‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 2)Chapitre 37 sur 81 · INTENDANT D^ARM^E · texte numérisé non relu

INTENDANT D^ARM^E

Puris, 6 avril i658.

(extrait.)

J'ay receu toutes vos lettres. Ce que je vous puis dire sur l'affaire d'Ostende, c'est que l'on envoyé à M. le mareschal d'Aumont pour traiter avec ceux qui font l'entreprise ^, et le Roy exécutera tout ce qu'il aura promis, n'estant pas dans l'ordre que ny Sa M^ ny moy signions un papier comme celuy qui a esté envoyé. Mais je vous diray franchement que j'espère peu de cette affaire, et oultre que M. le mareschal d'Aumont a eu advis que un de ceux qui sont de l'intelligence nous trahit, il est bien difficile qu'une chose qui tire fort de longue et qui est sceue de tant de personnes puisse demeurer secrète, et il faut bien prendre garde qu'oui tre la perte de nostre argent, [ils nous veuillent faire] * séjourner là sept ou huit [cens] hommes pour les mener à la

^ Était une consëquence. Osteade aux François; mais, en réalité, ils

* Plus haut, il n'est question que de cherchaient à les attirer dans un piège, ce

trois dëputës nommas d abord par i'assem- qui, effectivement, arriva.

blëe de la noblesse de ia Normandie. ^ La copie porte : qm nous veuUie téjaitr-

' On a vu qu'ils promettaient de livrer ner là; phrase inintdÛgîble.

boucherie ^ C'est pourquoy je vous prie de prendre bien garde, avec Avni tf)58 M. le mareschal d'Aumonl, qu'on ne hasarde rien mal à propos, et je m'en repose sur vous.

Pour ce qui est deub aux officiers d'artillerie qui sont à Mardick, mandez-le à M. d'Ormesson, et, à l'esgard de vos interests parliculiers, je me remets à vous en entretenir quand nous vous verrons ; ce que j'espère qui sera bientost.

Bibl. nat., ms. f. fi*., Mélanges de Colbert, t. Sa, f* loi. — Minute.

AUX PLÉNIPOTENTIAIRES (GR AMONT ET LIONNE)

Paris, 8 avril i658.

Je suis obligé de vous escrire cette lettre à part pour vous informer de diverses choses que j'ay apprises des sentimens du comte de Pegnaranda depuis qu'il a veu M. l'électeur de Mayence, et vous esclaircir de plus en plus de ceux de Sa M^; car ii me semble que l'affaire qui est sur le tapis est assez délicate et importante pour vous communiquer à tous momens ce qui me tombe dans Tesprit, afin que, s'il y a quelque chose d'essentiel , vous en puissiez profiter.

Vous sçaurez donc premièrement que tant Pegnaranda que les ministres de Flandres sont tres-alertes pour voir si vous ferez quelques pas dans les propositions de paix que l'électeur de Mayence est demeuré d'accord de donner audict Pegnaranda, qui leur donne lieu de nous jouer quelque mauvais tour en destachant le Protecteur de l'union avec la France; et, si nos advis sont bons, comme je n'en doute pas,

^ Mazarin avait toute raison de se méfier lesquels, ayant jooë une farce dans la ville,

de Tentreprise d'Ostende, où ie maréchal firent semblant d'arrêter leur gouverneur,

d'Aumont s^était engage , dit Turenne , trsur crièrent : Vive k Roil dans les mes et dirent

ia parole de quelques petites gens qui furent mUle injures des Espagnols n , afin

trompés grossièrement par ceux d'Ostende, de nous donner le change.

HAZARIR. — nii. 43

UirftlVKftJK RATIORALI..

3a« LETTRES

Avril 1059. on fera joœr divers ressorts pour vous jdbHger i faire •quelque expli'oatioA 9Qr ie «ujet de l'Ângietenre^ q«i lEburnisse à um lennemift des armes pour nous faire du mal dans un point de ittitc eosuwigaeoce^^ imnB, tcHftant ad^erti eomme vmxs r>ealM, il vous sera snafaysé^ ^piuelque rusé que Pegmaranda puisse mÉre^ qu'il vienfie à bout de^^sns aorprendre.

Outre que je ne voye pas que ledict PegnaoraiHla {nuase awir irièn de solide en main, capable de nous nuire dans Tunion que nous avons avec l'Angleterre, puisque, quelque cbose que vous soyez obligez de dire à l'électeur de Mayence, Jamais (ce qu'on vous a desjà mandé) vous ne devez rien donner par escrit.

Comme je ne voy pas que les Espagnols nous puissent donner aucun coup considérable 'par un autre nii^yen que i^elu^cjy^, vous ne devez pas estre surpris si je rebats continuellement sur ce point. Papprehende que celuy à qui il a reussy à Munster de séparer les Estats tde Hollûnde«d'taA(ecla Fraivoe^, par tou9'le6^irlnficeBjet:iiiiventiQns*dont 41 se senvit aseez advoitemeHt, *n'apfditpi3B tout 'Son «apcît pomr )0M6 faine ressentir ^un flvis grand nal, s'il pou voit Bieotne lœ (J^nglois du icosté de d'Espagne, d'autant iplus qoej^e^sçay, par la mieavie voye que j'ay pecea lea auirres adms, ^e PegnaiMmAa «Et peésuadé qu'il Ji'y :a aucune ressounce pour les affaireside son maistrecqae d^ifaine la paix, à moins que Dieu me (fasse paur enx^tdBs .miraoles., a^ciane ex^ep*

