‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 22 sur 100 · À M. DE FABERT · texte numérisé non relu

À M. DE FABERT

CempiAgne. r; no^^embre iôS5^ (imiiT»)

Après lui aYoir donné d<aa renseignemenii sur les mouvementi de troupes et sur Tëtat général des affaires, et particulièrement sur le pays de Liège, Masarin ajoute :

J ai enfin achevé l'affaire avec le mareschal d'Hocqutncourt, qui avoit

* Dee Iodes oecidealBieB oa d'Amérique. ^incoori. La véitaUe date doit Atre le

* Du cAtë des Anglais. «7 nov. i655. Tai donne cette lettre, parce ' L'imprimé porte la date da si 1M>» que la recueil de VanliûflU est peu répandu.

vembre i66A> C'est une erreur, comme ie A la BiUioÛièque natioDale, oe recueil e^ prouve ce qui est dit du maiéchal d'Hoc« cote LS, n* 89.

Novembre 1 655. obligé («tc) de Venir en ces quartiers et tenir farmée ensemenl \ et je

vous puis dire sans aucune vanité que, si on en eust^ usé comme on a faict, les ennemis seroient dans Peronne et Ham; leur armée seroit en quartier dans tout le pays entre Somme et Oyse, et ils auroient des postes sur cette rivière pour faire contribuer jusques aux portes de Paris et de Rouen; mais Dieu, qui protège Tiimocence et les saintes intentions du Roy et de la Royne, a voulu destourner, par sa bonté, cet orage, lequel j'advoue qu'il auroit eu de grandes suites.

Vous sçavez comme j'ay traicté ledict Mareschal, lequel^ sans autre raison que celle de vouloir avoir de l'argent et faire parler de luy, avoit résolu imprudemment de sacrifier honneur et tout ce qu'il possède dans le royaume pour servir les Espagnols et faire sa fortune avec des gens qui sont assez, abattus et que tout le monde quitte.

Après avoir dit que Péronne sera remis au fils, Mazarin continue ainsi :

C'est un bon gentilhomme que le fils, et vous le cognoissez; enfin jamais argent ne fut mieux employé, car nous voila hors d'appréhension de ce costé-là, et le prince de Gondé et les Espagnols bien confus de n'avoir [pas] profité d'une si belle occasion, comme ils avoient espéré et avec beaucoup de fondement; de n'avoir pu attaquer Gondé, nonobstant les grands préparatifs qu'ils avoient faicts; de voir la Flandre en très mauvaise disposition; d'avoir perdu l'armée lorraine et d'estre affoiblis au point qu'ils le sont, et de se voir engagez en une nouvelle guerre avec les Ânglois, qui ont desjà trente vaisseaux audevant de Dunkerque et d'Ost^nde, qui empeschent toute sorte de commerce.

Le Roy ira à Peronne et à Ham devant de retourner à Paris, ayant estimé que cet esclat estoit nécessaire, tant pour le dedans que pour le dehors du royaume; car, sans cela, tousjours eust pu demeurer

^ Vieux mot qui a la signification de : ensetMe, en même Ueu, Dans ce passage, tenir Tarmée ensement a le sens de : tenir l'armée réunie. — ' I^e texte imprimé pcurte : si on suBt usé.

quelque soupçon, que le Roy n'estoit pas absolument maistre de ces Novembre i655. places.

GVU.

Aiï. étr., France, t. 895, f SyS. — Original signé, Gn autographe.

AU COMTE DE BRIENIVE

Gompiègne, 97 novembre 1 655.

J'ay esté bien ayse d'apprendre par vostre lettre d'hyer Farrivée du courrier de Rome avec un bref du Pape pour la nomination d'un suffragant à rarchevêché de Paris, comme le Roy l'a voit désiré. C'est un double bien qu'il soit venu assez à temps pour nous tirer de l'embarras où nous aurions esté s'il eust retardé jusques à l'Avent, et que nous soyons délivrez de la peine de faire encore remettre par l'assemblée la cérémonie de la messe du Saint-Esprits Le Roy a approuvé la resolution qui, a esté prise de ne point perdre de temps à remplir le bref et à le faire exécuter.

Pour cet effect, je vous envoyé une lettre de cachet expédiée par M. Le Tellier et adressée à M. de Meaux^, par laquelle Sa Majesté luy permet et mesme iuy ordonne d'exécuter la commission de Sa Sainteté.

