CCLXV
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719. tom. I,f° 116 verso. A VI. LE COMTE D'ALAIS.
[Paris,] 25 septembre 1 663.
Monsieur,
Le sentiment de pitié que vous avez pour les esclaves d'Alger est si naturel et si ehrestien, qu'il faudroit que j'eusse renoncé à l'humanité et à la religion pour n'eu avoir pas un semblable. C'est pourquoy vous ne devez point douter que je n'embrasse avec jove tous les.expediens qu'on pourra trouver pour les tirer de leur misère, et qu'il n'y ayt rien tjue l'impossibilité qui m'empesche d'exciter tout ce qui pourra servir à un si juste dessein. J'attendray donc avec impatience les propositions qui me seront faites là-dessus, et je vous asseureray ce pendant que jamais personne ne sera avec plus de vérité et de passion que moy, etc.
Manusc-, de la Biblioth. Mazarine. 11° 1719, tom. I , f ° 117 recto.
A M. DES HAMEAUX
CONSEILLER DO ROI E^ SES CONSEILS ET SON AMBASSADEUR PRÈS LA SERENISSIME REPUBLIQUE DE VE.NISL.
[Paris,] 2.5 septembre 1 663.
Monsieur,
J'ay veu, par la vostre du 29 du passé, la disposition de la Republique sur lestât des affaires d'Italie. Je loue fort la conduite avec laquelle vous travaillez pour les acheminer au repos que le Roy désire
avec passion1 et qui doit servir de prélude à la paix générale, à laquelle Septembre il va envoyer ses plénipotentiaires. (Test bien de l'honneur pour la France que les ministres d'Espagne soient exclus de cette négociation et que la gloire luy en soit toute réservée. Je ne doute point que vous n'ayez beaucoup contribué à faire prendre une resolution qui nous est si avantageuse. Je ne vous diray rien davantage sur ce sujet, supposant que vous estes pleinement averty, par M. le cardinal Bichi et par M. le marquis de Fontenay, de ce qu'il est nécessaire que vous sçachiez pour agir de concert avec eux, et vous apprendrez des despesches de M. de Brienne les intentions de Sa Majesté sur ce que vous aurez à traiter avec messieurs les Vénitiens.
Nos affaires sont, grâces à Dieu, en fort bon estât de tous costés; et bien que nos ennemis semblent tirer de grands avantages de la inarche de l'armée du mareschal de Guebriant en Alsace, quand on sçaura neantmoins qu'il ne s'estoit avancé vers le Danube que pour y pousser les Bavarois et les esloigner, comme il a fait, de la commodité de secourir Thionville, pour retourner après vers le Rhin et y recevoir le renfort qu'on luy envoyé d'icy2, on trouvera que les avantages des ennemis sont assez imaginaires, et que celuy-là n'a pas mal reussv qui a fait ce qu'il s'estoit proposé. J'ay creu que je devois vous informer de la vérité de cette occurrence, aflin que vous ayez de quoy dissiper les laux bruits qu'on pourroit semer là-dessus à nostre préjudice. Croyez que je suis véritablement et plus que personne du monde, etc.
1 II s'agissait de la conclusion de la paix entre le Pape et les puissances italiennes coalisées, dont Venise faisait partie. Hugues de Lyonne avait d'abord dirige les négociations entamées entre Urbain VIII , la république de Venise, le grand-duc de Toscane, le duc de Modène et le duc de Parme. Dans la suite, la France, puissance médiatrice. avait désigne le cardinal Bichi pour terminer
cette affaire. Le traité fut signé à Ferrare le 3i mars 16/1/1 : le duc de Parme et ses alliés s'engagèrent à évacuer, dans soixante jours, toutes les places qu'ils avaient conquises dans les Etals de l'Église; le Pape, de -mi côté, devail rendre Castro et llonciglione au duc de Parme, et lever l'interdit lancé contre les États de ce prince.
1 Voyez ci-dessus, p. 879, note.
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Septembre i643.