' MajEarin avait envoyé à Gramont, pour bàrent guaad les ambassadaprs français lui

le mettre h même de rëpondce aux accusalions d'impiëtë lancées contre nous par les ^Bsjfwgm^k à récession de ndtre tnaiié avec .r Angleterre, une copie du traité tout semblable (sauf qu'il s'agissait de prendre Calais à la France pour le donner h Croniwell) que le roi d'Espagne avait signé précédemment avec r Angleterre. Gramont porta xsetAe pièc^ux éiecteors'âfin rie les mettre è roérae de juger de la bonne foi de^l'Ëspagne. )P6naranda s'inscrivit en faux, contre ice doeament ; mais , dit Gnamoitt ,^\e» bras lui tom-

oflfrirent de consigner a 0,000 écus entre les mains de td mardnmd tte Tranrfbrt qd^l vondinit choisir, poucvu.que, de^apo^, jl en consignât autant,. et qn il gagnerait les 90,000 écus si, avant six semaines, Gramont et Lionne ne rapportaient pas, en face du collège électoral , l'original du traité en question.^

-* iVoy. t H, p.tA^o, idas>/ietlfMS(«k.tfatarin.

^ lies nais poitrreHx.Bmti ei) et douteux.

tioD neaiitiDDiQê que Ton doit amptrayaot tenter toutes sortes de voyes ivrîi i658. pour gaigaer les Anglois, ^ en oe cas^ il n hésite pas à k cocrtiouatioD de la guerre. Gar^ comme c est la seule necesaté qui le contraint à estre d avis de la paix avec la France, estant bien informé du peu de moyeos qu'il y a <» Espagne de fournir à de si grandes dépenses, et le mauvais estât où la monarchie, est réduite par la guerre que les Anglois luy font aux Indes et dans les ports d'Espagne, qui empesehe entièrement le commerce ^ et apprenant esgalement des ministres de Milan et des Flandres qu'ils ont tout à cranidre dans cette campagne, si, par un accommodement avec les Anglois, cette nécessité cessoit, ils ne songeroient qu à continuer la guerre avec plus de fierté et d'opîniastreté que jamais, leur haine estant à presens contre nous au dernier degré, parce que nous leur faisons beaucoup de mal et qu'ils en appréhendent encore davantage*

Tout ce qui vous a esté rapporté du premier entretien de Pegnaranda avec Mayence est véritable; mais ce qui ne vous a pas été dict, [et] que Pegnaranda a présupposé luy avoir esté précisément déclaré par ledict Electeur, c'est qu'il croit que les François ne veulent pas la paix, quelque [mine] ^ qu'ils fassent au contraire (ce que je croy pourtant qui aura esté dict par l'électeur de Mayence pour engager plustost lediet Pegnaranda à s'ouvrir et faire des avances sur cette matière); que si le roy d'Espagne se déclare de vouloir la paix , et qu'elle ne se conclue pas par la faute de la France, non seulement on ne luy accordera pas les réparations qu'elle poursuit et les seuretez pour la manutention du traité de Munster à l'avenir, mais, au contraire, tout le monde se mettra en devoir d'assister, par toutes les voyes, la maison d'Austnche dans la guerre qu'elle sera contrainte de continuer contre laFrance.

11 est vray que ledict Electeur adjousta aussy que, si l'on croyoit que la France souhaitoit la paix et que les Espagnols ne la voulussent pas, il serait impossible d'empescber que le roy de Hongrie, avant que

* Mot douteux.

Avril i658. d'estre revestu de la dignité impériale, ne fu8t obligé de signer une capitulation bien. dure, et qu en un mot le roy d*Ëspagne ne devoit pas s'attendre d avoir le moindre secours et assistance de la branche de sa maison , qui est en Allemagne.

Les mesmes advis portent que Pegnaranda s'estoit fort estendu pour luy faire cognoistre que les François ne vouloient pas la paix; que c estoit un artifice du Cardinal Mazarin d en faire tenir des propos à Francfort pour différer Tesiection et empescher qu'on ne pust envoyer, cette campagne, des secours en Flandres et en Italie; que toute la chrestienté souffroit par le retardement que l'on apportoit à ladicte eslection, et que la religion catholique estoit tout-à^faict [opprimée]^ en Flandres par la guerre des Anglois, si les armes de l'Espagne n estoient pas fortiffîées de quelques secours considérables d'Allemagne; que les gemissemens des pauvres catholiques de ce pays^là et le préjudice de toute la chrestienté seroient causez par la fermeté des Electeurs ecclésiastiques ) qui se sont laissé persuader qu'il seroit très advantageux au bien public de différer ladicte eslection, pour voir si ce pendant on pourroit conclure la paix, que Sa M*^ la désire et qu'il y a mesme nécessité, et qu'il n'y avoit aucune seureté qu'on luy pust demander, à laquelle il ne donnast les mains, afin que lesdits Electeurs ne pussent pas douter qu'il ne demeurast à Francfort autant qu'ils voudroient pour y traiter la paix aprez l'eslection, suivant les responses qu'il recevroit d'Espagne sur le projet que M. de Mayence luy donneroit et qu'il s'offroit d'y envoyer en diligence.

