‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 21 sur 100 · VU · texte numérisé non relu

VU

Marie-Anne de Lorraine, qui fîit abbesse de Remiremont et mourut en 1661.

* Voy. ci-dessus, p. 67, note 1.

' Les places de Coudé et Saiot-Guiliain.

* Jacques de Beauvau du Rivau, lieutenant général depuis iGSa, avait été nommé gouverneur du Quesnoy; il mourut en i658.

* Ce nom est écrit plus haut Cérisy.

(Voy. la note ci-dessus, p. 1^1.)

iYovembrei655. la part du prince de Goûdé et de Fuensaldagne , lesquels sont à Gam--

bray, ne mettent en pratique tous les artifices imaginabies pour luy faire £aire la dernière folie; mais il faudroit bien qu'il fust tout-à-faict despourveu de raison et que Dieu le voulust abandonner, s'il croyoit de devoir sacrifier son honneur et le bien qu il a eu France pour faire sa fortune avec les Espagnols, dans un temps que leurs affaires de tous costez sont en auasy mauvais estât et que^ pour surcroist, les Anglois leur déclarent la guerre, que larmée lorraine, les quitte, que le prince de Gondé ne sçait plus de quel bois faire flèche et voudroil [rentrer dans les bonnes grâces du Roy] ^ ; ce que ledict Mareschal ne peut pas ignorer, puisque iuy*mesme m en a desja faict parler deux fois. L'armée lorraine, qui est depuis deux jours auprès de Groissy ^, est composée, compris les quatre regimens de cavalerie qui estoient desja arrives du costé de Sedan, de deux mille six cens chevaux et de douce cens hommes de pied; mais [ce sont]' des hostes un peu incommodes^, et notts les aurions receus bien plus volontiers au moys de may que. dans celuy de novembre *.

Le reste de la dëpéche comprend des recommandations peur les places de Condé et de Saint-Gaillain , toujours menacées par les Espagnols*

eu.

AS. étr., France,. t. ^70 , f* 69. — Copie du tempe.

À LA REINE

Gompiègne, 9 5 novembre i655.

Le comte de Belin^ m'a rendu vostre lettre et celle du Confident ,

^ Les mots entre crocheté eont rayés et * Ce membre de phraee est souligne et

remplacés par un mot écrit en interligne et devift toe chifié.

que je D*ai pu lire. * Voy. k note oi-dessae, p. 1^9.

* On trouve plusieurs loealités de oe nom * René -Emmanuel de Faadoae«'Aver'

dans le département de TOise, entre autres ton 9 comte de Beliui mestra de camp du

dans rammdissement de Clermont. riment du Cardinal - Étranger, mort

' Mot douteux. en 1667.

DU CARDINAL MAZARLN. 147

auquel j'espère respondre bientost de vive voix. Vous avez beaucoup Novembre 1 655. de raison d'estre en colère de ce que l'on faict pour empescber que le mareschal d'Hocquincourt ne fasse la dernière folie; mais il n y a, au monde, homme sensé et prudent qui n'en usast comme nous faisons. La conduite dudict Mareschal n'est pas bonne; mais la nostre seroit bien pire sy nous n'employions toutes sortes de moyens pour nous assearer que deux places si importantes ^ ne tombent au pouvoir des ennemis.' S'il y avoit quelque autre machine pour s'en rendre maistre, sans y employer de l'argent, vous devez estre asseurée que je m'en servirois avec grand plaisir; mais, à faute de cela^ tout autre expédient doit estre praticqué, et, si quelqu'un vous en parle autremens, on manque d'affection ou d'intelligence.

-. Je ne sçay pas encore ce qui arrivera de cette affaire, n'ayant aucune nouvelle de MM. de Navailles et de Noailles, et sçachant que les Espagnols remuent ciel et terre pour gaigner Hocquincourt; ce qui seroit fort à craindre, s'ils avoient autant de moyens de luy donner des choses effectives , comme ils l'ont de luy faire de grandes promesses et fasseurer qu'ils le feront riche et heureux, pendant que ceux qui sont engagez avec eux sont dans la dernière misère.

Le duc François (de Lorraine) m'a envoyé Bantin^, que vous connoisses; il attend de faire la révérence au Roy demain, pour aller, aprez, à Paris, et satisfaire au mesme devoir envers la Reyne 4|i#.

cm.

