‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 166 sur 335 · MAZARIN. I · texte numérisé non relu

MAZARIN. I

Novembre que je rencontrerav les occasions de vous pouvoir tesmoigner l'estime

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que je fais de vostrc personne et la passion avec laquelle je suis, etc.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarino, n° 1719, tom. I, f" i3y reclo.

A M. DE TRACY

[Paris,] 19 novembre i643.

Monsieur,

L'abondance qui s'est trouvée dans l'armée est un effet de vostre prévoyance et de vostre soin. La première marche s'estant si heureusement acheminée, nous espérons qu'elle ne sera point démentie par la suite l.

Le sieur Hervart2 vous pourra faire sçavoir le traitement qu'il aura receu icy, en considération des services qu'il a rendus à Sa Majesté dans le payement de l'armée. Je me promets qu'il s'en reto.urnera fort satisfait de toutes choses et par conséquent de la partie dont vous m'escrivez.

Vous aurez receu une de mes lettres, par laquelle je vous prie de fournir au sieur de Campi, lieutenant-colonel de mon régiment, jusques à dix ou douze mille livres, que jefairay remettre icy, au premier avis que j'en auray. Je ne doute point que vous ne m'obligiez en cela, puisque je suis véritablement, etc.

1 Mazarin ne connaissait encore, à cette époque, que les premiers mouvements de l'arme'e d'Allemagne. Après avoir passé le Rhin à Obenlieim, ou Otlenheim, près de Rhinau (département du Bas-Rhin), le maréchal de Guébriant s'engagea, dans les premiers jours de novembre , au milieu des défilés de la forêt Noire. Son armée eut beaucoup à souffrir du froid, de la pluie et de la neige. Le but du maréchal était de déboucher dans la vallée du Necker et de s'emparer d'une place forte, afin d'y établir

solidement les Weymariens. L'Alsace devait ainsi être délivrée des armées qui l'avaient pillée , et les Bavarois auraient à redouter une invasion dans la vallée du Danube et seraient forcés de concentrer leurs forces sur ce point. 2 Barthélémy Hervart ou d'Hervart était un des principaux financiers de cette époque. Il est souvent question de ce personnage dans les Mémoires du temps, et principalement dans les Mémoires de Gourville. On le trouvera fréquemment mentionné dans les Lettres de Mazarin.

Novembre i663.

GCCXXX.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tom. 1, f° 1 38 recto.

A M. LE MARESCHAL DE GUEBR1ANT

[Paris,] 19 novembre io/i3.

Monsieur,

Quand les services que le sieur d'Hervart a rendus dans les affaires de Sa Majesté ne m'obligeroient pas à désirer de le servir, j'y serois assez excité par la recommandation que vous m'en faites; il connoistra donc, dans les occasions, ce qu'elle peut sur moy, et que les personnes si affectionnées à l'Estat ne manqueront jamais icy de protection ni d'appuy.

Nous attendons, par vos lettres, la confirmation de la nouvelle qui nous est arrivée de l'heureuse marche de l'année du Roy, et du change qui a esté donné à la bavaroise1. Gela nous l'ait espérer une suite pins heureuse et des succès au delà mesme de nos espérances. Quels qu'ils soient, ils ne seront jamais si grands que je les souhaite, pour l'interest des affaires de Sa Majesté et pour celuy de vostre gloire, puisque je suis passionnément , etc.

1 Grotius indique les mouvements que faisaient les ennemis, pendant que l'année française traversait la forêt Noire et arrivait à Rottweill : trlnlclliginius ad Rothvil.iin pervenisse Gallicum exercitum; obsidiooemne moliiurus sil,an ulterios, ut quidam putant, ad Danubium ilurus, non ccrlo dixerim. . . Sunt litterœ quœ Bavaricos ire dicunt Tubingam, Hasfeldium in Fran-

coniam, Lolbaringos trans Nicrum; Bavaricos vilaturos prœlii incerla, cum spe fore ut ipsi sedes babiluri commodiores et prœparatam \ ictus copiam, Gallorum in alieno vivenlium, neque ad futuras nécessitâtes salisprospiceresoliforum. patientiam fatigent s (Grotii epistolœ inédite, p. io5, lettre du 11/21 novembre i6i3.)

Novembre i6/j3.

GCCXXXI.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 1 38 recto.

A M. LE COMTE DE HARCOURT

[Paris,] 21 novembre iG63.

Pour rcspondre à vos dernières des h et 8 novembre, je vous diray en gênerai, remettant le particulier à la despesche de M. de Brienne, que, quand le malheur du temps porteroit que l'affaire que vous estes chargé de traiter se rendist incapable d'accommodement, la Reyne aura une grande satisfaction de n'avoir rien oublié pour remettre la concorde dans un royaume si cruellement deschiré comme est l'Angleterre. Après avoir donc tenté , tant à Londres qu'à Oxford \ tout ce que vous avez peu pour ramener des esprits si divisés, il faudra songer à retourner en France, sans s'embarquer à de nouveaux desseins, qui ne seroient pas peut-estre de saison, ou qui seroient peu convenables à Testât présent de nos affaires. C'est pourquoy j'estime que vous devez vous mesurer à ce que je vous viens d'escrire.

Je vous suis bien fort obligé du soin que vous prenez et que vous voulez prendre pour la liberté de M. le mylord de Montaigu. Sçachant que vous ne manquez ni de bonne volonté, ni de prudence pour travailler comme il faut à cette affaire, j'en remets à l'un et à l'autre2 la poursuite.

Pour ce qui est de vos interests, ne doutez pas que je n'en prenne tout le soin qu'il me sera possible, et, m'estant chers au point qu'ils sont, je n'ay pas besoin que vous me les recommandiez. La Reyne aussy ne sçauroit avoir pour vous de plus favorables intentions qu'elle n'a. S'il estoit besoin de mes offices pour l'y confirmer, je vous supplie

1 Charles I" s'était retiré à Oxford, où il 2 Mazarin indique, par celte phrase, le

avait convoqué un parlement pour l'opposer comte d'Harcourt et M. de Gressy, dont il a au parlement qui siégeait à Londres. été question ci-dessus.

de croire que j'y apporteray ies plus forts et les plus ardents dont je Novembre

e, puisque je suis, etc.

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