CUV
AS. ëtr., France, t 97a, (° 7^. — Copie da temps.
À LK REINE
GonpîègiM, 3e aovenibre i$^.
(iXTUIT.)
Voilà toutes choses adjustées avec le mareschal d'HocquÎMOiirlv moyennant une lettre qa'il a désirée escrite de ma maio pour sa seu*< reté , à cause de rabolition qui n'est pas encore arrivée de Paris. Le Roy partira à midy pour aller coucher à Noyon » et demain à Ham , où Sa M^ donnera les ordres qu'il faut pour la seureté de la place.
Mazarin indique ensuite que, si les eanemis n'attaquent pas Coudé, le Roi se rendra immédiatement à Paris. Q revient, en terminant, sur ie bref du Pape qui nommait un sufiEragant pour ie diocèse de Paris :
Il ne faut pas douter que le cardinal de Rets n'ayt eu la pnoeipate part à l'expédition venue de Rome et à la publication qui s'ea est faicte à Paris, puisqu'elle cause du trouble, [etj puisqu'on peut dire avec vérité qu'il n'a autre but. J'ai peine à croire ce que M°^ de €lievrense vous a dict à fesgard des créatures du cardinal de Reta; car il est impossible qu'elles ne soient ravies du bref, puisqu'il faiot du bruit, et on sçait bien que, suivant les ordres dudict cardinal, elles ne travaillent q«e pour cela; mais peut*^stre ces personnes auroijyt, avec artifice, tesmoigné autrement à ladicte dame.
GXV.
Aff. ëtr. , FraDce, t 8^ , f** 377. — Original signé*
kV COMTE DE BRIENNE.
Gompiègne, do novembre i655.
(bxtbait.)
J'ay veu, par vostre depesche d'avant-hyer, de quelle manière la
nouvelle du bref^ que le Pape avoit envoyé de Rome, a esté reeeu dans Décembre 1 655. rassemblée [du clergé], et la résolution où paroissent estre la plus grande partie des prélats de n'y pas déferrer. Puisque cet expédient, qu on croyoit nous devoir sortir d embarras , en produit de plus grands et eschauffe si fort les esprits, ii ne faut pas douter quil n ayt esté suggéré à Sa Sainteté par le cardinal de Rets et que le bref nayt esté expédié de son consentement. Je suis bien ayse que vous n'ayez pas satis&ict au dernier ordre qui tous avoit esté envoyé là-dessus, la disposition présente des choses obligeant à examiner plus meurement cette matière.
Le Roy va aujourd'hui coudber à Noyon et demain à Ham. Si Gondé est assiégé, comme nous avtms divers ad vis que les ennemis y mar^ choient. Sa M**^ s'advancera jusques à Saint-Quentin pour donner cha^ leur à l'armée qu'on envoyera au secours de la place. Si ces advis ne se confirment pas, on ira de Ham à Peronne, et ainsy nous serons à la fin de la semaine à Paris , oà Ion prendra les dernières resolutions de ce qu'il y aura à faire. Ce pendant je demeure, etc.
Aff. ëtr., France, t 895. — Copie du temps.
À L'ÉVÊQUE D'ORANGE
Paris, 10 décembre i655.
Sa M^ a trouvé bon de vous descharger du soin de tout ce qui regarde les vaisseaux en général et en particulier, afin d ester tout pre* texte i M. de Vendosme de se plaindre qu'on entreprend sur sa charge ^ et s eeclairoir une fois pour toutes si les choses en iront mieux lorsqu'il agira seul et qu'il sera TesponsaUe de tout. Vous voujs contenterez danc désormais de vous meeler seulement de ce qui regarde les galères.
' D*ainind de Fraoee.
ai .
Décembre i655. PouF moy, je m'abstiendray au89y doresnavant de prendre cognoissance
du destail des affaires de la marine, c est-à-dire des vaisseaux, et j escris en cette conformité à M. de Vendosme, afin qu'il s'adresse pour ces choses-là aux ministres qui sont proposez pour y vacquer, et non plus à moy, comme il faisoit cy-devant.
H s'est plaint en dernier lieii de ce que vous vous estes ingéré d'envoyer vos ordres au bord de l'admirai et des autres vaisseaux pour tirer le canon dans l'occasion de quelques saluts. Je lui ay respondu que je m'en informerois et qu'il luy en seroit faict raison. C'est pourquoy vous m'esclaircirez , s'il vous plaist, de la vérité; mais je vous diroy librement que si vous en avez usé de la sorte, vous avez eu tort, et qu'en ce cas il est juste de le satisfaire; mais, pour moy, je crois qu'il y a du plus ou du moins dans cette affaire.
