pour entreprendre dans la Franconie ou vers la Moselle. Les avis que vous aviez que M. de Lorraine avoit joint les ennemis ne sont pas faux. 11 est malaisé déjuger si nous devons estre bien aises de cette nouvelle infidélité, ou si nous avons sujet de nous en affliger. Il est certain que, dans la conjoncture présente, nous en pouvions retirer des advantages assez considérables, mais, puisqu'il n'excuse pas son changement sur aucun traitement mauvais qu'on luy ayt fait, et qu'il ne procède que de sa légèreté, il semble qu'il vaut mieux qu'elle soit

1 Prince de Transylvanie. Voyez t. I des (Tyrnaw) in Pannonia regia eum Ferdi- Lettres de Mazarin, p. 52. nandi legatis agebat. «

2 Ambassadeur de France à Venise. 4 II a été souvent question, dans le

3 II faut lire probablement Tyrnau ou tome I des Lettres de Mazarin, de la contes- Tyrnaw, petite ville de la basse Hongrie. talion entre le comte d'Embden et la land- La Barde (De rébus gallicis, p. i54) parle grave de Hesse pour la province d'Ostfrise. de cette entrevue: « Barbarus , r, dit-il en Le premier était soutenu par les Provinces-

arlant deBagoski, n Barbarus ingenio mo- Unies, et la seconde par la France.

bilt

alque inlido de pace apud Ternavium

arrivée tosl que si, prenant confiance en luy avec le temps, elle eust Août i64/i apporté déplus grands préjudices. Nous ne luy baillions rien présentement et ostions la Motte \ que l'on eust l'ait aussy tost raser ; mais il semble que cela soit bien contrcpesé par la possession où nous demeurons de tous ses Estats. Nous avons cependant tiré profit de cette négociation, ayant tousjours tenu ses troupes inutiles, et ayant empesché sa déclaration pour nos ennemis, jusqu'au temps qu'il a semblé n'avoir manqué de parole et de foy que pour recevoir l'affront de voir perdre2 Gravelines en sa présence, et, selon les apparences, le Sas de Gand3.Tout ce qu'on peut conclure de là de plus certain, c'est que Dieu ne veut pas encore le repos de ce prince ny ses advantages. J'ay veu le Roncalli 4 sur ce que vous me mandez de la médiation du Rov de Pologne à Tirna pour l'accommodement de l'Empereur et du Ragotzky , et luy ay fait des plaintes de ce que les effects ne correspondoient pas à ce qu'il avoit si souvent représenté des sentimens de son maistre pour abaisser l'autborité impériale. La response que j'en ay eue a esté que le Roy et le Royaume de Pologne avoient mesme envoyé intimer la guerre au Ragotzky, au cas qu'il ne s'accommodast pas avec l'Empereur ; que ledit Ragotzky esloit entré à main armée dans la comté de Scbiapuse5, qui est au Roy de Pologne, et y avoit saccagé plusieurs villes, qu'il procuroit présentement une irruption dans le royaume de soixante mille Tartares, qui, parles dernières nouvelles, estoient prests à y entrer ; que sa guerre contre l'Empereur estoit extraordinairement préjudiciable à la Pologne, parcequ'ellc luy ostoit tout le commerce de Hongrie. La conclusion a esté neanlmoins qu'il en escriroit de bonne encre et qu'il esperoit, si les lettres arrivoient

' La Mothe en Argonne était une des les dictionnaires géographiques. Puffendorff

places fortes du duc de Lorraine. ( De rébus suédois) dit que le fils de Ra-

' Perdre s'entend. Je préférerais cepen- gotski campait près d'Eisgrube en Moravie.

dant le mot prendre. Il y avait, dans la Silésie, un cercle de Sckwi-

1 Cette \ille ne fut prise que plus lard. bus, avec une capitale du même nom. C'est

' Envoyé du roi de Pologne. un des pays dont le nom se rapproche le

5 (Je mot est probablement alléré. Je n'ai plus de celui qui est donné par le inanus-

pu trouver une localité de ce nom dans ml.

AomiiO'iV à temps, de faire voir, en ce rencontre, le cas que son maistre fait des prières de la Reyne. Vous pourrez, de vostre costé, faire faire le mesme offre par le sieur de Bregy 1,

Ce résident m'a fait dire que les lettres particulières de Pologne portoient que l'Empereur offroit audit Roy de faire couronner roy de Hongrie un de ses enfans : ce sont des amusemens ordinaires de la maison d'Austriche;

Que le grand. Chancelier luy inandoit que, si le mariage de Suéde2 ne pouvoit réussir, il avoit plus d'inclination de se marier en France qu'en toute autre part, quoyque les Florentins n'obmissent rien, par l'entremise des Espagnols, pour la princesse Anne3.

