‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 60 sur 100 · CCLXXIII · texte numérisé non relu

CCLXXIII

Bibl. nat, ms. fonds Balaze, t. 17G.

GOLBERT k MAZARIIV^

Paris, 90 mai 1657.

(e\TR41T.)

COLBERT. RÉPONSE DE MaZARIN.

(Sans date), proiMiblement de Gompiègne, 91 mai 1667.

Je receus hier entre quatre et cinq Bon.

heures du soir le pacquet de V. E. appelle par Petitjean et envoyai au mesme moniant au s' de S*"^ Aubin les lettres

finances T). Le Me d'un intendant des mélë duquel vous ne pouvez tirer un bout

finances, comme Gargant, était celui d*un que vous ne serriez davantage tous les

contrôleur, analogue à Tinspecteur gënë- autres?).

rai actuel, auquel on se fiait du soin de ^ C'est-à-dire, oà 1/ en fait une grande

débrouiller les comptes du Trésor, «qui aliénation...

demeuraient accrochés, au dire d*un sur- ' Cette lettre ne se trouve pas dans ie

intendant, semblables à un peloton de fil recueil de M. P. Clément.

pour MM. Gravel, Dumas et autres pour Metz; de boone fortune le courrier estoit à cheval, prest i partir lorsque mon commis y arriva.

Je visitay ensuitte de la part de V. E. M™ la princesse de Conty^ M"* la princesse de Carignan^ et M"** la com^ tesse de Soissons; la première me dit qu'aussitost après ses bains, elle s'en yroit à Forges pour se rendre ensuitte à la Court; la seconde est en fort bonne santé; pour M'"'' la comtesse de Soissons, elle est fort incommodée de sa grossesse; je n'ay peu encores voir M*"** la princesse palatine, ce sera pour aujourd'huy.

Nous travaillerons, M. Tabbë Fouquet et moi, à descouvrir les placarts au cas que Ton en affiche; sy V» E» en apprend quelque chose davantage, il est important qu'elle nous le fasse savoir.

M. de Servient et M. le Procureur général ne sont point en cette vil le ; aussy tost qu'ils seront de retour, je ne raanqueray pas de m'acquitter de ce que V. E. m'ordonne i leur esgard»

Je n'ay point encore nouvelles que la dernière voiclure soit arrivée à Bri-

Maî 1657,

Bon.

Bon, et je donnerai toutes les connaissances que je pourrai avoir sur ce sujet.

Bon.

Bon.

^ Anne-Marie Martinozzi , nièce du Cardinal , mariée depuis trois ans avec le prince de Gonti. ( Voy. t. VI , p. 11 3 , des Lettres de Matarin.)

* Sur Marie de Bourbon, princesse de Carignan, voy. le t. IV, p. /î5, note 1 , des

Lettres de Maiarin. C'était la belle-mère de la comtesse de Soissons (Olympe Hancini), nièce du cardinal, qui, le 91 février de cette année 1667, avait épousé Eugène- Maurice de Savoie -Carignan, comte de Soissons.

Mai 1057. sak, mais j'ay receu letlre du commis que mon frère a envoyé à Auxonne- pour la recevoir, qui porte quMl ]*a receûe et qu'il part le 8* de ce mois pour la conduire à Brisak.

Nous avons icy dans Tescurie de V. E.

deux grauds lévriers qui nous mangent huict solz chacun par jour^; sy V. E. a dessein de les donner ou de les envoyer, il faudroit s*en défaire au plus tost.

V. E. m'escrit par une de ses lettres que je payeray 10,000^ i M. le comte de Soissons à compte des appoinctemens de la charge de colonnel gênerai des Suisses des mois de may et ji^^n, et toutesfois je n'ay point receu cet ordre; je feray les diligences pour retirer les appoinctemens de ladite chaîne depuis la mort de M. de Schomberg.

Il faut garder ces lévriers et les tenir au bois de Vincennes, les donnant en garde à quelqu'un qui prenne soin de les faire promener tous les jours.