IVfazariii lui parle ensuite de TembarquemeDl projeté du régiment de Modène, de ce que redoit Vanicelli pour Targenldes levées quil a touché, ensuite des taxes d'Arles et de Marseille qu'on ne doit pas laisser perdre, etc.
cxvir.
Aff. étr. , Suède , t. 1 9 , f • 4 1 4 et suiv. — Original chiffre ; le d^hiffrement
est au folio 4i5 et suiv.
A M. D'AVAUGOUR
Paris, 13 décembre i655.
Enfin, aprez quelques sepmaines d'intermission , j'ay receu la voslre du 9"* du passé. Tay esté bien aise d'apprendre que vous estiez à la veille d'aller joindre le roy de Suéde à Varsovie et que vous ne vous estiez pas seulement abouché avec le sieur de Lombres^ mais que vous aviez mesme conféré avec l'électeur de Brandebourg. Il y a iieu d'espérer qu'il pourra réussir de ces conférences quelque effect conforme
' Président de Lumbres, (Voy. ci-dessus, p. 61 et G -i.)
à nos intentions. 11 semble que la conjoncture n'a pas esté jusquicy si Décembre 1 655. favorable pour cela qu elle Test maintenant, et que le fruict que nous voudrions cueillir n est pas loin de sa maturité.
Vous aurez pu comprendre par les divers ordres que vous avez re-* ceus qu'il y a trois choses auxquelles vous devez travailler : à moyenner quelque accommodement, s'il est possible, entre le roy de Suéde et celuy de Pologne; à adjuster le différend qui est entre le mesme roy de Suéde et l'électeur de Brandebourg ; à nouer une plus estroicte alliance entre la France et la Suéde. Ce dernier poinct, qu'il faut absolument terminer conformément aux instructions qui vous ont esté envoyées , recevra une grande facilité du bon succez des autres.
Quant au premier, j'ay à vous dire, pour le faire sçavoir au roy de Suéde et pour luy donner une marque de l'entière confiance et ouverture de cœur avec laquelle nous trailtons avec luy, que l'Empereur a escrit au Roy pour le convier de vouloir s'entremettre, conjoinctement avec luy, de l'accommodement entre le roy de Suéde et celuy de Pologne, et que M. de Brienne vous envoie la copie de la lettre de Sa M^ Impériale et de la response du Roy, qu'on continuera à l'advertir^ dans cette manière franche et ouverte, et qu'il ne se passera rien de deçà, qui le puisse regarder directement ou indirectement, dont on ne luy donne part, estant vray que la France ne prétend point distinguer entre ses propres interests et les siens; qu'au reste, pour ce qui est de la médiation susdicte, ce prince ne peut ignorer que le Roy ne se soit employé par vostre ministère à destourner la rupture qui s'est faicte entre la Suéde et la Pologne, et qu'il n'a espargné aucune sorte d'offices pour mettre bien les deux rois, qui sont aujourd'buy en guerre ; qu'il n'a pas aujourd'huy une moins ardente passion de faire cesser cette guerre par quelque bon accommodement, s'il y a lieu de l'espérer et de le faire (ce qu'il ne croit pas impossible) ; qu'il s'asseure aussy que, s'il s'en faict quelqu'un, comme il le désire, il se promet que ledict prince déférera plus à son entremise qu à celle
* Le dëcbifirement donne : à Vadvertxr; mais il est probable qu'il faudrait Hre : à Vadvenir. Cette ccTrection ne changerait pas le sens de la lettre.
DécemM«i6&5. daucuH autre» et luy en iaîssera ou toute la |[ioire de revoneoient,
ou la plus grande paiiye; qu'en cela îl luy fera justice, puisque S^ M^ feroit le mesme pour sa considération en une pareille ooeurrence, et en un mot^ que c'est Tinterest de Tun et d<e l'autre de vivre non seule- ' meiil dans les lois d'une atnitîé fraternelle et indivisible, mais de le faire paroîstre au monde, afin qu'ils se rendent par là» l'un et l'autre, plus considérables.
