‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 19 sur 100 · À M. DE GAUMONT · texte numérisé non relu

À M. DE GAUMONT

Compile, 8 novembre i655.

Je ne doute pas que vous n'ayez exécuté ce que le Roy vous a ordonné , et ce billet est pour vous dire que l'intention de Sa M*^ est que vous fassiez conduire seurement et sans aucun délai M^ de Ricousse^ à la Bastille; que vous laissiez parler Tabbé Fouquet à M°^ de Ghastiilon , et que vous en remettiez le soin au s*" du Fresne qui en repon* dra avec les gens qu'il a amenez avec lui pour cet effect; et en cas qu'il vous demande cinq ou six de vos cavaliers, vous les luy donnerez, et il vous les renverra bientost, car on lui fera tenir du monde d'ailleurs.

Si vous avez esté si heureux de trouver la cassette de M"^ de ChastiHon et celle de M"^ de Ricousse, Sa M*^«veut que vous consigniez le tout cacheté à M. l'abbé Fouquet, lequel, ayant ordre de revenir en diligence icy, prendra le soin de nous l'apporter. Je vous prie de vous en revenir icy avec vostre monde, lorsque vous aurez faict le voyage de Paris, afin de donner compte à Sa M*^ de toutes choses, et faictes estât de l'affection du G. M. (cardinal Mazarin) ^.

' Les mots, A M. de Gaumont, sont de ' Femme de chambre et confidente de fa ia main de Mazarin. Le reste du billet est . duchesse de Ghfttillon.

écrit par Tabbé Fouquet au nom de Ma* ' A la suite de cette lettre se trouve un

xarin. M. de Gaumont ëtait un exempt des billet de M. de Gaument, date de Meriou, k

gardes du corps qui fiit envoyé à Meriou, 9 heures du soir (8 novembre 1 65 5), où il

ouMello, château de ladudiesse de Chitil- annonce à Mazarin Tarrestation de la du-*

Ion, pour Tarréter. chesse de Châtillon et de M*^ de Ricousse.

Âff. étr., France, t. 89^ , f 346-3 A7. — Original ngnë.

AU COMTE DE BRIENNE

Gompiègne, 8 novembre i655.

(iXTRAIT.)

J'ay esté surpris de voir, par vostre lettre du /i, que l'abbé Manzieri ^ et le comte Ronchi vous eussent dict que M. le duc de Modene seroit en France dans ce mois-cy, puisqu'ils m'ont asseuré que S. A. ne partiroit point d'Italie avant le i^' décembre, et qu'elle n'eust adjuste toutes les choses nécessaires pour l'establissement des quartiers d'hyver en ce pays-là. ^ousle leur pourrez dire de nouveau , afin qu'ils le mandent encore à leur maistre « auquel j'ay mesme escrit en cette conformité, de sorte que je ne crois pas qu'il y arrive de changement. Cependant, comme il n'y a point d'inconvénient de songer, dez à cette heure, aux préparatifs de sa réception, vous en pourrez parler à la Beyne, afin que Sa M^ prenne la peine de régler la manière dont Elle croira qu'on en doive user à l'esgard de ce prince.

Je vous prie de parler vous-mesme à MM. les Surintendans, de ma part, afin qu'ils fassent remettre promptement à M. le président Servions les trois mille pistoles qu'on doit donner à M. le duc de Mantoue pour le second payement des six [mille] qu'on luy a promis de luy faire toucher dans le quartier d'octobre, et il faudra escrire audict sieur ambassadeur de les luy délivrer quand il aura exécuté, de sa part, les choses auxquelles il s'est engagé ^ et qu'on aura adjusté avec luy tout ce qui regarde l'establissement des quartiers d'hyver de delà;

' Résident du duc de Modène en France. âi France, un traite secret arait été conclu * On a déjà dit qn^Ennemont Senrien, avec kii; il s'engageait, moyennant les subfrère d*Abel Servien, surintendant des fi- sides que la France devait kii payer, à

nanoes, était ambassadeur de Louis XIV conder sa pditique en Italie. Les Français près du duc de Savoie. devaient mettre garnison dans Casai, qui

' Pendant le séjour du duc de Mantoue appartenait au duc de Mantoae.

ee que Ton attend d apprendre par le retour du sieur deBaas^ et d'un Nw«nbrei666.

courrier que Ton a encore envoyé^ depuis son départ, à M. de Mo-

dene.

Pour les Suiflses, qui doivent arriver en garnison à Gazai, il Caut voir de quelle manière on en usera; et comme le régiment de Fiffer^ (iic) est fort diminué par les maladies que le changement d air a causées aux soldats, et que le Boy a résolu de le licencier, je voudrois que Ion post flaire employer à Casai ledict Fiflfer, qui pourroit former de son régiment, où il n y a que des catholiques, trois ou quatre cens bons hommes qui se trouveront tout prests à servir et ne cousteroient pas davantage à M. de Mantoue.

