À M. LE MARQUIS DE GASTELNAU
Saint-Germain-en-Laye, 6 mars i656.
Je vous envoie la copie de la lettre que j'escrivis hyer à M. Talon, par laquelle vous verrez Tadvis que j'ay receu que les ennemis ont dessein d'attaquer Gondé le 1 5 ou 1 6 de ce mois. Il faut donc que vous preniez vos mesures là-dessus, et que, dans cet intervalle, vous tascbies d'y jeter tout ce qui peut estre nécessaire de munitions de (ruerre et de bouche. On a ad visé toutes choses avec Jacquier', qui a promis d'employer tous ses soins et son crédit pour fournir et faire voiturer au plus tost dans les places advancées les bleds qu'on luy demande. Son frère, qui se porte bien, partira demain pour y aller travailler, et je vous depesche le frère du s*^ Talon pour s'en aller à Gondé, ainsy que l'aisné^ a tesmoigné désirer à cause de la chute et de la maladie de l'abbé^, ou pour demeurer à la frontière ou ailleurs, comme vous le jugerez à propos.
Je renvoyé aussy le s' de Seyron pour faire les choses qui dépendront de luy. H ma promis de donner vingt-trois charrettes du gouvernement de la Fere, outre ce que l'on pourra tirer des autres chevaux que j'y ay, et qui vous ont servy dans ces derniers couvoys. J'escris encore à M. de Bridieu^ de vous assister en cette rencontre; et comme il y a de bons chevaux et de bonnes charrettes à Guise, je croy qu'il le pourra faire utilement, de façon qu'avec cela les char-
^ IVfunitionnaire de Tannëe. de Saint-Gervais nomnii^ Charles-François
* Philippe Talon , firère aine. Talon , mais il ëtait mort en 1 65 1 ; d'aHleurs ,
' Je n*ai trouve aucnn renseignement rien ne prouve qu^il fût parent de Philippe, sur cet abbë Talon. Il y avait eu un cure * Gouverneur de Guise.
rettes des vivres, que Jacquier m'assure qui seront au nombre de Mars i656. quatre-vingt-dix, si vous les advertissez assez à temps pour aller en* semble à Guise, j'espère que vous pourrez faire un fort bon convoy, capable de faire subsister les garnisons de Gondé et de Saint-Guilhain (sie) au moins tout le mois de mayS d'autant plus que, comme les commis de Jacquier ne manqueront pas d'argent pour acheter tous les bleds qu'ils pourront [se procurer] dans le pays , je crois qu'ils auront facilité [avec ces voitures]' de mettre à Gondé non seulement ce qui manque des vingt milliers de poudre qui estoient destinez, mais encore vingt autres milliers, afin que cette quantité soit partagée esgalement entre Gondé et Saint-Guiiïain , et je vous prie de n'oublier pas d'envoyer à Gondé du salpestre et un homme capable pour raccommoder la poudre qu'on m'a mandé s'estre un peu gastée dans la rivière.
Dans Je reste de la dépêche, Mazarin insiste sur les mesures à prendre pour mettre Condé et Saint-Guitbain en état de défense.
Aff. étr., France, t. QyS^f'ôi. — Copie du temps.
À M. DE UONNE,
X ROVB.
Paris, 10 mars i656.
(UTBAIT.)
Mazarin se plaint du Pape, qui refuse d'accordei: à Ondedei les bulles pour Tévéché de Fréjus. Il terminait cette lettre italienne par un post-tcripium auto-< graphe écrit en français :
Soyez asseuré de mon amitié et de mon estime, et que je seray fissez heureux pour vous le tesmoigner. Vous pouvez concerter tout avec monseigneur ie' Cardinal Bichi; mais vous n'adjousterez aucune foy au bruit qui s'est répandu que je suis sur le point de remettre le
^ Le sens est : jusqu'à la fin de mai. c$U0 toùnrê, qui doivent.étre accompagnés
^ La copie porte après fiuHiti les moto d'une préposition.
Mars i656. çhapeau pour me marier^ avec M"* de Guise ^, le Roy m ayant honoré du baslon de connestable^; car je vous asseure que c*est une pure chimère faicte à plaisir.
Je vous envoyé les lettres du cardinal de Retz, imprimées, à ce que l'on m'assure, à Rome; elles ont esté débitées partout; mais le cardinal se trompe bien s'il croit que cela produise rien à son advantage, ny tout ce qui se faict par ses partisans sur les instructions qu'il envoyé avec grand soin toutes les semaines. Une personne inconnue a porté une de ses lettres à M. le Vicaire général * avec la procuration j)Our prester le serment de fidélité*; mais il en a usé comme il devoit, et Sa M** en a esté fort satisfaite.
AfI. étr., Allemagne, Supplément, t. 16 (sans pagination). — Original signe,
en partie chiffre.
À M. DE LUMBRES^
(bxtriit.)
Paris, 10 mars i656.
Fomentez tant que vous pourrez le désir que Ion faict paroistre à la
* Si Mazarin eût été prêtre comme on l'a prétendu, un pareil bruit n'aurait pu se répandre; nous avons d'ailleurs cité dans le tome IV, p. aoo, 267 et q58, des Lettres de Mazarin, des textes qui prouvent qu'il n'avait jamais reçu les ordres majeurs.
' Marie de Lorraine, duchesse de Guise, mourut sans alliance le 3 mars 1688, à l'âge de 73 ans. (Voy. Journal de Dangêau, t. II, p. 11 5, et la note de Saint-Simon, ibid., p. 116.)
^ Guy Patin, qui recueillait tous les bruits défavorables à Mazarin , écrivait dès le 8 juin i655 : trOn dit que si le Pape chicane le cardinal Mazarin, il lui renverra son bonnet rouge, et qu'il se fera connétable
de France. J'entends qu'il prendra la qualité de généralissime des conseib et des armées de France , et qu'ainsi il demeurera assuré contre les foudres de Rome dans le bon poste qu'il tient») (Édition Reveillé-Parise, t. III, p. 5o.)
* M. du Saussoy . (Voy. plus haut , p. 1 70 , note 3 , des Lettres de Mazarin.)
' Refz demandait à prêter au roi le serment de fidélité , sans lequel il ne pouvait être reconnu en France comme archevêque de Paris.
* La suscription de cette dépêche porte : A Monsieur de Lumhres, conseiller du roy en ses conseils, estant pour les af aires de Sa Majesté en Allemagne, à Komisberg,
cour de TËlecteur [de Brandebourg] d'un accommodement entre les Ma» roys de Suéde et de Pologne. C'est la passion de la France pour le bien mesme de Tun et de Tautre de ces deux princes. Je suis bien ayse d'avoir appris que le chancelier Oxenstiern ^ se soit laissé entendre d'estre dans le mesme sentiment.
Pour ce qui est [de l'intention de l'Empereur]^, on croit, et avec vraysemblance, qu'elle regarde l'archiduc son frère ^, qui a esté rappelé à Vienne pour ce sujet. C'est pour n'avoir pas à disputer pour la dispense d'aageS qui seroit difficile a obtenir dans la conjoncture présente, et pour faire cesser encore la jalousie que toute l'Allemagne concevroit si l'Empire tomboit en la personne du fds de l'Empereur, qu'il va envoyer en Espagne pour le marier avec l'Infante^.
