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Aff. étr., Suède, t. 19, f" 388-890. — Original signé et chiffre. Le déchiffrement se trouve aux folios 391-393.
Paris, 19 octobre i655.
Il y avoit desja quelques ordinaires que nous n'avions point de vos nouvrfles, lorsque la vostredu k de ce mois m'a esté rendue. Elle accuse réception de trois dernières des miennes, que vous avez trouvées à Stetlin. Vous y avez aussi trouvé de l'argent que j'ay advancé du mien, et vous en recevrez encore par cet ordinaire, que j'advance aussy. C'est afin que vous puissiez vous rendre au pins tost auprez du roy de Suéde ^ et y subsister avec splendeur. Vous sçavez les fins pour lesquelles je vous y envoyé, et ma dernière depesche vous en informe assez.
Sur toutes choses (et que ce soit un préalable sans exception), [il faut] que vous travailliez pour les mlerests de la religion et la conservation des choses saintes. Le roy de Suéde a desja promis au Roy qu'il y tiendroit soigneusement la main ; sommez-le tousjours de tenir sa promesse. C'est le plus sensible endroit par où il le pwirroit obliger et attirer sa reconnoissance. 11 y a mille raisons d'Estat qui veulent que cette Majesté en use ainsy; vous les cognoissez, et elles vous ont esté escriles; et, de vostre coslé, appliquez-vous à cela plus qu'à nulle autre chose. Employez le crédit que vous avez auprez des principaux officiers de l'armée suédoise; transporlez-vous mesme en personne où il sera besoin pour deslourner les désordres qui se pourroient commettre
' Charles-Gustave avait envahi la Pologne, et d'Avaugour avait reçu ordre de le suivre dans cette campagne.
contre les églises, monastères, etc. C'est pour cela principalement que Octobre t6&u. le Roy vous donne et vous donnera de quoy suivre commodément le roy de Suéde.
Il y a deux autres chefs dont vous estiez chargé : Tun, de travailler de toutes vos forces et d'employer l'authorité du Roy pour l'adjustement des deux roys, dont l'un est victorieux et triomphant, à ce qu'on nous mande, et l'autre est malheureux ^ Il faudra que vous voyiez s'il se peut rien faire pour le soulagement du dernier et pour adoucir la rigueur de sa condition. Estant sur les lieux, le temps, les occasions, l'humeur du vainqueur, la qualité de la victoire vous conseilleront ce qu'il faudra faire, mieux que je ne vous le sçaurois dire; tant y a^ vous voyez l'intention du Roy.
Quant à celuy de Suéde, ne laissez pas de luy tesmoigner que le Roy prend toute la part à ses glorieux succez qu'il doit attendre d'un bon allié et parfaict amy ; qu'il luy en souhaite la seureté et l'affermissement; mais que Sa M*^ croit que cette seureté et cet affermissement se trouveront bien mieux dans certaines bornes où. il pourra se restreindre que dans le cours estendn des entreprises fort vastes, qui excitent des jalousies et font naistre des traverses qui les interrompent quelquefois; qu'en un mot, rien n'asseure tant les victoires et les conquestes que la paix et les accommodemens doux et raisonnables; que, dans la guerre, tout est plein d'incertitudes non seulement inespérées, mais contraires aux apparences; qu'il ne faudroit pas avoir vescu longtemps ni avoir aucune teinture de l'histoire pour ignorer ces veritez; que ce que vous en dictes, c'est par un zèle que vous avez pour sa prospérité et pour sa gloire; ce qui n'est pas en vous une nouvelle passion, etc. Je vous marque ces choses, afin que vous vous en serviez comme vous le jugerez et quand vous le jugerez à propos. Vous en estes l'arbitre et l'œconome.
^ Jean-Casimir, roi de Pologne, availëlë ëtaiC, k cette ëpoqae, une province autri-
vaincn par le roi de Suède , Cbarles^uBtave , chienne.
et avait perdu une partie de ses États. Il fut 'Le sens est : du moins vous cotmaisseï
contraint de se réfugier dans ia Sîlësie, qui bien l'intention du Boy.
