‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 31 sur 100 · AU PROTECTEUR DÉ LA RÉPURLIQUE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

AU PROTECTEUR DÉ LA RÉPURLIQUE D'ANGLETERRE

Paris, 98 mai i656.

La joye que j'aye eu deè civililez que M. le colonel de Lokhart^ m'a Faictes au nom de V. Alt. Seren™^, n'a pas receu peu d'accroissement par la présence d'une personne de cette qualité et de ce mérite. Apres l'estime et la confiance dont je voy que V. Alt. l'honore avec tant de justice, il seroit mal aisé que je n'eusse pas toute créance en luy. J'ose me promettre que V. Alt. voudra bien aussy la prendre de mesme aux protestations que je l'ay prié de luy faire de ma part, auxquelles je n'ay rien à adjouster, sinon qu'elles seront tousjours accompagnées d'une entière sincérité, et que les effets luy confir-' meront, en tous rencontres, que je suis avec les sentimens qu'elle peut souhaiter, etc.

* Louis XIII et Loiiis XIV. — * Ijoekbart fut ambassadeur d\4ng]elerre en France dfi^ t$56à}66o. »

LETTBES

Jtiin iGôC.

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AflT. étr. , Fnaiee, t 378 , f° i3i. — Copie du temps.

AL CARDINAL BICHI

(extrait.)

Gompiègne, i*'j«ii i656.

lo non dubito che il cardinale di Relz non si servà di tutti gi' artiiicii possibiii per persuadere-al Papa Tinstabilita ed il cambiamento délie cose di questa corte, ed egli procura per lutte le strade di fare si veriGchi questa inassima in riguardo délia sua persona , poiche doppo havierini fatlo ricercare d'amicitia e d'unione seco per mezzo di più persone, ultimamente bà fatto di nuovo proporre il matrimonio di sua nipote^ con mio nipote*^ cou offerta di consentire ad una pena de 4 00"^ lire à quella parte che ricederà dal contratto per non essere ancora la figlia nubile; ma io hô ricusato questa propositione , francamenlo non potendo nje volendo trattare seco, quando anco per altro vi trovassi il mio conto, se prima il Ke non Io hà pardonnato e reinlegrato nella suagratia, di che io non vedo per ancora alcuna dispositions. Tutto dico à V. Eni. confidentemente, non volendo io prevalermi di questa sorte di vanttaggi sopra di lui.

V. Ëm. sentira d'altra parte le declamationi^ fatle dal Nuntio contra la leltera che lassemblea hà scritta al Papa in riposta del suo brève circa la pace*; è slata giudicata generalmente da tutti imprudente

' ( letle nièce du cardinal de Retz ëtait probablement Paille -Françoise- Marguerite de Gondi, qui épousa en 1676 François-Emmanuel de Bonne de Cre'qui , duc de. Lesdiguières , et vëcul jusqu'en 1716.

^ Ce deraier neveu de Mazann était Philippe Mancini, qui devint duc de Nivernais. (Voy. t. IV, p. 3i5, des Lettres de Matarin. )

^ Il y a ici declamationi et plus basdichiaratione, declamettoni. C'est probablement une faute du copiste.

* Voyez ci-dessus, p. a 06, ta lettre du Qi avril i656. Les écrivains qui ont retrace^ surtout riiistoire ecclésiastique du xvii* siècle, comme les pères Rapin et d'Avrigny, ne disent rien de ce bref du Pape ni de la réponse qu y fit l'assemblée du clergé.

questa diehiaratione , perche, in effetto, la detta iettera, in tutte le sue Jain i656. parti, è ossequiosa e rispettosa al posaibile verso S. S^. Alcuni dicono che il Nuntio non intende il latino e che si è lasciato sorprendere dalla relatione artîfitiosa , che anticipatamente ne havevà havuta da altri ; ma i più sensati credono ch* egli non si sia adirato del contente délia lettera, ma deir intentione con la quale è stala scritta dalF assemblea, vedendo essere riuscito vano il disegno ch' bà havuto il card'* di Refz nel procurare il dette brève. Corne che va si sià, tutti concludono essere stata grand' imprudenza , o grand' eccesso di passione , l'haver impegnato il Papa cosi mal à proposito. lo per me ne sento grandissime dispiacere, benche per altrô dovessi rallegrarmi di vedere che questo ministro riescà cosi bene à seminare discordie frà il Papa e questo clero , corne lo hà fatto tra S. S^ ed il Re.

CLU.

Aff. ëtr., Pays-Bas, t. 87 (sans indication de page ni de folio). —

Copie du temps.

À M. DE TURENNE

La Fère, 19 juin i656.

(UTHAIT.)

Je vous escrit ce billet, qui vous sera commun avec M. le mareschai de La Ferté, pour vous donner ad vis que j'ay faict tout ce que vous me marquez par vostre lettre d'hyer, et je me remets du surplus à la vive voix du s' Talon.

Pay pourveu à tout ce qui regarde Thospital et abondamment.

Je ne sçay pas sy tout ce dont on a faict estât, tant d'icy que de Guise et de Landrecy, se trouvera dans le convoy lorsqu'il arrivera à l'armée; mais j'ay faict tout ce qui reganloit les chariots, et, s'il y manque quelque chose , vous pourrez, s'il vous plaist, y remédier sur les lieux; car, autrement, il y auroit à craindre qu'on ne se trouvast court.

