À [NICOLAS FOUQUET
Calais, 1 5 juin i658.
Mazarin répond à une lettre du 9 join 16 58, relative à des agitations de Paris et de la province :
La meilleure response que je puisse faire à cette lettre, la plus prompte et solide assistance que je vous puisse envoyer pour faire cesser, au moins, pour quelque temps les intrigues de Paris et dissiper les mutins de la Boulogne [sic) ', c est de vous dire qu'il a plu à Dieu de donner aux armes du Roy une victoire complète sur ses ennemis, qui se disposoient à vouloir attaquer nos lignes pour tenter le secours de Dunkerque. Je dis complète, parce que malaysement ils pourront reparer de longtemps la perte qu'ils ont faicte de presque toute leur infanterie composée de vieux soldats et officiers reObrmes; car il n'y avoit pas de recrue ny aucun régiment nouveau*, et il se voit bien que Dieu n'exauce pas les prières de ces faux dévots^, qui sont des chi* mères, que, par leur mauvaise volonté, ou [par celle] de ceux qui les persuadent, ils se fourroyent dans l'esprit, désirant la décadence des
* Voy. ci-dessus, p. 4aî. * De )a Sologne. (Voy.cbKlessus, p. 873.)
* La copie u'iodiipie pas à qui celte lettre * Voye« la lettre suivante.
est adressée. Il est probable que c'est une ^ Allusion aux attaques contre raitiânce
réponse à une dépêche du suriotendant N{^ avec les Anglais, nadlSpliées, tant en FVaftoe
colas Fouquet* fai iodiquë plus loin les ino- qu'à Tëtranger, par les ennemis du Gardi*
tifs de cette opinion. nal , pour desservir sa politique.
affaires du Roy; mais ie boQ ])î«u, ^ni eagapi^t les bonnes întQnUom imn t6^. de Sa M^, continue, au mesme temp9, à yera«r. ^es bj^nedictions sur sa personne sacrée et sur son royaume, et punira finfidejité ^ Ijhypocrisie de ses mesobans sujets. 1} a conuoencé aasez visiblement par la per*sonne de M. dHecquincourt, estant demeuré mort, à Vinstant qu'il a tiré Tespée contre son Ray ^ et par la prison de presque toutes les personnes de marque* qui estoient avec M. le Prince, qui s'est sauvé la première fois, parce que Bouteville luy ^ donné son cbeyal et s'est sacrifié, et iasecondaense retîraat.paciun pont, parce que de Roche, capitaine des gardes^, et Ricourt^ ont faict la mesme chose ^.
Si l'affaire de ces révoltez^ continue, je croy qu'il y faudra envoyer M. le mareschal de Clerembaut» avec une commission de commander partout où besoin sera ; mais il sera de bienséance qu il rende tous les respects à S. A. R."' et luy fasse cognoistre qu'il a ordre du Roy de recevoir les siens (ses ordres) , apcez avoir déclaré que Sa M^ veut que les plus coupables soyent chastiez, et Piloy, en ce cas, servira fort bien sous luy. M. Le Tellier adressera toutes les depesches à Paris, et M. le Chancelier verra, avec M. Semen et vous®, s'il y manque quelque chose, et l'instruction qu'il faudra donner à M. Clerembaut, ou au s' Pîloy ^i M, Le Tellier vouia adressera aussy la lettre du Roy pour S, A, R .
^ Voy. ci-dMtug, p. 4so, k mort da marJchfd d'RottpiiaooQrt.
* Voy. d-dessus, p. 4^3 , note a.
^ Le sens est : capitaine de^ gardes de Condi. li avait aussi' été fait prisonnier.
^ Le mafioscrit pMe bien KkewrL Ce nom est écrit iffidinaireiaent Bicoux ou jRicùusse. Il est.question de ce Ricoux et de sen frère dans ¥ Histoire ainoureuse des Gaules de ' Bussy, t U, p. 38» et 3)6. On a vu, dans ietorae VU des Lettre» 4e M^mrin, que la l)die-8œar de Ricoux^ femme de chambre et eonfliieiite d« la èicbeaseide GUtilkn, avait été arrêtée, en i655, avec sa mattresse, par ordre da Gaidiiuri.
^ C'esl*ë-dire as aoal saar^is avm pour . eippècher Condé. d'être bit prisonpier.
' Mazarin veut parler ici des rebelles de la Sologne.
' La Sologne était comprise danrrapaaage du duo d'Orléans.
" Le. personnage auquel la lettre est adressée, devait être du même rang que Servien. Ce ne peut être que Nicolas Fouquet.
*..M. Piloys était, un intendant d'année qui avait servi les années précédentes en Catalc^oe , et aiMjpid • pb«iie^ lettres de Masarin tsoot a^fasséfts ea i656. (Voy.
t. VU, p. 648 ^696.)
Jain i658. ouverte et celle dont je l'accompagne, afin quon l'envoyé, si vous autres, Messieurs, trouvez que tout soit bien.
Ce pendant je vous diray qu'il faut songer à quelque expédient pour les liards^ car le temps empirera tousjours plus cette affaire.
Je dis hyer au soir à l'abbé Fouquet de vous depescher un courrier pour vous donner la bonne nouvelle en confusion ^, comme un de mes gardes me î'avoit portée. A présent, je vous prie de communiquer ce que je vous escris à M. Servien, n'ayant pas le temps de le faire.
J'en suis tres-ayse de ce que vous me mandez de M. de Nesmond, qui aura à présent de bonnes armes pour bien combattre les maliutentionnez.
Bibl. nat. , ms. f. fr. , MibMges de Colbert, t. Sa , f"* &3o v*. — Copie do temps.
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