Aff. étr. , Fraaoe, t. 9721 , f* 70. — Copie du temps.

\ LA REINE

Gompiègne, 95 novembre i655.

Il arrive, au mesme temps, le Confident^ d'un costé, et Navailles, de

^ Ham et Përonne. en effet, que Raulin était gecrétaise du duc

* La copie porte bien lUmUn, mais je de Lorrabe,GbariesIV, et avaitëtéchatgë

présume qu'il faudroit lire RauHn. On a vu, de ploaieui'S négomtiKms avec

Novembre 1 655. Tautrc, et celuy-cy avec la iioQvelle d'avoir conclu avec le mareschal

d'Hocquincourt, qui a desja rompu toute sorte de négociations avec les ennemis, et licencié les personnes que Fuensaldagoe et le prince de Gondé tenoient auprès de luy dans Peronne. On a meshagé cent trente mille livres dans la somme, parce que M°^ la mareschale d'Hocquincourt^ a déclaré qu elle n'en pretendroit rien, ayant interest à 6nir et faciliter l'affaire pour establir son fils^. On a encore gaigné un autre point, que j'estime de grande conséquence, c'est que le Mareschal vouloit absolument que, son fils venant à mourir, on luy rendroit (m) le gouvernement de Peronne; mais^ à la fin, il a cédé.

On travaillera à présent à l'exécution, et, dans l'envie que le Can^ Jident a, et [que] d'autres personnes ont, de retourner à Paris, vous devez estre asseurée qu'on n'oubliera rien pour gagner des momens« J'estime pourtant tresHiecessaire que le Roy aille à Peronne, parce que ce voyage sera de grand esclat et tres-advantageux dans le royaume, et à l'esgard des estrangers; «ar [ils] seront persuadez que le Roy est maistre de la place, puisque Sa M^ y est entrée.

Je me resjouis de tout mon cœur que cet incident, qui asseurement estoit capable de faire changer la face des affaires, soit terminé heureusement, et vous ne douterez pas que nous n'ayons bien faict et qu'il fust nécessaire [d'user] de la modération et de la prudence avec laquelle on s'est conduit, quand il vous plaira faire réflexion sur les depesches que vous avez receues et que le Confident m'a rendues dé vostre part, et vous en serez encore plus confirmée dans la suite.

A présent, il faut, sans aucun délai, mettre en liberté M"*^ de Chastillon, et, pour cet effect, je vous supplie d'en donner l'ordre à l'abbé Fouquet^ lequel obligera ladîcte dame d*escrire une lettre audict Mareschal pour luy dire qu'elle est libre, et ledict abbé prendra soin de

^ On sait d^à que la marëchale d'Hoo- (Voy. le tome V, p. &3i, note 3., des Ia/Utu

quinoourt, qai contribua , ainsi que son fib, de Mazarin,)

h la oondnsion du traité avec le Maréchal, ' Le fils obtint le gvuveroenait 'de Pé-

était, âéonore d'Estampes, ou Étampes. ronne.

tne faire tenir x^ette lettre pour toute la nuit de demain ^ Il sera Novembre 1655 pourtant bon que vous ordonniez à labbé de faire cognoistre à iadicte dame que ie Mareschal n'a pas voulu quitter un sol pour Tamour d'elle, et, en effect, c'est la pure vérité. Je vous conjure aussy de faire engager cette dame à ne rien faire à l'advenir qui puisse desplaire à Leurs Majestez, et à les servir quelque temps.

Je n'escris pas à l'abbé, et vous lûy pourrez faire voir l'article de

cette lettre qui concerne M"^ de Chastillon , laquelle , à mon advis^ ne se doit pas monstrer de qudqae temps.

Le Confident s'est .acquitté de toutes les commissions que vous iuy avez données, et je vous rends tres-bumbles grâces du souvenir qu'il vous plaist avoir de vostre créature.

Aff. ëtr., France, t 695. — Original sîgaë.

AU COMTE DE BRBENNE

Gompiègne, fi 5 novenabre i655.

(ktrait.)

