DE LA CHAMBRE DE L'EDIT ' DE GUYENNE
[Paris,] 12 septembre i6£3.
Messieurs,
Je puis vous dire avec certitude que, eu quelque manière que vous fussiez venus rendre vos devoirs à Leurs Majestés, en compagnie, ou séparément du reste de vostre corps, ils leur auraient tousjours esté agréables. La bonté de la Reyne embrasse généralement et sans distinction tous les vrais sujets du Roy son fils, et la préférence qui se peut gagner dans son esprit despend du degré de la passion et de la fidélité qu'on aura pour son service. C'est dans cette émulation de bien servir que vous trouverez des avantages conformes à vostre zèle, et que vous vous ouvrirez le chemin aux gratifications qui se despartiront au mérite, sans acception de personnes. Je vous exhorte donc à ne vous despartir jamais d'un si louable et si juste dessein et de vous appliquer, comme vous avez fait jusqu'à présent, à maintenir l'obéissance de ceux qui sont au-dessous de vous et qui vous regardent comme leur exemple. Cela estant, ne doutez point que Sa Majesté ne tienne soigneusement la main à vous faire entièrement jouir du bénéfice des edits qui vous ont esté accordés, et de la liberté de conscience qu'ils vous permettent.
Pour moy, qui n'ay rien tant à cœur que de voir raffermir de plus en plus les fondemens de la concorde des François et de la tranquillité de l'Estat, je vous proteste que je contribueray tousjours, comme j'ay l'ait jusques icy, mes conseils et mon crédit pour faire fleurir cette concorde et régner cette tranquillité, et que, outre cela, je rechercheray
1 Les Chambres de l'édil tiraient leur l'édit de Nantes pour rendre la justice aux nom de ce qu'elles avaient élé instituées par calvinistes.
les occasions de vous tesmoigner en général, et à chacun de vous en Septembre particulier, que je suis très-veritablement, etc.
GCXLVI.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, ton). I. f° 109 verso.