ADDITION À L\ LETTRE DU 1" JUILLET
À TCRENNE.
Apres avoir eseiît ce que dessus, j'ai veu quelques advis de Flandre, qui viennent de bon lieu , dans lesquels on dict bien positivement que
* On n*y remédia que sous Louvois. Riehdieu avait lutté, vingt ans auparavant « contre les mêmes usages , sans plus de succès. Chaque année, ^ l'entrée de la mauvaise saison, lorsque les soldats étaient cantonna pour hi durée de Thiver dans les villes.firontières , la plupart des offieiers quit-
taient la garnison pour n'y revenir qu'au printemps. Le Roi se bornait jusqu'alors k leur interdire le séjour à Paris, (t parce que beaucoup d'entre eux y consomment en débauches l'aient que je leur fais donner p«ur leurs troupes)}. Il est vrai que ces officiers faisaient parfois des avances ruineuses.
Juillet i()5G. ion teutera le secours de Valenciennes, mesme avec quelque espérance d'y pouvoir réussir ; mais on ne dict pas un seul mot de donner aux lignes. Au contraire, les ennemis sont tout-à-fait persuadez que l'armée du Roy est plus forte au moins d'un tiers que la leur; que les troupes sont fort bonnes et les lignes au meilleur estât que nous puissions souhaiter. C'est pourquoy il y a grande apparence que leur dessein soit de secourir la place par tout autre moyen que celuy de |
forcer les lignes, et, cela estant, ce ne sçauroit estre, à mon advis, qu'en se servant bien à propos des eaux et entreprenant sur la digue.
On ne peut rien' adjouster aux diligences que vous avez faictes pour les en empescher, le s' Talon m'ayant mandé plusieurs fois que c'estoit vostre principale application, et surtout qu'ayant sceu que l'on travailloit à faire des brusiots dans la ville pour mettre le feu à la digue S vous aviez résolu de faire planter des pieux pour en empescher l'accez^
L'endroit où les ennemis se sont postez confirme nostre soupçon avec beaucoup de raison, et je m'asseure que tout ce que humainement vous avez pu faire pour faire eschoûer le dessein qu'ils peuvent avoir de ce costé-là, vous l'avez mis en usage. Neantmoins je ne puis que je ne vous conjure de rechef de tout mou cœur d'appliquer [vostre esprit]^ à cela plus qu'à toute autre chose et, pour cet effect, de voir s'il ne seroit point à propos que vous eussiez un plus grand nombre de bateaux et que vous fissiez planter une plus grande quantité de palissades, comme aussi de faire plusieurs batteries de ce costé-là pour flanquer la digue.
Enfin, estant persuadé que rien ne peut contribuer davantage au bon succez 1du siège que de pourvoir à ce que les ennemis ne puissent secourir la place par le moyen des eaux, je m'asseure aussy que toutes les diligences imaginables y seront employées de vostre part, vous répliquant de nouveau que, par les advis que j'ay, je ne vois eu
^ Depois à faire des brusiots jusques à * Les sept derniers mots du paragraphe
ia digMe, le passage est souligne dans la ont ëtë soulignes pour le même motif, minute pour indiquer qu'il devait être ' Mazariu emploie souvent le verbe «fp/i^
cbiffirë. 9«^ sans complément direct.
aucune façon que les ennemis songent à pouvoir secourir la place en Juillet i656. forçant les lignes.
^ Il faut, à mon advis, advancer les attaques, tant qu'on pourra; car, si nous estions une fois maistres des dehors, la place ue laisseroit pas d'estre perdue, quand mesme il reussiroit aux ennemis d'y jeler quelque secours par le moyen des eaux. Je considère aussy que ies ennenais prennent un poste dans lequel ils peuvent, en quelque façon, estre exposez à un combat, en cas que le malheur arrivant que Vaienciennes fust secourue en sorte qu'on n'y pust plus rien espérer, vous prissiez la resolution d'aller à eux avec l'armée. U y a pourtant apparence qu'ils se fortifieront là où ils sont. Je vous dis toutes mes pensées. Vous n'y devez faire reflexion qu'autant qu'elles pourront servir de quelque chose au bon succez du dessein que vous avez entrepris.
Si vous voulez retenir, durant ce siège, les gendarmes et les chevaux-legers du Roy, on le pourra faire.
CLXVir.
Aff. ëtr., FraDoe, t. 278, f* i55 v*. — Copie du temps.