Juin i656. Ayant veu , par Testât des munitions du Quesnoy, [qu il] ^ y manquoit beaucoup de choses^ j'ay pris des chariots de la Cour, sur lesquels j ay faict charger seize milliers de poudre, onze milliers de mescbe et cinq milliers de plomb pour porter au Quesnoy, et j'ay mandé aussy à M. de RoncheroUes d'y envoyer encore huit milliers de plomb.

Après d'autres détails sur les munitions envoyées, Mazarin termine en ces termes :

Je vous conjure de faire avoir grand soin de. tous les chariots, afin qu'après avoir laissé à l'armée ou au lieu où l'armée ira ce qui est chargé , ils puissent revenir promptement et avec une bonne escorte » qui pourra estre celle des gendarmes et chevaux-legerô du Roy, et des gardes de Sa M*^ et des miens , et des quatre escadrons que vous avez résolu de (aire demeurer au Quesnoy, outre le régiment Despense.

Je vous prie de vous souvenir qu'il n'y a rien de si important que de destacher un grand corps de cavalerie , lorsque la circonvallation sera faicte; car, par ce moyen', les vivres dureront davantage dans le camp, et l'on pourra empescher les ennemis de rien entreprendre, et cela encore mieux s'ils prenoient la resolution, comme quelques-uns disent, de vouloir entrer en France.

Bibl. nat., ms. f^fr., Mélanges de Colbert, t. 5i, f* 99. — Minute.

A MM. DE TURENNE ET DE LA FERTÉ

La Fère, 19 juin i656..

(SXTBAIT.)

Je ne sçay si tout ce dont on a faict estât, tant d'icy que de Guyse et de Landrecy, se trouvera dans le convoy lorsqu'il arrivera à l'armée ,

' La copie porte : s'il.

mais j'ay faict tout ce qui regardoit les charrois, ^t, s'il y manque Juiu i656 quelque chose, vous pourrez, s*il vous plaist, y remédier sur les lieux; car autrement il y auroit à craindre qu'on ne se trouvast court, ayant veu par Testât des munitions du Quesnoy [que] il y manquoit beaucoup de choses, j'ay pris des chariots de la Cour sur lesquels j'ay faict charger seize milliers de poudre, onze milliers de mesche et cinq milliers de plomb pour porter au Quesnoy, et j'ay mandé aussy à M. de Roncherolles d'y envoyer encore huit milliers de plomb. Par la niesme voye, je vous envoyé encore dix milliers de poudre, outre les soixante milliers que Ton a desja fournis; car je crois que, plus vous aurez de cette marchandise à l'armée, ce sera le meilleur.

Prenez seulement garde, s'il vous plaist, aux boulets de canon; car, à mon advis, on ne se doit pas contenter de moins que ce qui fut arresté icy. On a envoyé trente charrettes de ce gouvernement haut le pied pour charger de ces boulets à Guy se et les quatorze charrettes, qui portent les deux mille outils et les deux mille grenades à Landrecy^ eu pourront aussy charger au mesme lieu en grande quantité, puisqu'il y a, outre. cela, trente charrettes que M. de Roncherolles tient prestes pour cet effect. Les charrettes de la Cour, qui portent la poudre, la mesche et le plomb, pourroient aussy charger des boulets en cette place-là, s'il y en a voit.

Je vous conjure de faire avoir grand soin des cliarriots, aGn qu'après avoir laissé à l'armée, ou au lieu où l'armée ira, ce qui est chargé dessus, ils puissent revenir promptement et avec une bonne escorte, qui pourra estre celle des gens d'armes et des chevaux-legers du Roy et des gardes de Sa M**^ et des miens, et des quatre escadrons que vous avez résolu de faire demeurer au Quesnoy, outre le régiment d'Ëspenses^

Je vous prie de vous souvenir qu'il n'y a rien de si important que de lascher un grand corps de cavallerie lorsque la circonvallation sera faicte; car, par ce moyen, les vivres dureront davantage dans le camp

^ Loais de Beauvaa d'Espense avait été nomme maréchal de camp en i65a. (Chronologie mlitaire,)

■ÂZABin. — fii. sig

mniMlkll lATIORALI.

Juin i656. et Ton pourra empescher les ennemis de rien entreprendre» et cela encore mieux s'ils prenoient la resolution, comme quelques-uns disent, d'entrer en France.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i, f* loo v*; minute. — Aff. ëtr., Pays-Bas, t. 87 (sans indication de page ni de folio); copie da teoaps.

La Fère, 16 juin t656.

. Je vous escris sans sçavoir encore la resolution que vous avez prisée Je ne croy pas qu il se soit jamais faict une diligence pareille à la vostre, et si Dieu a permis que Tinvestissement de Douay ayt obligé don François de Solis de quitter Tournay pour accourir à Douay, Ton aura commencé une des plus hardies et des plus grandes entreprises quon ayt formez depuis le commencement de la guerre avec apparence d'un bon succez. 11 se pourroit faire aussy que le corps que ledict Solis commande fut si foible que, nonobstant cela, vous eussiez résolu d'exécuter vostre dessein; et, de faict, M. de Mondejeu^ m'envoya un homme exprez, il y a quatre ou cinq jours, pour me donner ad vis que don Fernando de Solis avoit jeté encore deux regimens d'infanterie dans Douay et deux dans Bouchain, et qu'il marchoit avec le reste entre la Scarpe et l'Escaut; ce qui me faict croire qu'il auroit reçu ordre de jeter ses troupes dans ces places-là et de s'en aller aprez à Tournay, où le s' Talon m'a mandé qu'il estoit. Enfin j'ay l'esprit tout-à-faict en repos; car je suis asseuré que vous prendrez le meilleur party, et que, s'il n'est pas possible d'attaquer Tournay, vous attaquerez l'autre