Octobre i655. L'autre point est que vous voyiez tousjours ce qui se pourra faire pour les interests de M. l'électeur de Brandebourg sans chocquer ni vous rendre suspect au roy de Suéde. Le sieur de Lumbres se devoit rendre auprez dudict Electeur. Vous agirez de concert avec luy à Taccoustumée.
Depuis vous avoir escrit ce que dessus, nous avons receu quelques depesches du s' de Lumbres, par lesquelles il nous donne advis que, dans une conférence qu'il avoit eue avec le résident de Suéde, l'autre luy avoit tesmoigné deux soupçons que son maistfe avoit ou qu'on luy avoit voulu donner : le premier, que nous briguions auprez de l'électeur , de Brandebourg , et devions faire le mesme auprez de l'électeur de Saxe , leurs suffrages pour faire le Roy ^ roy des Romains; que, pour cela, on avoit accordé au prince électoral de Saxe^ une pension considérable, dont il avoit touché la première année. Vous pouvez asseurer cette Majesté que le Roy na aucune visée qui tende là, et que, s'il avoit cette pensée, ce seroit à elle preferablement à tout autre qu'il s'adresseroit comme ayant plus de confiance en son amitié, et estant joinct et désirant se joindre avec elle d'une liaison plus estroicte qu'avec aucun autre; que les offices qu'il faisoit faire auprez de Telecteur de Brandebourg et ailleurs dans l'Empire n'estoient que pour destourner les attachemens que l'on pourroit prendre avec la maison d'Austriche, et que cela regardoit autant les interests de la Suéde que^ceux de la France; que, si le Roy avoit à accorder quelque pension , comme il n'en a point accordé à personne, que ce seroit pour la fin susdicte, et non autrement.
L'autre point est que 4e Pape pressoit la paix entre les deux couronnes^ pour former une union de tous les catholiques en faveur du
^ On accusait, dès i655, Mazarin de le projet qu'on lui prétait pour rëlectioii de
vouloir faire nommer Louis XIV empereur Louis XIV.
d'Allemagne. Il parait y avoir songe en * Jean-Georges II, prince électoral de
1 667, comme on le verra dans la suite de sa Saxe, ne en 161 3 , devint lecteur de Saxe
correspondance; mais ce ne fut jamais lob- en i656 et mourut en 1680. jet principal de sa politique, et il recom- ^ De France et d^Bapagne, comme Ma-
manda toujoui's aux ambassadeur^ de nier zarin le dit plus loin.
roy de Pologne et contre luy, roy de Suéde; qu'on ne devoit pas Novembre 1 655,
trouver estrange que le Pape pressast cette paix, puisqu'il faisoit en
cela les fonctions de sa charge, c'estrà-dire de père qui doit procurer
la paix entre ses enfans ; mais qu'au reste cette paix entre la France et
l'Espagne estoit bien loin d'estre meure ny preste à se faire, bien que
la France ne s'en soit jamais esîoignée; que, quand mesme cela arri-
veroit, à quoy il ne paroist point de disposition, elle n'auroit garde
de se séparer de l'amitié et des interests de la Suéde. Au contraire,
elle s'y Uniroit plus estroictement pour faire le contrepoids de la maison
d'Austriche, et d'autant plus que ce n'est point icy affaire de religion,
mais d'Ëstat, et qu'elle est asseurée que le roy de Suéde ne se portera
à rien qui soit contraire à ladicte religion ; qu'au reste nous faisons
toute sorte de diligences pour oster à l'Empereur, de qui il a beaucoup
à craindre, la commodité de faire subsister des troupes du costé des
cercle^ du Rhin, de Souabe et de Westphalie, bref partout oik l'autho*-
rite du Roy est considérée. Je suis, etc.
P.-5. Vous recevrez, par le premier ordinaire, une lettre de change de a,ooo risdalés, qu'on n'a peu vous envoyer par celuy-cy.
SlBaaBai^aeMMB^BI^HBBSBBBeMHHaaaHlHHBSaBBBSaBHBBSBaXBSaB
Aff. ëtr., France, t. 898, f* 34o. — Copie do temps.
AU imi, DE VENDÔME.
Paris, 1^ Doveinlire i655.