J'ay receu la lettre que vous m'avez escrite touchant quelque aiuto di costa^ à la fin de l'année. Quoyque nous soyons fort mal en fonds, je ne laisseray pas d'en parler au premier jour et de voir ce qui se pourra faire.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tome I , f° ik 1 verso. — Copie du temps.

A M. D'ESTRADES

[Paris,] ik août i6&4.

Monsieur,

Vous avez veu par ma lettre précédente, et vous le pourrez encore voir plus clairement par les efl'ects, comme nous avons prévenu les désirs de M. le prince d'Orange : d'abord que nous eusmes avis qu'il s'alloit attacher au Sas de Gand, nous avons depesché quatre courriers l'un sur l'autre pour prier S. A. R. de demeurer encore à l'armée pour donner une plus forte jalousie aux Espagnols et les obliger ûv tenir de ce costé là une partie de leurs forces. Nous nous promettons

Résident de France en Pologne. 3 Cette princesse Anne est probablement

C'est-à-dire le mariage du roi de Po- la fille de Cosme II de Médias.

logne, Wladislas VII, avec la reine de '' Aide, subvention.

Suède Christine.

aussy que la course qu'est all<'' faire M. le Maresclial (le Gassion en Aoûii6' attirera aussy beaucoup de ceux qui autrement seroient allez vers le Sas de Gand. En un mot asseurez S. A. qu'on n'oubliera icy rien, comme je luy ay escrit , de ce <]ui pourra contribuer au I)on succez de son entreprise.

Je suis bien ayse que l'affaire del'Ostfrise prenne un bon train, mais l'important est qu'il en faut presser l'achèvement, affin que, les troupes de Madame la Landgrave puissent agir du costé où il sera trouvé plus à propos pour le bien de la cause commune.

Nous voudrions bien pouvoir envoyer à Madame la princesse d'Orange1 le filet, de perles que la Reyne luy a destiné; mais nous avons de la peine à le trouver tel que nous le voudrions , à cause de l'humeur de Lopez, qui est fascheuseen cecy, comme vous sçavez, et nous tient le pied sur la gorge. Je croy qu'il n'y auroit point danger que vous pressentissiez si Madame la princesse d'Orange auroit aussy agréable de la vaisselle de vermeil doré, qui est à mon avis une chose qui a son prix certain et réglé; sinon nous fairons nostre possible pour envoyer les perles incontinent aprez que nous aurons de vos nouvelles.

Nous attendons avec impatience le succez du voyage de M. le duc d'Anguien pour le secours de Fribourg. Toutes les apparences veulent que le succez en soit bon.

' Emilie de Solms. ( Voyez 1. 1 des Lettres tir Wazarin, p. 62 1-62 3.) La Thuillerie, ambassadeur de France dans les Pays-Bas, écrivait à Anne d'Autriche, le 28 septembre i643 : "Quand j'ay mandé à Vostre Majesté qu'il estoit avantageux de bien (railler M"' la princesse d'Orange, j'ay creu le debvoir à cause de l'authorité qu'elle a sur M. Bon mary, et ay pris le biais dont je me suis laissé entendre à Vostre Majesté, pour ce qu'estant princesse glorieuse, j'aurois doutlé qu'elle eusl receu de bonne grâce une gratification sans quelque prétexte, joincf ,'iussy qu'elle auroit aprehendé, en

lestât que sont icy les affaires, de faire tort à M. le prince d'Orange, là où luy payant une debte quoyque imaginaire, ce luy sera une couverture, et n'en aura pas moins d'obligation à Vostre Majesté que d'un don gratuit, pour ce qu'en effect il est tel, et je ne pense pas, Madame, que des bogues fussent de son goust , pour en avoir dcsjà une quantité assez grande, etc. -. (Archives de la maison d' Orange-Nassau, ■>: série, t. IV, p. g5, 96.) Le mémoire de la prétendue dette que devait payer la France s'élevait à 70,000 livres, comme ou le voit par la suite île la lettre de M. de la Thuillerie.

Août i fi'i'i,

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719, tome I, f a3o verso. — Copie du temps.

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