A M. DU PLESSIS-BESANÇON
[Paris,] a3 janvier i6Ut\.
Monsieur,
Je vous depesche ce courrier exprès pour vous dire que, nonobstant tout ce que je vous ay dict à vostre despart, vous ne parliez d'autre chose que de l'affaire des prisonniers1, si ce n'est qu'on vous en fist toutes les advances et que vous en ayez une si belle occasion que vous jugiez ne la devoir pas perdre; et encore, en ce cas, faudra-t-il parler en gênerai le plus qu'il se pourra et fort délicatement, le service du Roy le requérant ainsy. Sur ce, je demeure, etc.
Il vient d'arriver un courrier de Rome sur le subject de la maladie • lu Pape, lequel m'a rendu une lettre de Gennes, qui porte que le roy d'Espagne envoyé don Juan d'Austriche pour gouverner le Pays-Bas et destine de grands employs ailleurs à don Francisco de Melos. qu'il en retire.
Je ne sça) pas si cela est vray, mais je scay bien que celuy qui le mande est très-informé des affaires d'Espagne.
Pour ce <|iii regarde la liberté de Jeannetin Doria, on demeure dans ce qui a esté concerté, et, quelque traicté que l'on fasse, il n'est pas nécessaire de rien changer en cet article.
Voyez ci-dessus, p. 55o. note 9.
Janvier i (>'i i.
CCCXCMII.
Mamisc. delà Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. f" 1 56 recto.
A M. DE TRACY
[ Paris,] 3o janvier i644.
Monsieur,
Ne vous estonnez point si, dans mes lettres, je vous parle souvent du bon mesnage de l'argent du Roy. Ce n'est pas que je ne sçache que vous y apportez tout ce qui despend de vostre soin; mais, véritablement, dans la multitude des affaires que nous avons sur les bras, et dans la resolution que nous avons faite de pourvoir à toutes, et surtout que rien ne manque à l'armée d'Allemagne de ce qui sera nécessaire pour la faire agir, il importe, pour ne demeurer pas en chemin, que nous usions d'économie et qu'il ne se fasse point de despense qui soit inutile.
Je m'asseure que vous approuverez cette conduite.
Je me remets de plusieurs autres choses au* depesches de M. Le Tellier, à ce que vous faira sçavoir M. le mareschal de Turenne et à ce que vous apprendrez du sieur Brachet, qui est party d'icy bien informé de toutes choses et avec une voiture de trente mille pistoles.
Vous le croirez, s'il vous plaist, quand il vous dira, de ma part, que je n'oublie pas vos interests et que je suis véritablement, etc.
Janvier 1666.
CGCXC1X.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. I, f" 1 56 recto.
A M. DE LA THUILLERIE
[Paris,] 3o janvier i646.
onsieur,
Je vous envoyé le duplicata de la lettre que j'escris à messieurs les Estats1 pour response à une qu'ils m'ont escrite en faveur de quelquesuns de leurs sujets, dont les vaisseaux ont esté pris par ceux du Roy. Quoyque je vous puisse asseurer que je n'ay rien oublie pour les taire trouver innocens, neantmoins leur faute s'est trouvée si visible, et la conséquence en a esté jugée si dangereuse, que nous n'avons peu esviter de les confisquer.
Vous agirez donc, s'il vous plaist, si l'on vous en parle, conformément aux considérations de ma lettre et y apporterez les autres que voua jugerez à propos, pour faire voir que ce jugement n'est ni contre l'alliance commune, ni contre la bonne et sincère correspondance que nous desirons entretenir avec messieurs les Estats.
Vous nous escrirez aussy au vray leurs mouvemens sur ce sujet, en cas qu'ils trouvent quelque chose à dire contre nostre procédure, ce (|ii à mon avis ils ne peuvent raisonnablement faire. Je ne vous en dis point davantage, et finis, après vous avoir protesté que personne ne sera jamais plus que moy, etc.
On a déjà m plus haut que ce nom geail avec le slathouder le gouvernement
désignait l'assemblée des états généraux des de la République. (Voyez l'introduction en
Provinces- Unies, auxquels Mazarin adresse tête de ce volume.) la lettre suivante, dette assemblée parla-
Janvier 1 644.