‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 36 sur 100 · À M. TALON DU QUES.NOY · texte numérisé non relu

À M. TALON DU QUES.NOY

La Fère, 16 juillet i656.

Auparavant de recevoir vostre bîilet, des cavaliers fuyards nous avment appris ie malheur qui nous est arrivé ' ; mais ayant sceu que M. de Turenne estolt en seureté avec larmée qu'il conimande; que M. de La Ferté estoit prisonnier avec beaucoup d'officiers principaux et de mes meilleurs amys; qae beaucoup de cette armée-]à, avec

de Rgnerol, mort en 1 786 ; 5* Anne-Louise de Brogfie, mariée en Piémont; 6* Cfamtine, née en t6&i et mnrte quelques jours «près; 7"* Christine-Françoise de Broglie, maiîée en Piémont.

' Les lignes du camp des assiégeants avaient été Curtée» devaat VdaDGÛnnes.

Voici le texte du billet de Talon du Quesuoy, dont parie Mazarin. (Le manuscrit indique qu*il a été écrit le 1 6 juillet 1 S56 , k 8 heures da matin) :

Siège de Valenciennes, ViUe êeecurue far Cmdé.

ffQuoyqu'il soit fascheux de donner le premier une mauvaise nouvdle, je ne me puis deffendre d'advertir Vosta« Emioence que le siège [de Valenciennes] est levé, les ennemis ayant secouru la ville par le quartier de la Ferté, qui a esté forcé. V. E. peut juger qu'il y a perte de troupes. Je fasseure ' cependant que H. de Turenne est sorty des lignes avec toute son armée, M. de S*-Martin m'ayant asseuré l'avoir laissé à une lieue et demie d'icy. Il sera sorty du quartier de

la Perte de Finfanterie sans armes, pour laquelle il est nécessaire d'avoir des mousquets et des piques. Je donneroy, sur les ordres de M. de Turenne, tout ce que j'ay icy des uns et des autres.

tr Je ne puis donn^ aucun détaâ à VI E. , et j'ay hien du chagrin de me sentir oUigé h Iny dire le gros de TaflEure.

(rPay mandé à M. de RoncheroUes d'arrester les fuyards et les équipages, s'il s'en présente à Landrecy. 11 est bon de donner ordre à Guiie de faire de mesme.

Talon. «

Cette lettre autographe se trouve aux Archives des affaires étrangères, Pays-Bas, t. 36.

Marigny, alors à Florence, écrivait au duc d'Enghien, le 19 août i656 : crM. le cardinal de Retz a quitté cette ville pour s'approcher de Paris afin d'être en état de profiler des occasions qu'il espère du suocez de vos armes.»

(Cité par le duc d*Auina]e, Bmnu det Deux- Ikném , t" t^ftmr 1890, p. àf9,)

Juillet i656. quantité de troupes, s*estoient sauvez à Gondé et au Quesnoy, et que le convoy, qui donnera à M. de Turenne des vivres, des munitions de guerre, des voitures et un renfort de troupes, estoit en lieu de seureté, prest à le joindre, je me suis fort consolé, et j'espère, avant que la campagne se passe, de remettre toutes choses en estât de faire encore appréhender les ennemis. ^

Tattends des nouvelles de M. de Turenne pour luy depescher à l'instant et Tasséurer qu'il ne doit avoir aucune inquiétude; que Leurs M*^ sont fort satisfaictes de luy et que je donneray bon ordre afin qu'il ne manque de rien. S'il est au Quesnoy, vous luy pourrez dire tout ce que dessus et que, à l'instant que j'auray cognoissance de ce à quoy il faudra pourvoir, je le feray avec le soin que je suis accoustumé de redoubler dans les malheurs. Vous luy direz aussy d'employer ses soings pour empescher la désertion, et que je ne doute pas qu'il n'ayt faict tout ce qui peut dépendre de luy pour la conservation de Gondé et de Saint-Guillain , et que je croys qu'il seroit bon de retirer les troupes qui se seront sauvées dans Gondé , y envoyant en eschange de celles de son armée qui n'auront aucune espouvante.

Je feray advancer dez demain des armes à Guyse, afin de remplacer celles qu'on aura prises à Gondé et au Quesnoy. Faictes mes complimens à tout le monde et asseurez-les que le Roy a receu cette nouvelle avec une fermeté admirable, et que Sa M''^ est résolu de prendre, à quelque prix que ce soit, sa revanche et bientost.

GLXXV.

Bibl. nat., ïiïb. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i,f*i79v*. — Minute.

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