A M. DE LA PERRIÈRE
| Paris, ] 1 1 octobre 1 643.
Monsieur,
Le courrier de M. de Langeron nous a appris la levée du siège de Villefranche, et le cliastiement de deux des aulheurs de la révolte Surquoyj'ay à vous dire que, dans la peine qui se prendra des coupables, on doit premièrement avoir ce but, que les biens soient espargnés, de telle sorte qu'ils puissent payer au Roy ce qui est imposé
Le mouvement n'était cependant pas dans l'Armagnac : rrln Armaniacp tredecim comprimé. Grotius écrivait, le 1 4/a 4 octobre, publicani .1 plèbe occiai.» (Epùtolœ ine que treize agents 'lu li--*' avaient été tués dite, p. 89.)
Octobre dessus, allin ou que cela ne demeure point en arrière pour Sa Majesté, ou qu'on soit contraint de le réitérer sur d'autres biens qui sont assez chargés de leurs propres impositions. Cette considération. qui doit eslre préférée à toutes les autres, vous doit aussy obliger à tenir soigneusement la main affin que les troupes qui servent le Roy vivent avec le plus d'ordre et le moins de charge pour le peuple qu'il se pourra, de peur qu'elles ne le réduisent en impuissance de payer au Roy ce qui luy est deu; car vous ne devez point douter qu'un logement de trois jours, avec la licence accoustumée des gens de guerre, n'incommode plus un homme que la taille et la subsistance d'une année. C'est encore l'interest des partisans, sans quoy ils ne sçauroient faire le recouvrement de ce qui leur est accordé. En un mot l'intention absolue de la Reyne est qu'on apporte tous les soins et toutes les intentions [ou inventions] possibles pour faciliter au peuple le moyen de payer les subventions que l'inesvitable nécessité des affaires contraint Sa Majesté d'exiger d'eux; et c'est à quoy ses véritables serviteurs doivent travailler sans exception, et à destourner toutes les malversations et rapines que les particuliers exercent sous le prétexte de ce qui se lève pour le Roy. Je suis asseuré que vous y contribuerez tousjours ce qui despendra de vous. C'est pourquoy je me contenteray, après vous avoir conjuré d'entretenir tousjours la bonne correspondance qui doit estre entre ceux qui servent le Roy, de vous asseurer, etc.
CGXCII.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f" is5 verso.
A M. LE MARQUIS DE LANGERON
[Paris,] 11 octobre 16k 3.
Monsieur,
La facilité que vous avez trouvée à faire lever le siège de Villetranche fait assez voir que vous n'aurez pas beaucoup de peine à
l'éprendre Najac ' ei à dissiper les Croquans2. Pour cet effet, on vous Octobre envoyé des troupes au delà de ce que vous en demandez, pour mettre fin- à cette affaire, ainsi que vous l'apprendrez plus particulièrement des despesches de M. Le Tellier.
J'ay seulement à vous recommander une chose qui est absolument dans l'intention de la Reyne, qui est qu'on fasse vivre les gens de guerre avec le plus d'ordre et le moins de foule possible pour le peuple, de peur que, autrement, on ne le mist en impuissance de payer au Roy ce qui luy est imposé, qui est la fin pour laquelle Sa Majesté vous a envoyé là avec des troupes; et vous sçavez qu'un logement de trois jours, si on leur permettoit de vivre à discrétion et d'user de leur licence accoustumée, cousteroit plus à un homme que la taille et la subsistance d'une année.
C'est pourquoy donc vous devez soigneusement tenir la main pour I interest des affaires du Roy, qui est encore celuy des partisans, qui pourront bien plus facilement recevoir par là les deniers qu'ils prétendent qu'ils ne fairoient sur des personnes ruinées par des gens de guerre.
Pour ce qui est de la levée, dans les provinces, d'un régiment de cavallerie, il n'en est pas besoin, puisqu'on a envoyé de celle qui esl dcsjà sur pied, et qu'on a résolu de prendre le moins qu'il sera possible de nouvelles levées, et d'employer l'argent qu'elles cousteroient à fortillier les vieux corps.
On faira considération sur la perte que vous avez faite de vostre esquipage, et je fairay office affin qu'elle vous soit réparée par les moyens les plus prompts et les plus commodes qu'il se pourra.
J'ay esté ravy d'apprendre la bonne correspondance qui se passe • •litre M. de Noailles et \ous, et vous conjure de la continuer comme une chose fort importante au service du Roy, auquel toute autre considération doit estre soumise.
Je remets à M. Le Tellier à vous faire sçavoir le reste, et me con-
1 Petite villr du Rouergae (aaj. dép. de a Sur l'étymologie de ce mot, voyez l.i
l'Aveyron). note i de la page 4o6,
Octobre tentera y seulement de vous asseurer que personne ne sera plus que
moy, etc.
Manusc. de la Bihlioth. Mazarine. n" 1719, toni. I. f" 126 verso.
A M. LE COMTE DE NOAILLES
[Paris,] 11 octobre 1 663.