M. le Comte vous aura sans doute présenté Tordre, et je vous prie de vous entendre avec M. Letellier pour avoir de quoi retirer ce qui est dû pour la charge des Suisses.

Aff. ëtr. , Angleterre, t 69, f" 88-89; copie du temps. -^ F* 90, minute corrigée par Mazarin.

k L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE LOKHART.

MoBlrBuil, %à mai 16^7.

J ay esté tres-aise de voir, par la lettre de V. Exe, que nous puissions faire estât d avoir dans deux jours tout le corps de troupes an-

^ Huit sols par jour, pour la aourritnre d*im lévrier, semblait une somme énorme et capable d'eflâroucfaer Tëconorae Cdbert Ces huit sols, qui représentent intrinsèque-

ment o fr. 65, ëquitalaieiît presque «u salaire journalier d'un manœuvre , non nourri, è Ja campagne, et dépassaient sansîUe- Dwntla paye de o fr.39 du maiMBavre nourri*

gloises qui doivent passer en France. Je n ay point douté que V. Ëxc, Mai 1657. estant k Boulogne, ne dissipast, par son adresse et son authorité, les petits scrupules qui paroissoient parmy elles, et qu'elle ne les disposast à rendre au Roy le service que Sa M^ en attend. On ne manquera à rien dans Texecution de ce qui leur a esté promis, et mesme pour leur faire cognoistre qu'on veut tousjours les traicter favorablement, ayant veu, par la lettre du s' de Toucheprez, que les officiers avoient prié V. Ëxc. d'obtenir que tous les trois mille hommes, qui estoient desja arrivez, receussent leur subsistance du jour du desbarquement des premiers mille, je lui ay mandé que le Roy le vouloit bien^

Sa M**^ verra bientost* lesdictes troupes et leur lesmoignera elleroesme l'estime qu elle en faict, la confiance qu'elle y veut prendre et le désir qu'elle a qu'ils augmentent tousjours de plus en plus^ d'inclination pour la France par le bon traictement qu'ils y recevront*. Cependant S. M*^* sera bien aise que, sans plus de delay, les diverses troupes marchent pour joindre l'armée, estant tres-prejudiciable de donner temps aux ennemis de se mieux préparer à la défense de leurs costes. V. Ëxc voit bien, par la marche de l'armée, qui est présentement entre Ayre et Saint-Omer, preste à entreprendre sur des places de la mer, et par la resolution que le Roy a prise de s'avancer en personne de ce costé-cy, avec quelle passion Sa M^ souhaiteroit exécuter sans aucune remise ce qu'on a ajusté avec V. Ëxc. Mais les ennemis rendent à présent la chose impossible par le bon ordre qu'ils ont donné à la d^ense des deux principales places^, y ayant jeté leurs meilleures troupes et des munitions de guerre et de bouche en abondance. Il faut nécessairement remettre à une conjoncture plus propre l'exécution de ce dessein et ne perdre pas un moment de temps à faire quelque autre

* lin rësumë de la lettre de Mazarin à * Efiectivement Louis XIV, accompagne Toucheprez se trouve aux Analyses , à la date par Mazarin , se rendit k Montreidl quelqueii du 3& mai 1 687. jours après , et il y passa en revue les troupes

* Les deux mots vmra iiMUoÊt sont une anglaises.

ootvecliott «Qtograpke esâitoligne. ' Les deux lettres S. Jtf. sont <de la main

* Les tmq mots ongmenÈtnt tm^anrs de de Mazarin.

fbm m fin «ont de h main de Mazarin. * Dnnkerque et Gravelines.

Mai 1G57. entreprise considérable. Je conjure donc V. Ëxc. de me mander si ou pourra faire marcher demain les premiers trois mille hommes. Car M. de Turenne me presse fort de luy mander en diligence s'il peut faire eslat que le corps anglois le joindra dans deux jours ^ . J'attendray là-dessus la response de V. Exe. qui ne sçauroit me croire avec tant d'estime et de sincérité que je suis, etc.

Aff. (^tr. , Pays-Bas, t. 38 (sans indication de page ni de folio). —

Copie du temps.