' On voit par les Mémoires de Turenne, nonça à cette entreprise et assiégea Valen-

p. 176 (édition Michaud et Poujoulat), ciennes.

que ce générai avait d'abord songé à * Gouverneur d'Arras. (Voy. t. IV, p. 3i,

assiéger Tournay, mais qu'ensuite iJ re- note fk , de» Lettret de Maz4!rin.)

place dont nous sommes convenus S sanz y perdre un moment de Juin lOnc. temps.

Quelque chagrin que vous ayez pu avoir que l'on ayt manqué à donner ordre aux gardes, qui estoient à Saint- Quentin et à [Peronne]^, de se trouver à Guise, au rendez-vous qui avoit esté concerté, le mien, a esté encore plus grand; car je ne sçaurois comprendre comment Ion peut oublier des choses de cette nature-là. Il est arrivé aussy que, par mesgarde, Ton a faict aller le régiment de Perigord joindre le corps qui estoit sur la rivière d'Authie ^, et que , estant arrivé le jour auparavant que le chevalier de Crequy ^ fust parti de Gercamp, ledict chevalier a marché sans avoir ce régiment, parce qu'il n'a pas voulu exécuter les ordres que M. de Ghaulnes^ luy donnoit de marcher, Tasseurant qu'il pouvoit arriver à temps. L'officier sera chastié; mais ce pendant vous n'avez pas ledict régiment, qui est assez bon dans la foiblesse où sont les autres, puisqu'il y a plus de trois cents bous hommes sous les armes, à ce que le sieur Gargam m'a dict. L'on a depesché pour le faire revenir en diligence à Guyse, d'où oh l'envoyera au Quesnoy.

Les six compagnies des gardes, qui estoient à Saint-Quentin, vous auront desja joint avec le régiment de La Meilleraye, qui, estant composé de trente compagnies, est arrivé [gaillard]® avec dix capitaines et deux cens cinquante hommes. Ils soutiennent que le reste des oQiciers suivoit avec six cens hommes; mais c'est [dillicile]^ à sçavoir.

Vitermon* ne sçauroit [arriver] que demain à Guyse, avec les six compagnies des gardes qui estoient à Peronne®; elles sont de neuf cens

- ^ Cette autre place ëtait Valenciennes. ' Ce mot est très douleux.

* Voy. sur cette rivière, p. 317, note 4.

* Voy. sur ce penonnage, t. VI, p. 209, des Lettres de Mazarin.

* Voy. sur le duc de Chaulnes, t. V, p. 5^4 , note 3 , des Lettres de Mazarin.

* Ce mot est couvert par une tache dVncre; je ne puis lire que gaiUard,

' Mot douteux. Je n'ai pu interpréter Tabrëviation du manuscrit.

* Alexandre du Bosc de Vittermont avait é\é nommé maréchal de camp en 1 6A9 ; il fut tué, le 7 juillet 1 666 , au siège de Valenciennes.

* ici le nom de Péronne est bien écrit et confirme la lecture indiquée ci-dessus, note 3 , comme douteuse.

Juiu i656. hommes, mais [huit]^ dans les rangs, à ce qu'on m'asseure. Tay faict arrester à Riblemont^ les douze compagnies qui sont venues d'Amiens, où il y a quatorze cens hommes sous les armes, et il y manque six recrues. Elles partiront demain pour se rendre à Guyse en mesme temps que celles de Peronne, et M. de Lislebonne' marchera dimanche matin, à la pointe du jour, avec les dix-huit compagnies, quantité d'officiers et peut-estre quelques recrues qui se seront rendues à Guyse; mais il n'y aura aucune cavalerie que [deux] ^ compagnies de gendarmes et chevaux-iegers et quatre-vingt-dix maistres ^ de mon régiment allemand, si ce n'est que M. le mareschal de La Ferté fust en estât de partir^ comme il espère; car, en ce cas, il y auroit encore le régiment de cavalerie de [Cœuvres]^ et cent dragons qu'il avoit retenus auprez de luy.

Nous attendons à tous momeus l'arrivée du régiment de Montauzier et celuy de Douglas, lesquels je feray advancer sans delay, avec le régiment de la Fere et celuy de [Pengoist]*, droit au Quesnoy. Comme M. de Lislebonne vous tiendra ponctuellement adverti de toutes les troupes qui le suivront, ce sera à vous de luy donner ordre de vous envoyer de temps en temps des corps pour vous fortifier. Ce pendant il retiendra au Quesnoy les douze compagnies d'Amiens pour y attendre leurs recrues et les officiers qui y seront sans faute dans quatre ou cinq jours; et pour ce qui est des autres six compagnies avec la cavalerie, il a ordre de les envoyer droit à Condé, prenant ses précautions pour les y faire arriver en seureté.

