A M. LE PRINCE THOMAS
| Paris,] i5 octobre i643.
Monsieur,
Bien que nous ne pussions douter de la prise de Trin, puisque Vostre Altesse l'avoit assiégé, la nouvelle ne nous a pas esté moins agréable. Pour moy, j'en ay une joye particulière, tant pour la gloire des armes du Roy que pour celle de Vostre Altesse, qui les a commandées en cette occasion. Le sieur Matta ] luy pourra rapporter plus au long que je ne luy sçaurois escrire quelle a esté pour ce sujet la salisfaction de la Reyne, laquelle, considérant ce qu'a fait vostre fils'2 pour le service du Roy son fils, et les preuves si illustres et si 'utiles que Vostre Altesse luy rend [de son attachement], redouble tous les jours la passion qu'elle a pour tout ce qui vous regarde. Je ne vous diray point combien sensiblement je suis touché de voir en cette Princesse des sentimens si justes. Vostre Altesse le croira facilement si elle se souvient de la profession que je fais d'estre, etc.
Charles do Bourdejlle, comte de Malta ou Matha . a joué un certain rôle pendant la régence d'Anne d'Autriche. Il était delà maison de Bourdeille, comme Brantôme et Mnnlrésnr. Il entra dans le parti de la Fronde en 16V10. et Ggnra dans la guerre que la ville de Paris soutint contre la Cour. Lorsqu'on négocia la paix de Ruel, il demanda 7.000 écus comme arrérages de sa pension.
Dans la suite, il entra dans le parti du prince de Coudé et fut un des Frondeurs les plus ardents. On le voit, dans les Mémoires de Mademoiselle, rivant relire dans
ses teires et affichant pour M"" de Frontenac un amour partagé. Rentré en grâce, il obtint à la Cour une réputation d'homme d'esprit, qu'attestent les Souvenirs de M"" de Gaylus. On le retrouve aussi dans les Mémoires île Gramonl. Enfin Mm° de Maintenon, dans une lettre à son frère, nous apprend cpi il mourut en 1676.
Le priiue Thomas eul plusieurs fils .
dont deux lui survécurent : l'aîné était Emmanuel-Philibert -Amédée , et le second Eugène-Maurice, qui devinl comte de Soissons et épousa Olympe Mancini, nièce du cardinal Mazarin.
• Ictobre i643.
Manusc. de la Bibliotli. Mazarine, n° 1719, toni. I. 1° 127 verso.