‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 157 sur 335 · CCCX1II · texte numérisé non relu

CCCX1II

Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tom. 1. f° 1 33 verso.

A M. LE COMTE DE CHAROST '

[Paris,] 3i octobre i6/i3.

Monsieur,

Les ofl'res que vous me faites de vostre affection sont si fortes et si obligeantes, que je serois insensible si je n'en estois touché et si elles ne produisoient en moy un extresme désir d'y correspondre par la mienne. H y a longtemps que je sçay avec quelle fidélité et quelle constance vous aymez, et que l'honneur, dont vous avez l'ame pleine, reluit principalement en l'observation de vostre parole. J'accepte celle que vous me donnez, comme une chose immuable, et j'en fais un tel fondement que je m'y asseurerois de ma vie et de ma

1 Le comte de Charost était capitaine des contra me.» En générai, les capitaines des

gardes du corps et gouverneur de Calais. gardes n'étaient pas favorables à Mazarin.

Un peu avant l'époque où cette lettre fut Le marquis de Chandenier, de la maison

écrite, Mazarin était inquiet des disposi- de Hochechouart, lui était surtout hostile,

lions de Charost. Il écrivait sur ses carnets (Voyez les Mémoires de Saint-Simon, édit.

(3e carnet, p. 54) : A\. di Charo. . . parla Hachette, in-8". t. I. p. 3^7-348.)

DU CARDINAL MAZARIN. V.l

fortune. Aussy devez-vous croire en revanche que je manquera} plustost Octobn à moy-mesme qu a I amitié que je vous ay promise, et que mes propi es interests ne me seront jamais plus chers que les vostres.

Que si, dans l'intrigue de la Cour et l'embarras des choses du monde, il est arrivé quelque rencontre moins douce pour M. vostre frère1 qu'il n'eust esté à désirer, cela n'a rien diminué de l'inclination que j'ay à l'estimer et à le servir. Outre la considération de son mérite, la profession que j'ay tousjours faite de révérer la vertu de M. vostre père2, et la passion que j'ay pour vous me donneront tousjours de ces sentimens pour luy. Je remets à M. de Bautru3, à qui je me suis entièrement ouvert là-dessus, et qui est vostre fidèle et pariait amy, de vous en faire sçavoir davantage, et de vous confirmer, par ses lettres, les asseurances que je»vous donne par celle-cy d'estre toute ma vie, etc.

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