Le régiment d'Alsace se devoit mettre en marche le 1 5 de ce mois, mais avec douze cens cinquante soldats seulement. Le [régiment] Royal

Ml y a un mot surchargé dont je ne suis ^ Mot douteux,

pas sur. Peut-être huit, ^ Ce mot était pris, comme nous l'avons

* Voy. t V, p. 6&6 , note s , des Lettres déjà vu, dans le sens de cavaliers, de Maxarin, * Le maréchal de La Ferté ne put , à cause

'^ François-Marie de Lorraine, comte de de Tétat de sa santé, assister au commen-

Uslebonne, maréchal de camp en 16&9, cément du si^e de Valenciennes. lieutenant général en iGSa, mort en ^ Mot douteux. Peut-être Govotir.

i^iji. ' Mot douteux. On peut lire Pe)^>^

marche desja ;• mais je ne croy pas que Ton puisse faire estât de ces Juin i656. deux regimens plus tost que dans trois semaines, dans lequel temps vous aurez aussy les compagnies qu on a levées de nouveau et les recrues des regimens de la Couronne, de Bourgogne, de Limousin et de Vendosme. On a dit à M. de Lislebonne de prendre garde à Condé et à Landrecy, de vous donner continuellement advis de tout et de suivre vos ordres.

Quelque bruit que les ennemis Cassent courir qu'il leur est venu grand nombre de troupes d'Allemagne, il n'y a rien de si faux. Je le sçay de science certaine, et M. de Fabert, qui vient d'arriver tout présentement, m'a dict qu'il n'es toit rien passé du costé de Cologne ny d'aucun autre endroit. Il est vray pourtant qu'ils en recevront quelques unes dans peu de temps; mais ceux qui sont accoustumez à me donner de bons advis m'asseurent que les Espagnols n'attendent pas plus de mille à douze cens hommes.

Vous verrez par ce que j'escris au s' Talon qu'il faut que Jaquier n'ayt pas le nombre de chevaux qu'il doit, puisqu'il a dict qu'il n'a voit pu faire voiturer à la suite de l'armée que quinze cents septiers ^ de farine, estant certain que les charrettes des gouvernemens de Guyse, de la Fere et cent cinq que le sieur Gargam avoit fournies et faict charger par les commis du s*" Jaquier suffisoient seules pour en porter [une] plus grande quantité; mais, en tout cas, à ne prendre que six mille septiers de l'amas de farines qu'on avoit faict à Condé, quand mesme vous seriez obligé de faire distribuer quarante mille rations de pain par jour (ce qui n'est pas possible), vous auriez avec vous de quoy subsister trente-cinq jours, la cavalerie [en] ayant receu pour dix jours, qui commencent au dimanche passé, et l'infanterie pour six, et outre cela y ayant dans les caissons cent soixante mille rations.

Je croy pourtant qu'à tout événement, si vous faictes le siège de

^ L*ancienne mesure de grains appelée dait, à Jjaon, jusqu'à 65 liti'es; mais, Jac-

seplier ou setier était, à Paris, delà conte- quier étant munitionnaire des armées, il

nance de i56 litres. A Guise et h la Fère, doit s'agir ici de setiers parisiens pesant

elle ne dépassait pas too litres et descen- lao kilogrammes.

Juin i656. Toumay, vous pourriez songer à faire un convoy de la.Bassée, quand ce ne seroit que de deux mille sacs de farine. Pour cet elfect, M. Le Tellier a donné ordre à un commis de Jaquier d'escrire, afin que Ton tienne preste cette quantité de farines, et il sera bon que le mesme Jaquier en escrive aussy, du lieu où il est, en cette conformité. Lorsque lesdictes charrettes seront de retour, je n oublieray rien pour faire continuellement voiturer, de Guyse au Quesnoy, l)a plus grande quantité de bled et de farine qu'il se pourra.

H y a quelques regimens de cavalerie qui, n'ayant pu joindre le chevalier de Crequy, sont restez du costé de l'abbaye de Gercamp \ sous le commandement du duc de Ghaulnes. Ge sont ceux de Palaiseau, d'Aumont, Fortilesse, Cimetière et Mestre de camp, auxquels se doit joindre aussy celuy de Villequier; et comme il arrivoit à tous momens des chevaux pour les démontez et des recrues tant d'infanterie que de cavalerie, on a creu qu'il estoit mieux de laisser là ce petit corps que de le faire venir icy. Gar peut-estre vous vous en servirez pour une partie de l'escorte du canon que l'on pourra tirer de la Bassée. En tout cas, [le duc de] Ghaunes a ordre d'exécuter ceux (les ordres) que vous luy envoyerez, et si luy vient à la Gour, M. de Mondejeu, qui pourra prendre soin du mesme corps, aura aussy un pareil ordre; et peutestre ce sera le plus court que vous me mandiez directement ce que vous jugez plus à propos que l'on fasse de ces troupes-là.

Le régiment de Montauban-Lorraine, composé de huit compagnies assez bonnes , qui est à Ghâlons et devoit passer en Italie , a ordre de venir en quelque poste auprès de Rocroy pour empescher les courses des ennemis, et l'on y envoyera aussy les cavaliers de Durps. Par cette raison ,ie régiment des Gœuvres (?)^ estant sans occupation s'en va à l'armée.