Tout cela ^ pourtant ne seroit que jouer la mesme pièce sous un changement de scène et rendre un roy d'Espagne possesseur de tant d'estats en Allemagne et de deux royaumes, Bohême et Hongrie ^ Ce seroit jeter les semences de sa servitude®, qui ne manqueroient pas da fructifier avec le temps et dans certaines occasions. Faictes adroitement comprendre cela à M. l'Electeur.
iG5C.
^ Le chancelier Axel Oxenstiern ëlait mort en i65^. Il s'agit ici de Benott Oxenstiern, ne en i6â3, que Cbaries- Gustave avait nomme gouverneur de Varsovie. Benoit Oxenstiern mourut en 170s.
* J'ai mis ces mots entre [], parce que le passage est surcharge et peu lisible. Je crois que Mazarin veut parler des projets de Ferdinand lil pour sa succession à Tempire.
^ L'archiduc Lëopold, antérieurement gouverneur des Pays-Bas espagnols.
* Le fils de l'empereur Ferdinand III, qui se nommait, comme son oncle, Lëopold,
n'avait pas encore l'âge exige par les constitutions de l'empire d'Allemagne pour éli*e nomme Roi des Romains.
^ On croyait, à cette ëpoque, que le fils de rEmpereur devait se marier avec J'infante Marie-Théi-èse. Il n'ëpousa quVn 1 666 Marguerite -Thérèse d'Autriche, sœur de Marie-Tliërèse.
^ C'est-à-dire, ce changement dans le choix du roi des Romains.
^ Ces deux royautnes étaient dëjà au pouvoir du fils de Ferdinand III.
* De la servitude de l'Allemagne.
Mars i656. .«ip,...
n«ai
Aff. ëtr., Pays-Bas (sans indication de page ni de folio).
k M. DE CASTELNAU.
Parii, 17 mars i656.
(IITIUIT.)
Après lui avoir parie des troupes et munitions de toute nature concentrées dans la place de Condë, Mazarin promet d'en envoyer de nouvelles. Des ordres ont été donnes aux gouverneurs pour secourir cette place dans le cas où elle serait attaquée. Le Cardinal ajoute :
Il faut bien prendre garde aux Irlandois; car encore que les officiel^ en ayent bien usé dans la dernière occasion \ nous avons pourtant advis que les ennemis prétendent en desbaucher une bonne partie, et que l'arrivée du roy d'Angleterre^, qui doit estre bientost, quoyquen cachette, à Bruxelles, leur en facilitera encore beaucoup le moyen. Je vous prie de donner le mesme advis à M. de Scbomberg \ afin qu il prenne garde aussy à ceux qui sont dans Saint-Guilhain. On me mande quMl en est desja passé, de ces deux places à Bruxelles, près de trois cens, dont la plus grande partie est du régiment de Musery^ [sic).
Je m'estonne de voir qu on tire si peu de contributions de Gondé et Saint*Guilbain ° et qu'elles s'establissent avec tant de lenteur. Je veux croire que vous y apporterez grand seing aussy bien qu au mesnage des fonds qu'on envoyé. Neantmoins, comme je vois que Targent ne laisse pas daller bien viste et qu'il est impossible que le Roy puisse
^ Masarin veut parler prababiement d'une la France après le traite signé par cette puismutinerie de la garnison de Gondé à Tocca- sance avec Gromwdl. sion du payement de la solde. Il a été ques- ^ Gouverneur de SaintpGuiliiain. tion de cette mutinerie dans des lettres du * Ailleurs, le nom de ce colonel irlandais 10 mars i656, qu'on trouvera aux Ana- est écrit Jlfu^cry.
lyses , et surtout dans la lettre portant cette ^ C'est-è-dire , que les garnisons de Gondé
date, adressée à Talon. et de Saint-Guilhain tirent si peu de contri-
* Gharies II , roi d'Angleterre , avait quitté butions du pays ennemi.
DU CARDINAL MAZAKIN. 199
continuer à fournir une subsistance réglée aux troupes tous les mois et Mars i6r>c. ce qu'il faut pour les appointemens des officiers et pour les travaux qu'on pretendoit prendre sur lesdictes contributions, je vous prie de travailler avec application non seulement à les estendre le plus qu il se pourra , afin qu'on [en tire] quelque secours considérable , mais à retrancher toutes les despenses qui ne sont point absolument nécessaires, parce qu'autrement nous succomberons tout d'un coup.
Aff. étr., Saède^ l. at, f^ 69. — Original signe et en partie chiffirë;
quelques lignes autographes*
k M. D'AVAUGOUR.
PiirÎB, t8 mars i656.
(iXTBAlT.)
Le porteur de cette lettre est le sieur Akakias, vostre secrétaire. Je l'ay entretenu avec la confiance que vous nous avez asseuré qu'on pouvoit prendre en sa fidélité et en sa discrétion. 11 vous fera rapport des choses que je luy ay dictes, et il vous porte deux mémoires que M. de Brienne luy a remis et auxquels j'ay travaillé, qui vous donneront une pleine lumière de ce que vous aurez à faire dans la négociation qui vous est commise avec le sieur de Lumbres. Me rapportant donc aux deux mémoires et à ce que ledict sieur Akakias vous dira de vive voix, j'ajouteray seulement icy qu'encore que vous puissiez counoistre par là les dernières volontez du Roy et que vostre pouvoir ayt une estendue réglée, vous devez mesnager de telle sorte vostre conduite, traitant avec les Suédois, que vous taschiez de n'aller pas si loin que vostre pouvoir et de demeurer au-deça, eu esgard aux advantages qu'on leur ofi*re.
Vous, qui avez esté en Suéde et qui avez veu feu M. le chancelier Oxestern [sic) \ pouvez avoir appris qu'il se vantoit de n'avoir jamais
^ Le ehaaoetier Axel Oxenstiem ëtoit mort, comme on i^a dit, en i65i.
Mus 1656. porté si avant les advantages qu'il accordoit à ceux avec qui il traitoit; qu'il avoit faculté de les porter; qu'il avoit toujours gaigné par là beau-, coup au roy son raaistre ^ ou à la reyne sa maistresse ^, qui lui permettoient de ne faire pas ce gain, s'il eust voulu. C'est un exemple que tous ceux qui négocient pour les princes se doivent proposer d'imiter, et je vous exhorte de le faire.
Un autre point, sur lequel j'insiste encore et qui vous est fort recommandé dans les mémoires sus- mentionnez, est que vous devez absolument emporter l'accommodement du roy de Suéde avec [celuy de] Pologne *. A bien prendre la chose, j'estime qu'il sera utile au roy de Suéde mesme, tant pour les grandes difficultez qu'il rencontrera tousjours à conserver la Pologne que pour l'affoiblissement que ses armées reçoivent et pour les dépenses qu'il luy conviendra faire pour l'entrelenement des garnisons de ce royaume, qui, n'estant point cultivé, luy pourra fournir de fort petites contributions, au lieu que, les choses se remettant par cet accommodement, le débit des denrées qui y viendront se faisant par la mer Baltique, le roy de Suéde en tirera une grande utilité qui ne luy coustera rien, par le moyen des daces [sic) *, dont une partie luy doit appartenir. Outre que ce qui luy demeurera par le consentement du roy et de la republique de Pologne luy sera asseuré et ne sera point exposé aux accidents qu'une longue guerre peut faire naistre et pourra mesme passer sous la garantie des amys et alliez dudict roy. Vous avouerez que ces considérations sont bien fortes et qu'elles pourront faire impression sur des esprits raisonnables.