Vous la ferez voir à la Reyne et à MM. le Chancelier [le] Garde des Sceaux et [les] Surintendans, et, s'ils n'y trouvent rien à dire, vous la rendrez aussytost audict s' evesque de Meaux; mais, en cas qu'ils jugeassent à propos d'y changer quelque chose, je vous envoyé aussy un blanc signé de M. Le Tellier pour le remplir dans les termes

^ Voy. ci-dessus, p. 78. mort en 1659. Tallemant parie d'abus de

Dominique Sëgoier, frère du Chan- pouvoir commis par lui sur -les biens de

oelier, conseiller-clerc au Pariemenl, doyen son chapitre à Meaux. Ses mœurs n'étaient

de rëglise de Paris, premier aumônier du pas à Tabri de la médisance. (Voy. Hiito-

Roi, ëvéque d'Auxerre, puis de Meaux, riettw, t. IV, p. 297.)

MAZAIIN. fil. 30

ivpaimBii xiriottti.,

•4owR]»»rei6&5. que €6s messieurs Tauront concerté. Et je ne sçay s'ils approuveroieut

une pensée qui m'est venue que, puisque le Pape n'a pas voulu mettre dans le bref que la nomination qu'il faict d'un suffragant fust ad petitionem Régis Christiantmmi, il seroit à propos que le Roy, dans sa lettre à M. de Meaux, mist qu'ayant demandé à Sa Sainteié qu'elle pourveusty etc.

Je ne croy pas que personne dans l'assemblée [du clergé] s'en pust formaliser, et, en tout cas, si l'on voyoit que, sous ce prétexte ou sous quelque autre, de certaines gens voulussent cabaler pour empescher l'effect du bref, il faut leur parler hautement et leur dire que Sa M^ sçaun bien faire valoir l'authorité du Saint-Siège et la sienne et dissiper les menées de ceux qui voudroient favoriser le trouble et le desordre. Il sera bon aussy de mesnager en cette occasion MM. du chapitre de Nostre-Dame et de leur dire que, le Boy ayant tant de sujet d'estre satisCftict de la conduite qu'ils ont tenue en cette affaire , Sa M^ ne doute point qu'ils ne soyeat bien ayses qu'on en sorte par un expédient authorisé par le Pape et par Elle, et qui £aicl; voir clairement le juste sujet qu'ils ont eu cy^levant de pourveoir aux desordres de l'église de Paris et d'en prendre l'administration.

^ Il ne sera pas mesme nécessaire que M. de Meaux fasse voir à l'assemblée la lettre de cachet du Roy. Au surplus, l'on me demande que quelques prédicateurs se préparent à fronder en faveur du cardinal de Retz, ayant esté pratiquez pour cela. Je ne sçay pas s'ils seront sy hardis que de consentir à offenser le Boy; mais, en ce cas, il faudra que l'indignation de Sa M^ paroisse hautement et sans perdre un moment de temps. Je me donne l'honneur d'escrire à la Reyne que je me remets à ce que vous direz à Sa M^.

^ Ici commence la partie autographe, qui va josqa'à la fin de la leUre.

• Novembre 1 665.

Bibl. nat, ms. f. fr., t 93,9oa, f* 17 r° '. — Autographe.

À L'ABBÉ FOUQUET

Compiègiie, %^ novembre i655.

J ay receu vostre lettre avec celle pour M. le mareschal d'Hocquincourt ^ à qui je l'envoyeray tout aussytost, afin que, recevant aussy^ 1 argent, comme il le peut Aez aujourd'huy, on puisse eiecuter toutes choses sans aucun retardement. Je suis tres-ayse de ce que vous me mandez de M^ de Ghastillon^ et pourvu qu elle tienne ce qu elle vous a promis, elle n aura jamais suject de se plaindre de moy. Peut estre que le mareschal d'Hocquincourt aura donné ordre à quelqu'un de voir ladicte dame pour sçavoir si elle est véritablement libre. Je vous prie de faire en sorte que tout se passe bien et de me croire toujours le meilleur de vos amis.

Aff. ëtr., France, t. 979 , P 71. — Copie da temps.

À LA REINE

Gompiègne, «7 novembre i655.

(UTIâlT.)

L abbé Fouquet m'a envoyé la lettre que j avois demandée , et l'argent est prest à compter. J'attens celuy qui doit venir de Peronne pour

^ Cette lettre a étë piaoée, daaB le mana- rëcbai d*Hooquiiicourt, que Tabbë Fouquet

acrit, au ottiiei^ des lettres de décembre. Il avait été charge de lui demau^. (Voy. ci-

faut rectifier la classification adoptée, dans dessus, p. 137.) L*Histaire atmmreuêe des

ce manuscrit, des lettres de septembre pla- Gaules de Bossy (éd. Lalanne, t. Il, p. 896)

cées en déeeiiàbré. contient le récit piqu^^t de toute cette in-

' La lettre de M"* de Chfttillon au ma- trigne.

