‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 242 sur 335 · DXII · texte numérisé non relu

DXII

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. lom. I. f° 182 verso et 1"' 1 83 reclo. A M. DE Tt i RENNE.

[ Paris,] u3 mai i644.

Monsieur,

j'ay pris la commodité du retour de MM. Lamet et d'Anisy pour vous escrire. J'escris aussy, par mesme moyen, à M. le vicomte de Courval ', et luy tesmoigne la satisfaction qu'a la Reyne de ce qu'il a fait à la deffense d'Uberlingen 2 et le désir de rescompenser ses services. Vous pouvez, s'il vous plaist, l'asseurer que je seray son solliciteur dans les occasions, et que, l'estimant au point que je fais, j'aurois un très-grand desplaisir si son mérite demeuroit sans reconnoissance. Attendant cela, M. Le Tellier envoyé ordre pour luy faire deslivrer deux mille risdales.

Pour ce que vous me mandez de M. d'Oysonville, j'avois eu la mesme pensée que vous, comme je croy vous l'avoir escrit3; mais l'important est qu'il faut songer qui nous mettrons en sa place, qui n'est pas peu considérable, puisque, outre la lieutenance du Roy, il y a un régiment françois à commander.

Vous nous en manderez vostre sentiment, comme aussy de quelle manière vous jugez qu'il faudra employer M. d'Oysonville.

Gouverneur d'Uberlingen. J'ai indiqué. Grotius (lettre du 9.6 mai/4 juin 1 644) parle

p. 564 , note 9 , la situation de celle ville. de la sortie de la garnison d'Uberlingen : «Ex

* Uberlingen s'était rendue après une glo- Uberlinga exiere milites inler trecentos et

rieuse défense, dont le mérite revient en quadringentos. 1 (Epistolœ ineditœ. p. 1 A m - »

grande partie au gouverneur, de Courval. 3 Voyez ci-dessus, p. 701.

J'estime que vostrc arrivée à Brisach et le renfort que vous avez promptemenl jeté dans Fribourg aura fait que l'approche de Mercj vers cette place n'aura eslé qu'une menace l, et que vous pourrez assembler l'armée sans précipitation.

M. de Marsin joindra M. le duc d'Anguicn le plus tost qu'il se pourra; la compagnie des gendarmes de la Reyne, qui est de cent cinquante maistres, l'ira aussy trouver, et ainsy on le renforcera peu à peu et on le mettra en eslat d'agir dans le dessein que vous sçavez. Je me remets de plusieurs autres choses que j'omets icv à MM. de Lamet et d'Anisv:

Mai i6/i'i.

DXIII.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n" 1719. toni. I . f° 182 verso.

\ M. de turenm;.

Monsieur,

Voua serez si amplement informé

Mercy, après avoir pris Lbcrlingcn, bloqua Hohenweil, où commandait Widerholt. Ce gouverneur l'amusa pendant quelque tempe par des négociations. Lorsqu'il eut reçu des munitions, il rompit lesconfén ft força les Bavarois de s'éloigner. Ce fut qui Merej vin 1 Fribourg, au

dejuiflel i6ftâ. En mai et eu juin on ne savait pas encore quelle ville il attaquerait,

Fribourg pouvait p pour une f-'iotn.

Les lettres de Grotiu prouvent que, même

au commencement de juin, il y avait encore

beaucoup <l incertitude sur les projets de

rarroée bavaroise. rVerenc Friburgi obsi-

ilenl Bavari, an eo meta diduo n

Paris, I a 3 mai 16M.

par l'instruction que ce courrier

copias gallicas voluerint, quœ sunt sub maroschalloTurcnaj.ab illis quœ sunt sub duce Inguiano, dubitatur. Certe Tubadeuus Friburgo imposuil |>r<lilos mille, équités trecentos, multumque commeatus coilocavit tum Brisacii, tumRinfeldii, putaturque itnrus ad Rlieni inferiorein ripam, ut propius S Moselle absit, ad quam sunt rastra Anguiani. Bavari multum cursitanl citra ultraque Rhenum, et Hatxfeldius Franconiœ gravis est ...DuxGarolus,abjecta,ul videtur, spe conventionum cum Galba, Wormatia auget praesidium; militis sm partem lieckio dat, partem Bavaro. « (Epûtolœ inediiœ.

"l'i LETTRES

Mai ii.'i'l vous porte, que M. Le Teilier et mo\ avons dressée, que je n'at rien à y ajouster pas celle-cy, sinon que j approuve fort vostre pensée touchant M. Toubatel. Le sieur Gharlevois partira dans deux ou trois

jours, qui vous portera encore de nos nouvelles. Nous en attendons des vostres par l'arrivée du sieur de Roqueservières, ou de ceux que vous envoyerez pour nous donner part de vos desseins. Toutes choses sont. de tous coslés. en forj bon estât, et moy, je suis plus que personne <\\i inonde, etc.

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