Ce qui m'a faict le plus de peine de ce que j'ay sceu de cette conférence, c'est que Pegnaranda présuppose, ainsy qu'il l'a mandé à Bruxelles, que ledict Electeur, aprez luy avoir faict mille protestations de service et d'attachement à la maison d'Austriche, particulièrement au roy d'Espagne, et de beaucoup d'estime et d'amitié pour ledict Pegnaranda, il luy avoit dict positivement que l'occasion ne se presenteroit jamais si belle de remédier au. mauvais estât de leurs affaires que celle qu'il avoit présentement entre les mains.

^ Mot non lu. Le seos n*est pas douteux.

Dans la suite de cette dépêche, Mazarin indique que ce qu'il craint surtout, Avril i658. c est que PeSaranda ne réussisse à persuader aux Électeurs que la France ne veut pas la paix et que Ton doit procéder immédiatement à l'élection de lempereur avant que d'examiner les conditions proposées par l'électeur de Mayence pour la conclusion de la paix. Il parle aussi des propositions du roi de Suéde, dans le cas où la guerre se rallumerait en Allemagne. Il insiste sur l'offre que lui a faite ce prince » d'entrer dans la Siiésie et devenir aux portes de Francfort avec une nombreuse armée et d'équiper une flotte de soixante vaisseaux t».

Le Cardinal termine en mentionnant une visite faite à l'électeur de Mayence par le prince d'Aversberg, ministre du roi de Hongrie, et sur la conférence qu'ils ont eue sur la paix; Aversberg pense que le roi d'Espagne ne la conclura que par la médiation du Pape, et l'Électeur répond que jamais la France n'acceptera cette médiation.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. Sa , f** iSa v^ — Minuté.

AUX PLÉNIPOTENTIAIRES (GRAMONT ET UONNE)

Paris, 17 avril i658.

(extrait. )

Le comte de Pegnaranda a fort bonne opinion de Telecteur de Trêves , et il est persuadé que , sans la diligence que l'électeur de Mayence faict pour l'obliger à suivre ses sentimens^ le menaçant à tous momens que la France le perdra^ il feroit aveuglement tout ce qu'on luy diroil estre plus advantageux à la maison d'Austriche; que cependant, dans son cœur, il est aussi passionné pour les interests de ladicte maison qu'on le peut souhaiter^ Ledict Pegnaranda est convenu avec luy que S. A. EL n'osteroit pas à Mayence l'espérance de faire ce qu'il voudroit sans pourtant s'engager à rien de positif, et il esperoit que, le duc de Saxe et le chef de l'ambassade de Brandebourg arrivant, il presseroit Trêves de se joindre à eux pour combattre tous ensemble le party de l'électeur de Mayence. Je sçay pourtant que, nonobstant cela, Pegnaranda ap-* prébende fort que Trêves ne se laisse emporter, à la fin, aux vigou-

Ui tETTRÉS

Avril iés9. refusé» jlourtuitéff de Mayétice, appuyées par les^ âienaces et les prottiessés déS Prtfiiçôîs.

ie suis ravy de vous pouvoir asseurer qu^'îî ne se peut rien adTJousfei^ à la mauvaise satisfaction que Pegnaranda a^ dans son cœur, contre M. de Mayence, se plaignant hautement quil sa respondu e» aucuiie façeii à totit ce qu ii luy aveît eecrit et (aiet dire pendant qu 3 estoit à , Prague, et le voulaftt foire pasiéi^ pour ttii pfestre qui n'a fiftl féspeel pour fa religioh (catholique, parôe que, d^un costé, il eiitrepretid ôur la fonction de Sa Sainteté, se voulant mesler dé faire fa paix, et, de l'autre, il déclare qu'il ne sera jamais d'advis que ie nouvel empereur puisse envoyer des troupes en Flandres contre les Ânglois.

Le mesme Pegnaranda a dict qu'ayant tasché, par Tenvoy du Nonce et d'autres personnes, de ramener l'esprit de M. de Mayence sur le point des Anglois, se prévalant des protestations que le Nonce faisoit sur ce sujet, M. de Mayence a voit respondu que le Pape ne prenoit pas les biais qu il failoit pour advancer la paix et ne donnoit aucun secours contre les hérétiques, et qu'ainsy il croyoit que luy et ses co-electeurs ne dévoient pas bazarder leurs Estats mal à propos. Pour vous dire, en uii mot, â qùoy vous vous devez tenir à l'esgard du Nonce, c'est qu'il a ordre du Pape de parier aux uns et aux autres et d'agir comme le edmte de Pëgnarâbdà luy dira, et ainsy voud 1^ diivefli eompter comme un tnihlstré de rËspôgnë et tidû pas d'uii père commun.