Voila, ce me semble, une assez longue lettre pour un homme qui est encore tourmenté de la goutte; mais j'ay creu nécessaire de vous infor-

^ Il y avait, k Cercamp ou Cercampes, Cercaipps n'est plus qu'un hameau de la une abbaye de Toixlre de Citeaux, fondée commune de Frëvent (Pas-de-Calais), en 1 1 Ao et dépendant du diocèse d'Amiens; * Voy. ci-dessus, p. 998 , note 7.

mer de tout ce détail, afin que vous puissiez prendre une resiolution là- Juin i656. dessus.

Après avoir escrit cette lettre, nous avons eu nouvelle que, n'ayant pas trouvé lieu d'attaquer Tournay, vous vous estiez résolu d'exécuter le second dessein. Je n'ay rien à vous dire là-dessus, sinon que l'on poussera toutes les choses en avant avec le même soin, et au reste je vous prie de considérer qu'il sera bon de ne toucher au magasin de Gondé que le moins qu'il sera possible, obligeant Jaquier de faire venir de la frontière le plus de vivres qu'il se pourra pour le siège.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i, P io5 v^ — Minute.

À M. DE TURENNE

[La Fère], 17 juin i656.

J*ay receu par un de vos gardes et par le commandant du régiment de Beauvau l'original et le duplicata de Vostre lettre d'avant-hyer, et j'ay esté ravy de voir que, n'ayant pas trouvé lieu de vous attacher à Tournay, vous n'ayez pas perdu un moment de temps à vous rabattre sur Valenciennes \ suivant ce qui avoit esté arresté. Si nous avions le bonheur qu'il n'y entrast pas plus de vivres que vous me mandez qu'il y a, nous pourrions venir à bout heureusement de cette entreprise, qui seroit de grande réputation et de très-grande importance au service du Roy, d'autant plus que les habitans, qui sont en grand nombre, sont assez persuadez de la foiblesse des ennemis et ont grande envie d'avoir du repos et de jouyr de leurs biens, et qu'il y a grande apparence que les huguenots, qui y sont, ne remueront pas trop pour nous empescher de faire cette conqueste.

' On peut consnller, sar ie nège de Va- Paysëgtir et de Navailles. On en troavera ienciennes, les Mémoires de pimiears të- des extraits dans la suite de eette corra8>moins oculaires : Tnrenne, Bussy-Rabutin, pondance.

Juin i656.

ËQ recevant vostre lettre, jay donné ordre qu*on tinst prests les deux mortiers qui sont icy et j'ay envoyé à Chauny et à Saint-Quentin pour des bombes. J'espère que nous en aurons deux cens. L'on ne perdra pas un moment de temps à faire partir le tout, en sorte que, la la circonvallation achevée, vous puissiez vous en servir. J'ay aussy député à Sedan pour faire venir un troisième mortier, qui est celuy qui estoit à Stenay, et deux cens bombes aussy. J'ay faict envoyer les ordres nécessaires aux gouverneurs de S*- Quentin, Guise et Vervins pour avoir mille pionniei*s. Enfin nous avons faict tout ce qui peut dépendre de nous pour cela; mais je n'ose respondre de l'événement. Je croy qu'il seroit bien plus utile de mander à M. de Roncherolles \ à M. de Beauvau ^ et à M. du Passage ^ de vous en envoyer encore un plus grand nombre que celuy-cy de leurs gouvernemens, parce qu'ils n'oseroient manquer de marcher, et ils y trouveroient leur compte, puisqu'on les payeroit comme les autres. J'en escris à M. de Roncherolles et à Talon du Quesnoy *; mais il sera bon que vous les pressiez aussy de vostre costé, et n'oubliez pas M. du Passage.

J'estois en grande peine de voir, par vostre lettre , que vous n aviez point de nouvelles de la marche de MM. de Crequy* et d'Espiez *; M. de Mondejeu m'a depesché icy un officier qui m'en a délivré, m'asseurant qu'ils vous dévoient avoir joint dez hyer, et j'ay bien jugé qu'il n'y doit pas avoir lieu d'en douter, puisque vous me mandez que vous aviez laissé un corps à Mortagne "^ pour favoriser leur passage.

M. de Mondejeu me mande qu'il avoit retenu toutes les charrettes

* Voy. t. m, p. 396, note 1, des Lettres de Mazarin. Il ëtait alors gouverneur de Landrecies.

* Voy. ci-dessus, p. 1 65 , noie &. Il ëlait gouverneur du Quesnoy.

' Voy. t. II, p. 1007, des Lettres de Matarin. Il était gouverneur de Condë.

^ Commissaire des guerres an Quesnoy.

Cëtait, comme on Ta dit, ie frère de Philippe Talon, intendant de l'armëe. (Voy.,

plus loin, la lettre que Mazarin lui écrit, p. 376.)

*• Voy. t. VI, p. 309, des Lettres de Mazarin.

* Jean Cossart , marquis d'Espiez ou d'Espiès, maréchal de camp en 1 65o , lieutoiant général en i655, tué au siège de Valenciennes le is juillet i656.

