‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 175 sur 335 · V M. LE MAJOR GENERAL D'ERLACH · texte numérisé non relu

V M. LE MAJOR GENERAL D'ERLACH

I Paris, I '1 décembre 1 643.

onsieur

1) abord que la Reyne a appris l'accident qui est arrivé à l'armée, elle n'a eu rien plus à cu-ur que d'y apporter le remède. Foui cil effet . après avoir nommé M. de Turenne pour la commander, elle luv a accordé de partir sans deslay, comme il a fait, et commandé quelques corps d Infanterie et de cavalerie pour l'aller fortifier, outre les levées qu'on prépaie et qui se mettront dans peu de temps en estât de recouvrer les avantages perdus; à quoy je vous puis asseurer qu'on n'espargnera ni argent ni hommes. Ce pendant je vous conjure de contribuer toul

Décembre ce (]ui despendra de vous et qui se pourra tirer de Brisach pour faire

subsister et ajjir 1 armée, vous promettant qu il sera promptement remplacé, et que vous aurez sujet de vous louer du service que vous rendrez en cette circonstance. Les ennemis Tairont grand bruit et se donneront beaucoup de vanité de ce qui s'est passé; mais j'espère que cela nedurera point longtemps, et qu'ils se trouveront loin de leur compte, l'intention de Sa Majesté estant de leur donner chez eux plus d'occupation et en plus d'endroits qu'ils ne s'imaginent. \ ous pouvez donner cette impression de tous costés, qui sera suivie de l'effet tel que je vous le figure.

On envoyé une somme notable à M. le baron d'Oysonville pour les garnisons et fortiffîcations de l'Alsace, et M. de Turenne en porte aussy avec luy pour pourvoir à tout ce qui sera besoin; par où vous pouvez juger qu'il estoit impossible d'agir avec plus de promptitude et d'efficace qu'on a fait pour remettre les affaires, et de là tirer une conséquence infaillible de ce qu'on faira à l'avenir pour celles de l'Allemagne. Je ne vous renouvelle pas icy les asseurances que je vous ay plusieurs fois données de mon affection, de laquelle vous recevrez des preuves très-certaines en toute sorte d'occasions, et particulièrement dans le soin que je prendray de faire valoir vos services auprès de la Reyne et de vous en procurer la reconnoissance qu'ils méritent. Quelle qu'elle soit, elle sera tousjours au-dessous delà passion avec laquelle je suis, etc.

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