On ne pouvoit pas mieux parler que vous avez faict au curé de Saint-Severin *.

Aff. ëtr., ÀDgleteme, t. 66^ P' qo3-so3. -^ Minute.

À M. DE BORDEAUX

Gompiègne, g novembre i655.

Après lui avoir exprime la joie que lui a causée k conclusion du traite avec TAngleterre^, Mazarin continue ainsi s

Quant à une alliance plus estroite ^, ce que je vous puis dire est que Sa M*^ la souhaite et sera tousjours preste d'y donner les mains; mais avant que de vous mander ses intention» pour ce qui seroit du détail , il faudra voir les propositions qu on vous pourra faire de delà.

' Voj« sor ie If de BflM, bire de d'Ai^ * Ce Imlé, connu souir le nom de trailé

tagnan, ie tome VI, P' i«o, note a, des de Westanioster, avait été àgaé h Londrei

Lettnf de Uazâriu. le a& ou aS octobre i655 (vieux style); date

' ProinUemettt ponr P/^. qnî répond au 3 on 6 novembre (nouveau

' Bodenoq, cmri de SaînA^verin, était style). G*était surtout un traité de tinouneroe^

un des vicairea généraux nommés par k * Celle alliance plus intime ne fat ooD-

cardinal de Bett. due qu'oltérieurement, en 1667.

Novembre i655. Je VOUS prie de iiouYeau de vous appliquer avec grand soin à la levée des deux mille Escossois dont je vous ay escrit, et lùesme de voir si l'on pourroit aussy avoir mille Anglois et mille Irlandois.

Quand vous verrez jour à pouvoir parier de la restitution de mes deux vaisseaux , je vous prie de n'en pas perdre l'occasion.

Si vous jugez qu'en envoyant à M. le Protecteur quelque présent, soit de chevaux barbes, ou d'estoffes de Milan à £aire tapisseries, cela put servir de quelque chose, vous me feriez plaisir de me ie mander; je tascherois de profiter de l'advis.

Recommandation pour des achats de chevaux et promesse de s*occuper des intérêts de Tambassadeur.

HOftl

. Lxxxvm.

Aff. ëlr., France, L 973, f* 58.

A LÀ REINE

(sZTftAIT.)

Compiègne, 9 novembre i655.

M. de Turenne vint icy hyer* et s'en est retourné, ce matin, de

' Comparez les Mémoires de Turenne, p. /17Â, ëdit. Michaud et Poujoulat. Les Mémoires parient de l'entrevue sans en indî* quer la date. Voici le passage : rrM. de Turenne, qui alla trouver la Cour (lisez : k Cardinal) à Gompiègne, conseilla h tA. le Boi de ne point faire approcher Tannée de Péronne et de ne point donner sujet à M. le maréchal d'Hocquincourt à entrer en liaison avec les ennemis. M. le Cardinal avoit sur le cœur de voir que le Roi traitât avec un de ses sujets qui demandoit deux cent mille écus, et que ie gouvernement d'une des deux places restât à son fils; mais quand on r^ardoit Péronne et Ham entre

les mains de M. le Prince, toute Tarmée d'Espagne prête h le soutenir et Tassiette des esprits de presque toutes les personnes de qualité de France qui ne demandoient qu'un désordre, ou pour se mettre contre la Cour, ou pour se faire acheter très-cher, M. de Turenne crut devoir porter l'esprit de M. le Cardinal k un accommodement. » Ainsi , d'après les Mémoires de Turenne, ce générai aurait conseillé de traiter avec Hocquineourt , tandis que Mazarin voulait employer la force. Si l'on en croit la correspondance de Mazarin, il semble que c'était surtout la Reine qui s'indignait de voir le Roi réduit à traiter avec un de ses sujets.

bonne heure. La resolution, qui a esté prise, c est de s'asseurer au plus Novembre i655, tost de Corbie, Montdidier et Ham, y envoyant des compagnies des gardes, et voir ce que les ennemis feront durant trois ou quatre jours, et se préparer ce pendant pour estre en estât d'employer utilement Tarmée pour réduire le mareschal d'Hocquincourt, ou, au moins, Tempescher de mettre les ennemis en France et leur donner commodité de subsister. •

Je ne doute pas qu auparavant de recevoir ce billet, vous n'ayez esté informée par labbé Fouquet de Tadventure de la damé de Ricousse, qui s'est eschappée; mais je croy qu'on l'aura reprise. Gela nous servira beaucoup avec Hocquincourt, ainsy que vous apprendrez par ledict abbé , qui sçait toutes mes pensées sur la conduite qu'on doit tenir en cette affaire.

Aff. âr., Pays-Bas, t. 87 (sans indicatioD de page ni de folio). —

Copie du temps.

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