' Auj.vilLdudép. du Nord, aiT.de Valenciennes, cant. de Saint-Amand-les-Eoux.

de son gouvernement et celles qui font les convoys d'Amiens à Arras, Juin i656. afin que, si vous attaquiez Tournay, l'on pust mener au camp un grand convoy, que j'avois faict préparer pour [l'approvisionnement] * de farines; mais il conclut que, voyant que l'on ne faisoit pas le siège de Tournay et qu'il ne seroit peut-estre pas nécessaire qu'il retinst tout cet attirail, il estoit sur le point de le licencier, et neantmoins avoit voulu auparavant m'en donner advis. Je luy fais response qu'il le retienne encore; car, n'y ayant pas plus de distance d'Arras au camp que de Guyse, vous jugerez peut-estre à propos de faire venir un convoy de ce costé-là, envoyant au-devant un corps de cavalerie suffisant pour l'escorter, d'autant plus que l'on pourroit se servir aussy des regimens de cavalerie qui sont demeurez en ces quartiers-là, parmi lesquels il y a encore les regimens de Mondejeu et d'Esquancour. Je vous prie de luy envoyer de vos nouvelles tout aussy tost, afin qu'il sçache ce qu'il aura à faire, et en cas que vous résolviez de faire venir un convoy de ce costé-là, il faudra que Jaquier donne aussy en même temps ses ordres pour cela. Pour moy, je souhaite que Jaquier tire de tous costez des vivres pour l'armée, afin d'espargner le plus qu'on pourra le magasin de Gondé; et vous en sçavez la raison.

Je ne sçay pas quel jugement nous devons faire des resolutions que prendront les ennemis; mais il n'y a pas apparence qu'ils doivent songer à entrer en France ny à attaquer une de nos places, parce que, sans parler de leurs forces, je suis asseuré qu'ils n'ont pas d'équipage de vivres ny d'artillerie. Je ne crois pas qu'ils se puissent flatter de l'espérance de nous pouvoir couper les vivres en se postant entre nostre camp et la frontière, après avoir veu de si .grands convoys qui ont marché depuis quelque temps; mais, s'ûs pi*en6ient ce parti, j'ose dire qu'ils en souifriroient beaucoup plus que nous, nie voyant pas d'où ils pourroient tirer leur subsistance.

Pour le siège de Landrecies, du Quesnoy ou de Gondé, vous tomberez d'accord sans doute que ce n'est pas une chose à laquelle ils

* Je n'ai pu dëchifier le mot; mais le sens n'est pas douteux.

MA21UII — TH. 3o

tlivatlilllt «ATIOXAU.

Juin i656. puissent soDger, puisque, nostre circonvallation estant faicte, s'ils attaquoieiit une de ces places, nous pourrions sans peine destacher dix ou douze mille chevaux pour les empescherde prendre la place, et mesme leur faire courir encore un plus grand risque. Je ne pense pas aussy qu'ils songent à attaquer Saint-Guillain ^ ; car c est une place qui leur donneroit beaucoup de peine et ne repareroit pas le dçschet de leur réputation pour la perte de Valenciennes; mais [tousjours] ^ je ne tiens pas qu'il fust mal à propos d'y jeter davantage d'infanterie et d'y tenir un corps de cavalerie, par le moyen duquel on courroit tout le pays jusqu'aux portes de Bruxelles. Vous en userez ainsy que vous jugerez plus à propos.

Ce qui reste à considérer seulement est si, dans l'impossibilité de secourir Valenciennes, ou faire autre chose de plus grande importance, Ils ne prendraient point la resolution d'attaquer Bethune ou la Bassée; ce qu'ils pourroient exécuter d'autant plus aisément, que les grandes villes voysines*, pour l'interest qu'elles ont à s'oster ces espines du pied, fourniroirat ce qui leur pourroit estre nécessaire pour de semblables sièges. Je vous prie donc d'examiner s'il seroit à propos d'envoyer promptement quelques troupes pour fortifier les garnisons de ces places avec quatre ou cinq cens chevaux, ou y laisser les regimens qui sont du costé d'Arras et envoyer la personne du chevalier de Grequy* pOiQr afvoir soin de tout

Liesiettr Talon, intendant de l'armée, a des habitudes dans Valenciennes; il ne sera pas mal de faire courir des billets dans la viUe, par lesquels on fit comprendre aux habitans que leur repos et la retraite de l'armée dépend d'eux, et que, s'ils veulent prendre une bonne resolution, ils pourront non seulement se garantir des extremitez auxquelles est sujette une ville assiégée , mais aussy asseurer leur bonheur en se rendant au Roy, qu'on ne peut pas mettre en doute qui ne soit plus en estât de les protéger que qui que ce soit.

^ Voy. ci-dessus, p. ai 3. — * Ce mot est difficile h lire; je crois qu*il a ici le sens de pourtant. — ' Il s'agit ici des grandes villes des Pays-Bas espagnob, comme Gand, Bruges, etc. — ^ Voy. t. VI, p. aog, des Lettrûê de Mazmn.

Le Roy est tousjours dans le dessein d aller voir le siège. C'est pour- iuin i656. quoy je vous prie de me mander positivement le temps auquel il pourra partir, où il devra aller, soit de Guyse à Landrecies et de là au Quesnoy tout droit, et quelle escorte il devra avoir pour cela.

GLVI.

Bibl. nal., ms. f. fr., Mélangée de Colberi, t. 5i, f* i lo. — Minute.

À M. DE TURENNE

( BXTBAIT. )

La Fère, 19 juin i6ô6.

Mazario , après lui avoir parlé des renforts et munitions annonces dans la dépêche du 1 6 juin ^, continue ainsi :

Je considère le siège de Valenciennes comme un très-grand siège ^, et vous aurez toutes les assistances qui peuvent dépendre d'icy pour lachever heureusement; mais ne voyant pas, dans vos lettres ny dans celles du s"" Talon, que vous demandiez rien en particulier, je ne sçay pas à quoy je dois pourvoir.

