‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 24 sur 100 · ROMA · texte numérisé non relu

ROMA

Parigi, là dicembre i655.

(bitriit.)

Mazarin rappelle les motifs qui rendent impossible TexécutioD du bref. Le Nonce a déclaré que ce bref relatif à la nomination d'un suffragant pour l'administration du diocèse de Paris ne serait valable que si l'assemblée des évéques et le Parlement lacceptaient sans contestation ^ C'est une condition impraticable et injurieuse pour Sa M^. Le Conseil du Roi a cru que les artifices du cardinal de Retz avaient abusé de la bonne intention du Pape pour susciter de nouvelles difficultés. On soumettrait, si une pareille condition était adoptée, l'autorité du Roi à celle de ses sujets. On a cru. que le Nonce n'avait pas bien compris les clauses du bref, et cette opinion a paru d'autant plus vraisemblable, que le Nonce a refusé de remettre l'orinal, et même une simple copie du bref. On a renoncé au projet de nommer un suflragant. Mazarin ajoute des plaintes très vives contre les vicaires généraux de Retz, et spécialement contre Chassebras :

Sua S^ ha veduto Chassebras, une de più infervorati^ gianseniti, praticare arditamente , per ordine del cardinale di Retz, tutti li modi più propii per accendere il fuoco d una nuova seditione in Parigi senza che

^ Voy« ci-dessus, p, 169. — * Le sens est : un des piu9 ardetUs jaiuimsUs,

Ella habbia detta una parola contro di lui. Sua S**, con questo silentio D<oeinbr«i65S.

senza prorre alcun rimedio à tanti eccessi , hà (atto credere à tutti di

approvare Tinsolenza del suddetto in dispregio dell' autorité regia, e

di preferire la sadisfattione de! detto cardinale ail' aversione di S. S*"

contro li giansenisti condannati da Innocentio col suo consiglio^ et

air affetto che dice havere per il Re e per la quiète del regno. Dair

altro canto, e nell'istesso tempo, il Re continua più vigorosamente che

mai le resolutioni prese contro i medesimi giansenisti. Questi inorgo-

^iti dair assistenza che pretendono havere dal credito del cardinale di

Retz in Roma e favoriti quà da persone di qualita adherènti al mede-

simo cardinale erano ricorsi al Parlamento per impidere alla Sorbona

la censura di un' libro di Arnauld^ et per escludere da essa i Regolari^

corne ependenti dalla Sede Apostolica.

Mazarin continue en insistant sur le contraste de la conduite du Roi et du Pape à regard des jansénistes et termine en déclarant qu'à Favenir, on s'abstiendra de toute plainte à Rome contre le cardinal de Retz.

Aff. élr., France, t. 971, P Ai 3. — Copie du temps.

A M, DE LIONNE

Parigi, lâ décembre i655.

(bxtbait.)

Le Conseil du Roi pense que le Pape a voulu se moquer de Lionne et des

* Avant d'éti-e ëlu Pape , le cardinal Chigi était , comme on Ta dit , secrétaire d*État sous le pontificat d'Innocent X. On avait conseillé à ce Pape de condamner les cinq propositions extraites de ÏAugustimis de Jansénius.

* Le livre d'Antoine Arnauld, qui, en décembre i656, fut condanmé pai* la Sorbonne , était intitulé : Lettres àunducet pair

HiZARiK. — ru.

de France (le duc de Liancourt), par M. Arnauld, docteur en Sarbanne. Cette condamnation d'ArnauId fut Tocca^on de la publication des /etlrtfâ/^romnctoie^ de Pascal. Elles commencèrent à paraître en 1 656.

* Pour faire exclure des séances de lu Sorbonne les moines et les religieux soumis à une règle monastique.

LMPCIIItlIB «ATlOTiUB.

DéwnèrotdâS. minûtres français par le bref ^qu'ii a charge le Ifoace de remeitre, Macariii ueat

pas de 4^t avis : il croit que le Pape, qui voulait rendre la paix à Téglise de Paris, a été trompe par le cardinal de Retz. Le Roi refuse à de Lionne le congë qu'il demande pour revenir en France ; x)n allègue pour prétexte que la saison n'est pas favorable pour voyager avec des dames. On se prêtera volontiers à son désir qtmnd les froids seroitft passés^.

Mazarna parle ensuite du désir qu'a le Pape de prendre part au coi^giàs pour la paix géotfraie; il pense qu'il faut enter qu'il y soit admis. Il termine en déclarant qu!il ne croit pas quon doive remettre k Retz la lettre de f assemUée du clergé.

lo non uédo cfae sia bene di far rendere la iettera deil' aasemblM al <ardiiiaie di RbU per oon parwe che sicerehioD joieai per otteoeire una cosa che A ÎRapa liÀ proposta et offerta pià d'uoa volta, ^ in ogm caso si potrà rendere. Quando le «peditiom wiaiiAû iatte; laà jse il dette carditiale ricusasse di fare la deputatione de nominati dàl Re ^, air bora bisogaarehbe darla ia ogni modo per impejgpiare Fassemblea ' et haversa del canto nostro.

