‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 227 sur 335 · CDLXXXIX · texte numérisé non relu

CDLXXXIX

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719. tom. I, f° 281 recto.

A M. DE BERINGHEW

[ Paris,] G mai 16V1.

Monsieur,

Je ne vous croyois desjà plus en Hollande quand j'ay receu tout à la fois les trois lettres que vous avez pris la peine de m'escrire. Vous aurez bien peu juger que je vous tenois desjà party, puisque vous n'avez point receu de mes lettres par l'ordinaire de la semaine passée, ny par le sieur de L'Estrade, que l'on a depesché celle-cy. Vous pourrez donc revenir, si ce n'est que vous croyiez vostre présence encore nécessaire

parlement de Paris pour avoir servi de second à Coligny (Gaspard) contre le duc de Guise. Le prince d'Orange lui offrit un asile. rJe vous prie, lui disait-il, de quitter un pays où l'on ne connoist pas les bonnes gens, comme vous estes, et de me venir trouver icy, où je partageray avec vous ce que j'ay, pour vous tesmoigner l'estime et l'amitié que j'ay pour vostre personne." (T. I, p. 90-

MAZABIIt.

9 1 , des Lettres et Mémoires du comte d'Estrades; 9 vol. in-12, Londres. 1763.)

Ce recueil des négociations du comte d'Estrades est malheureusement très-incomplet. On n'y trouve aucune lettre sur la négociation dont il fut chargé en Hollande en 1666. Il n'en est pas question non plus dans les Archives de la maison d'Orange- Nassau, publiées par M. Van Prinsterer.

Mai i644. par delà pour quelques jours pour l'exécution des choses concertées, ou pour quelque autre qui regarde le service du Roy.

Ledit sieur de L'Estrade n'aura pas manqué neantmoins de vous communiquer tout ce dont il a esté chargé, aussy bien que le sieur Rrasset ce que je luy ay mandé par ma lettre du ier du courant; à quoy il ne me reste rien présentement à ajouster que pour vous prier d'employer particulièrement vos soins à procurer, qu'outre les grands vaisseaux que MM. les Estats sont obligés de donner, on puisse avoir de petites barques qui, abordant plus près déterre, soient plus capables, avec celles que nous y envoyerons aussy, d'empescher les secours que les Espagnols, avec des barques semblables, pourroient tenter d'introduire dans la place. Mais comme j'ay entretenu au long là-dessus ledit sieur de L'Estrade, je me remets à ce qu'il vous en dira.

Il y a huit jours que je suis après Lopès; mais vous connoissez comme il est traitable. Ce n'est pas l'argent qui me retient de conclure, s'agissant de fort peu de chose, mais le doute assez probable où je suis qu'il n'ayt encore changé les perles du collier que je marchande, duquel j'ay desjà offert plus qu'il ne vaut1. Mais luy, qui reconnoist l'envie qu'on en a, tient les cartes fort hautes, ce qui me mettroit peu en peine, si j'estois asseuré qu'elles deussent plaire; mais je ne trouve pas encore les perles ny assez grosses, ny assez belles, ny assez bien rangées. On m'en a fait voir un autre, dont je suis en traité, et sy tost que j'auray arresté quelque chose, on depeschera plustost un courrier exprès pour les porter. Lopès m'a dit que madame la princesse d'Orange vouloit avoir une garniture de diamans et d'emeraudes qu'il a, et qu'elle luy en avoit fait parler. Je vous prie de me mander ce qui en est.

J'auray soin de faire bailler quelque assistance extraordinaire au sieur Brasset, afin de luy donner moyen de servir. Je sçay ce qu'il vaut, et seray bien ayse de le luy tesmoigner aux rencontres.

Je vous prie de ne pas revenir sans les livres que vous m'avez fait espérer.

' On a vu plus haut (p. 6-21, 6-22, 623) qu'il s'agissait d'un collier de perles destiné à la princesse d'Orange.

DU CARDINAL MAZAR1ÏV.

Mai iti'i'i.

XD.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. toni. I, f° y 81 recto.

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