À M. DE TURENÎNE.

Montreuil, 9 5 mai 1607.

(EXinUT.)

J'ay receu voslre lettre du 3 3 [mai] avec le duplicaiay et ensuite celle du 2/1, où il n'y a point de chiffres. J'ay depesché à Tinstant un gentilhomme à M. l'ambassadeur d'Angleterre, qui est à [Boulogne'^], afin de sçavoir précisément, dans ce soir, si on pourra se servir du corps anglois partout où le Roi voudra, et si, dimanche prochain, tout ce corps pourroit commencer à marcher; de sorte que j'espère, dans demain au soir, vous donner un advis certain là-dessus, et j'ay grand sujet de croire qu'il sera tel que nous le pouvons souhaiter; car ledict ambassadeur m'a desja escrit en des termes qui me donnent lieu de le croire ainsy. 11 m'asseure, par sa dernière lettre, que le reste des troupes angloises seroit arrivé dans tout le jour de demain, et qu'il gueriroit les petits scrupules' qu'ils avoient, en sorte que le Roy aura sujet d'estre satisfait de leur service.

' Autographe depuis que sans plus de Mazarin , et dont il a déjà parie plus haut

delay jusqu à deux jours, dans sa lettre à Lokhart, consistaient, pour

^ I^a copie porte Bologne. les troupes anglaises, k se renfermer strie-

^ Ces fr petits scrupules D dont {)arle ici lement dans Texëcution du plan d'attaque

DU CARDINAL MAZARIN. hlZ

Dans le reste de la dépêche, Mazarin parle au Maréchal de la marche du corps Mai 1657. de La Fertë et des sommes d'argent earoyëes pour le service de Tarmëe.

GCLXXVl.

Afil ëtr., France, t. 97^, f 96a. — Copie du temps.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

Montreuil, 97 mai 1657.

(SXTBAIT.)

J'ay obmis insensiblement de faire responce à la lettre que je receus de vous à Gompiegne; mais je n'ay pas laissé de faire toutes les choses qu elle contenoit, et d'adresser les ordres nécessaires sur ce au s' Colbert. Je me contenteray donc de vous dire que j'ay eu beaucoup de déplaisir de l'enlèvement de Girardin^ Je crois que ça esté un dessein concerté à Paris plustost qu'à Rocroy; mais^ de quelque manière que ce soit, il est fascheux d'estre exposé à de semblables insultes, et je vous prie d'examiner les moyens qu'il y auroit d'intimider ceux qui les voudroient entrepi*endre , en sorte que l'on s'en puisse garantir à l'advenir.

Voua sçavez quelle répugnance j'ay à vous parler d'argent, parce que je suis pei^uadé que vous n'avez pas besoing d'estre sollicité pour nous assister, et que vous faictes tout ce c[ui est dans la possibilité; mais, dans la misère où nous sommes, qui, sans exagération, n'a jamais esté plus grande (car j'ay donné tout ce que j'avois en mon particulier, et il faut tous les jours dépenser pour les Ânglois, les Suisses et l'artillerie, et pour d'autres choses nécessaires), je ne peux m'empescher de vous demander du secours et de vous convier de faire un effort pour nous l'envoyer sans delay.

M. le prince de Gonty se plainct qu'on n'a pas eu grand soin de ses

bnné contre Dunkerque et Graydines et à ^ Ce financier avait été enlevé par un

ne 8*a880cicr à aucune autre eotreprifle qui , parti du prince de Gondë. ( Voy. , ci-dessous , même passagèrement , les en eàt détournées. la lettre de Golbert, p. A78. )

miARIII. — Tll. 60

utwmtMMua «ânoiAU.

Mai 1667. affaires et qu'ii ne peut estre payé de sa pension, qnoyque M. sou pere^ et M. son frere^ en ayent tousjours esté payez avec ponctualité dans le courant de Tannée. Je vous prie de faire cesser ces plaintes, et particulièrement dans une conjoncture qu il est obligé à faire de grandes dépenses.

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