‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 132 sur 335 · LIEUTENANT DO ROY AU GOUVERNEMENT DE BRISACH · texte numérisé non relu

LIEUTENANT DO ROY AU GOUVERNEMENT DE BRISACH

[Paris,] ik septembre iG43.

Monsieur,

Je sollicite vivement les fonds nécessaires pour le payement des garnisons de l'Alsace et pour les autres despenses qu'il faut faire dans cette province. 11 n'y a point de doute que le séjour de l'armée de M. le mareschal de Guebriant ne les rende encore plus fortes. Ce sera à vous à mesnager l'argent du Roy, de telle sorte neantmoins qu'il n'en arrive point de préjudice à ses affaires. Il n'y aura point faule de plaintes à cause du desgast que cette armée y faira infailliblement. 11 faudra faire comprendre aux habitans de ce pays que, cet accident estant inesvitable, ils le doivent souffrir avec patience, attendant le remède qu'on y prépare de deçà, qui arrivera bientost; et que nos affaires vont prendre une telle face, que, à l'advenir, ils ne seront plus exposés à de semblables inconveniens, dans lesquels le Roy n'est pas moins intéressé qu'eux, à cause des garnisons qu'il y a, qui en demeureront incommodées. Je remets le reste à vostre prudence et à la connoissance que vous avez du pays et des mœurs des habitans. Croyez seulement que personne n'est plus que moy, etc.

Vous apprendrez de M. de Tracy les resolutions qu'on a prises i<\ pour faire bientost repasser le Rhin à l'armée et descharger l'Alsace de' ces choses, qui ne luy sont guères agréables.

1 Le baron d'Oysonville, neveu du se- blessé de ce choix, et le baron d'Oysnnville

crétaire d'Etat de Noyers, avait été nommé fut obligé, dans la suite, de renoncer à cette

lieutenant du roi à Brisach par Richelieu. position, comme on le verra par la corres-

D'Erlach, gouverneur de la ville, avait élé pondance de Mazarin.

Septembre i663.

Septembre i663.

Manusc. de la Bibliotb. Mazarine, n" 1719, tom. I, f* n5 recto.

A MADAME LA LANDGRAVE DE HESSE

[Paris,] 96 septembre 166 3.

Madame,

Le sieur de Croisic représentera assez à Vostre Altesse l'estime que la Reyne fait de ses bonnes qualités et l'affection qu'elle a pour sa personne, sans qu'il soit besoin que je vous l'escrive. Après cela, je vous supplie de trouver bon que je vous die de mon chef que je ne puis me lasser de louer la constance avec laquelle Vostre Altesse persévère dans le bon party, ni d'estre touché du zèle particulier qu'elle a pour cette Couronne. Nous en avons receu jusques icy des preuves si certaines, qu'il ne nous est pas permis d'en douter. J'espère que nous n'en recevrons pas de moindres à l'avenir, et notamment en la conjoncture présente, où il est besoin que Vostre Altesse fasse, à nostre invitation, un effort extraordinaire pour donner un pied avantageux aux affaires d'Allemagne, auxquelles nous nous allons appliquer désormais avec plus de vigueur qu'à toutes les autres de ce Royaume. C'est la resolution constante et invariable de Sa Majesté, qui se promet de trouver en cela de la correspondance en Vostre Altesse et en ses autres confédérés d'Allemagne, qu'elle en faira vivement solliciter.

Je n'entreray point dans le particulier du dessein que nous avons présentement, puisque le sieur de Croisic, de la personne et de la conduite duquel Sa Majesté est fort satisfaite, aussy bien que de celle du sieur de Potheme (ou Polheme), s'est chargé de l'exposer à Vostre Altesse. Je sçay la créance que vous avez en luy; mais il ne vous dira rien de plus véritable que lorsqu'il vous asseurera , de ma part , qu'il est impossible que personne soit avec plus de vérité et de passion, etc.

Septembre i643.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719. tom. I. f 1 16 verso.

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