‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 208 sur 335 · A MESSIEURS DE COLMAR · texte numérisé non relu

A MESSIEURS DE COLMAR

[Paris,] 28 février 16&6.

Messieurs,

Je croy que vous aurez connu par expérience que j'ay protégé, autant que j'ay eu lieu de le faire, vos interests auprès de la Reyne. J'ay aussy exhorté de mon chef M. le baron d'Oysonville1 de vivre avec vous autres avec toute la courtoisie et la bonne correspondance que le service du Roy et la justice peuvent souffrir. Celle-cy est pour vous asseurer que je ne changeray point de conduite en vostre endroit, et que vous devez attendre de moy tous les bons offices que je pourray vous rendre et que vous en pourrez raisonnablement désirer. Je vous conjure seulement de continuer dans la fidélité et le zèle que vous avez tesmoigné jusques icy à Sa Majesté, vous asseurant aussy qu'elle vous continuera tousjours sa royale bienveillance. Croyez aussy que je vous tesmoigneray, etc.

1 Voyez une lettre , en date du 1 7 avril concernant l histoire (te France et particulière-

i646, adressée par le secrétaire d'Etat Le nient l'Alsace (Paris, Hingray, i8io). Voici

Tellier au baron d'Oysonville, pour lui re- le commencement de la dépêche :

commander de ne pas lever plus de 6,000 "Les depputez de Colmar ayant repre-

livres sur les habitants de Colmar. sente à la Reyne les privilèges des habitans

Celte lettre a été publiée par M. Vanhuflél de cette ville , Sa Majesté a trouvé bon de leur

dans un opuscule intitulé : Documents inédits accorder l'exemption des contributions, « etët

CDXL.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° -20k recto.

A M. DE LA THUILLERIE

[Paris,] h mars 1 G.'i '4.

Monsieur,

Un ministre de prince bien informé nous a donné avis quon traite à Seville avec des marchands, pour asseurer les lingots d'argent que le roy d'Espagne veut envoyer en Flandres; si bien que, MM. les Estais, apportant les diligences qu'ils peuvent en cette occasion pour faire fermer par leurs vaisseaux le port de Dunqucrque, il y a grande apparence qu'ils en pourront empescher l'entrée à ceux qui seront chargés de ce secours, ou peut-estre mesme s'en prévaloir d'une bonne partie. L'avis vient d'un lieu qui nous en a tousjours donné de certains, et il semble qu'on ne le doive pas négliger. Sur quoy vous représenterez, s'il vous plaist, par delà, ce que vous estimerez plus à propos pour \ faire appliquer ces Messieurs comme il faut.

La Reyne ayant sceu de bonne part que le sieur de Sainl-lbart '. qui est à présent en Hollande, a dessein de quereller le sieur de Beringhen, lequel s'en va en vos quartiers, Sa Majesté m'a donné ordre de vous en escrirc, afin que vous en parliez à M. le prince d'Orange, et empeschiez, par son autorité, qu'il n'en arrive aucun inconvénient. Je vous prie d'y mettre si bon ordre, qu'il n'y ayt rien à craindre pouf cela; et véritablement ledit Saint-Ibart seroit bien hardy de songer à il laquer un gentilhomme envoyé de la part du Roy.

Nous avons envoyé une personne expresse en Irlande s pour tra*

Henri d'Escars de Saint-Bonnet, sei- c'était on des esprits les plus dangereux de

gneur île Saint-Ibarl on Sainl-Ilmld. e'iait, cette époque.

par sa mère Adrienne de Bourdeille, cou- ' Il v a Zclaudc dans le manuscrit, mais

sin germain de Montrésor. Il fut mêlé, ainsi il faut lire friande. On a la commission don-

que ce dernier, à presque toutes les conspi- née au sieur de La Moynerie, ou Moinerie,

rations dirigées contre Richelieu et Mazaiïn : pour faire des levées ou Irlande.

Mare iii'i'i. vaiiler à quelques levées. 11 se pourroit faire que, pour leur trajet en France, il auroit besoin d'avoir des vaisseaux d'Amsterdam. C'est pourquoy, si M. de Beringlien ou celuy mesme qui est chargé de cette levée, qui s'appelle Moincrie, vous fait instance de la part du Koy, ou de la mienne, de faire ollice vers MM. les Estats pour l'envoy desdits vaisseaux, je vous prie de vous y employer comme à chose importante au service de Sa Majesté.

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