* Voy. ci-dessus, p. a a 6.

* Bussy-Rabutîn écrivait à M"* de Sévigné le 9 juillet i656 {Mém, de Bussy-Rabuim, t. II, p. 10, édit. Lalanne) : rr Voici une des plus fortes entreprises que nous ayons faites depuis la guerre : nous attaquons la plus grande ville des Pays-Bas *, où sont les magasins d'Espagne. Il y a quinze ou seize cents hommes de guerre

dedans et plus de dix mille habitants portant les ormes, qui servent comme des troupes réglées. Nous avons à la portée du fauconneau de nos lignes une armée ennemie de vingt mille hommes, qui observent tous nos mouvements et qui nous tiennent dans une contrainte épouvantable, et cette armée [est] commandée par trois grands capitaines \ etc.})

' H est inutile de relever cette exagération de Bossy-Rabutio.

^ Ces trois capitaines étaient : le prince de Gondé, don Juan d'Autriche et le marquis de Garacène. La qualifieatbn de grand ct^itame est vraie poor Gondé, douteuse pour don Juan et inapplicable à Garacène. Don Juan venait de remplacer, comme gouverneur des Pays-Bas espagnols , Tarcbiduc Léopold ; il avait une réputation militaire surfaite, comme le prouva sa campagne de i658 et sa défaite à la bataille des Dunes. Garacène, ancien gouverneur du duché de Milan, avait remplacé Fuensaldagne dans les Pays-Bas espagnols où il commandait Tannée sous Tanlorité de don Juan. Rien ne justifie le titre de grand capitaine que lui donne Bussy-RabiitiD.

JuîQ i656. Tattends respoùse sur ce que je vous ay escrit du voyage du Roy, Sa M^^ estant tout-à-faict résolue de vous aller voir. Je vous prie de me faire response là-dessus sans aucun delay.

Je laisse pour le dernier point ce qui regarde le chevalier de Crequy ^ Je vous diray qu'il me seroit malaysé de vous expliquer à quel point j ay esté surpris de sa manière d'agir. J'advoue que j'en ay esté extrêmement touché, parce que peut-estre il n'y avoit pas gentilhomme en France de sa portée, pour qui j'eusse plus d'amitié et plus d'estime^; mais j'estime qu'il est plus advanlageux d'avoir recogneu son esprit avant de m'engager plus avant en sa faveur, car je Je crois tourné d'une façon qui nous auroit donné bien de la peine en des rencontres plus importans que celuy-cy. Je suis marry qu'il se soit gasté sytost. Il y avoit en luy des parties pour en faire quelque chose de grand, s'il eust voulu se donner la patience d'attendre, et non pas estre si persuadé qu'à l'âge où il est , il n'y a rien de si capable et de si expérimenté dans la guerre que luy. Il est tombé dans le défaut des jeunes gens qui, d'ordinaire, présument tant d'eux, que, dez qu'ils ont un peu d'applaudissement, ils croyent estre au-dessus de tout, et qu'on leur faict grand tort si l'on ne leur donne des armées à commander. Je ne veux pas m'eschauffer davantage là-dessus; car la matière est assez ample pour pouvoir dire beaucoup de choses sur son procéder, qui ne luy plairoient pas trop , parce qu'elles sont tres-veritables et que la moindre seroit qu'il estoit à l'académie ^ quand MM. d'Uxelles^ et de Gastelnau^, qu'il mesprise si fort, commandoient desja des corps, et depuis ce temps-là ils n'ont pas quitté la guerre ny perdu la réputation. L'intention du Roy est donc que vous n'entriez en aucun tempérament avec luy et que vous luy disiez, de la part de SaM*^, en cas qu'il ne veuille pas servir ainsy qu'il avoit esté résolu, de s'en aller à son

* Voy. ci-dessus » p. a 3 1 . ' Il a étë question , ci-dessus , de ces ëcoies

* On trouve dans les Œuvres de Saini^ où s'achevait l'éducation de la jeune noblesse. i^vremond (t. III, p. 169, de Tëdition de * Voy. sur M. d'^Uxelles ou d'Huxelies, Des Maîzeaax) un éloge complet du cheva- t. III , p. 5 1 8 , note 1 , des Lettres de Mazarin, lier de Crëquy. Il faut se rappeler que ce- ' Ibid., p. 609, note. 3. On venait de le tait un ami de Saiut-Ëvrcmond. nommer capitaine général de Tarmée*

gouvernement \ sans luy donner ny cavalerie ny infanterie, comme je Juin i656. vous escrivois l'autre jour que vous pourriez faire en cas que vous creussiez que les ennemis pussent entreprendre quelque chose de ce costé4à ; car, en ce cas-là , vous secoureriez les places qui y sont par le moyen de quelques troupes , sans les donner à conduire au chevalier de Crequy; et prenez bien garde, je vous prie, de ne vous pas relascher à en user autrement, car le Roy en seroit tres-fasché.

jmrria

Bibl. nat, ms. f. fr., Mélange» de Colbert, t. 5i, f* 1 1 3. — Minute.

À M. DE TURENNE

La Fère, 90 joio i656.

(lITBAW.)