Quant aux considérations que vous devez employer pour di$poser ce prince à un accommodement^ les plus foites sans d<)ute seront celles que vous tirerez de Testât des affaires de ce pays^à et de la dis^o^ sition où vous trouverez les esprits. Vous pourrez neantmoins repre* sénter au roy de Suéde, de qui la paix dépend principaleœent, comme du victorieux , qu'il a subject de se contenter du progrez de ses armes en Pologne, soit pour la réputation, soit pour l'utilité; qu'il pourra trouver dans cette paix la principale fin qu'il s'estoit proposée en commençant la guerre ; qu'un bien présent et certain doit estre préféré aux espérances d'un plus grand bien, qui, estant à advenir («m;), peut manquer par mille moyens que la fortune a de le destourner; qu'on ne voit rien de [dus ordinaire que les révolutions qui arrivent à la guerre; qui, quoy qu'il soit belliqueux et sage au dernier p^nt, et qu'il ayt les meilleurs officiers et les meilleures troupes de tout le Nord , que neantnioins il pourrait s'edever des forces contre luy comme celles de l'Empereur et de ses amys et partisans, qui lui feroient plus de peine que nous ne désirerions ; que , estant ddivré de la guerre de Pologne par un accommodement seur et advautageux , il pourroit s'appliquer, conjoinctement avec la France , à faire observer les traités de Munster et d'Osnabrûck et à destourner la succession de l'Empire dans' la ndaison d'Austricbe; que c'est à quoy la France se portera de scm costé avec vigueur et sans rien espargner.
Vous prendrez de là occasion, ou comme vous le jugerez à propos, de luy insinuer que, comme par la guerre que nous avons avec les
' Le Chiffrement porte UeD : 4tmê. 0 aeinUe qa*il fiindrai ife. Le «eot eit évidemment : enleoer la dignité imfériah k la mmton d'A^iirkke.
Espagnols, nous empeschons que FEmpereur ne se puisse prévaloir de Décembre 1 655. leurs forœs ny de leur argent, avec quoy sans doute U pourroit entreprendre et contre luy et contre d'autres princes; qu'il importe aussy, pour le bien du bon party, qu'on tienne en eschec les forces que rEm* * pereur a sur pied, et qu on Tempesche qu*il nous en jette sur les bras, dont le contre-coup rejailliroit avec le temps contre nos amys et confederez. U faudra mesnager cette considération seurement et adroitement, et que ce ne soit point dans quelque contretemps; ce qu'on remet à vostre discrétion et prudence.
Sy. l'accommodement avec la Pologne se rendoit faisable, celuy d'avec Telecteur de Brandebourg le seroi( sans 4oute davantage, bien que celuy -cy se peut (sic) faire sans l'autre; mais tous les deux apporteraient une merveilleuse facilité à l'alliance que nous avons projetée avec le roy de Suéde et à celle que ïe sieur de Lombres doit traiter avec M. l'électeur de Brandebourg, ainsy que vous aurez concerté ensemble.
Je vous ay escrit ce que dessus dans Testât quer vous nous avez représenté celuy des choses de ce pays-là, lequel, comme il aura pu changer avant que vous receviez cette lettre, vous ferez comme les bons pilotes, qui tournent leurs voiles selon la nature des vents qui régnent.
Enfin vous donnerez part au roy de Suéde des réjouissances qu'on a eu iey pour la paix d'Angleterre \ laquelle il vous a tesmo^né qu'il desiroît avec passion. Aussy a-ce esté un des motifs qui nous a poussez à la condhire. Faites-luy valoir modestement cela pour le porter à celle de Pologne, quoy que l'argument ne soit pas des plus forts. Vous luy ferez aussy sçavoir, afin qu'il voye qu'il n'y a rien qui le puisse regarder dont nous ne le fassions participant, que la reyne Christine a esorit à Lwrs Majegtez et à moy sur le subject de sa conversion à aostre religmi; sur ^uoy on luy a faict les responses qu'on a jugé oonveiiabies. On a aussy fakt mettre à la Bastille un garctier burlesque pour y avoir
* Pour le tniM de Westrainiter. (Voy. ci-deMos, p. 137, note A.)
Déc«iiik]*ei655. ifisevé des choses desavantageuses à ce prince, quoy que ce n'est pas
une grande preuve du respect qu'on a icy pour sa personne; mais, grandes ou petites, on ne manque pas de luy rendre toutes celles qui ' luy sont deus. J'auray soin à vos interests et je seray tousjours trèsvéritablement, etc.
GXVm.
Aff. ëlr., France, l. 971, f* 4i8 v". — Copie du temps.