En troisième lieu, vous ne devez point précipiter ny trop presser la conclusion du traité. Au contraire, vous devez tascher, pour gaigner temps, de tirer un plan avant que de rien conclure de l'alliance que les Suédois voudront faire avec nous, et nous l'envoyer en diligence. Voilà
* Gustave-Adolphe. * Le Dictionnaire de Furetière indique ce
' Christine de Suède. mot comme synonyme d'impôts. On Tem-
' La réconciliation de la Suède et de la ployait pour désigner les contributions tnâi-
Pologne n'eut lieu qu'en 1660, après la rec(e«. Il s'agit ici surtout des droits de douane
mort de Charies-Gustave. perçus sur les importations et exportations.
un petit esclaircissement que je vous fais icy de ce qui est porté par Mars i656. les mémoires de M. de Brienne.
cxxxvm.
Aff. étr., Allemagne, Supplément, t. 16 (sans indication de page ni de folio). —
Original signé, en partie autographe.
À M. DE LUMBRES,
X KONIGSBEBG.
Paris, di mars i656.
(bitrait.)
Mazarin lui annonce qu il répondra à deux points essentiels de ses dépêches :
L'un regarde rajustement de quatre mille hommes que M. de Brandebourg vous a promis de fournir au Roy. Je ne doute point que vous ne les obteniez, à tout rompre ^ à quinze risdalles le fantassin et cinquante le cavalier. Vous avez pourtant bien fait d'avoir restreint vos premières offres au deçà , afin de n'aller point jusqu'où il vous est permis de les porter; vous aurez sans doute mesnagé cette affaire le plus advantageusement qu'il vous aura esté possible pour le service du
Roy.
Quant à la conférence que vous avez eue avec M. le comte de Valdek ^ touchant l'employ de l'armée de son maistre, vous ne pouviez parler plus judicieusement que vous avez faict cette rencontre. Mais je suis obligé de vous dire qu'il faut que vous n'ayez pas bien pris garde à ce qui est porté par mes depesches sur ce sujet. Car je vous designois qu'il n'estoit pas seulement à propos que ledict sieur Electeur n'attaquast point le duc de Neubourg ' dans les Ëstats qu'il possède de
^ La locution trà tout rompre « équivalait ou Waldeck, né en i6so, mort en 169s. aupiê-idler. {DieL de Furetière.) ^ Philippe-Guillaume de Bavière, duc de
' Ce comte de Waldeck était ministre de Neubourg, de 1 653 à 1690. C'est lui que
rélecteurdeBrandebourg.On trouve, à cette Mazarin songera h opposer, pour le trône
époque, George-Frédéric, comte de Valdek impérial, à )a maison d'Autriche.
MAZABIK. — TH. 96
IMPEIMIIII NATIORALir.
Mars i656. la succession de Gleves, mais aussi dans cehx que les Espagnols oo cupent de la mesme succession ^ ; que les inconvénients que vous luy avez représentez pour les autres en seroient les mesmes et que cela feroit remuer tous les princes voysins dudicl duc et particulièrement les Electeurs catholiques^, qui sont armez et arment tous les jours, et qu enfin cela pourroit allumer une guerre dans TËmpire, qui ne seroit pas aysée à esteindre et dont les conséquences sont à éviter mesme pour ledict Electeur; qu'en le divertissant de cette pensée, nous n'avons pas moins d'esgard à ses interests qu'à ceux de toute l'Allemagne, dans laquelle les agresseurs seroient toujours blasmez d'avoir renouvelé les troubles, les différends de ces deux princes, qui [en] seroient le fondement, se devant au préalable traiter à l'amiable.
Reste le dessein qu'on pourroit former sur Gueldres ^. Vous en avez bien représenté la facilité de l'exécution par la traction ^ que nous ferons de deçà de toutes ou de la plupart des forces espagnoles, et par la cessation de la jalousie que les princes de l'Empire n'auroient pas sujet de prendre; mais, puisque la difficulté semble ne tourner qu'en ce point de sçavoir quel avantage nous entendons qu'il en doive venir audict Electeur, a cela vous pouvez l'asseurer eu gênerai qu'il ayt à déclarer celuy qu'il pretendroit et que le Roy luy accordera tout cehiy qu'il pourroit raisonnablement désirer et au delà. Mais à vous dire vray^ je crains c[ue l'embarras où je vois que sont les choses du Nord ne l'empescbe de s'en esloigner et d'en esloigner mesme ses forces, dont il ne voudra pas desgarnir les Estats qu'il a de ce costé-là.
Peut-estre encore [il œt à craindre] que la jalousie, qu'il a^re^ hende que les Hollandois ne prennent des entreprises sur les Gueldres, ne l'en divertisse, de sorte qu'au pis aller il se faut se résoudre à avoir
*■ Les Espapiok étaient mattras à ce mch ^ ProYinoe «eupëe par le» Btpagiids.
méat de Jidien, que rédamait le duc de * On peut lire ilairaetUn ou
Neoboarg. La peasëe est que les Pnmçaia pODiraient
* Les âecleura-arcbevéques et Mayence, attirer les Coccea espagnaka hors in pays Cologne et Trèyea. de (Smddrea.
les quatre mille hommes susmentiomiez et que je croy que vous aurez Avril i656. maintenant amstez.
Aff. ëtr. , Suède, (. at , f° 66. — Minute de la main de Silhon.
À M. D'AVAUGOUR
[PHrû], t8 avril i656.
(bxtrait.)
Tay veu avec plaisir ce ^ que vous m'escrivez , par la vostre du â/i du passé, que vous avei eu avec M. le chancelier Oxeostern (^)^ sur le sujet de la ligue qui se forme en Allemagne pour la garantie du traité de Munster. Si vous retombez sur le mesme discours, v.ous pourrez luy représenter que , dans la chaleur que nous taschous de donner à cette ligue, nous ne considérons pas moins les interests de la Suéde, pour ce qu'elle possède dans TEmpire', que ceux de la France, et quen cela nous agissons en véritables alliez et avec l'espoir d'une bonne coniederation ; en quoy nous ne manquerons jamais à la Suéde , pour peu qu'elle y corresponde de sa part; que nous entrons bien dans les sentiments dudict sieur chancelier, eu esgard aux difficultez qui s'opposent et s'opposeront à la formation de cette ligue ^, ou à son action et à son usage , et qu'une des moindres ne sera pas les traverses que l'Empereur y apportera, à cause qu'elle est proprement destinée pour mettre un frein à l'ambition de la maison d'Âustriche et aux infractions qu'elle faict continuellement au tjraité de Munster, dont la conséquence regarde tous les confederez, et aussy bien la Suéde que la France, comme il a
^ D s*agh des détails de Tealretiea que comme oa la dit, donné h k Saède une par-
d^AvaugooT avait eu avec le dianeelier de tie de la Pomërame^ les duchés de Brème et
Suède. Veiilen et la principauté de Wismar.
' On a déjà vu qu*il s'agit ici de Benoit * Cette ligve, désignée sous le nom de
Oxenstiem. Ligue ou AUian€$ du Bkm, ne fut formée
' Les traités de Westpkaiie avaient, qu'en i658.
Avril j656. esté dict; qu à la vérité, cet ouvrage ne va pas si viste que nous le désirerions et qu'il seroit nécessaire pour la fin que nous avons ^; mais neantmoins nous ferons tout ce qu'il nous sera possible pour Tadvancer et pour le conduire au port désiré. Vous pousserez ces considérations, faisant semblant de croire que, puisque c'est un interest commun, les Suédois le doivent souhaiter autant que nous.