L'aiudant(st(?)2 de M. de Ligneville^ a apporté le dernier [billet] avec la nouvelle de ce qui s'est passé proche les lignes du costé des Lorains*, laquelle (nouvelle) a esté receue avec la satisfaction que vous jpouvez juger, y ayant sujet de plus en plus d'espérer une heureuse suite de si bons commencemens. Sa M*^ approuve fort que vous envoyiez au Quesnoy les prisonniers qui ont esté faicts en cette occasion , et mesme avec ordre de passer outre , parce que son intention est de les envoyer dans le royaume en quelque lieu que l'on advisera.

Je ne puis me lasser d'admirer la diligence avec laquelle vous avez advancé toutes choses, et je ne sçaurois aussy vous tesmoigner assez combien le Roy en est satisfaict.

J'ay veu la liste de MM. de l'artillerie*, qui est faicte à l'accoustumée. Il faudroit au moins deux -mois pour la pouvoir exécuter. Je

^ Le chevalier de Créqui avait le goa- ^ Mille cavaliers ennemis avaient tente

vernement de Bëthune. de pënëtrer dans la ville, mais ils avaient

' Aiudant ou ajudant était synonyme ëtë défaits et reponss^ par le comte de Lid'aide de camp, d'après le Dict. de Fure^ gneville. {Mim, de Monghu, p. 3i& de Têtière, qui dit qu'on ne s'en servait que dans dit Michaud et Ponjoulat.) les pays étrangers. ^ Le sens est : des demandes faites par

* Général des troupes lorraines. MM. de l'artillerie.

Juin 1 656. fais pourtant du mieux que je puis, et il partira aujourd'huy deui mortiers avec leurs tampons , quarante bombes , vingt milliers de mesche et douze milliers de poudre, outre laquelle j ay envoyé dix milliers à Landrecy, avec ordre à M. de RoncheroUes de la donner sur le premier billet que vous luy escrirez. Je luy mande aussy de donner une pièce de trente-trois livres qui est dans la place, tout le reste des boulets de trente- trois et de vingt- quatre que l'on pourra avoir, et toutes les bombes que vous luy demanderez. Il en peut avoir cent et tant, et sont du calibre des mortiers que l'on envoyé d'icy. Il y a encore des bombes à Saint-Quentin, mais j'ay creu qu'il estoit mieux de se servir de celles de Landrecy, que vous pourrez envoyer quérir avec des chevaux, des vivres ou de l'artHlerie, ou obliger M. de RoncheroUes de les faire porter au camp sur des charrettes de son gouvernement.

Je feray tout mon possible afin qu'avec cette voiture on charge 9ussy mille boulets de ceux qui sont à Guyse, et si vous le jugez ainsi à propos, on pourroit envoyer au-devant pour faire descharger à Landrecy tout c^ qui ira par ce convoy et nous renvoyer en diligence les chariots et charrettes de la Cour qui seroient à cette voiture; car toutes ces choses estant à Landrecy, vous les pourriez tirer à mesure qu'il en seroit besoin, et ce pendant l'on employeroit les chariots et charrettes à faire d'autres voitures jusques audict lieu de Landrecy, voire au Quesnoy, si vous les estimiez à propos.

Pour les outils, j'ay donné ordre qu'on en fasse; mais il faudra du temps pour les avoir. Pour ce qui est du plomb, je vous prie de faire tirer de Condé les dix milliers que le lieutenant de l'artillerie demande, car ledict sieur Talon les pourra fournir luy-mesme, M. du Passage et luy en ayant plus que cela en leur partie.

Quant au canon, outre celuy de Landrecy, on pourroit prendre à Saint-Guillain de celuy qui ne sert de rien, comme aussy à Condé et au Quesnoy, et je tascheray d'envoyer celuy qui reste icy, ou qui est à Saint-Quentin, et un autre qui est à Guise, s'ils sont en estât de servir; ce que M. de SaintrMartin ^ sçait mieux que moy.

' André Blanchard de Saintr-Martin. (Voy. t. VI, p. ai4, note a , des LeUres de Mazarm.)

Il y ia trois mille cinq cens sacs à terre au Quesnoy, dont on jpeut Jom i656. tirer les deux mille que Ton demande, quand il en sera besoin.

Je n'ay rien à vous répliquer sur le sujet du chevalier de Creqiiy, après ce que je vous en ay escrît S mais asseuremènt il n'a rien gagné auprez de moy par la conduite qu il a ténue.

J'attends response à ce que je vous ay escrit de f impatience que le Roy a d'aller à l'armée et vostre advis sur le chemin qu'il devra prendre et sur l'escorte qu'il luy faudra. Je vous prie de me l'envoyer sans perte de temps , car Sa M*^ presse extraordinairement.

Je voudrois bien sçavoir aussy si vous avez dessein de tirer un convoy d'Arras, parce que l'on pourroit se servir ailleurs de la cavalerie qui est de ce costé^là.

Il y a tantost cinq mois qu'on a donné tout ce qui a esté denmndé pour préparer ce qui estoit nécessaire pour faire agir l'artillerie, et cependant les boulets, les grenades et la plus grande partie des autres choses ne sont pas arrivées; ce qui est bien estrànge.

CLVni.

Bibl. nat., ms. f. Tr., Mélangée de QMeri, t. 5i, P i&i; minute. — Aff. ëtr. , France,

t. 373 , P 79 ; copie da temps;

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