‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 233 sur 335 · GOUVERNEUR DE BBI8ACH POUR SA MAJESTÉ · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR DE BBI8ACH POUR SA MAJESTÉ

[Paris,] 16 mai ifii'i.

Monsieur,

J'ay appris, par Jes lettres de M. le mareschal de Turenne, le devoir que vous avez fait pour arrester le cours et pour punir les autheurs de la sédition qui s'estoit renouvelée à Brisach 2. J'ay bien creu qu'en cette occasion vous ne fairiez pas seulement paroistre vostre fidélité et vostre zèle au service du Roy; mais que vous y apporteriez toute la prudence et toute la conduite nécessaire pour destourner, à l'avenir, de semblables inconveniens.

Vous pouvez croire que, vous estimant au point que je fais et ayant vos interests en une particulière considération, je ne manqueray point de faire valoir vos services auprès de la Reyne et dans le Conseil; nous travaillerons à vous donner toute la satisfaction qui se pourra sur vos demandes, et je vous proteste que je m'y employeray avec soin, tant pour l'interest du service du Roy que pour vostre contentement, qui me sera tousjours très-cher.

J'ay chargé3 , qui vous rendra la présente, de vous asseurer,

' Cette lettre n'a pas été publiée dans les Mémoires concernant le général d'Erlach.

s Voyez plus haut, p. 669 , texte et note.

Les Bavarois, si l'on en croit Grotius, avaient fondé des espérances sur cette sédition. Voyez la lettre du 18/28 mai i&kh : ffBrisaci tumultus sex militum supplicio ita repressus est , ut spem inde conceptam perdiderint Bavarici. * (Grotii epist. ineditœ , p. 1/.7.)

Le nom est resté en blanc dans le manuscrit; mais, d'après la lettre suivante, il est probable que c'est le nom de Roqueservières qui doit être rétabli dans ce passage. Boqueservières était maréchal de bataille dans l'armée d'Allemagne; d'après les Mémoires de H. Campion (édit. Treuttel et Wùrtz , p. 119), il avait servi sous Bernard de Saxe-Weymar, le duc de Longueville et le maréchal de Guébriant.

de ma part, que personne ne peut avoir pour vous des sentimens plus Mai 16M. avantageux que ceux que j'ay, ni plus de désir de vous faire paroistre la passion avec laquelle je désire que vous croyiez que je suis, etc. après m'estre remis à M. Le Tellier à vous faire sçavoir le particulier de ce qui vous concerne.

D. ' Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719, tom. I, P 177 verso.

A M. DE TRACY

MAI9TRE DE CAMP D'UN REGIMENT DE CAVALERIE ET COMMISSAIRE GENERAL DE L'ARMEE DC ROY EN ALLEMAGNE.

[Paris,] 16 mai 16/16.

Monsieur,

J'ay receu la vostre du 6 du présent, et j'escris à M. d'Erlach conformément à vostre sens. Vous me fairiez bien plaisir de l'asseurer, de ma part, soit par lettre, soit de vive voix, quand l'occasion s'en présentera, que personne ne pouvant avoir plus d'opinion ny de sa fidélité au service du Roy, ny de sa capacité et de sa prudence, il ne trouvera aussy jamais personne qui fasse davantage valoir ses bonnes qualités et ses services, ny qui prenne plus de soin de ses interests.

M. Le Tellier vous escrit si amplement, et le sieur de Roqueserviéres s'en retourne si pleinement instruit de toutes les choses qui concernent l'armée, que je perdrois le temps de vous en mander rien après cela.

Je vous diray seulement, avant de finir, que je fais la considération que je dois de vos sentimens et de vos avis. Vous croirez aussy, s'il vous plaist, qu'il n'est rien de plus véritable que l'asseurance que je vous ay donnée d'estre lousjours, etc.

Mai ni'i'i.

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