‹ Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère (volume 3)Chapitre 69 sur 100 · Â M. €OU»TIN (ANTOINE · texte numérisé non relu

 M. €OU»TIN (ANTOINE

La Fère, 93 juin 1657.

Tay receu avec beaucoup de respect la lettre que le seremseime roy de Suéde m'a £aîct Thonneur de m'escrire sur les nouveaux ordres qu'il vous donne pour la sollicitation de ses interests en cette cour. Je croy que vous m'aurez faict la justice de luy tesmoigner combien je le considère, et qine je n ay pas besoin d'estre exciié pour embrasser avec chaleur toutes les occasions qui s'offriront de le servir; mais comme je vous ait dict souvent l'impuissance où nous sommes de faire tout ce que S. M^ desireroii, je ne puis que vous 'confirmer encore la iwe&me chose et vous asseuner qu'aussi tost que cette impuissance cessera, Sadicte M^ recognoistra le désir qu'a le Boy , mon maistre, de contribuer, par tous les moyens qui sont en son pouvoir^ à sa {[randear ert à sa gloire, et la ^ssion que j'ay, en mon particulier, de luy plaire et de mériter, par la continuation de mes tres-huimbles services,* celle des bontez qu'il a pour moy.

Le Roy a jugé à propos d'envoyer de delà, dans la conjoncture présente, le s** Blondel, qui confirmera encore de sa part ces asseurances à Sa M*^ suédoise, et il porie une grande depesche à M. d'Avaugour, et (|ui fera sçavoir plus pariiculieremienl à Sadicte M^- les sentimens que Ton a icy pour le bien commun des deux couronnes et celuy de l'Em-

* Antoine Courlin ne doit pas être con- par le Conseil d'Etat et reoapli plusieurs fois

fondu ûvec un autre diplomate du même les fonctions d'ambassadeur, mourut en

nom , Honora Courtin. Le premier, wk à Riom 1708(27 décembre ). Les Mémoires de Saint-

en lÔQâ et morl en i685 avait été att.ckë Simon donnent beaucoup de détails sur ce

à la roine Christine et au roi Charles-Gustave personnage. (Voy. t. IV, p. 36 et suiv. de

comme un de leurs principaux conseillers; le Tédit. de 1878, et ie humai de Dmgeau,

second, Honore Courlin, après avoir passé L IX, {). 385.)

Juin 1667. pire et mesme de toute la chrestienté, que je ne doute point qui soit aussy le principal objet du roy, vostre maistre, et que la France, la Suéde et tous leurs amis ne concourent à cette fin qui dépend principalement de ne pas laisser TEmpire se perpétuer dans la maison d'Austriche.

L'abbaye de Foix que demande le chevalier de Terlon avoit esté promise, il y a longtemps, à M. l'evesque de Xaintes, et on luy en a envoyé depuis peu les expéditions; mais il (le chevalier de Terlon) esprouvera bientost combien j'ay de déférence pour la recommandation et la peine prise par le roy de Suéde, et la considération que je fais de Falliance qu'il a avec M. le comte Magnus de La Gardie ^ pour qui j'ai eu en tout temps une très-haute estime.

Je viens de recevoir des nouvelles de Hollande que vous m'aviez envoyées et je vous prie de croire qu'elles ont esté les bien venues.

Addition : Vous sçavez que je n'ay rien promis de positif sur l'assistance du roy de Suéde, mais bien que je n'oublierois rien pour donner à Sa M^ des marques de mon tres-humble service, lorsque je verrois jour à le pouvoir servir; car, en vérité, présentement les finances sont sy espuisées, qu'il est impossible, quelque amitié que le Roy mon maistre ayt pour S. M*^, de faire ce que je souhaiterois avec passion.

GCGIV.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélanges de Colhert, t. 5i A, P 6; minute. —

Passages à chiffrer soulignés.

À M. DE TURENNE

La Fère, a3 juin 1667' (extrait.)

Je vous envoyé le duplicata de ce que je vous escrivis hyerS et

'• * Sur le comte Magnus de La Gardie, voy. le tome VI, p. 117, des Lettres de Mtnartn. — * Voy. ci-dessus, p. 5i 3. — La dernière dépèche est datée du ao juin.

comme vostre lettre que j ay receue cette nuict marque que les en- Juin 1667. nemis n avoieut pas encore marché et que vous estiez dans Tincerlitude de ce qu'ils feroient, on a jugé à propos de défferer le départ des compagnies du Roy et de celles de mes gardes qu'on vous envoyoit, parce que vous me mandiez de les faire partir; voyant par la conduite des ennemis qu'ils vous donneront assez de temps pour cela; je pourray encore tirer le régiment d'Ëquancourt , qui est à Arras, et d'autres compagnies qui sont de ce costé-là.

Après avoir ajoute Findication des renforts qu'on enverra à Turenne, Mazarin continue ainsi :

Pour moy, je ne sçay plus à quoy attribuer la lenteur des mouvemens des ennemis, si ce n'est, d'un costé, aux difficultez qu'ils ont de prendre aucun party présentement, et de l'autre, à la misère où ils sont, laquelle, par les advis que je viens de recevoir de Bruxelles, est au delà de ce que je vous sçaurois dire, puisqu'ils ne sçavent où donner de la teste pour asseurer la continuation de la fourniture du pain, qui se monte à plus de cinquante mille escus par mois, dans un temps que tous mes advis portent qu'ils n'ont ny argent ny crédit et sont réduits à l'impuissance de trouver seulement dix-huit mille escus.

CGGV.

Bibl. nat., ms. f. fr., Mélange» de Colbert, t. 5i A, P 6^; minute. — Aff. ëtr., France,

t. 37a, f** iSa et suiv.; copie du temps.

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