‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 154 sur 335 · A M. LE MYLORD MONTAIGU · texte numérisé non relu

A M. LE MYLORD MONTAIGU

[Paris,] a3 oclobre i663.

Vous sçaurez, par les ordres qu'on envoyé à M. le comte de Harcourl et au sieur de Gressy, combien nous avons icy à cœur vostre délivrance. Outre le courrier qui fut despesché la semaine passée pour cet effet , on en despesché un second pour fortiffier les offices que lesdits sieurs ont ordre de faire en -vostre faveur. J'espère que, agissant sous l'autorité de la Reyne, qui vous avoue à elle, et par le commandement de laquelle vous estes passé en Angleterre pour donner lumière el chaleur au traité d'acommodement qui en doit produire le repos, on ue trouvera pas beaucoup de résistance à vous faire rendre la liberté.

Quoy qu'il en soit, croyez que rien de deçà ne sera oublié pour mois lirer du malheur où vous estes tombé. Vous devez vous asseurer •■il cela des intentions de Sa Majesté, qui ne souffrira point que \011s souffriez pour luy avoir obey et pour avoir voulu travailler au bien de ceux qui vous ont arreslé et qui sans doute, estant bien esclairés de la vérité, luy rendront une complaisance qu'ils ne lu\ pourroient reffuser sans violer le droit des gens. Je ne pense pourtant pas qu'on en

ire

Octobre vienne si avant, el je me persuade que les premières sollicitations de M. le comte de Harcourt emporteront l'affaire, au contentement de Sadite Majesté.

Je croirois faire une chose superflue de vous parler de la part que j'y prends et de la passion que j'ay pour tous vos interests, qui, à dire la vérité, ne me sont pas moins chers que les miens propres. Vous en tairez une expérience bien certaine en cette occasion et en toutes les antres où j'auray lieu de vous faire paroistre que je suis, etc.

GCCIX.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719, tom. 1, f° i3a recto.

A M. LE DUC D'ENGHIEN

[Paris,] a 9 octobre i6'i3.

Monsieur,

Bien que les ordres que vous avez donnés ne puissent estre ni plus judicieux, ni plus utiles, vous n'avez pourtant rien fait que nous n'attendissions de vostre conduite. Je me promets beaucoup du succès d'une entreprise à qui vous avez donné un si heureux commencement et dont, à dire la vérité, la gloire vous sera deue plus qu'à nul autre1.

L'ordre a esté donné pour l'envoy de la demy-monstre que vous avez promise à l'armée, qu'elle recevra bientost infailliblement2.

A vostre retour, j'espère joindre aux remerciemens et aux caresses que vous recevrez de la Reyne tous les tesmoignages et toutes les preuves que les occasions me donneront moyen de vous rendre de la parfaite et inviolable passion avec laquelle je suis, etc.

' Le duc d'Enghien conduisait, comme tobre 1 643. (H. Grotii epistolœ inédite,

on l'a vu plus haut, des secours au mare'- p. 87.)

clial de Guébriant. Il avait traversé la Lor- 2 Les troupes françaises témoignaient une

raine et les Vosges et était arrivé à Saverne : grande répugnance pour servir en Alle-

"Dux Anguianusest adTabernasAlsaticas,* magne. On leur avança une partie de la

dit Grotius ilans une lettre du 1 6/2 4 oc- solde pour les décider à passer le Rhin.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I , f ° i3s recto.

A M. DE CROISIC

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