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Manusc. de la Biblioth, Mazarine, n" 1719, loin. I, f" 181 verso.
A M. LE GENERAL D'ERLACH '
[Paris,] 20 mai 16/1/1.
Monsieur,
Bien que nous fussions asseurés qu'il n y avoit point d'affaire si importante ni si difficile qui fust au-dessus de vos forces, ie devoir que vous avez franchement fait pour arrester le cours de la sédition qui s'estoit renouvelée à Brisach nous a clairement confirmé cette vérité. Vous n'y avez pas seulement fait paroistre de la fidélité et du zèle au service du Roy, mais vous avez apporté tant de prudence et tant de vigueur pour couper les racines du mal, que nous avons sujet de présumer qu'il n'y arrivera point, à l'avenir, de semblables inconveniens. La Reyne a hautement loué vostre conduite, dans le Conseil et en particulier. Tout le monde luy a applaudy de ce costé-là, et moy, qui fais particulièrement profession de vous estimer et de prendre part en tout ce qui vous regarde, je ne me suis point espargné à rendre le tesmoignage qui estoit deu à vos bonnes qualités et au mérite de l'action que vous avez faite. M. le mareschal de Turenne nous en a escrit en des termes si avantageux et nous parle si dignement de vous en toutes ses lettres, qu'il paroist bien qu'il n'a pas seulement une grande estime, mais encore une grande passion pour vostre personne. Croyez que vos services ne manqueront pas de reconnoissance de la part de Sa Majesté, et, si le service du Roy vous permet quelque jour de venir icy, je me promets que vous en rapporterez plus de satisfaction que je ne sçaurois vous l'escrire.
M. de Turenne, qui deffère beaucoup à vos sentimens, vous informera amplement de ce qui concerne l'armée et le gros de nos affaires.
' Cetle lettre n'a pas été publiée dans les Mémoires concernant le général d'Erlach.
Je luy en escris amplement; mais je l'ay prié surtout, et j'en ay chargé Mai iff44. par exprès le sieur de Roqueservières, qui vous rendra la présente, de vous asseurer que rien ne m'est plus cher que vos interests. Me remettant donc à ce qu'il vous dira et à la depesche de M. Le TeHier1, je vous protesleray avec vérité que personne au monde ne sera jamais plus que moy, etc.