Pegnarâtidà ébt fascbé d'avoif faict Véliir le foy de Hongrie à Fr^nefort, où il craint qti'il né demeure longtemps contré êft dignité et avec grande perte de sa î*epûtatioh , et il y endroit qu'il luy éûèt coudté beau^ coup et que M; de Màyèkicé èùst deëja depesêhé en Espagne pour y porter les propositions de la paix^ èonime St Altt kiy avoit déclaré de vouloir faire;

Je pasèefày à pf*ésent à Vous infôrifiei' de tout ée que j'ôy ftppriè de le dernière feotiference qUe Pègharandà avoit eue aveo Mi de Mayett^Bi DfiHs lé éolîimértcenienl,feéluy*'cy ëè plaignit de ce qu'il* no se tovôieftt pis asëéi souvent , et je içày que Pegttttfandé èrôit devoir en uuer élniy, aâtl qu'en faisant bontlé initie, l'autt^e 8oit obligé dé le ret^hefdièf et

DU CAROffl^Ai MAZARIN. 348

39ttl)9itei 4{LX4^tjiig^ 4? ^^ajotouelieri^vie^ iuy; dçquoy ivoiis |H>uy6|E pror Avril i^s. JGiter 69 4ftpnftQt fi^y)» ^ J^ d§ jS^y^jqe jd# 4089^9^ d«dict PegM-

giKaritpda {pu^t iaÎRç .4'4)lPf d pour (Ob^ger l'Ële<4çur à pâseer oytp^ ^ i'esIçK^^W ep j'a^urant qu^pre^ qu'elle seroit Eaicte, il ^ttendrok le xeitaur du courrier que S. A. [P,] ^^ff^ç^^oi^ en Ëspagae f^vec les piiopositionside ^j^il,, ^ qu'il ,i^9cmjjl^eroit^ à bqn .escient» à la eonclui}^, içdict; £le(;tej(Lr dç^ieur^ .^^sjgpii^^ ,à vp\^9ir;9çayQir aupanayant les inteutiap^ «du jroy,d'iEapagne, puisqu'ap^^e? Tcislec^ion laicte, ny lu,y ny aes «hel.QfiJewrSiW se^rpienl; pl^ç <îpaaidftrjil)les ay à la Fraqçiç piy à TE^

Pegnaraj;^4a fX^fià avoir i^emprqué^ ipar le (di^ours de M. de .MayçQce^que pptts iÇ^jeons ^0|i fpftpqhé df tiQutes îles autres conditions dte .'l^ pai^ ,e.t .qye nou^ jni^^p tenons ^e^lemei^ >f£irmes ^vr icelle de :M. le prinQÇ àfi Gppd^> ftfip dç le^ flaettre en deffiance ^et le porter, p^r oe n^oypp , ^ quitter le pafty di^ns lequel il ,e9t engagé ; qu'il le faiflt .pefixihpqip^ ,dâ9enr6r p^r Mq^rolles^ (lequel Pegns^randa voit souvent, çt.à qni il axf^ttdo^néicinq c^ns palagons^ pour lefnpescher de mourir (d^ ifaixn^ quç .rÎQn n'pst .capable dlpl^iger le ^roi 4'Kspagne à Taban- .donper^; .pi^^js ce qui pçrce 3e <^(Pur audict Pegnars^pda sur ce sujet, .ce^ que.noU;$pplQpi^nJt]M$iy^pG$:e,t j^ gt*sind^ partie des Electeurs, et presque tous les ministres des princes qui^^ppj; à Francfort, âoat persitadçz qv!oii ,n^ doit p^s d^ffprer d'up quart , d'heure la conclusion de lu paix .ppur ..ce pcmtrlà,, mais qu^ le roy ^de Hongrie, avec .tout 3qn conseil ,ft l'arqhidpc ^icopold mesipe, ^pnl^ dç ce sentiment.

Gomme M. j^ç MayiQpcç fondait tout ^op discours de la paix sur ce

^ '£«06) rapporte à Gondé» monnaie d'argent de Flandres dont le poids

' Voy. t. VU, p. ^10 «note à , dessLeUreê .âait de s8 grammes et qui valait environ

i^Jfazonii. Louis ^p,P/|8,, •marquas de ^la- 3 livoes lo sous; cette .vakur était du reste

zerolles, était un des personnages que le assez vaijable^ parce qu'en dehors dos faux

prince de Condé envoyait aux puissances patagons (il y en avait beaucoup), le titre

pour solliciter leur appui. des bonnes pièces était souvent assez bas.

' I/ï patagon , ou.pl^iljipMe^d^ie ^ étaîtui^ * A abandonner Condé.

3àà LETTRES

Avrii i658. qui avoit esté traité à Madrid S le comte de Pegnaranda tira de sa poche les mémoires quil y avoit» lesquels il avoit traduits en italien, et les lut mot pour mot audict Electeur. Aprez quoy S. Alt. luy demanda aussi s'il voudroit entendre la lecture d'un papier dans lequel il avoit mis les conditions qu'il avoit cru les plus raisonnables pour conclure la paix entre les deux couronnes. Pegnaranda repartit qu'il les pouvoit envoyer en Espagne telles qu'elles estoient, et que, s'il vouloit seulement les luy communiquer en confidence, il luy diroit sincèrement si elles estoient telles qu'on les pust proposer honnestement à son maistre. M. de Mayence répliqua que ledict Pegnaranda les pouvoit escrire de sa main, pour estre, aprez, envoyées à Madrid; mais celuy-cy protesta qu'elles ne pouvoient estre présentées au roy d'Espagne que signées de S. A. et des autres Electeurs, qui estoient de son sentiment. A quoy l'Electeur ayant tesmoigné de la répugnance, Pegnaranda crut s'apercevoir, à n'en pouvoir pas douter, que cette répugnance dudict Electeur provenoit de ce que les ambassadeurs de France apprehendoient le préjudice qui arriveroit à cette couronne quand l'on pourroit voir clairement que les Electeurs donnoient pour chose entièrement arrestée que nous nous séparerions aussy bien des Anglois que des Portugais.

