A LA SEREMSSIME REYNE DE LA GRANDE-RRETAGNE
[Paris,] () décembre i6h'o.
Madame,
La Reyne prend tant de part à toutes les choses où Vostre Majesté s'intéresse, que toute la maison de M. le marquis de La Vieuville1 se peut asseurer de sa royale protection, puisque Vostre Majesté l'affectionne. J'estime, Madame, que celuy qui a eu l'honneur de mourir pour ses interests et à son service est très-dignement rescompensé par le ressentiment qu'elle tesmoigne avoir de sa mort el par le soin qu'elle prend des interests de sa maison. Si la Reyne pouvoil estre portée à les protéger par quelque autre considération, après la prière
Le marquis de La Vieuville avait été contre le duc de Saint-Simon, auquel les do-
surintendanl <les finances sous Louis Mil et maines de la maison de La Vieuville avaient été
avait exercé one grande influence en 1 (> -2 3 . donnés. Ou trouve des détails sur ce procès
Disgracié pendant le ministère de Richelieu, dans le Journal d'Olivier d'Ormesson (t. I.
il s'était réfugié en Angleterre. Il revint eu p. 97. io(>. etc.). G'esl à l'occasion de ce
France à l'époque de la Régence, h voulut procès que le marquis de La Vieuville avait
rentrer dans ses biens, qui avaient été con- sollicité et obtenu la recommandation de la
fisqués, Il soutint . ;> celte occasion, un pi reine d'Angleterre.
Décembre que Vostre Majesté luy en a faite, je tiendrais à grande gloire d'employer mes olhces pour 1 y exciter; mais puisque je ne pourrais 1 entreprendre sans présomption, je ne perdray pas au moins d'occasion. Madame, de l'en faire souvenir, et d'apporter, en mon particulier, toul ce qui despendra de moy pour le service des personnes qui sont chères à Vostre Majesté, de laquelle je seray toute ma vie, avec toute sorte de véritable respect, etc.
CCCL1V.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tom. I, f" 1/1Z1 recto.
A M. LE MARQUIS DE LANGERON '
[Paris,] 11 décembre i(>63.
Monsieur,
Nous avons envoyé tous les ordres nécessaires pour affermir le calme qui a esté estably dans le Houergue et pour faciliter en mesme temps au peuple les moyens de payer ce que le Roy est contraint d'exiger de luy.
Nous nous promettons que M. le duc d'Espernon et les autres qui sont employés à servir Sa Majesté en ce pays-là y agiront avec tant de prudence et de vigueur, que l'autorité de Sadite Majesté y sera conservée et que ses sujets luy rendront une obéissance volontaire. Surtout il importe extresmement, et c'est l'intention de la Reyne, qu'on empesche la licence des gens de guerre et la ruine qu'ils ont coustume d'apporter partout où ils passent.
C'est à quoy, de vostre costé , vous devez soigneusement tenir la main . comme je ne doute point que vous ne le fassiez, et croire que la Reyne vous en sçaura gré, et que ce me sera un [plaisir] particulier de faire valoir auprès d'elle vostre conduite.
1 Sur la mission donnée au marquis de Langeron, voyez ci -dessus, p. 3()<> et h\U.
DU CARDINAL MAZARiN. * 493
Déceinbri
unis.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, loi». 1. f° i'ift verso.
A M. DE CAUMARTI^,