J'ay à vous advertir, et je suis bien estonné que M. de Lumbres ne Tayt point faict, que, dans une conférence qu'il a eue avec M. l'électeur de Brandebourg, celuy-cy luy a faict paroistre qu'il n'approuvoit point la politique des Suédois de blesser la religion catholique et maltraiter les ecclésiastiques, comme ils faisoient en plusieurs endroits; que, depuis, ils avoient faict emprisonner les jesuistes de Mariembourg^ et menaçoient de ruine le reste des catholiques de la Prusse royale; qu'ils lui avoient conseillé de faire le mesme traitement aux jesuistes de Brunsler', dans l'evesché de Varmie*; mais qu'il a voit rejeté ce conseil, comme contraire aux lois de la bonne politique, et que c'estoit là une des causes du soulèvement que les Polonois venoient de faire contre leur domination, qui ne pourroit jamais devenir bien volontaire^, en quelque lieu que ce fust, s'ils ne laissoient aux personnes soumises le libre exercice de leur religion et aux ecclésiastiques la jouissance des biens de l'Eglise. Je vous prie, au nom de Dieu, de faire de pressants et continuels offices pour ce sujet et de faire bien sentir, en la cour de Suéde, que c'est l'endroit où le Roy est le plus sensible.
' Le sens est : que nous nous propoêons, * MariembourgfOuMarienbourg, est aujourd'hui une ville du royaume de Prusse. Elle avait éié d'abord capitale des grands* maîtres de TOrdre Teutoniqne et avait ensuite fait partie de la Pologne.
' Je n'ai pu lire que ce nom , qui ne se trouve pas dans les dictionnaires géographiques. FI faudrait peut-être lire Bromberg (auj. ville du roy. de Prusse, dans la pro-
vince de Prusse) : Bromberg avait fait par* tie du royaume de Pologoe.
* La Warmie , qu'on appelait aussi Wermeland ou Ermeland , était une province de la Prusse polonaise, comprise entre le Haffet la Prusse Brandebourgeoise. L'ëvéque était primat du royaume de Pologne.
* C'est-à-dire, Les peuples conquis ne se soumettront jamais volontairement, si on ne leur laisse pas le Ukre exercice de leur religion.
Maurin insiste fortement sur cette considération et sur ia nécessite d'en faire Avril i65t>. «le fondement fixe et immuable de ralliancen avec la Suède.
Aff. ëtr., Suède, t. 99, P 68; minute de la main de Silhon. — Ibid., t. 91, f* 67;
original sigaé et en partie chiflfirë.
À M. D'AVAUGOUR
Paris, ai avril i656.
(bitbait.)
La Yostre du dernier du passé nous tire bien de la peine où nous estions à cause des bruits qui couroient de ia deffaite et des blessures du roi de Suéde; mais nous désirerions bien avoir plus d'esclaircissement que vous ne nous en donnez du particulier de la guerre de Pologne. Vous ne pouvez manquer, si vous en voulez prendre le soin, d'en estre bien informé, estant au lieu où M. le chancelier Oxenstern (91c) faict sa résidence habituelle.
Je vous ay mandé que je vous laissois la liberté de mesnager comme vous le jugeriez à propos la réfutation des impressions qu'on avoit données au roy de Suéde contre la France et contre moy^ Puisque le prince en tesmoigne du déplaisir et qu'il condamne luy-mesme ce qu'il a faict en cette rencontre, c'est plus de la moitié de la besogne faicte, et le reste ne doit servir qu'à destourner à l'advenir de pareils inconvénients et à serrer plus estrôitement le nœud de la bonne intelligence qui se formera entre les deux roys.
Mazarin insiste sur Tutililë de cette alliance pour la Suède, menacée par plusieurs puissances septentrionales. Il continue ainsi :
J'adjouste que ce n'est pas seulement le Nord qui suscitera des ennemis au roy de Suéde, mais que nous sommes advertis de bon lieu
' Voy. la lettre du aS février 1 656.
Avril ]«5«. que les Ëstats de Hollande doivent faire agir à Bruxelles et à Vienne pour luy faire de la peine par ptus d*un endroit. Cela tient si fort au cœur de ces MM. [des Etats de Hollande], et leur animosité contre ce roy est si forte , que le pensionnaire de Hollande ^ n'a pu s'empescher de faire paroistre, en pleine assemblée, la joye qu'ils dévoient avoir de sa deffaite et de ses blessures, sur les faux bruits qu'on en avoit respandus; et il s'eschauffa ai fort en cette matière, qu'il s'avança de dire que c'estoit un coup du ciel \ dont il falloit remercier Dieu. Je ne doute pas que le résident du roy de Suéde, qui est à la Haye, n'ayt donné part de cette aventure à son maistre ; mais j'ay jugé que je vous le devois faire savoir, afin que cela vous serve pour rendre les Suédois plus trai tables et moins repugnans à l'accommodemeût que nous vouioEks tascher de faire [entre eux et les Polonois]. Car, pour cecy, il faut ' mettre toute pierre en œuvre et ne rien négliger.
CXU.
Aff. étr., France, t. 278, f* lot i^'. — . Copie du tamps.
AU CARDINAL BICHI
A ROBfE.
Paris, SI avril i656.
(extrait.)
Uno 6 due vescovi amici del sudetto cardinale^ procuravano d'insi* Quare à gl' altri che sarebbe stato à proposito di parlare délia pace nell assemblea, ma essendo sempre ributtata questa proposilione corne criminale e seditiosa, questi maiintentionati, frà quali il vescovo di
^ C'était alors Jean de Witt, ne en 1696 , * L'ongioal porte : un cwq> du ciel. On lit
mort en 1679. Ce nom àepennonnaire, ou dans la minute : tin eoup de la jueûce du
grand pensûmnaire de Hollande , désignait le cM.
fumier magistrat de cette province, qui ' Mazarin attribue toutes les intrigues de avait ordinairement une influence décisive rassemblée du clergé à l'influence du cardans rassemblée des états généraux des dinal de Retz, et il ne se trompe pas, comme Provinces-Unies. on le voit par les Mémoires de Joly.
Ghalons in Ghampagna^ tiene il primo iuogo, scrisse al cardinale di Avril 1 656. Rete, suo strettidsimo amico, che non potevano indurre i vescovi à qaesta rioolutione giudicata da loro troppo ardita e pericolosa, ma che, se il Papa ne havesse dato qusdche mottivo air assemblea con un brève , lo havrebbero fatto valere frà i vescovi et frà il popolo medesimo, che si lascia facilmente lusingare da qualsivoglia voce di pace.