J'ay receu ia lettre qu'il vous a pieu de m'escrire par le sieur d'Etemare, de la vive voix duquel j'ay appris le détail de ce qui s'est passé entre l'armée navale du Roy^t celle des ennemysS non sans
^ Le combat nival, dont parle Masarin, comme indédB. Je renvoie pour les détails à avait été livre le 39 septembie i6S5. La mon HUtoire de France eauê le miniêtère de plupart des kiatorienfl prësenlieol le résultat Mâzarin, t. Il, p. 33 si.
Novembre! 655 beaucoup de joye de voir que Tadventage soit demeuré aux armes
de Sa M^^, ainsy que ledict. sieur d'Ëtemare ma expliqué plus au long. Comme le Roy juge à propos de tenir deux de ses vaisseaux armez durant Thyver pour s'en servir aux occurenees, soit pour l'Italie ou la Catalogne, Sa M^^ désire que, pour cet effect, vous en choisissiez deux des meilleurs voiliers le plus en estât de retourner à la mer et auxquels il restera plus de temps de victuailles ^ et que vous les fassiez équiper entièrement de [matelots ponantoisJS faisant donner une monstre aux dicts matelots, non par forme de licenciement, mais à bon compte du service qu'ils rendront sur ces deux vaisseaux, et les asseurant au surplus qu'ils seront bien payez de ce nouveau service et traitez favorablement aprez qu'il sera (iiiy, et mesme que si, dez à présent, ils désirent qu'on envoyé quelque chose à leurs familles en déduction de leur solde à venir, on le fera fort volontiers sur les mémoires qu'ils en donneront.
AIT. ëtr. , France, t. 27a, £• 54. — Copie du temps.
À LA REINE
[De Goropiègne^], 5 novembre t655«
(extrait.)
Roussereau * n'arriva qu'hyer au soir d'auprez de M. de Turenne et ne nous apporta pas de trop bonnes nouvelles pour l'exécution de ce que vous sçavez^; car l'armée n'est pas en estât d'agir, et particulie-
^ Des vivres et des approvisionnements pour plus de temps.
^ Les mots entre crochets sont laisses en blanc dans la copie; mais ils se trouvent dans la lettre à Tëvèque d'Orange du 1*' novembre 1 655 « indiquée aux Analyses. On a déjà dit que le mot Ponant désignait la mer de rOccident; il s'agissait donc ici de ma-
telots de Brest, de Saint-Malo, ou d'autres ports situés sur FOcéan.
' Mazarin, après la guérison du Roi, l'avait conduit à Gompiègne, afin de faire échouer les projets du maréchal d'Hocquincourt exposés dans la note 5.
* Secrétaire de Maxarin.
^ Il s'agissait de s'opposer à la trahison
rement ia cavalerie qui est fatiguée au dernier point Elle doit eslre, Novembre i655.
dez aujourd'huy, séparée en des villages entre Saintr-Quentin et la Fere,
pour la faire reposer trois ou quatre jours, a6n de s'en servir aprez,
sy on y est contraint, comme je croy que l'on sera, ayant tousjours
confirmation de la mauvaise volonté du personnage S quoy qu'il fasse
semblant de vouloir négocier; mais c est un artifice pour prendre du
temps et mettre ses affaires en meilleur estât. Il a souhaité de voir
Tabbé Fouquet, et je Tay faict partir pour cet effect. Il sera de retour
demain, et vous serez informée de tout ce qui se passera. Mon déplaisir
est que c'est une affaire où il n y a rien à gagner et tout à perdre;
mais, en tout cas, il faut diminuer le mal.
J'ay veu, dans une lettre, que les ennemis attaqueront Gondé, et je voudrois qu'ils y fussent desja engagez; car peut-estre y recevroientils un affront, et nous serions ce pendant en estât de pousser nostre dessein avec quelque espérance de bon succez. jl faut mettre tout entre les mains de Dieu et n'oublier rien de ce que la prudence conseille en semblables rencontres; car, par ce moyen, nous devons espérer que le Can/iderU en sortira heureusement.