Sur quoy je sçay de certaine science que Pegnaranda a dict qu'il prétend tirer un très-grand advantage de cette farce de la paix; ce sont ses propres notes, dont il faut pourtant bien prendre garde de ne vous servir en aucune façon.

Je feray une petite digression pour vous dire que vous verrez bien que c'est avec beaucoup de raison que je me suis mesfié d'abord de l'intrigue dudict Pegnaranda sur ce point, et que je l'ay retouché ^ si au long et si souvent dans mes depesches depuis le retour de Roussereau, et je vous advoue que j'ay beaucoup de peine et d'inquiétude, quoyque j'espère que par la manière dont vous en userez de delà, et par les diligences que je feray du costé des Anglois, Pegnaranda, quelque artificieux qu'il puisse estre, ne viendra pas à bout de son

' En i656. (Voy. le tome VII, p. 3ia, des LeUres de Mazarin.) — * Répéta,

dessein, et ce que je vous en marquois doit servir pour vous oWi- Avrîi i658. ger à estre bien alerte à redoubler vos seings, comme je feray les miens pour n*estre pas surpris; à quoy nous ne devons rien oublier, puisqu'il ne sagist pas seulement de perdre les Anglois; mais que, si cela arrivoit, nous serions nécessitez de continuer la guerre à jamais.

Je reviens à présent aux conditions contenues dans le papier que M. deMayence lut à Pegnaranda, lesquelles estoient en substance : que la France rendroit ce qu'elle possedoit dans la principauté de Catalogne, avec l'exclusion de Roses et de Cadaquez^; Valence dans Testât de Milain^; qu'elle retiendroit toutes les places qu'elle possède dans les Pays-Bas, avec leurs dépendances, y compris tout ce que le roy d'Espagne tenoit en France, quoyque les garnisons soient des troupes de M. le prince de Condé, pour lesquelles trois places* le Roy en donneroit une qui n'estoit pas nommée; que, pour le Portugal, on feroit une trêve de huit mois , durant lequel temps on taschera d'obliger ce roi-là de s'accommoder avec l'Espagne à la satisfaction de Sa M*^ Catholique, et, ne le faisant pas*, la France promettra de ne lui donner, aprez, aucune assistance, et qu'à l'esgard de M, le prince de Condé, il seroit restably dans les bonnes grâces de Sa M^, dans ses biens et dans tous les honneurs et prérogatives qui appartiennent aux princes du sang.

Sur quoy Pegnaranda présuppose* avoir dit à M. de Mayence qu'il ne luy conseilloit en aucune façon d'envoyer en Espagne des propositions aussy injurieuses au roy son maistre, et que le Roy Catholique ne permettroit jamais que, dans le traité, on dict un seul mot du Portugal; que M. de Lionne l'avoit ainsy protesté à Madrid, et que, pour

' Cap-de-Quiers ou Gadequië, port de interligne. Ces trois places étaient, je crois,

Catalogne au N.-E. de Roses ou Rosas. Rocroy, le Catelet et Linchamp, que men-

' Le sens est, je crois, que la France tionne la paix des Pyrénées, rendrait Valence d*Itaiie, comme les places * Si le roi de Portugal ne le fait pas.

de Catalogne, sauf Rosas et Cadequië. * Ce mot doit avoir ici le sens de (^rme

' Les mots trois places odI été écrits en ou soutient,

HAlàBIir. — VIII. fi^

IMPRiaCMS «ATIOIAU.

aà6 I^ETTRES

Ami i658. M. ^e {M^ùicç de Condé, il ae labâiadoimerQÎt jamais et ne conaeiiti* roit pas à ,mie aussy injuste pretçiMÂw ^^ seroit celle que nous vou« JMssions rejii^mr tomates l,es places que mw a;vipn«danfi Içs Pays-Bas , et que l'Espagne rendist les trois qu'ej^ia eu Frajuce^

Âprez quoy, i| reprit spp jtraUé dç Madrid qui estent «ur la .table, et fit semblant de se lever pour s'en aller, afin de mieux persuader M. de Mayence qu^l estoit fort ma} sati^fai^t Ge (qui produisit Teffect qu il jen esperoit , parce que TËiecteur le pria .avec une ^aade jc^aleur de s'arrester» l'asse^rant que son ^itentiou estoit de le satisfaire et de vouloir procurer au roy d'JBpf^agnç les conditions les plus adyantage^es qu'il pouYoit souhaiter. Ge qui a 4oiMié lieu à Peguaranda 4'efi|)ecer q^ç l'on ne s'esloîgnera pas J>eauçoup 4e Cfi que M. 4e Lipune promit à Madrid à l'^esgard de la restit^tion d'une partie des places que nous possédons dans les Pays-Bas»

lyiaye^ce Juy fit grande jj^stsince de iuy vouloir laisser pour un jour le .traité de Madrid, pinp^ettant de le iuy renvoyer, et que personne ue le verroit; à quoy Pegnaranda consentit, et on le Iuy r^dit aussy à point nqmmé; et comme S.. A. w aura «s^eurerpe^t retenu \iae copie, il y a apparenqç qu'eUe vous l'aura cooam.unicqué; mais, s'il ne Ta pas encore faiqt, que, le pressant Jà^d^ssus, il m vavâ le re^ueera pas, et, à la vérité, ^ aeroit assez iQurieux etioiportant d!en av^pir cou* noissance.