Novembre 1 655. le reccvoir et [qui] sera bientost icy avec un gentilhomme que le Ma-

reschal envoyé pour asseurer le Roy de sa fidélité ; mais je ne vous puis mander le jour du départ du Confident, car je ne le sçay pas; et ayant affaire avec un esprit si meffiant comme est celuy dudict Mareschal, que les ennemis n'abandonnent pas encore, il ne seroit pas de la prudence que de rien bazarder pour un jour plus ou moins; mais vous devrez estre bien asseurée que le Confident et moy voudrions avoir des aisles pour nous rendre en un moment auprez de vous.

La lettre se termine par les formules ordinaires :

On mescrit que la Mer^ est fort satisfait de la manière dont ââ^ en use a son esgard, et qu'il a grande envie de voir les Angeè^ i^onv leur dire des choses là*dessus qui les contenteront, autant que 16^ Test^ dett^

ex.

Aff. ëtr., France, t. 896, î' 877. — Copie du temps.

À M. SERVIEN

Gompiègoe, 37 novembre j655.

(eztiait.)

Pour ce qui est de la depesche de Rome, j'envoye à M. de Brienne la lettre de cachet qui est nécessaire avec une autre en blanc, afin qu'il s'en puisse servir en cas de besoing et particulièrement si on juge à propos que le Roy commence la lettre disant : avoir faict instance au Pape pour avoir ùnsujfragant.

Ce que vous me mandez à l'esgard de rassemblée ^ et du chapitre de Nostre-Dame est fort a propos, et j'en eseris à M. de Brienne, et j'estime qu'il seroit bon que la Reyne envoyast quérir le doyen de

^ Mazarin. — * La Reine. — * La Reine. — * Mazarin. — * Est content. — • De la Reine. — ^ A iV.gard de rassemblée du clergd qui se teqait alors h Paris.

Nostre^Daine S le siemr de Thevenin*S M. de Ventadour, le ohanoiiwî^ Novembre 1 655. et quelques autres, pour leur parler conforniément à ce que vous avez pris la peine de m'escrire, et vous «n conférerez avec M. de Brienne pour en parler ensuite à Sa M*^.

Je tasche de gaigner des momens pour Texécution de ce qui a esté arreslé avec le mareschal d'flocquincourt , lequel n est pas encore aban* donné des Espagnols, ne s'y pouvant pas* résoudre après avoir [creu]* la chose faicte; mais comme les raisons du Roy sont plus effectives et prestes à compter, et que les leurs consistent en de grandes espérances , qui ne persuadent pas beaucoup lorsqu'on voit réduicts dans la misère ceux qui sont engagez avec eux, j'estime que, pour cette fois, ils se contenteront d'avoir esté à la veille d'une grande affaire, sans en célébrer la feste.

Aff. étr., France, t. 896, f* 38o. — Copie du temps.

À ONDEDËI.

Gumpiègae, 97 novembre 1655^

(extrait.)

J'ay receu vostre lettre avec les depesches de Rome, que je vous renvoyeray au premier jour. J'ay esté bien ayse de ce qui s'est faict,

* Jean-Bapdste de Contes, ne eo 1601, se confondent facilement dans les Minutes de chanoine de Notre-Dame en 1697, doyen Mazarin. Je pense que le copiste aura mal lu. en 1647, mort en 1679. * Cette lettre est écrite à l'occasion d'un

* Claude Thevenin . nomme chanoine de bref d'Alexandre Vil , par lequel le Pape s'en- Paris en i69«5, mort en 166 3. gageait à nommer, pour administrer le dio-

^ Henri de Levis de Ventadour avait éié cèse de Paris, le suffragant que le Roi vou-

nomme chanoine de Notre-Dame en i65o. drait choisir. Lionne en donnait avis k son

H mourut en 1680, h l'Âge de 84 ans. oncle Servien dans une lettre du 17 novcm-

* Le sens est : les Espagnols qui ne s'y bre i655 : crLe Pape, lui dcrivait-il, s'est peuvent pas résoudre» enfin décidé de dépouiller le cardinal de Retz

^ La copie porte veu; mais le v et le cr de l'autorité dont il abusoit si fort et mesme

x\aveDi)>rei655. qui doit estre recogûu de l'adresse de M. le cardinal [Bicbi] ^ et de la

vigueur avec laquelle M. de Lionne a parié suivant les ordres qu il en a voit receus; ce qui me faict peine, c'est qu'on mandera à Rome que le Roy estoit résolu dé recognoistre les vicaires du cardinal de R^tz, et que le Pape sera fasehé de s'estre laissé aller à la nomination d'un suffragant. Sur quoy il ne faut pas douter que ledict cardinal [de Retz] ne s'échauffe tant qu'il pourra; mais il ne sera pas difficile de remédier aux inconveniens qui pourront arriver de cela.

