‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 41 sur 100 · À M. D'ESTRADES · texte numérisé non relu

À M. D'ESTRADES

Gompiègne, i*' septembre i656.

Le commencement de vos lettres me donne tousjours beaucoup de joye, voyant que la discipline s'eslablit tousjours davantage dans les troupes, que les peuples sont soulagez et satisfaicts^ et que toutes choses

' Les Polonais avaient été vaincus les 98 , 39 et 3o jaillet i656i par le roi de Suède, Charies-Gustavei

* Ville située sur le Danube et capitale de la Haute-Autriche.

' Valence d'Italie, qui ëtait assiëgëe par les Français joints au duc de Modene, ëtait une place forte du duché de Milan « située

sur une hauteur de la rive droite du fà. Elle fui prise par nos troupes dans le courant de septembre.

* Si d'Estrades avait ^ussi à rétablir la discipline dans Tannée de Catalogne, et surtout à soulager et à satisfaire les peuples de cette région, aussi bien en Frfuice qu'en Espagne, c'était un résultat d'autant plus

^p(. 1656. Tont bien soas vostre direction; mai» leur fin ahere cette joye, quand je ¥018 que vous insistez touBjoars sur Yostre rappel. Je tous ay escrit av0C tant de franchise et si pressamment là-dessus S que je n*y puis fi^n adjouster. Je ne sçaurois neafumoins m'empescher de vous dire encore que, si tous n'y déferez pas, je croiray aToîr peu de crédit Ters vous.

Je suis fasché de la maladie de M« Baltasar^. Je vous prie de l«y faire faire compliment de ma part et'luy dire que j ay grande impatience de sçavoir que sa santé soit restatdie.

Vous ne doutes pas que je n enaye beaucoup aussy d'apprendre ta suite du decampement que vous deviez faire, et si les ennemis aaront pris ce tetops-ià pour vous combattre. J'espère neantmoins, en ce cas, et de vostre conduite et de la bonne disposition des troupes, que cette occasion sera glorieuse pour les armes du Roy et pour vous.

Vous aurez desja sceu le destachemènt que TËmpereur avoit £aict d'un corps d'armée pour l'envoyer en Italie contre M. le duc de Modeoe. Nous avons encore, depuis peu, receu nouvelle que le roy de Suéde ayt gagné une grande bataille contre les Polonois'; ledict empereur n'a pas laissé d'envoyer ordre de marcher à ce corps, qui estoit assemblé à Lintz, de sorte qu'estant important d'envoyer des troupes en Italie, soit pour conserver Valence en cas que nous la prenions, soit pour garantir les Estais du sieur duc de Modene, je vous prie d'examiner avec M. le duc de Caudale, à qui j'escris la mesme chose S si les ennemis, ne pouvant faire aucun progrez de vostre costé, n'estant pas aussy en

appréciable qu'ail était plus rare. Dans TEet et dans le Nord , ii en allait toat autrement Les rapines et la dévastation anxqadies les armées s'étaient livrées avaient épuisé pour longtemps la Champagne et la Lorraine.

(Lffe k eè sujet le Jomrnal de Jean Bouchez, greffier de Plappeville an ivii* siède, publié par Gh. Abel et E. de Bouteiller.)

' Voy. cî-dessos, p. S71, la lettre du ti juillet 1 656.

* JeanBaltazaroaBattiasard.qiiialMë des Mémoires, avait d'abord été du parti de la Fronde, en Gajenne. (Voy. t V, p. t56, des Lettres de Matarùi.) H se réeoncflia avec la Cour en 1 653 et fut nommé lieutenant général en 1 654.

' Voy. ci-dessus, p. 333.

* On trouvera , aux Analyses, TindicatioD de la lettre adressée par Masmn «u doc de Candale, le t** septembre i656.

estât de rien entreprendre de considérable vers la fin de septembre Sept iôsg. contre nous , on bb pourroit point destacher deux ou trois mille hommes de Tarmée de Catalogne pour les &ijre passer en Italie et se servir aeulemeat du reste pour couvrir nos places jusqu'à la 6n de la campagne* raltendray une prompte response ià-*dessus.

Vous pouvez escrire à Tingenieur, qui est à Narbonne, que, s'il veut retourner à Bordeaux, on iui donnera deux cens livres par mois, qui seront payez ponctuellement ^ On a esté obligé; faute d argent, de di*< mînuer les appointemens du sieur de Lessart et d'autres personnes.

Aff. ëlr,, Payso-Bas, t. S8 (tans indicttioii de page ni de Mo).

Copie du temps.

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