Noi eramo informât! di tutta questa trama ; ma , corne non credessimo mai che il Papa fosse capace di lasciarsi indurre ad una cosa di questa sorte, giodicassimo ni non parlare e di spezzare tutte queste negotiationi; ma ci siamo ingannatî perche il Papa hà scrito il brève, nel quale essorta i vescovi di agire soleccitamente per la pace appresso il Re, portato per se stesso à consigli più tranquilli, ed il buon Nuntio, à cosi instrntto di Roma, ô prevedendo da se medesimo che il brève non sarebbe accettato, se si fosse penetrata la mater ia che conteneva, hà sorpreso l'arcivescovo di Narbona ^ dandoli il dette brève , corne se fosse responsivo ad una leltera che Tassemblea havevà scritta al Papa sopra un negotio d'una certa pensione deir abbatessa di Fronteveau ', di modo che, accortosi poi il detto arcivescovo delY inganuo, non pote contenersi di esclamare nella medesima assemblea contre la fraude del Nunlio, e fece subito retirare il sudetto brève per darne parte al Re, corne ha fatto in pleno consiglio, dolendosi aile stelle délia maniera con che era stato rigirato* Quedf intrapesa fatla sopra Tautorita del Re hà fatta una straordinaria commotione non solo nelF animo di S. M^, ma di tutti i buoni Francesi , mostrando ogn uno d'haver in horrore questo modo di procedere e dicendo tutti ad alta voce essere cosa scandalosa che un padre commune, che deve essere mediatore frà le corone, vengà à perdere questa qualita con .rendersi partiale e malin-^
' L*évéqae de Châloms-sur-Marae était ' Fontevratlli où Fonteviraad, abbaye cé^
Pëln Viibrt, né en lOiS, Meré en i66a, lèbre foadëe ea i loaj^rRoèert d'ArbkîsBd
mort en 1 680. et siliiëe but ia rive gauche cis la Love , à peu •
* Claude de Rebë, né en iSSy, titulaire de distance de Saumur. L'abbesse de Fonte-
de farelievMië de Nari>omie ea 1 6ââ , mort vrault était Jeanne-Baptiste de Bourbon , h
en 1 659. €fui succéda OabrMie def Rocheehouart.
Mai i656. tentionato contro questa corona, procurando di far credere ai mondo che il Re non voglià la pace; di portare i vescovi ad un'attione crimi* nale ; di semiuare zizanie frà lordine ecciesiastico e S. M^ ; 'di persua* dere i sudditi à me&colarsi nelle cose che riguardano il più importante del governo e delio Stato, e finaimente à servirsi dell' autorita , che hà sopra gl' ecclesiastici , per intaccare quella del Re.
Questi discorsi mi toccano sino ail' anima , e vorrei poler redimere questo brève, con il mio proprio sangue. Il Papa hà tocco ima corda troppo delicata, e non sô se habbia fatta riflessione ail' importanza di esso, aile consequenze che potrà tirare seco ed aile risolutioni che potrebbe prendere il Re. lo per me, già che vedo S. S** risoluta à dare orecchie à queili che per loro proprio interesse e per fini particolari vogliono condurla insensibilmente ad una rottura aperta con ii Re, mi tirarô à parte e deplorarô con lacrime di sangue questa gran dis* gratia.
Aff. ëtr., Pays-Bas, t. 34 (sans indication de page ni de folio). —
Minute de la main de Roussereau.
À M. DE CASTELNAU
Paris, 5 mai 1 656.
(extrait.)
J'ay entretenu le sieur de la Haye sur Testât où sont toutes choses à Gondé et à Saint-Guillain. Le s' Jacquier est allé à la frontière afin de faire passer le plus prqmptement qu'il pourra un cdnvoy de bleds pour les places advancées^ On vous envoyera en mesme temps quelques munitions. On taschera aussy de vous faire porter encor de la poudre et de la mesche, et on donnera ordre aux officiers des troupes, qui sont de delà 2, de s'en retourner à leurs charges.
' On sait que, par ces mots, Mafarin désigne les places endavées dans le pays ennemi, comme Condë et Saint-Guilhain. — * Â Paris.
On envoyé l'argent pour ie reste du payement des troupes, mesme Mai i65G des Irlandois , et on l'auroit faict plus tost sans la malice de quelques boutefeux (sic) , qui avoient jeté une terreur panique dans la plus part des esprits en publiant que les contestations qu on avoit avec le Parlement sur le faict des monnoyes nous menaçoient d'une prochaine révolution ^ ; ce qui avoit faict fermer les bourses pendant quelques jours. Mais cet artiGce n'a tourné qu'à la confusion des autheurs, puisque toutes choses ont esté fort bien restabiies et réglées avec la dignité du Roy et que les bourgeois de Paris ont tesmoigné si peu de disposition à se laisser engager à de nouvelles esmotions, que les brouillons et les ennemis de l'Estat se seront sans doute destrompez de pouvoir plus trouver de porte ouverte de ce costé-là pour l'exécution de leurs pernicieux desseings.
Je ne doute point que les ennemis ne continuent dans la pensée d'attaquer Condé; mais je ne crois pas qu'ils soient en pouvoir de l'exécuter, puisque nous sçavons qu'il ne leur vient pas ie quart des troupes qu'ils attendoient d'Allemagne ; que celles qu'ils ont sont en fort meschant estât; qu'ils ont peu d'argent, et que l'armée du Roy sera assemblée dans peu de temps, les troupes des quartiers esloignez marchant desja pour se rendre à la frontière; de sorte qu'ayant peu de sujet à présent de craindre un siège , quoyqu'il soit bon de continuer vos travaux, il n'est pas nécessaire que vous le fassiez avec tant de précipitation et une despense si excessive que l'on me mande; car il serait impossible de la soustenir, et nous ne sommes pas en temps de jeter ainsy l'argent. Je vous prie donc de régler les ouvriers comme ils l'estoient auparavant, et mesme de vous contenter d'ordonner des choses de cette nature-là en gros, vous remettant du détail à ceux qui sont préposez pour en prendre Boing et qui peuvent avec plus de bien** séance et d'application que vous les faire marcher et mesnager l'argent de Sa M*^. Je vous diray aussy confidemment qu'on trouve à redire
' Guy Patin écrivait à Gharies Spon, le a 6 février i656 : <rLe Parlement fait ici tout œ qa'il peut contre la nouvdle monnoye que Ton vous introduira.» (Édit. Reveillé-Parise, t. II, p. a3o.)
HiZAmH. — fll. 97
ntAïaSl^ ■ATlOKill.
Mai i656. que VOUS ne donniez pas assez de part à M. du Passage des choses que vous faictes; ear outre que, dans ie poste où il est^, vous ne le luy pouvez pas refuser avec justice, c'est une personne assez considérable par son propre mérite pour vous obliger à ne luy donner point de su* jet de plainte, ie vous jure quil ne m'en m faict ni faict faire aucune; mais ayant sçeu qu il estait fort degousté, et faisant beaucoup d'estime de luy, j'ay voulu vous donner cet advis et vou» prier de vivre bien ensemble.
CXLIU.
AIT., ëtr. , Paye-Bas, l. 38 (sans indication de page ni de foHo). —
Copie du temps.
À M. DE TURENNE
Gorapîègoev lo mai i656.
(bitriit.)
Tay reeeu, en arrivant icy, les deux lettres qu'il vous a pieu de m'escrire d'Abbeviile. Je feray dez: aujourd'huy escrire a6n qu'on donne de la poudre aux troupes qui s'assemblent à Làon et à Rheims, et, pour ce qui est des grenades, je feray la niesme chose à l'instant qu'un officier d'artillerie arrivera icy, à qui on puisse donner charge.
De vostre costé^ pour la poudre, y en ayant à Amiens, il ne dépend que de vous d'en faire faire la distribution que vous jugerez nécessaire, et, pour les grenades, vous en pourrez demander de ma part au commandeur {stc)^ dans la citadelle d'Amiens, qui infailliblement TOUS en doncbera, Tasseurant de les luy faire rendre des premières qui arriveront.