Il ne faut pas douter que M. de Lionne ne surseoye à l'exécution des derniers] ordres qu'on luy a donnez, puisque les affaires avoient changé de face ; et quoyque la resolution du Pape m'ay t extrêmement surpris, je vous advoue que, considéré la conduite qu'il avoit tenu, si c'estoit à refaire, le Roy ne pourroit donner d*autres ordres à M. de Lionne de ceux^ que Sa M*^ lui a donnez. H est vrai que, par toutes sortes de raisons, Sa Sainteté devoit faire ce qu'elle a exécuté, et vous sçavez que j'en avois esté toujours persuadé; mais les advis qu'on nous a donnez de tous costez, la manière dont Sa Sainteté se conduisoit avec tant de remises*, et la nécessité précise de sortir d'une affaire qui nous donnoit de l'embarras, ne pouvoient pas permettre de prendre autre resolution que celle d'escrire comme on a faict à M. de Lionne.

Je vous prie de faire des complimens de ma part à M. le Nonce , de le flatter et de luy tesmoigner que je crois qu'il a la principale part dans la resolution que le Pape a prise, et, au surplus, ne manquer pas,

d'un suffragant * donne pour Tadministration chan^ d'avis lorsqu'il connut les conditions

de rëglise de Paris, tel (pie le Roy fera co- imposées par le Pape. H s'en plaint dans une

gnoistre à M. le Nonce estre le plus à son lettre du ay novembre adressée à Brienne.

service et de sa satisfaction.» (Lettre auto- (Voy. plus iom, p. 159.)

graphe de Lionne à Servien, Aff. étrang., ' La copie porte Breti; mais c'est une

Rome , t 1 a8 , f A36 .) On voit par la lettre erreur évidente.

à Ondedei que Mazarin partagea d'abord les * Différents de ceui.

sentiments exprimés par de Lionne; mais il ' De délais.

* C60t-à-*dire, an des évéqna solfraganti do l'irdievéqae de Parie; les évoques soUraguite de Paris étaienl, à eette époque, eeoi de Meauz, d'Orléans et de Chartres; l'évèehé de Biois ne ftit établi qu'en 1687.

en cas de besoin, de parler aux evesques de l'assemblée ', de ma part, NoMtBbrei655. de la bonne manière.

GXU.

Aff. âr., France, t 896, f* 378. — Copie dn temps.

AU COMTE DE BRIENNE

Gompiègne, 97 novembre i655*.

J'ai esté fort surpris de voir par vostre lettre le discours que M. le Nonoe vous a £siict et les seuretez qu il a ordre de demander, [sçavoir] que l'assemblée du clergé et le Parlement deflereront au bref que le Pape a envoyé sur ladministration du diocèse de Paris. M. le cardinal Bichi et M. de Lionne ne me mandent rien de semblable « mais seulement que le Roy doit employer son autorité pour faire exécuter oe que Sa Sainteté a ordonné. C'est ce que Sa M^ veut encore faire, et il sera bon que la Reyne envoyé quérir M. le Nonce pour le luy deck* rer; mais comme vous avez fort bien dict au Nonce le pouvoir absolu et despotique en France résidant en la seule personne du Roy, sans qu'aucun des corps du royaume puisse prétendre y avoir part, on ne sçauroit trouver une seureté plus grande de ce qui se doit exécuter que- la volonté et la parole de Sa M^^, et rien ne seroit si préjudiciable à son autorité que de faire quelque démonstration qui temoignast que les choses qu'Elle promet eussent besoin d'estre approuvées

' De rassemblée du cleiyé.

* Cette lettre porte la date du 97 novembre i656 ; mafe eiJe doit âtre un peu posterîûare. On a va, en effet, par phisieiuv lettres du 97 novembre citées aatérieurement, que Maiarin paraissait très satisfait de la nomÎBadon par le Pape d'un suOragant de rarchevéchë de Paris poyr adminÎBtrer le diocèse ; mais lorsqu'il oonnut les

conditions imposées par le Pape, il changea d'avis et déclara qu'on devait les rejeter. C'est ce que prouve eette seconde lettre adressée au comte de Brienne. Le bref ponti6cal ne fut pas admis, et en verra, dans la. suite de cette correspondance, que Ton adopta , à Borne et à Parts , d'autres mesures pour râjdmiiiistration du diocèse , et combien Meaarin eut de peine à les Cure réussir.