M. de Mayence Iuy diot qu'apreis y av<>ir bien songé, il croyoU qu'il feroit mieux d'envoyer quelque :persoan6 4ç cqnfianqe en jËspagne; à quoy Pegnaranda 41e s'opposa puint, et j^ isuis bien ayse que ledîct Electeur ayt pq^s .cette resolution, parce que je juge qu'il l'aura faict pour ne s'engager pas à donner lesdictes propositions par escrit.

^ L'électeur de Mayence finit par pro- voyait force de retarder cette âectioa ; d'an poser à Penaranda d'envoyer h Madrid le autre côte, en refusant d'accepter Tintersieur de Blom ou de Blup , l'un de ses con- veution des Électeurs,. il montrait que le roi (idents, qui irait traiter de la paix au nom d'Espagne ne voulait pas sincèrement la du collège électoral. Efi consentant >è cette paix. Ge fut cependant à ce dernier parti proposition, Penaranda, qui aurait voulu qu'il s'arrêta. Il refusa donc de donner à faire l'âection impériale avant la paix, se Blum les passeports demandés pour lui.

DU CARDINAL MAZARIN. ikiï'

Voiià tcHit ce que j'^y dppris qui d'est passé dan» ^tte (krniere con^ Ami 1 65S. ference, qui me semble d'une grande importance, et dont la çognoi»sance vous peut donner lieu d'en tirer un grand profBt

PremiereoieAt, nous voyons que Pegnaranda a insinué en Espagne la resolution que l'on y doit prendre à l'esgard de M. le prince de Gondé en parlant dans les termes que j'ay marqués cy-dessus et qu'il n'est pas effarouché de la proposition de retenir tout ce que nous avons dans les Pays-Bas en rendant Vafence, quoyqu'il tesmoigne espérer que nous nous re^âfscherOns là-^dessus. Et comme M. de Mayence se déclare assez de nous vouloir obliger dans les conditions de la paix en tout ce qui pourra dépendre de luy, il escoutera sans doute volontiers la prière que vous luy ferez de tenir bon sur la proposition qu'il a faicte des conquestes, Tasseurant qu'en cas que la chose réussisse heureusement, le Roy luy en tesmoignera sa rei^cngooiseance de benne sorte, et mesme, si vous jugeas à propos de parlei^ à Seherebame (sic) ^ ou à Bernebourg, leur promettant pour cela telle gratiffication que vous estimerez proportionnée. Sa M*^ l'approuvera.

n faut, en outre, bien imprimer dans l'esprit de M. de Mayence qu'il n'y A rien de plus artificieux que le comte de Pegnaranda, et que, quand il craint davantage, c'est forsqu'il tesmoigne le plus^ de hardiesse et de fermeté, et que, s'H plaist à S. A. Et. détenir bon et de luy faire cogooistre, dans les occasions, qu'elle sçait Testât des afflaiires d'Eau pagne, et que rien n'est si advantageux au ro^, son maistre, que son entremise pour la paix, ne le recherchant ny le flattant pas* quand H faict le froid et qu'il tesmoigne du chagrin, ainsi qu'il fit airtificiéusement lorsqu'il reprit son traité et se leva comme s'il eust voulu se retirer, je responds à S. Alt. qu'elle négociera très advantageusement avec luy; et M. de Lionne, qui est informé de la conduite qu'il teiroit à Munster avec tout le monde et notamment avec les ministres de Hollande, jusques à mettre la main sur la garde de son espée pour faire le brave, quand il les apprehendoitleplus, pourra s'en servir utilement

' Je pense que oe nom est altéré et qa'il faut lire Schanbam, frère de Tâectear de Ifayence.

Avril i658. auprez de M. Mayence pour ie luy faire cognoistre, afin quil oe soit pas surpris par cette manière d'agir.

Maxarin termine en insistant toujours pour que Tëlecteur de Mayence se montre ferme, et il cite des faits qui prouyent eombien les Espagnols ont besoin de conclure la paix.

axxviL

Bibl. nat, lûâ. L fr., Milanges de QMert, U Sa, f i4o. — Minute. AUX PLÉNIPOTENTIAIRES (GRAMONT ET DE UONNE).

Paris, 90 avril i658.

(imin.)

Mazarin insiste encore dans c^te dépêche, comme dans celle du 17 avril ^ pour dévoiler tous les artifices de Pefiaranda. Après avoir si^alé ses efforts pour amener une rupture entre la France, l'Angleterre et le Portugal, il dit quauz yeux de cet ambassadeur espagnol, la capitulation qu'on prétend imposer au nouvel empereur ne saurait lui lier les mains.

Ce n est pas, ajoute Mazarin, que Pegnaranda ne soit résolu de faire tous les efforts imaginables pour eoipescher qu'on ne fasse cette capitulation, ou qu'elle soit en termes moins durs; mais il conclud que, quand on sera forcé à la passer, on n'en doit pas appréhender aucun préjudice considérable. Il parleroit pourtant d'une autre manière s'il voyoit une ligue de plusieurs princes, comme on avoit projeté de faire pour la manutention du traité de Munster et pour l'exécution de tout ce qui seroit arresté par cette capitulation; et ce qu'il y a de bon, c'est que l'on est tousjours en estât de faire cette ligue, et je croy que l'on s y appliquera d'autant plus sérieusement, que l'on touchera au doigt que les prétentions des Espagnols sont tout-à-fait contraires au repos de TAUemagne.