Monsieur,
.La) appris avec joye que vous n'estiez plus assiégé, et que les Croquans le dévoient estre à Najac, dont le siège ne doit plus estre de durée, pour le moins si cette place est reprise avec autant de facilité quelle a esté prise.
Je suis asseuré que vous servirez tousjours le Roy avec chaleur et prudence. C'est pourquoy je ne vous recommande rien de ce costé-là: je vous exhorte seulement d'apporter tout ce qui despendra de vous affin que les troupes que le Roy envoyé, qui seront assez considérables, soient le moins qu'il se pourra à charge au peupie, de peur qu'elles ne le réduisent en impuissance de payer ce qu'il doit à Sa Majesté; et que le chastiement des coupables s'arreste plus sur les personnes que sur les biens, pour esviter cet inconvénient, qui fairoit un trop notable préjudice aux affaires de Sadite Majesté.
Je ne vous recommande non plus la bonne correspondance que vous devez entretenir avec M. de Langeron, qui ne manquera point, de son costé, à vous rendre ce qui vous est deu, et je me contente seulement de vous asseurer que vos interests ne me sont pas moins chers que les miens propres, et que je veilleray aux occasions de vous en rendre des preuves, comme estant plus que personne du monde, etc.
Octobre i6/i3.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tom. 1, f° 126 verso.
A M. LE GENERAL D'ERL4CH
[Paris,] 11 octobre 1 663.
Monsieur,
Vous estimant au poinct que je fais, les offres que vous me faites de vostre affection ne me peuvent estre que fort sensibles. Je ne vous en diray point davantage, pour vous parler de vos interests et vous dire que je les protegeray tousjours, et m'opposeray de tout mon pouvoir à ceux qui les traverseront mal à propos. Pour cet effect ne faites point difficulté de vous adresser à moy et de me mander fidèlement et exactement ce cjui en sera, affin que je tasche d'y remédier.
Quant aux souffrances de l'Alsace dont vous m'escrivez, vous aurez assez veu que ça esté un coup de nécessité qui est arrivé au delà de nostre attente2. Mais vous pouvez aussy comprendre, par le grand effort que le Roy fait pour faire repasser le Rhin à son armée, combien nous avons à cœur le soulagement de cette province.
Pour ce qui est de la garnison de Brisach et des autres places voisines, on donnera les ordres les plus prompts et les plus propres qu'il se pourra pour leur subsistance et entretènement , que vous apprendrez des despescbcs de M. Le Tellier, auxquelles me remettant pour ce sujet, je me contenterav de vous asseurer que personne ne sera jamais avec plus de vérité et de passion que moy, etc.
Cette lettre n a pas été imprimée dans i663, et sur sa retraite en Alsace, l'ouvrage
les Mémoires concernant le général d'Erlach, allemand de Heillmann, intitule: Expédition*
dont il a été question plus haut (p. 3ûy , des Bavarois sons la conduite de François de
note). Mercy, p. 1 3-1 7. Il a été question de cet
Voyez sur la campagne du maréchal de ouvrage dans l'introduction placée en tête
Guébriant en juin, juillet . aoûl el septembre de ce volume.
UAZARIV — I. 53
'ils LETTRES
Octobre i643.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. î° n>6 verso.
A M. LE MARQUIS DE FONTENAY
| Paris,] ta octobre 1 643.
Monsieur,
Vous pouvez croire que c'est avec beaucoup de desplaisir que j'apprens que le traité de la paix1 se rend difficile; mais, après que la France aura contribué tout ce qui despendra de l'autorité du Prince et du soin de ses ministres, j'estime qu'il faut baisser les yeux sur les décrets de la divine Providence, qui veut plus longtemps affliger l'Italie, pour des causes qui ne nous sont pas connues. Il ne faudra pas neantmoins se lasser d'agir, ni sortir hors de la carrière, tant qu'il y aura quelque espérance de bon succès; et, pourveu qu'on tienne la négociation en chaleur, il pourra arriver quelque heureux moment et quelque conjoncture favorable qui rapprochera les esprits, qui sont maintenant séparés. Je le souhaite et pour l'interest de l'Italie et pour celuy de la Chrestienté, à qui on ne peut procurer une paix durable, tant que la guerre sera en un pays où tant de puissances ne manqueront de s'intéresser, et par conséquent de rallumer ce qui aura esté esteint.
J'auray soin de l'establissement du sieur de Montreuil'2, tant pour ce que je l'affectionne qu'à cause que vous me le recommandez, et vous connoistrez, partout où j'auray lieu de vous le faire paroistre. que personne n'est avec plus de vérité et- de passion que moy, etc.
1 II s'agit ici de la négociation entamée ~ Voyez ci-dessus (p. 37) la note sur
entre le pape Urbain VIII et les princes ita- Montreuil, secrétaire du marquis de Fonteliens qui s'étaient ligués contre lui. nay-Mareuil.
GCXCVI.
Manusc. de la Bibiiolh. Mazarine, n° 1719. tom. I, f° 137 verso.
Octobre i663.