J'envoye ce gentilhomme pour faire porter à Boulogne les armes pour armer les trois mille Anglds, et vous aurez: desja'sceu par ie sieur de Toucheprez comme l'argent et toutes les autres choses ne-
* On a va que M. du Paaiage é\mi goaveniAur de Gond^. -^ ' Il est probable que ie mot cùmmandeur est un lap$us du copiste, et qu*il faudrait commandant.
cessaires paur recevoir le corps d'Anglois sont desjà préparées S en- Mai i656. voyant mesme à présent un ordre à Calais pour leur faire donner des munitions de guerre; que j'estois sur le point de depeseher à M» de Castelnau pour faire marcher dans les pays ennemis, entre la Capelle et Guise, ou entre Rocroy et la Capelle, les troupes qui sont à Rheims et à Laon^ car tous les regimens qui doivent s'assembler à ces deux rendez-vous y sont de^a, et mesme, aujourd'huy, doivent estre à Gonsennoy {sic) les derniers regimens de ceux qui ont ordre de s'y rendre; mais je ne lay pas voulu faire, ne sçachant pas si cela peult apporter quelque préjudice aux résolutions que Ton doit prendre. Je crois pourtant que vous ne devez pas perdre un moment à en envoyer les ordres à M. de Castelnau, luy prescrivant la route qu'il devra prendre ^ et bien précisément tout ce qu'il aura à faire.
J'ay depescbé par deux fois à M. le mareschal de La Ferté, afin qu'il entre dans le pays ennemy en toute diligence pour exécuter le dessein que vous sçavez^; et comme Féquipage d'artillerie, celuy des vivres et toutes les autres choses qui lûy peuvent estre nécessaires sont desja arrivez, je croy qu'il ne tarderoit guère à recevoir la nouvelle de son entrée ^.
Je fais donner tout présentement les ordres à Paris pour faire faire des drapeaux, les croyant, ainsy que vous faictes, absolument nécessaires.
Les nouvelles que j'ay des ennemis sont qu'ils ont jeté toute l'infanterie espagnole et d'autres bons regimens aussy à Gravelines, Bourbourg, Dunkerque et Mardik, et qu'ils se tiennent pour dict que Ton veut faire un siège du costé de la mer. C'est pourquoy, dans les resolutions que nous avons à prendre, nous devons prendre nos mesures
* Le traite signé le â3 mars 1667 ^^' * R s*agissait probablement da siège de
pnlait qn*an corps de six mille Anglais ser- Montmëdy qui fdt, en effet, entrepris par
virait dans Tannée française. Sur ce nombre , le maréchal de La Ferté.
trois mille devaient être payés et nonrris ' Le sens de cette phrase, qui a été tex-
anx frais de la France. L'Angleterre restait tudlement copiée, est : qu*<m ne tarderaU chaînée de Tentretien de l'autre moitié. pas à recevoir la noweUe.
xMai i656. là dessus. Je vous prie de me mander en diligence s'il seroit bon que le Roy marchast dans Tendroit où présentement nous n avons aucun dessein d'entreprendre, comme à Calais ou à Landrecy, afin d y attirer davantage les ennemis, et que, parce moyen, vous eussiez plus de facilité dans l'endroit où vous résoudrez d'aller.
J'attends à tous momens Saint-Martin que je vous depescheray à l'instant, et ce pendant je suis marry de ne vous pouvoir rien dire de l'artillerie, parce qu'il n'est pas encore arrivé icy aucun officier qui m'en ayt informé. Je sçay pourtant qu'il est passé à Noyon, il y. a trois ou quatre jours, un bon nombre de cbevaux qui alloient à Guise et à la Fere pour conduire les canons et les affûts que l'on devoit tirer de ce costé-là*
J'apprends que les regimens qui sont passez par Amiens et aux environs sont fort faibles^ que la plus part de& compagnies ne passent pas vingt deux [hommes]. Si cela est, nous serions bien esloignez de uostre compte, mais au moins il faut estre impitoyable dans le chasti* ment, afin que par ce moyen on ypufsse remédier à l'advenir. Les officiers disent qu'ils attendent leurs recreues; mais quand cela seroit vray, ils méritent d'estre punis pour avoir tant tardé à les faire , après avoir esté payez si [ponctuellement] ^ et traittez aussy bien qu'ils pouvoient souhaiter.
Je vous suis très obligé des nouvelles asseûrances qu'il vous pkist me donner de vostre amitié , et vous me ferez justice lorsque vous croirez que la mienne ne vous manquera jamais.
Apres avoir escrit jusqti'icy, [j'ay]^ eu nouvelle de Paris que les Anglois pourroient encore tarder sept ou huit jours à arriver. C'est pourquoy je vous mets en considération s'il seroit bon d'entreprendre d'exécuter le dessein sur la [Lys]^ dont nous avons parlé*, caries ennemis sont si persuadez que nous n'en avons d'autre que celuy de la mer, qu'ils croiront que vostre marche sur ladicte rivière soit pour
^ La copie porte : promptudlement. C'est ' La copie porte : la liée.
an lapius évident. * Ce projet était le siège de Saint-Ve-
* La copie porte : je eu, nant.
faire diversion, et non pas pour y entreprendre tout de bon; et ainsy, Mai i656. voyant d'ailleurs que les Anglois ne sont [pas] débarquez, ils ne retireront en aucune façon les troupes des places maritimes, et estant dailleurs obligez à en laisser dans le Luxembourg par Tentrée qu y fera M. le mareschal de La Ferté et ne dégarnir pas le Hainaut et particulièrement Gondé et Saint-Guillain par Fapprocbe du corps qu y mené Gastelnau, il me semble que tout cela contribuera beaucoup au bon succez de ce que Ton entreprendra sur la Lys, y adjoustant mesme ce que je vous ay marqué cy-dessus à l'esgard du Roy, qui se rendra dans l'endroit que vous estimerez le meilleur.
^BamaaHBB^BBa^aBaBaeMattB^s^iaBssdtaBata^aBiBB^^ssBBK^itaaiaHBHBaaHBifesBi
Aff. etc., France, t. 378, f* lao. — Copie du temple.
AU CARDINAL BICHI
Paris, Il mai i656.
(bztkiit.)
Âpr&s avoir insista sur le bref dont il a été parle plus haut^ Mazarin continue ainsi :
lo finiro questa lettera con inserire qui un capitolo di una che m> scrive M. de Lionne , da Fiorenza. Le parole sono le sequenti :
Le grand duc me dict qu'il avoit tousjours conseillé et cOnseilloit encore au cardinal de Retz de s'accommoder aux volontez du Roy, parce que, dit-il, vous ne trouverez pas toujours ^un Papa assaipazzo^ (ce fut le mot dont il usa) perpigliarla cantro una caronati.
Dio mi guardi ch' io credà che il Papa sia taie quale il Gran Duca Thà nominato; ne credo che S. A. habbià havuta questa infentione) ma lo dico solo per fare comprendere à V. Em., con mio grandissime dolore, quai sia l'opinione ch' hanno prencipi di questa condotta,
* Voy. ci-dessus, p. aoy. — * Assez insensé.