Je vous ay dict plusieurs fois que les véritables ennemis de la France estoient les François, et non pas les Espagnols, et vous voyez bien que nous avons tousjours plus à combattre les premiers et à en recevoir du mal que des autres qui, à la vérité, sans la légèreté des François, ne seroient pas fort à craindre et, au contraire, serviroient à relever la gloire de cette couronne.
do maréchal d^Uocquiocoort , goavemeur de Përonne et de Ham. On avait intercepte une lettre écrite par ia duchesse de Châtilion au prinee de Condé en date du 17 octobre 1 655 , dans laqudle die lui disait : «r Je vous mandois qoe j'avois vu le maréchal d*Hocqoincoort qui m^avoit dict des choses dont on pou voit faire son profit. C'est, en un mot, que vous fassiei en sorte que Fuensaldagne luy envoie un homme de créance pour traiter
avec luy , et pour peu que Ton soit
raisonnable, il y a toute apparence que Ton fera affidre.» Hocquincourt, gouverneur de Péronne et de Ham, se préparait à livrer ces places k Gondé et aux Espagnob. Mazaïin prévint ce danger par des négociations qui remplissent le mois de novembre i655 et qu^on peut suivre jour par jour à Taide de ses lettres à la Reine.
* Du maréchal d*Hoequincourt
HiiAiiii. — ni.
Nov€nbrei655. Tout le moûde est persuadé que le Roy sadvancera^ pour donner
chaleur à Tannée pour le secours de la place que les ennemis attaqueront, et personne ne se doute du vray sujet de ce voyage^. Je ne sçau* rois vous mander si nous partirons d'icy demain, cela dépendant des nouvelles que je recevray ce soir de M. de Turenne et de Tabbé Fouquet.
Aff. ëtr., France, t. 8^6, f* 3^3, mioute, et t. 979 , f* 55, copie du temps.
A LA REINE
Gompîègne, 7 novembre i655.
Le CanfiietU a veu la lettre quil vous a plu de mescrire, et vous est tres-^iigé de toutes les bontez que vous avez pour luy.
L*abbé' revînt hyer, mais il n apporta rien de bon; car on a affaire à un fol ^, qui n'a ny rimé ny rayson et qui cognoist bien que , dans la saison oii nous sommes, on ne luy sçauroit faire grand mal. Pour moy, je suis plus persuadé que jamais qu il a pris toutes ses mesures avec les ennemis, etquoy quon remette à prendre la dernière resolution ce soir que M. de Turenne sera icy, je croys que, pour diminuer le mal et nous empescher d avmr la guerre aux portes de Paris , on sera obligé de se déclarer, tascher de se prévaloir de la fidélité des habitans de Peronne et de la présence du Roy, et au pis^Uer prendre tous les postes aui environs et le renfermer . dans ses places % empeschant les ennemis de prendre des quartiers en France et de se poster sur l'Oise.
Nous doutons de Corbie, mais j'espère qu'on y pourra remédier à
' Oa a dlit qae le Roi éimi k Coa^iègne pécher qa*il mt livrais Péroone et Hun aux
avec Masario pour s'opposer am projeta do enneima. maréchal d'HocquincoorU * L*ahbë Fouqaet.
* Le vrai motif était la néoeiiîté de sar» * Le maréchal d'Hoequiacoart
veiller le maréchal d'BooqnJnôomrt et d*em- ^ Ham et Péronne.
tempe. Il faut bien continuer à prier Dieu, car laffaire le mérite. Je Novembre 1 655. crois qu'il faudra s'asseurer, au moins pour quelques jours, delà per* sonne ^ qui auroit bien voulu prendre la place qui manque à vostre cabinet^. Je vous conjure de brusler ce billet, et de me croire autant vostre serviteur que Ta esté tousjours #.
lAXXIV.
' Aff. éUr., Franee, t. 97a, P 56. — Copie du tempe»
À LA REINE
C^tapiègoèi 8 ttdfembre i655.
(iXTIlAIt.)
