‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 4 sur 100 · TOI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

TOI AVERTISSEMENT

Aussi les conférences, tenues entre Lockart et de Lionne, aboutirent-belles sans trop de difficultés, le s 3 mars 16&7, au traité de Paris.

L'Angleterre s'y engageait à fournir une flotte, pour bloquer les ports de Mardyck, de Dunkerque et de Gravelines; et elle devait joindre à l'armée française, forte de â 0,000 hommes, un corps de 6,000 fantassins qui serait payé à frais communs par les deux gouvernements. Des articles spéciaux stipulaient le partage des conquêtes projetées par les coalisés. On y déclarait formellement que la religion catholique serait respectée par les Anglais, lorsque la ville de Dunkerque leur aurait été livrée, et que les églises et les couvents, appartenant au clergé catholique, resteraient la propriété de ce clergé. Mazarin répondait, par cette clause spéciale, à ceux qui protestaient contre une alliance conclue avec deâ hérétiques. Sa correspondance prouve que leurs attaques, très vives, le préoccupaient et qu'il engagea Servien à leur répondre'. Enfin, par un article secret du traité de Paris, les deux parties contractantes promettaient de n'écouter aucune proposition de paix, sans en faire part immédiatement à ses alliés^.

Ce traité de Paris n'était conclu que pour un an, et c'était en 1667 que les places de Mardyck, de Dunkerque et de Gravelines devaient être assiégées et partagées entre les vainqueurs. Cependant les préparatifs de la campagne traînèrent en longueur. Les troupes anglaises n'arrivèrent en France qu'à la fin de mai^; le roi alla lui-même les passer en revue*, et la jonction des deux armées

^ Il fit même impiimer et tirer à part un ' Le texte du traité ie Paris a été fUr

extrait du traite, contenant les articles rela- blië par M. Guizot, dans ie tome II de son

tifs au maintien du culte catholique, et cette Histoire de la République d'Angleterre et du

plaquette, dont il existe, uq exemplaire aux Protectorat d'O. Crwnwell, p. 697 et suiv.

Archives nationales (Collection Roadonneau de la a* édition.

AP -J- 16^7) fiit répandue à profusiapi dans ' Voy, p. 453 du présent volume,

le public. * Voy. p. 475.

AVERTISSEMENT. ix

s exécuta; mais on n'entreprit immëdiatement- aucun des sièges stipules dans le traite.

Les rôles étaient alors complètement changés : autant Mazarin avait montré d'arderir pour la conclusion de lalliance , autant il parut éloigne de l'exécution. C étaient Cromwell et son représentant Lockart qui pressaient maintenant les Français d'entrer en campagne. Le cardinal, après avoir promis de livrer Dunkerque aux Anglais, reculait-il devant l'exécution de cette clause^? Etait-il détourné — ce qui est plus vraisemblable — du siège des places maritimes, par la situation de l'Allemagne, où la vacance du trône impérial donna lieu à des brigues compliquées, dans lesquelles notre ambassadeur, le maréchal deGramont, devait jouer un rôle^? Ce qui est certain, c'est qu'après avoir lié Cromwell par le traité de Paris, il le mécontenta par ses hésitations au point de faire craindre une rupture. On verra, dans la suite de sa correspondance, comment il la prévint et se décida à remplir ses engagements avec sincérité et vigueur.

Négociations avec la cour de Rome (i655-i656). — Négociations avec la Suède

et la Pologne (i655>i657).

Les négociations avec la cour de Rome, pendant les années i655 et i656, forment une bonne part de ce volume. Elles sont toutes relatives aux poursuites dirigées contre Retz et à l'administration du diocèse de Paris. On a vu, dans le tome VI des lettres de Mazarin ^ que, dès la fin de l'année i65/i, Hugues de Lionne avait été envoyé à Rome pour demander au pape la nomination d'une commission qui aurait procédé au jugement du -cardinal de RetZ) accusé du crime de lèse-majesté. Mais le nouveau pape,

^ Voy. p. 494/ — * Voy., p. Sai, la lettre à M. de Gravel. — * Voy. p. 3^6 et 897.

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