Mai i656. quanto loro para strana, e quanto S. S^ perdà nei eoneetto d'essi. lo per me, che riverisco tutte le attioni del Papa, mi ridueo à credere che la mia capacita non arrivi à camprendere laltezza dî questo arcano.
lo faccio un altra riflessione non meno considerabile deOa suddetta, che mente questi medesimi malintentionati, che sono d'intelligenza co Spagnuolî, fanno mille diaboiiche inventioni per persuadere à i popoli di Francia che il Re non Yoglià la pace, e procurans di autenttcarle eol testimonio dei Papa, nello stesso tempo non lasciano indietro alcima diligenza per far credere à Gromvel et al re di Suetia che, col mezso di S. B.^ medesima, la pace sià sul punto di concludersi, et hanno saputo H Spagnuoli per mezzo de ministri deir Imperatore cosi ben imprimere questa opinione nel marchese di Brandebourgh ed in altri precipi, ch^ in tutto il settentrione hà cagionata una commotione générale.
V. Em. vede come siamo attacati da ogni verso di dentro et fuori
del regno da gl' artificii de nostri inimici Ë non oslante queste
angustie , in cui ci ritroviamo , et dalle quali potressimo liberarci con accordare Tunione che li suddetti prencipi ci dimandano con tant' instanza, e per la quale Gromvel c invia espressamente un gentilhuomo^ che forsi sarà qui questa sera, nondimeno il puro zelo del ben publico e délia religione catolica (k che il Re procuri con diversi modi di eiudere et allungare questa pratica, e di diffendersi, sotto vani pretesti, dalle efficaci et continuate instanze, che se li fanno, adventurando con questa dilatione i proprii interessi, per mettere in sicuro quelli délia Christianita.
^ Sa Béatitade a le même sens que Ce passage prouve qu'A venait pour fonner
Sa Sainteté. une ligne étroite des États protestants avec
' Le colonel Lockhart fut envoyé en la France, et que Mazarin s^efforçait d*en
France par Cromwell vers cette époque. âuder la condusion.
Mù t656.
AB. 4tt., Pay»-fi«g, t. 38 (aaas indication de pag« ni de foiio). —
Copie da tempe.
A M. DE TURENNE
Gompiègne, 19 mai 16&6.
Je vans ay depesché ce matin un gentilhomme, et [j'ay]^ faict responce à vos deux lettres^. A présent, je prends la plume pour vous dire que les ennemis font toutes diligences imaginables pour se mettre en estât de sortir au plus tost en campagne. D. Juan et Garacène estoient allez à Anvers, non pour composer' une division quil y a dans la ville entre le magistrat et le peuple, mais pour tascher de trouver de l'argent sur des lettres qu'ils a voient receues d'Espagne. Ils craignent que vous n entrepreniez quelque chose auparavant qu'ils soient assemblez, et ils sont tout-à-fait bien informez que nostre dessein est de faire attaquer Arlon par le mareschal Me La Ferté avec six mille hommes de pied et quatre mille chevaux, afin, disent-ils, de pouvoir attaquer Luxembourg avec plus de facilité et entretenir une grande armée auprez des Estats des Electeurs de Trêves et de Cologne, sans estre trop esloignez de l'Allemagne pour nous rendre ainsy considérables dans la conjoncture de la mort de l'Empereur.
Le reste des chevaux d'artillerie sont [sic) arrivez à Verberye. Demain ils passeront outre, et Saint-Martin, qui arrivera icy demain de bonne heure, vous ira trouver en diligence. J'attends avec impatience de vos nouvelles, et je demeure le plus affectionné et véritable de tous vos serviteurs.
' Li copie porte : jefakt, — * Voyei d-dessus^p. aïo» la* leltrt du lamai t656. — • ' Ce mot a ici le sens ii apaiser .
Mn i656.
mmmamimm^mmmmm
Aif. étr., Pays-Bas, t. Sy (sans indication de page ni de folio). -^
Copie du temps,
À M. DE CASTELNAU
Paris, 19 mai i656.
(iXTlilT.)
M. de Turenne est allé à la frontière pour assembler les troupes qui marchent de tous costez et principalement pour faire haster les convois de bleds qu on [doit] faire passer dans les places advancées, non seulement pour les en munir abondamment, mais encore pour servir à l'armée en cas quelle tourne de ce costé-là, de sorte que vous en pouvez avoir l'esprit en repos.
Le sieur Talon portera un nouveau fonds de delà ; mais comme à présent vous n'avez plus rien à craindre et que vous pouvez faire travailler à loisir, l'intention du Roy est qu'on n'y employé que cent francs ou quarante escus au plus par jour; car on pourra tousjours assez à temps faire diligenter le travail et augmenter la despence quand ce sera nécessaire ; mais , dans la disette où nous sommes , on ne sçauroil estre trop bon mesnager.
Sur ce que vous me mandez qu'il est impossible de ne laisser pas cesser les travaux de Saint-Guillain et de la nécessité^ où est M. de Schomberg, j'escris au s' Blondot qu'avant l'arrivée du s' Talon, il luy envoyé* trois mille livres pour la continuation des travaux' et de deux mille sur et tant moins ^ de ce qui luy est deub de ses appointemens.
* Le mot nécessité a ici le sens de man- lettre de Mazarin à Blondot, en date du
qued*arfenu 19 mai i656«
' n envoie à M. de Sehomberg trois ^ Cette locution équivaut à en avance et
miïie livres. en dminuHon de ce fui bii est dA pour ses
^ Voir, aux Analyses, l'indication de la tgj^fahuements.
Mai t656.
AflT. étr., Pays-Bas, t. 87 (sans indication de page ni de folio). —
Copie du temps.
À M, DE TURENNE
(bxtbait.)
Paris, 93 mai i656.
Je vous envoyé le s^ Talon qui vous informera d'un dessein dont je lay entretenu, que je vous prie de bien examiner^ parce qu'il me semble que c'est le meilleur qui se puisse former.
Aprfes quelques détails sur la nécessité des approvisionnepients die Condé et de Saint-Guilhain^ Mazarin ajoujte :
Je viens de recevoir des lettres de M. le mareschal de La Ferté avec un extrait des troupes qui ont hyvernées en Lorraine, qui consiste en mille neuf cens vedettes^ et quinze cens hommes de pied, sans compter en tout cela aucun. officier. Il doit eâtre,le 23, à son rendez-vous.
Je vous supplie d'examiner s'il seroit è propos que ledict s' mareschal, au moins pour sa personne^, s'enallast à la rivière de hautie {sic)^ où sont les troupes que vous sçavez , afin de donner plus grande jalousie de ce costé-là , et me mander vostre advis.
' D est probable qu'il s^agissait d^une attaque contre Douai. On lit, en eflfet, dans une lettre du chevalier de Créquy, qui doit être de la fin de mai ou du commencement de juin (Aff. étr., Pays-Bas, t 36, sans pagination) : ffj'ay escrit particulièrement à M. de Turenhe Tes^t de la place de Douay, que vous m*avez donné charge de visiter; mais de crainte que son absence ne Tempesdie d*en rendre compte à V. Em^, je prendray la liberté de lui dire ce que j*en
ay remarqué, etc.)) La lettre expose les difficultés de Tentreprise; on y renonça. Turenne songea à attaquer Toumay et se décida enfin pour le siège de ValencieQnes.
• Cavaliers.
^ Le sens est, je crois, a'maUait au moins de saperganne et sans son armée,
* L'Authie. Cette petite rivière, qui a sa source près du vilJage d'Authie dans la Somme, arrose Doulens et se jette dans la Manche.
MASAim. — TU.
sS
Mai 1666. _______________^^_______-______^,^___
CXLVIU.