Pegnaranda insiste plus que jamais à la rupture contre la Suéde ^,

^ Voy. ci*de8su8, p. 3&i. de la ffuerrt, ce qui donnerait an sens tout

' La minute porte après rature les mots différent; mais il feiut remarquer que le mol

ainsi que le roy de Hongrie en est convenu avec Brandebourg par le AvrU i658. dernier ti*aité signé à Aschaffenbourg, se flattant que, si ie roy [de Hongrie] exécute cette résolution, il n'y aura presque aucun prince d'Allemagne qui ne se joigne avec luy; mais il pourroit bien se tromper en son calcul et voir, au contraire, le roy de Suéde si puissamment appuyé et assisté dans cette guerre, que ledict Pegnaranda aura bientost sujet d appréhender quelque chose de fort funeste pour la maison d'Austriche. Ce qui me semble assez probable; car je crois que le roy de Suéde, dont les forces sont considérables, est capable, luy seul et sans faire alliance avec la France, d'entrer en Silesie et de faire la guerre partout au roy de Hongrie.

CLXXVm^ Bibl. iiBt> in8« f. fr., Mélanges ie CoUert, t. Sa, f* 191. -^ Minute.

AU MARÉCHAL D'AUMONT

(nriAm)

[Sainl-JoBt]!, 97 avril i658.

J'ay reçeu les deux lettres que vous avez pris la peine de m'escrire, avec les nouvelles que vous avez eues de Zelande ^. Par la disposition où sont les choses, il paroist que' lafi^aire peut réussir; mais je vous advoue que je ne sçaurois^ me guérir de Tapprehension que j'ay qu ayant traisné si longtemps et estant sceue de tant de personnes,

n^re est écrit en inte^igne et remplace plusieurs mots, dont Tun est efface, et les aatres, de la guerre, oDt été conservés par oubli. Il est probable qa*on avait d'abord écrit déelaratûm de la guerre, qu'on a en* .suite voulu remplacer par nqOurek

' Le lieu d'où cette lettre est écrite n'est indiqué que par le mot idem. La dernière indication précise donnée dans le volume est Sami'Just (f 1 90). Je pense qu'il s*agit ici

de SaintJust-sur-le-Therain (auj. dép. de rOise, cant de Beauvais). Mazarin, qui se rendait à Amiens, a pu s'y arrêter.

* Le mot est souligné et devait être diiflré dans la dépêche.

' Tnns mots soulignés» L'affaire dont ii est question était la surprise d'un port de Flandres, comme Ostende.

* Nouveau passage souligné depuis sçaurais jusqu'à suecez.

i50 LETl^RËS

Avril i658. OD tie Yàft descoùVërté. Neantmoins, puisque Ycfn ne hazarde pas kis hommes, la chose est trop importante pour n^ pas la tenter, et je sofubalte de tout nlén fcœùr que Vous ayeiî biefltost là gloire de Ce suécez *.

Je croy que vous eàtesf pt'eseMemént à Màrdik, et (^and vous n'y auriez pas esté pour cette aflFaire, ii auroit esté à liropos que votis en eussiez pris la peine* pour maintenir l'union entte les François et les Angldis, laquelle*, [comme] M. d'Ormessôû me mande, conimen^oit un petit à s'altérer, et vous jugez assez des mauvai^s suites que éela pôuri^oit produite pour croire que vous n'oublierez rien pour les prévenir.

Les officiers des compagnies des gardes s'eil vont à lëUrs charges. On a desja escrit à M. dé Villequier* de se rendre en diligence dans vostre gouvernement pour y demeurer pendant vostre absence. Si les ennemis pouvoient faire la dixième partie des progrez que leur aura faict espérer le mareschal d'Hocquincourt ^, je ne doute point qu'ils ne fussent fort satisfaicts. Il n'avait pas manqué de vous faire la faveur d'y comprendre la prise de Boulogne et de tout le Boulonois; mais je ne sçay pas si vous aurez la complaisance de luy laisser faire cette libéralité à ses amys, et l'approche du Roy de la frontière luy fera encore trouver difficulté à en venit à bout.

Cependant vous aurez appris, par M. Le Tdlier, les ordi*es que fort a donnez à l'esgard des personnes qUi vous sont suspé(îtes, â feîceeptioU du marquis de Montcavrel*, qui est on homme de qualité, qui a

' Fin du passage souligné. on fa vu, contre Tautorité royale, et s était

^ Que vous eussiez pris la peine de vous rendu ensuite à Bruxelles, auprès de M. le

y rendre. Prince, où il avait été Tintermédiaire du

' Lemot /^t^/feécrit eninleriigneeten traité qui livrait aux ennemis la place de

abrégé est douteux. Hesdin et garantissait le maintien de la gar-

* Fils du maréchal d*Aumont. nison, sous les ordres du lïeatenant de roi,

^ Le maréchal d'Hoctjuincoiirt , qui avait La Rivière , en même temps que le payement

fait sa paix avec le Cardinal Tannée précé- de la solde par TEspagnô.

dente, à des conditions d'ailleurs fort oné- * Jean-Bapliste de Monchf, marquis de

reuses pour la France, s'était de nouveau Montcavrel, né en 1639, nommé maréchal

déclaré pour les Espagnols et pour Condé. de camp en 1 65 â. Après sa mort et ceHe de

Il était venu à Hesdin, alors révolté, comme son fiîs, fes vasltés domaines de la maison

beaucoup de b^n a pierdrjç /et f[ui a doqné tojfX^ lea asseurances quç M^i i658. ÏQïi ppuyoit désirer 4^ aa fi4Qli^9 ,4^ ^f^ qU;^ !'p^ croid ^e Ton 8*y peut fier.