NoTembrei655. et Confirmées par le clergé ou par le Parlement, dont toute la puis-

sance émane de Sa dicte M^^ et ne subsiste point par elle-mesme, de sorte que ce que M. le Nonce propose seroit une nouvelle et très-pernicieuse introduction^ dans l'Eslat; et, dans ce cas, le temperamment qu'on a trouvé pour sortir d'embarras et pourvoir à la direction de l'église de Paris, au lieu de produire du bien, seroit malum pejus priore^ et pourroit avoir de beaucoup plus dangereuses suites. Je m asseure que M. le Nonce se rendra à ces raisons; mais, à toute extrémité, si on ne peut pas autrement, M. de Narbonne* et le Procureur gênerai* pourroient l'aller voir pour l'asseurer de ce qu'il désire, et si la Reyne le juge à propos, Elle n'aura qu'à leur en donner l'ordre.

J'ay grand soupçon que M. le Nonce ayt esté visité et persuadé de quelque evesque, ou [autre] partisan du cardinal de Retz, pour vous parler ainsy qu'il a faict, et, s*il y persiste, il n'en faut pas douter. Pour moy, je crois qu'il ne peut y avoir rien de plus injurieux à l'autorité du Roy que de vouloir que le Parlement et l'assemblée du clergé déclarent que les ordres de Sa M*^ seront exécutez , et je m'asseure que tout le monde sera de mesme advis.

CXIU.

Aff. ëtr., France, (. 973, f* 79, et t. 896, f" 389. — Copie da temps.

À LA REINE

Compiègne, 98 novembre i655.

(bxtiait.)

Je fais tout mon possible pour disposer les choses en sorte que le

' Innovation semblerait préférable, el il * Nicolas Fouquet, qui était &ï même. ^

est possible qu*il y ait eu erreur du copiste. temps surintendant des ûnancas. Uarchevè-

^ Un mal pire que le précédent. que de Narbonne «rétoit ami des Fouquetsi»,

^ L'archevêque de Narbonne était, en ditle pèreRapin. (Jtf^mdtTBff^ t II, p. 393.) 1 655 , Claude de Rebé, dont il a été question • H prit pour coadjuteur, en 1 656 , François

au tome IV, p. &5, des Lettres de Mazarin, Fouquet, évêque d'Agde, frère du Procu-

H était présidât de l'assemblée du clergé. reur général.

Roy puisse aller demain à Noyon, pour estre, le jour d'aprez , à Ham, Novembre 1 655. et delà à Peronne; mais bien que j'aye sujet d'espérer, par les diligences que je fais, que la chose se fera ainsy, je n'ose pas en respondre, ne sçachant pas si l'esprit du mareschal d'Hocquincourt sera dans l'assiette qu'il faut pour cela.

J'ay esté bien dur de ne m'estre rendu à l'esclavage de ta dame^ Jamais, en ma vie, je n'entendis une si grande extravagance, et je m'asseure que vous me faictes la justice de croire que le Roy et la Reyne ne courront pas grande risque^ à cause des beautez qui me pourront surprendre.

Je suis persuadé que l'expédition de Rome, avec les clauses qu'on l'a envoyée*, ne produira aucun bon effect, et je voudrois bien que M. de Lionne eust exécuté les ordres de demander dés vicaires*; car enfin tout seroit achevé contre la volonté du cardinal de Retz et de tous les brouillons, qui ne souhaitent autre chose que de voir aller l'affaire de longue*; mais, à mon advis, il vaut mieux s'exposer à toutes sortes d'inconvénients, que de donner les mains à la négociation avec les présidents de l'assemblée [du clergé] et du Parlement, pour sçavoir s'ils agréeront ce que le Roy veut, n'y ayant rien de si injurieux à l'authorité monarchique qui ne peut despendre, dans ce qu'elle faict, de l'approbation de qui que ce soit, et s'il en estoit autrement, le Roy, au lieu d'être absolu, deviendroit le doge de la republique de France.

Je crois, si MM. du ConseiU'approuvent, qu'on doit remettre toutes choses au retour du Roy, en cas que l'affaire ne soit accommodée par les moyens que j'ay escrit à M. de Brienne; ce que j'ay peine à croire.

' De la duchesse de GhâtilloD. * Des vicaires généraux pour admîms-

* Le mot risque était alors du genre fé- trer le diocèse de Paris en l'absence de Tarmiûin. chevéque.

* Voy. ci-dessus , p. i Sg. ' Que de voir l'affaire traîner en longueur.

HIZARIR. — fit. 9 1

Novembre 1 65 5.

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