‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 10 sur 100 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

Aff. ëtr., Pays-Bas, t. 3 A (sans indication de page ni de fotio). —

Minule de la main de Roze.

À MM. DE TURENNE ET DE LA FERTÉ

Ou Quesnoy, 17 août i655, trois heures du soir. (extrait.)

M. du Passage vient de m'envoyer un billet, qu'il a receu de M. de Turenne en s'en retournant d'icy au camp avec le convoy, par lequel il luy mande qu il a advis que la cavalerie, qui estoit à Valenciennes, en est partie celte nuit et a pris la route de Saint-Amand, qui est celle de leur armée ^ Ce qui nous a esté confirmé par M. [ ^] du régiment d'Espense, qui vient d'arriver de Yalenciennes.

Toutes les apparences veulent que les ennemis ayent pris cette re^ solution pour attaquer avec toutes leurs forces une partie des vostres, sur l'advis qu'ils auront eu que M. de La Ferté estoit parti, avec l'armée qu'il commande, pour aller à Saint-Guillain {sic), et parce qu'ils jugent que M. de Turenne sera obligé de destacher un grand corps pour asseurer les convoys qui luy viendront de ce costé-cy; et, à la vérité, les ennemis prennent très-bien leurs mesures, et ils eussent pu exécuter facilement leur dessein, si M. de La Ferté, avec beaucoup de prudence , n'eust sursis l'attaque de Saint-Guiilain , comme le s' de La Berge ^ m'a dict, hyer au soir, qu'il avoit faict, de façon que nous avons l'esprit en repos icy, ne doutant pas que les deux armées ne

' A partir de €6 qw nous a e$lé em^mi , d^hiffirer Tumpe ou TVofi^. La première

ia minute est écrite presque entièrement sur lettre de ce mot, écrit sur la marge, a été

la marge jusqu'à voila tout ce que, etc. recouverte par le relieur.

* Le nom est peu lisible. On pourrait * Lecture douteuse.

soyent à présent jointes ensemble; et, pour plus grande précaution, le Août 1 655. Roy ma ordonné de vous escrire que son intention est que Ton en use ainsy pour asseurer la prise de Gondé et empescher le projet que les ennemis paroissent avoir faiet d attaquer, avec [toutes] leurs forces, une partie de celles de Sa Majesté; car, avec cette conduite, rien ne nous sçauroit empescher de prendre Gondé et de faire que, paraprez, M. de La Ferté vienne aussy à bout, de la mesme manière, de prendre Saint-Guillain. Ge que j'estime si important, par les raisons que j'ay dictes à vous autres. Messieurs, que, dans la conjoncture présente des affaires, je croy quil vaut mieux prendre lesdicts postes et nous y bien establir que de se rendre maistres de Gambray. Je vous réplique que Tarmée ne manquera de rien, et je vous prie seulement de renvoyer les charrettes du convoy d aujourd'huy et tous les chevaux des vivres, etlon fera partir après-demain un aussy grand convoy que vous le demanderez.

Voila tout ce que j ay à adjouster à ce que j'escrivis hyer au soir par deux diverses voyes, et à un petit billet cy-joint que j'escris à M. de Turenne en response à celuy que le s"" de La Berge me rendit hyer de sa part ^

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