Bibl. oai, ms. f. fn» Mélanges de Colbert, t 6a, f* i5o v*; mioute» — Aff. ëtr., j^ranœ,

t. 377, P 106; copie du temps.

À M. DE BORDEAUX

[ioûc^f], }.'' nui 1668.

( EXTRAIT

Je yojos depesehe ce gentilhoQime en diligence ayec un mémoire des choses qui! faut préparer au }ieu où you^ estes, afin qu'elles soient en^a^quées s$ms pçf te de temps. M, l'ambassadeur Lockhart eçt ^ien informé de la nécessité qu il y a de faire ces préparatifs S lesquels efr tant une fois da^s les vaisseaux qui ççiit à ^a rade, on lOfi s'en servira qu'en cas de besoin » et ce pendant on en a^ur^ l'esprit en repos. Je vous priç dpnç de voir ledict ambassadeur, quand il arrivera^, pour concerter avec luy si vous aurez quelque [autre] chpsç à faire de vostre par,t que solliciter que l'9n embarque sans delay tout ce qui est CQpyeau dans ledict mémoire.

Pour ies deux mille piques, c;e gentilhomme a largemeQt pour les acheter, et on pofirra les envoyer à Calais pay le premier vaisseau qui partira, les adressant ^ M. d'Ojrme^on»

Vous ferez grande instance afin que l'on fasse partir, sans perdre un moment de temps, deux barques chargées de fascijcies, que M* l'^ni-

de Monteavrel passèrent à la maison de d'ambassadeur et de soldat; il va de la

MaiHy, par suite du mariage de Jeanne de Cour à farmëe et de Farmëe ^ Londres.

Monchi , sœm* de Jean-Baptiste de Monchi , On le croit en France, il est en Angleterre. n

avec Lonis-Cfaaries de Mailly. Lettre du ao mai i658. {Filza, lat^

* Lockhart déployait une grande activité. fol. 69.) ffll remplit à la fois^ écrivait le représen- * L'ambassadeur I^khart se rendait en

tant de Venise, Giustin^ni, les fonctions

Mai t658. bassadeur m'a promis de demander, de ma part, à S. Alt. Serenissime, M. le Protecteur, aprez m avoir fait cognoistre qu'il estoît impossible de nous donner des palissades, et je vous diray en passant que, pour en faire préparer la quantité qui nous est nécessaire pour achever la fortiffîcation de Mardik, on a desjà employé trente mille livres, et on me mande qu'il faudra encore envoyer une mesme somme pour ce supplément.

Pavois, dez cet hyver, faict remettre en les mains de M. l'ambassadeur une somme de trente-huit. millç livres, afin qu'il prist la peine de faire préparer une quantité de foin capable de faire subsister pendant trois sepmaines un corps de huit à dix mille chevaux, sur les mesures que nous avons prises d'entreprendre quelque chose du costé de la mer, auparavant que les ennemis pussent avoir leur armée assemblée et en estât de s'y opposer; mais comme je voy que le malheur de Hesdin * obligera le Roy à différer l'exécution des desseins du costé de la mer, et que ce pendant, s'il faut que Sa M**^ entreprenne de remettre cette place en son obéissance, il est absolument nécessaire de pourvoir à la seureté de Mardik, y mettant un corps de six mille hommes de pied et de mille chevaux, je vous prie que l'on envoyé incessan)ment audict lieu le foin que l'on a desjà acheté, lequel ne de^ vant pas estre en si grande quantité que l'on avoit projeté, l'argent qui restera pourra servir pour les yoitures, ainsy que je l'ay dict et que je viens encore d'escrire à M. l'ambassadeur.

Je suis en peine de ne voir arriver les trois mille hommes de recrues pour le corps anglois, pour lesquelles j'ay desjà faict compter cent douze mille cinq cents livres. C'est pourquoy je vous prie de haster les embarquemens et de me mander quand pourront arriver les trois regimens que le Roy faict lever sur ses commissions, et quelles nouvelles vous avez, d'Escosse, des sieurs de Roterfort et Douglas*. Il me semble que ces regimens devroient desja commencer à arriver à [Dieppe] \

' La révolte de Hesdin. (Voy. ci-dessos, p. 35o.) — * Us étaient chargéB de faire des levées pour le compte de la France. — ' Ce mot est très douteux.

Renvoyez-moy, je vous prie, au plus tost ce gentilhomme, afin que Mai i658. je sçache sans' aucun delay si je puis faire estât de ce qui est contenu dans le mémoire dont il est chargé.

Je mis hyer entre les mains de M. de Villequier un paquet de M. de Brienne adressé à M. i ambassadeur, dans lequel estoit la ratification du traité ^ et je m asseure qu'il le recevra aujourd'huy, et qu'ensuite il hastera son passage à Londres, oik il est extrêmement nécessaire qu'il se rende incessamment.

BibL nat., ma. f. fr., Mélangée de Colbert, t. 5a, f* aoo. — Minute.

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