Aff. ëti'., Angleterre, t. 66, f* afig. — Minute.
À M. DE BORDEAUX
Paris, s 6 mai i656.
J'ai veu ia copie du traité que vous avez faict avec les colonels Cook et Longfort pour le transport de deux mille hommes de guerre. Sur quoy je vous diray en confidence qu'encore que nous n'ayons pas grand argent, je tascheray neantmoins, entre-cy et la semaine prochaine, de trouver un fonds pour cette levée; mais il faudra nécessairement la réduire à mille hommes, n'estant pas à présent en estât de pouvoir faire davantage. Pour ce qui est des conditions, Sa Majesté les approuve.
J'ai veu M. le colonel Lockhart une fois depuis son arrivée , lequel m'a faict civilitez au nom de M. le Protecteur et en son particulier ausey, et j'y ay respondu de sorte que je croy qu'il en sera demeuré trèssatisfeict. Il devoit me voir encore ce soir; mais comme c'est un jour de depesches et la veille du départ de la Cour, je l'ay envoyé prier de remettre la partie lorscjue nous serions à Gompiegne, où je me suis chargé du soin de le faire bien loger. Âpres que je l'auray entretenu, je vous escriray plus au long. Ce pendant je vous advoue que je tremble pour luy, quand je songe en quel péril il est parmy tant d'Anglois qu'il y a icy, qui, sans diiRculté, sont le^ plus grands ennemis qu'ayt M. le Protecteur.
Je seray bien ayse d'avoir un inventaire des livres de cette bibliothèque dont on vous a offert la vente; mais^ il se faut bien garder de tesmoigner que j'en aye envie, car ce ne seroit pas le moyen d'en avoir bonne composition.
AflF. ëlr., France, t. 173, f ia6 v°, — Copie du temiw.
AU CARDINAL BICHI
Paru, 9 6 mai i6ô6.
(bitrait.)
Non mi arriva nuovo quelle V, Em. mi scrive délia regina di Suelia, perche quanta al Papa mi meraviglia sin da principio che S. S^' non havesse notitia deir humore di questa prencipessa, è quanto al Pimenteili ^ ho sempre creduto che il rispetlo et l'ossequio verso di lei durarehhe sinche li fossero ducati, j denari e le gioie; ma, questi finiti, sarebhe finita ancora Tamicitia.
V. Em. hà discorso meravigliosamente col Papa; raà si vede che S. S*" non vuol concludere e va cercando pretesti che non si sostenono. Le gratie, che ho ricevute, io non le nego; ma siami lecito di dire che mi si dovenano per giustitia, poiche in sostanza consistono nella speditione délie bolle délie mie abbatie, che iugiustamente mi haveva negâte il papa Innocentio^. Quella che sarebhe veramente gratia, ch' è un ampliatione deir indulto ch' haveva il prencipe di Gonty, questa m' è stata ricusata. Con tutto cio mi sono dichiarato obligatissimo al Papa con una lettera scritta à S. S^"* medesima, con un altra al cardinale datario* e per mezzo délia viva voce de M*" cfi Lionne e del Benedeiti, che mi hanno scritto d'haver lofattocon ognipiu efficace espressione; màjDiobuono, è possibile che si nieghino queste verilo, ecco à V. Em. la copia dell' una e laltra lettera.
* Don Antonio Alonzo Pimentel de dre VIL (Voy. t. II « p. aa3, des Lettres de Herrera,.cdmte de Benavente, fut un des Mazarin,)
principaux diplomates de cette ëpoque. Il ^ Le cardinal dataire était charge de lex* .
prëp2u*a par ses négociations la paix des pédition des principaux bénéfices en cour de
Pyrénées. Il mourut à Bruxelles , le a mars Rome. Il y avait , pour les bénéfices moins im-
1671. portants, un simple dataire. Le bureau chargé
* Innocent X, prédécesseur d'Alexan- de ce service se nommait la Cmnpanenia,
^fai i656. Quanto al Gardinalato di mio fratello^ non si trovarà (mV) mai eh' io facessi supplicare di questa gratia papa Innocentio^. Io ne addimandavo délie eltre più avantaggiose alla Francia, ma e^i elegge questa non so se per obligarmi, o per altrî fini. Certo è ch* io me ne chiamai obiigato air ultimo segno ; ma il Papa e D. Olympia ^ non ne restaho sodisfatti : questa, perche, corne intesi, pretendevà cinquanta mila scudi; que gli, perche volevà ch' io facessi rendere lefortezze di Porto- Longone e Piombino al prencipe Ludovisio*, che non havevà mai havuta tal pretensione sotto i Spagnuoli. Le queste cose fossero state promesse da mio fratello, io non Io so, e non io credo; ma, inogni caso, il pretenderle da me erà una grande ingiustitia ed un gran torto, che mi si facevà in credere ch' io fossi capace di vendere la Franciaper comprare il cardinalato di mio fratello ^.
Le obligationi mie sono personali, e corne il Papa fît ogni giorno mille gratie ad altri cardinali, cosi lericevo ancor*io, e credo di edsere capace, come ogn' altro, di poter servire S. S** e la sua casa; ma corne ministro del Re, non posso pagaréle mie obKgationi eon iif pregiudrtio délia Francia.
11 negotio del cardinale di Retz non è mio, ma di S. M., e, se N. S*^ volesse essere ben' informato délia mta condotta, travarebbe che, in Parigi, vi sono moite personne che non mi amano e che banno fatto quanto hanno potuto contro di me, e nondimeno il Re le soffreS perclie non sono in istalo di fare del maie, ed io non voglio che la
* Michel Mazario. (Voy. t. II, p. io36.)
* Voy. l. II, Inlroduction, pages xix el XX des Lettres de Matarin , sur la mission de Nicolas Bretel de Grëmonville à Rome , en i6^&et t6^5.
^ Olympia Maidalchini, ou Madalcliiiïi, belle-sœui* du pape Innocent X, (Voy. t. II, • p. a 48 , note 3 , des Lettres de Mazaiin, )
* Voy. sur ce neveu d'Innocent X, t. II, p. io3o.
' Les frondeurs firent ce reproche à Mazarin. L'ambassadeur de France à Venise,
Nicobs Bretel de Grëmonville, imputa cette conduite & Mictiel Mazarin, alors moine dominicairi: «rCe bon mûinis, écrivait- il à Bnenney prend la chose d'une telle hauteur qu'il a passe jusqu'à me dire que son affaire ^tait iif principale de la France en cette Cour et que les autres n'ëtoient que des atcces^ soires.9)
* De ce nombre étaient , comme oft Ta vu , Brienne, le maréchal de Villeroy, le commandeur de Souvré, Henn de Beringfaen, premier écuyer de la petite écurie du Roi.
mia sola consideratione ed il non essere mio amico sià un delitto Mai 1606. capitale.
S. S** puè havere quelle opinioue che più le piace délia mia persona; ma non potrà mai fare che, con tutti i miei diffetti, io non habbià mantenuto il posto, ove sono doppo tanti anni in tempi difficili e calamitosi, che non habbià meritata la gratia di due ReS e che la Francia non habbià riportati segnalati vantaggi sotto la mia direttione, dove che il card*^ di Retz, con tutte le sue grandi virtu e qualité, non hà saputo segnalarsi senon contre il suo Re e contro la sua patria..
Aff. ëtr., Angleterre, t. 66, f' à^8. — Minate.