J ay receu vosti*e lettre du 6 , et je ne m'estonne pas dé la peine dans laquelle vous estes ^ le Confident et le Serviteur ^ n en ayant pas moins, puisqu'ils ne sçavent pas encore ce qu'ils deviendront et voyent les choses aller entièrement à la rupture par la folie du personnage ^, lequel, à la fin, s'en repentira. M. de Turenne, que nous attendions hyer au soir, n'arrivera qu'à deux heures aprez midy, et [pour] la resolution qu'on prendra, je croy qu'elle sera de mettre l'armée aux environs de Peronne et Ham, pour empescher les ennemis de venir, qui seroit un beaucoup plus grand mal que perdre les deux places; et peutestre que ce fol, se voyant en cet estât, mettra de l'eau dans son vin. Navailles est parti, ce matin, pour aller à Bapaume^, et, en passant à
^ Cette personne était la duchesse de Ghâ- dait la charge de chevalier d'honneur de la
tilloo dont Maxarin mentionne plas loin Tar^ Reine Juiure, sans doute dans respërance
restation. (Voy. la lettre suivante.) de devenir son confident et son conseiller
* Cette phrase est reproduite textuelle^ intime, ment Mazarin veut dire probablement que ' Le Roi et Mazarin. la duchesse de Chftti&on espérait disposer * Du maréchal d'Hocquincourt de la place de premier ministre en intro- * Navailles (Philippe de Montault, ou duisant le maréchal d'Hocquincdurt dans le Montaut-Bénac) était, comme on fa déjà cabinet de la Reine. On verra, en eiiet, dans dit, gouverneur de Bapaume, qui est aula lettre du 8 novembre 1 655, que Mazarin jonrd^hui chef-lieu de canton du Pas-dedit que le maréchal d'Hoequincourt deman- Calais, arrondissement d*Arras.
Novembre 1 655. Peroiuie, parlera, comme de luy, à Hocquincourt, qui est de ses
amis, et liiy fera voir l'enfer.
Tout présentement reviennent de Peronne deux personnes que l'abbé Fouquet y avoit envoyées, et ne rapportent autre chose, si ce n'est qu'il donnera sa parole de ne rien faire contre le service du Roy, pourveu que Sa M*^ se retire à Paris; qu'alors il traitera, et, moyennant l'employ de Catalogne, ou d'Italie ^ des lettres de duc dans un mois et la charge de chevalier d'honneur de la Reyne future, il sera satisfaict et servira le Roy dans ses armées et dansf ses places. Je m'asseure que vous ne consentiriez pas volontiers à ce marché , qui ne serviroit qu'à nous descrier, obliger d'autres gouverneurs à faire les mesmes demandes et mettre Hocquincourt en estât de produire d'autres prétentions et de les poursuivre encore plus fortement dans six mois. S'il vouloit sortir dez à présent de ses places, je conseillerois bien le Confident et vous de luy faire un bon parti ; mais toute autre négociation, à mon advis, ne vaut rien.
Bar^ est party pour Corbie, et on le faict suivre par quatre compagnies pour s'asseurer de la place; car le gouverneur* est un homme foible , et il a eu de grandes conférences avec celuy de Peronne.
On a faict partir Gaumont, avec trente cavaliers, pour s'en aller à Merlou et sasseurer de M"^ de Ghastillon et de M"* de [Ricousse]*, et on le faict suivre par l'abbé Fouquet, afin d'obliger ladicte dame à nous descouvrir le détail de toutes choses pour pouvoir convaincre Hocquincourt. La [Ricousse] doit estre menée à la Bastille, et pour la dame, et pour ce qu'il y a de plus particulier en cette affaire, vous en serez informée par l'abbé Fouquet, qui s'en ira demain exprez à Paris pour cet effect.
' Le commandement des armëes de Ca- de La Motli^Hfludoitcourt, frère du Maré-
talogpie ou d'Italie. chai de ce nom.
* Guy de Bar, gouverneur d'Amiens, * La^copie porte fîteu^e. C'est une erreur
était, comme on Ta vu dans les tomes précë- que rectiGe la lettre suivante adressée à
dents , un des serviteurs dévoués de Mazarin. M. de Gaumont et écrite par Tabbë Fou-
' Le gouverneur de Corbie était Charles quet.
En terminant, Mazarin indique qu^une autre dame, qu'il ne nomme pas, N«rvembrei6&5'. pourrait être complice du maréchal d'Hocquincourt. Il semble qu'il veut désigner M** de Montbazon.
Aff. élr., France, U 896, f 897.