Tout ce que vous avez respoadu au curé de Saint-Séverin • ne pouvoit estre plus sensé ny plus véritable, estant certain qu'il n'a point ^sté pratiqué jusqu'à présent que l'assemblée du clergé demandas! permission à l'ordinaire S quand mesme il s'est trouvé présent, de chanter la messe du Saint-Esprit^, et que les marguilliers sont dans une possession, confirmée par plusieurs arrests, de pouvoir choisir ceux qui doivent prescher dans leurs paroisses , sans avoir recours au mesme

^ On a déjà va cette locutioa signiGant : Sëverin, était, comme on Ta vu, mi des

fowr tout délai. vicaires généraux nommés par le cardinal

' Le manuscrit n'indique pas h qui cette de Retz, lettre est adressée; mais il est probable, . ^ On appelait mUmdre févéque diocé-

d'après les questions qui y sont traitées, sain, que c'est au comte de Sienne. * Celte messe devait être chantée à Tou*

' Alexandre de Hodencq, curé de Saint- «vértnre de l'assemblée du dergé.

Novembre j 655. ordinaire et mds mesme que les curea s'ea mesient» de sorte qa'il est

aysé de voir que les difficultés qu ou a faict naistre en ces deiu choses ont un autre principe que lexactitude du devoir, et que ceux qui en sont les principaux autheurs n'ont eu dessein en cela que de faire une affaire.

Nous sortirons sans doute de cet embarras par le retour du courrier qu'on a depescbé à Rome, que j espère qui sera à Paris avant dimanche, auquel cas vous ferez voir à MM. le Chancelier, Garde des sceaux, et Surintendans ^ la commission du grand vicariat qu'il aura apportée, et, s'ils le jugent à propos, vous l'envoyeres aussytost à ceux à qui elle aura esté adressée, afin qu'elle puisse estre publiée au prosne dimanche matin. Et si le courrier n'est pas encore revenu dans ce temps-là, je croy qu'il sera bon que les dicts sieurs Ghan* celier, Garde des sceaui, et Surintendans voyent la Reyne pour luy dire leurs sentiments sur ce qu'ils jugeront à propos de faire, dont vous pourrez prendre la peine de m'informer vous-mesme en toute diligence par un courrier exprez, afin que je vous fasse sçavoir les intentions du Roy.

Voilà tout ce que je vous puis respondre sur cette matière; j adjousteray seulement que M. l'evesque de Seez ' m'a escrit qu'il void disposition en plusieurs de l'assemblée de parler demain de la cérémonie de la grande messe pour en faire fixer le temps, et qu'il &ut y remédier, ou en faisant retarder cette proposition, ou en esloigaant la cérémonie; ce qu'il croid le moyen le plus facile, si on le concerte de la part du Roy. Je luy mande qu'il en confère avec vous, et s'il n'y avoit autre difficulté que celle^cy, je croy qu'elle seroit bientost surmontée, puisque, par le moyen de MM. les arche vesque de Narbonné' et de Sens \ on pourroit aysement adjuster que ladicte cérémonie se differast

^ Servien et Fouquet. ' Oaudede Rebé. ( Vey. t IV« p. i 5 • n. 3 ,

* Franfois Rouxd de Medavy, oë le 8 des LeUrn de Matarm, et cî-de«ii8, p. AS.)

août 1 6o^ , sacré ëvéqae de Sëez le a i mai * Lonis^nri de Pardayian de Gondrin.

i65i, fut transféré à rarchevédië de Roaen (Voy. le tome IV» p. lo, des Lettres de Mmen 1671 ; il noamt le a8 ja&yier 1691. zaïrm.)

jusques au retoar da Roy à Paris, qui sera infailliblemeot mercredy ou Novembre 1 65». jendy, dani lequel temps le courrier de Rome sera revenu.

Aff. ëtr., Angleterre, L 66, f 3o8.

k M. DE BORDEAUX.

GompUgney b6 novembre i655.

(UTIAIT.)

La flotte d'EqiNigDe, qui estoit au cap SainlrVincent, attendant ies vaisBeaux des Indes \ a esté chassée par le mauvais temps et s est retirée à Gadis, où elle a desarmé, de façon que, si Ton veut de delà^ profiter de cet advis et de celuy que je vous ay faict donner par vostre secrétaire, il y auroit moyen de porter aux Espagnols quelque coup auquel iia ne s'attendent pas.

Imprime dilis le Mcaeîl de DoatmenU tnMîfo 4b Vanbudel (p. 9i)é

Page 1