AU- COMMISSAIRE VERT
1 Paris,] 28 mars 16/1'j.
Monsieur,
J'ay veu, par vostre depesche dernière, plus exactement que je n'avois encore faict, le contre-roolle des soldats qui sont venus au quartier de Romans. Des trois cens que vous dictes avoir remis au sieur Bernardini pour conduire à Montbard, il n'en est arrivé que deux cens dix, à ce que mande Benêt; le reste ne peut pas estre perdu. C'est
' Cette armée était sous les ordres de ^Imperatorcredilurcum suis (avec ses alliés)
Mercy et de Jean de Werth. On annonçait, très magnos exercitus hoc anno habiturus.
écrit Grotius le 3 1 mars/g avril 16 à h, que sub Gallassio, Hasfeldio, Merciaco; minores
l'Empereur mettrait sur pied trois grandes très, sub Gotzio, Lamboio, Wœrtio .* (Epist.
armées, dont les généraux en chef seraient inedilœ, p. 128.)
Gallas, Hatzfeld et Mercy; et trois petites, 2 Voyez plus haut, p. 533, lettre du
commandées par Gœlz, Lamboy et Werth : h janvier 166/1.
pourquoy vous ferez toutes les diligences pour les recouvrer dans les Mais i64fi regimens que l'on lève en vos quartiers; et, pour cet effect, il seroit bien à propos que vous fissiez un tour jusques en Avignon, où je pense que la pluspart seront allés.
J'escris au sieur Arnolphini de vous aller trouver, afin que vous iu\ remettiez quatre-vingts soldats pour sa compagnie, de ceux qu'a le sieur Talon, lesquels il conduira, et tous les autres qui se trouveront dans le quartier de Romans avec le sieur Sardini, jusques à celluy de Semur. Il faudra, pour cet effect, que vous commettiez quelque personne fidèle et intelligente pour les accompagner, qui tienne la main à leur faire fournir les choses nécessaires dans leur route, les faire vivre avec discipline et empcscher qu'ils ne se desbandenf.
Je ne sçay pourquoy le sieur Talon vous envoyé des sergens lïancois, ny pourquoy vous les recevez, après m'estre desclaré cent fois à l'un et à l'autre que je n'entendois pas qu'il y en eust aucun dans mon régiment. Je ne veux pas aussy que l'on y reçoive aucun Nissart1, ce que vous direz au sieur Bernardini, parce que nous tomberions dans le mesme inconvénient des Savoyards, et que le corps se remplirait de Provençaux soubs ce prétexte de Nissarts.
On a bien donné ordre à M. de Ghazé de s'en revenir, mais non pas de surseoir la procédure de vostre affaire, à laquelle il auroit peu travailler pendant le séjour qu'il a faict depuis qu'il a receu l'ordre du Roy.
Pour ce que vous me mandez touchant la façon des habits, je m'en remets à ce que vous estimerez plus commode, et vous vous en entendrez avec MM. Senamy. Je leur escris de remettre ceux qui se trouveront prests au sieur Arnolphini, quand il passera à Lyon, qu'il pourra faire porter avec le bagage; ce qui donnera plus de courage aux soldats. Mais il ne faudra pas qu'il les leur deslivre, mesme estant arrivé à Semur, qu'il n'en ayt nouvel ordre d'icy.
' Habitant du comté de Nice (en italien Nizza).
Mars i •',','
CDLXI.
Manille, de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. f° 2Ô5 verso.