‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 39 sur 100 · AU CHANCELIER (PIERRE SÉGUIER · texte numérisé non relu

AU CHANCELIER (PIERRE SÉGUIER

Goropi^oe, s6 août i656.

On a trouvé fort estrange Tarrest que le Parlement a donné sur le sujet des évocations ^ Le Roy a fait examiner l'affaire à fond, et M. Le Tellier a esté chargé de vous faire sçavoir les sentiments de Sa M*^, qui sera bien aise de sçavoir encore là-dessus les vostres. C'est pourquoy je ne m'estendray pas à présent davantage sur cette matière.

Pour ce qui est de Tevesché de Chartres^, estant de vos amis autant que j'en suis, vous trouverez bon que je vous parle avec liberté et que je vous die que Ton est icy fort estonné que vous ne vous soyez pas adressé directement au Roy pour lu y demander une grâce de cette nature^, et que vous attribuiez à M. le duc d'Oiiéans un droit de présen*

dans laquelle Mazaiin le fiilicite de sa tactique holiandaÎBe et de Tbabileté avec Ite quelle il a éé^oné les projets de Gondë.)

' Par les ërociAions, le Roi chargeait on tiîbanal spécial de prooofioer sur un procès. Le Parlement demaudirit la suppression es ces évocations. Les plus communes étaient ces lettres de commùmm, dont jouissaient un si bon nombre de personnages , grands ei petits, et en vertu desquelles presque tous les officiers de finance, de justice, des eaux et forAts, des gentilshommes ^ des ordres retigienx, et jusqu'à de modestes fonctionnaires comme les archers d'un commissaire des guerres , pouvaient transporter à la barre do Grand Conseil, k Paris, tons les prooès oik ils étaient parties principales ou intefvenantes , ^ se dérober ainsi aux jnridtc-*

tiens ordinaires. Cette intervention de Tom» nipotenoe royale se manifestait d'une façon plus brutale encore lorsque des arrêts du Conseil privé venMent suspendre une instruction commencée, ou arracher à un parlement uue aflhire en instance, soit pour la faire juger ailleurs, s(Mt pour ne pas la juger du tout.

' Jacques Lescot, évèque de Gfaartres depuis i6â3, était mort le sa aoAt i656. 11 eut pour successeur Ferdinand de Neufville, Villeroy, né en 1608, d'abord coadjuteur de Sainl^Malo , transféré k Chartres en 1657, mort en 1690.

' Il est probable, d*après ce passage, que le chancelier avait demandé que son frère, évèque de Meaux, fût transféré h Ghartreê.

\oiii i656. talion que loy-mesme ne prétend pas et dont ou a tousjours formeU ]ement exclu les Reynes et les fils de France ^ Vous ne devez pas douter quon ne se soit fort recrié que le chef de la justice, aussy esclairé que vous, paroisse estre dans d'autres sentiments; et quoyque j'aye rabattu les coups autant que j ay peu, on n'a pas laissé d'y trouver à redire, et j'ay esté dans l'impuissance de vous servir en eette rencontre, comme je feray avec chaleur en toutes les autres où vous me fournirez les moyens de tesmoigner combien je suis, etc.

CXCVf.

Aff. (<tr., France, t. 378, f* 189 v"; copie du temps. — Addition autographe.

AU CARDINAL BICHI

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