‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 133 sur 335 · A M. LE COMTE D'EBERSTEIN · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE D'EBERSTEIN

LIEUTENANT GBNEBAI. DE L'ABMEE DE MADAME LA LANDGRAVl DE HESSE.

[Paris,] 26 septcuihri' i643.

Monsieur,

Le sieur de Croisic vous rendra fidelle tesmoignage de l'estime en laquelle j'ay voslre personne, et de la passion que je conserve de vous en rendre des preuves. Je n'ay pas neantmoins voulu laisser de vous le faire sçavoir par cette lettre, et de vous dire que je n'aurois pas le zèle que je dois avoir pour la bonne cause, si je n'honorois parfaitement une personne qui contribue tant que vous à la sous tenir. Je n'ignore pas quel avantage luy est arrivé de la victoire de Kempen1, où vous avez eu tant de part, et combien de forces ennemies vous tenez dans la VVeslpbalie et ailleurs, qui sans cela l'incommoderoient notablement. Je me promets que vous continuerez de bien agir et de concourir avec nous, pour affoiblir le commun ennemy, avec la mesme vigueur et la mesme affection que vous avez fait par le passé. Je veux croire encore que vous vous surmonterez vous-mesine dans la conjoncture présente, qui a besoin de quelque effort extraordinaire, ainsy que le sieur de Croisic vous le doit représenter plus particulièrement, auquel je me remets pour ce sujet, pour vous dire que, ayant esté estonné de ce qu'il s'esl l'ait quelque arrérage de la pension que le Roy \<>iis donne, je me charge d'icy en avant du soin de vous la faire paver, et que je tiens à grand avantage qu'un homme de vostre mérite reçoive de ses bienfaits. Je nie fairay aussv tousjours gloire de vous procurer auprès d<' Sa Majesté d'autres marques de son estime et de sa bien-

1 L'i victoire de Kempen , dana I électoral de Cologne, avait éié remportée par le maréchal de Guébriant le 10 janvier iC4a.

MUAKIV — 1. Z19

Septembre veillance; à quoy je ne perdray j)oint (J'occasion, puisque je suis pasi6A3. . '. , ,

sionnement et plus que personne du monde, etc.

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