^ De Lionne n'était pas dupe du prétexte alloué par Mazarin. 0 s'en plaignait dans une lettre du 3o décembre 1 665 , adressée à son oncle, Abel Servies^ «J'ai .considéré, lui écrivait-il, que, nonobstant tous les chagrins et mortifications que je souffre icy , je lerais encore un plus mauvais personnage , arrivante Paris, si je pars contce son gré (contre le gré de Mazarin), et que tout ce que j'ay faict icy non-seulement me seroit alloué à rien, mais que j'aurois perdu quelque chose prez de luy, et que, comme il sçait mieux que personne Jonaêr de l'ahMke à teux qu'il veut ', prliculiàcement quand ils lui sont inutiles comme moy, on m'en prepa-

reroit, à mon arrivée, un bon breuvage.^ (Aff. étr., t ia8 de la Corretp. de Borne.)

* Le sens est : de confier radmmistration du dweète de Pam oikt membres du clergé nommée par le Roi.

' -On voit, par ce passage,' que l'assemblée du clergé avait pris l'initiative de la mesure d'après laquelle le cardinal de Retz devait choisir, sur une liste dressée par le Roi , les administrateurs du diocèse de Paris. Hetz se rendit enfin à cette proposîtioa^ sur les instances du Pape, et nomma, le dernier jour de décembre i665^ pour administrataar du diocèse de Paris, M. du .Saussay, .cncé de Saiot-Leu-Saini-Gillefl ''.

' Ce mots sont sodignës dans Je mtniueriL

** La paroisse de Saint-Lea-Saint-GiUes faisail partie du quartier Saint-Jacqnes de la Boucherie et était située entre les rues S*-Deni8 et ia Salle-an-T^omte. Guy-Patin fiait meilCion de la nomination de M. du Saussay dans une'léttre de janfier 1066 : «Nous a?onn iei , ait* il, un grand Tieaire nommé par le Roi et agféé pvrlf . le cardinal de Reti, pour radministration de rardietéché de i^ui»; «'oflt.iL.dii taway , ottimd de Paris, enré

Aff. ë(r., France, t. 371, f** AaS v** (t. 3a da recueil des Lettres de Mazarm).

— Copie da temps.

AU CARDINAL MGHI.

Parigi, i4 décembre i655.

(IXTIAIT.)

En réponse à une lettre du esrdinai Bichi, Mazarin traite quatre points principaux :

1^ La question des vicaires gënëraui et la proposition du Pape, qui soumettrait Tautoritë royale aux Parlementa et à rassemblée du clergé, n'est pas admissible ^.

9^ Il déclare que le Pape avait éludé les demandes du Roi, qui avaient pour but de contraindre un prélat aussi séditieux que Retz à se démettre de Tarchevêché de Paris.

S"" Quant à la paix générale, dont le Pape voudrait être le médiateur, sa partialité pour les Espagnols ne permet pas de lui confier ce rôle.

A*" En ce qui concerne les mauvais traitements dont le Nonce s'est plaint, il lui a été imposaiUe de citer un seul fait.

Enfin Macarin parle de deux antres questions : i* fétat financier du cardinal de Retz, qui paraît toucher le Pape; d^ le jansénisrae. Sur le premier point, on ne peut imputer qu'à Retz les dettes dont il est criblé. En ce qui concerne le jansénisme , Mazarin soutient la can^é orthodoxe , que le Pape semble abandonner :

Ho fatto e faccio tutto qaelio posso, conoscendo molto bene ch essi (^i ginnsenîsti) hanno sempre lo stesso fine di rendere mutile la bolla^ e di sodtenere contro la fede apostolica le loro opinioni già condan-

* Voy.cHleBMft,p.i69,laletkreadreMée les cinq propoailions extraites du livre de au comte de Brienne. Jansénius. ( Voy. t. VI, p. ia , des Lettres

* La bulle d'Innocent X , qui condamnait de Mazarin. )

d« Siint^Leii-Saini^ffles, et nommé k fétéehë de Tool.* H. B0vefllé*Pnîie, dernier éditeur de Gn^f^PMin, a donné (t 11, p. t44) à eette lettre la date du 11 jantier i656. C*eat one erreitr qa*fl était ftidie de corriser en fiuaant attention anx faits mentionnés dans eette lettre. H. Refeillé-Pnrise a été induit en eneor par les anciennes éditions.

sa.

Décembre 1 655. nate, con scritti artificiosi e con caballe pericolose alla religione ed ailo

Stato; ma mi pare che il Papa habbià affatto abbandonata la sua causa non sentendo che il Nuntio parli ne faccià instanza alcuna; e pure dovrebbe havere ordini precisi et efficaci di S. S*" d^interpellare Tautorita del Re, non di nascosto^ ne secretamente , ma con publiche dichiarationi délia mente del Papa. lo sodisfaccio con questo al debito mio ; nel resto io non so re il cardinale di Retjs havrà forse potulo persuadere S. S*' che convenga per quaiche ragione politica usarne altrimente.

8a»ae—g— aaaaai^aaiaacaiaaaia^KassaiBgaj. .Hm^..,ui a^s^ÊsaKssmsmiBssix:aaBSM:sxs:Kat

Aff. ëtr., Pays-Bas, t. Sy (sans indication de page oi de fofio). —

Copie du temps.

Page 1