CONSEILLER D'ESTAT DE MADAME L\ LANDGRAVE DE HESSE
[Paris,] 3o octobre i643.
Monsieur,
Je vous suis bien fort obligé de la peine que vous avez prise de me donner avis de ce que vous avez fait envers madame la landgrave de Hesse et M. le comte d'Eberstein, conformément aux résolutions prises icy à vostre despart. Je vous conjure de continuer, et de solliciter vivement la diversion promise, quand elle se pourra faire. Vous en sçavez assez la conséquence, et le coup que cela portera en faveur du bien commun du party confédéré. Asseurez tousjours madame la Landgrave et les autres intéressés, ou qui s'y pourroient intéresser, que la Fiance n'eut jamais tant de volonté ni tant de puissance pour s'appliquer aux choses d'Allemagne qu'elle a à présent.
H ne se peut voir une plus grande preuve de cette vérité que l'effort que nous venons de faire, au commencement de l'hiver, de faire passer en Allemagne cinq mille hommes de pied et deux mille chevaux de renfort, de troupes excellentes et sous de bons chefs1. Par où
' La correspondance publiée par Le La- cela , et vous envoyer le sieur baron de l'Es-
boweur (Histoire du maréchal de Guébriant, chelle, tant pour vous informer de Testât
p. ()q6 et <)Q.r) ) prouve qu'en effet les troupes des troupes . (pie pour recevoir vos ordres et
commandées par Ranlzaw Opérèrent leur prendre les noms des lieux pour le logement
jonction avec celles du maréchal de Gué- où nous pourrons séjourner, en attendant la
briant à la fin d'octobre i6A3. Hantzaw écri- marche totale de l'armée. J'espère que vous
vait à (iuébrianl. le 21 octobre ib'i-'î : ne doutez pas de mon obéissance et de mes
services, lesquels vous trouverez confirmés
" Monseigneur, p.,,. |a |(>t(rc ()u p,ov que je vous envoyé pour
bSou Utesse m ayant destaché hier de son vous faire voir les intentions de Sa Majesté,
armée, je suis arrivé aujourd'hov auprès de Je suis marry que mon indisposition m'en-
Saveme. J'ai creu vous devoir donner advis de pesche de vous aller trouver moy-meame.
Octobre i6A3.
Octobre Ton peut juger si la France a faute de volonté pour les affaires de ce
pays-la, ou de puissance pour les appuyer. Croyez, outre cela, que rien ne sera négligé de deçà pour parvenir à la lin que nous nous sommes proposée, qui est une paix bonneste et seure pour nous et nos alliés. Je ne vous diray pas combien, en particulier, les interests de madame la
Landgrave sont cliers à Sa Majesté, puisqu'on effet elle ne les distingue point de ceux de cette Couronne.
Je vous envoyé un duplicata de la lettre que j'escris à M. le duc de Neubourg loucbant l'armement prétendu de la Westpbalie, où vous verrez que je n'omets rien de ce qui peut le divertir de ce dessein. Je remets au sieur de Potlieme de vous faire sçavoir plusieurs autres choses qui concernent les affaires du bon party, et me contenteray de vous asseurer que, vous estimant de beaucoup, je suis avec grande passion, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. I. f° i3a recto.