A DON FRANCISCO DE MELOS
GOUVERNEUR DES PAYS-BAS ET CAPITAINE GENERAL DES ARMEES DE SA MAJESTÉ AUX MESMES PAIS.
[Paris,] 6 novembre i643.
Monsieur,
La guerre qui est ouverte entre les deux Couronnes n'en bannit point l'exercice de la courtoisie, ni l'estime qui est deue à la vertu, en quelque sujet qu'elle se rencontre. Vostre Excellence en recevra une marque clans le passe-port qu'elle a demandé et que la Reyne luy a accordé avec toute la bonne grâce possible. Pour mon particulier, je supplie Vostre Excellence de croire que, dans la contrariété des causes où le devoir nous a embarqués l'un et l'autre, j'ay tousjours conservé l'opinion que j'ay conceue, il y a longtemps, de son mérite. De cela je luy en donneray toutes les preuves que le service du Roy pourra souffrir, et je seray tousjours bien ayse de luy pouvoir tesmoigner, dans
les lois du mesme service, que personne ne l'honore plus parfaitement Novembre que moy, ni n'est avec plus de passion, etc. ainsy que M. le cardinal Grimaldy luy faira plus particulièrement sçavoir, qui s'est charge de luy faire tenir le passe-port qu'elle désire.
CGCXXIII.
M an use. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. 1. f° 1 35 verso.