RESIDENT PRES DES ESTVTS GENERAUX
[Paris,] '1 juin îG'i'i.
onsieur.
I ;i\ veu, par la vostre du a3 du passé, les oflices que vous avez faits envers M. le prince <l Orange pour la subsistance des troupes de M. de Marsin. En cela, comme aux autres choses, si l'on ne peut avoir tout ce qu'on désire, il faut se contenter de ce que l'on peut, et agir toiisjours jusqu'à ce que le besoin ayi cessé et que l'occasion soil passée. Je vous escris cecy, d'autant que nous aurons encore affaire de l'assistance de MM. 1rs Estats pour le inesme sujet, mais d'une autre manière, qui 11c leur sera pas fascheuse, ainsy que vous l'apprendrez par la depesche de M. L<> Tellier, à laquelle je me remets1.
On trouve dans un manuscrit de la lii- par terre de l'infanterie qui est avec \ous. bliothèqne impériale (Fr. '1170. fol. i35- pour aller joindre mon cousin le duc d'.\none lettre du Roi à Marsin, pour Elire gnien, pourroit recevoir diverses difficultés, embarquei à Bois-le-Duc les troupes qu'il et qu'elle seroit bien utilement employée en dans le pays de Liège et en mon armée commandée par mon oncle le Allemagne. On avait besoin, pour effectuer duc d'Orléans, qui est maintenant devant «projet, de l'assistance des Provinces-Unie Gravelines, je vous lais cette lettre pour vous ■1 probablement la le service suqnel dire, par l'advis de la Reyne régente, main '•"' 'dindon. dame ,„n ,„,,,.,, m)() fefâme ;, pr0p0g ,|(l
'' " r|" l!l" faire acheminer par Bos-le-Duc ladicte in-
fanlerie, ensemble les reserves qui ont esté
Monsieur -In M.mmii ■ , , • . . ». .
levées en Liège pour I*1 régiment d infante-
la depesebe cy -jointe que je rie de Guicbe, pour y esbre embarqa
''"' ' •",l considère* quels marebe de là se rendre .:i Calais: que, pour ce) ef-
1 li dëpéebe |.ar laqMik h Roi lui ordonnait dejwndn mi tnmp« irec mB« da <luc d'Enghieo. ■ma». — i.
Juin i6M.
ininiii'i'i. L'armée navale de MM. les Estais esl bien venue au temps arresfa devant Gravelines, mais non pas avec des barques el des pontons, ainsy que MM. de Beringhen et d'Estrades me l'avoieni asseuré, sans quoy il est impossible d'empescher que les balandres ' des ennemis a \
abordent, connue nous en avons desjà fait l'expérience. C'esl pourquoi je vous prie, au nom de Dieu, de faire les plus fortes instances que vous pourrez auprès de ces Messieurs el de M. le prince d'Orange, affin qu'il n'y ayt rien à désirer du coslé de la mer pour destourner de semblables inconveniens; de quoy M. le duc d'Orléans n'aura pas manqué de vous escrire.
Nous attendons, avec l'impatience que vous pouvez juger, la nouvelle de ce à quoy M. le prince d'Orange se doit attacher, et dont le retardement ne nous peut estre que très-désavantageux, à cause que
fect, ayant adjusté avec le sieur Brasset les choses nécessaires pour le passage de ladicte infanterie avec commodité et seureté, vous ayez à conduire et escorter ladicte infanterie, ensemble les recreues rpui ont esté levées en Liège, avec ladicte cavalerie et celle dont les sieurs les Estats vous assisteront à cet effect, jusques audict lieu de Bos-le-Duc; que vous fassiez embarquer ladicte infanterie et qu'ensuite de ce vous retourniez à Maestrik avec la cavalerie; mais comme vous ne pouvez pas demeurer au poste où vous estes sans infanterie, vous preniez vos mesures en sorte que, incontinent après vostre retour et après vous estre seulement rafraischy autant qu'il sera besoing, vous marchiez avec ladicte cavalerie pour aller joindre mon cousin le duc d'Anguien, en exécution des ordres que vous recevrez de sa part, suites advis que vous luy donnerez, pour faire la jonction de la cavalerie plus seurement. et qu'en luy marquant le jour que vous pourrez partir de Maestrik , vous fassiez estât du temps qui vous sera nécessaire pour
vostre voyage de Bos-le-Duc. vostre retour à Maestrik et le rafraischissemenl de vùb troupes; que neanlmoins. si mondict cousin vous donnoit ordre de luy mener toute ladicte infanterie aussy bien que la cavaiei il vous ayez à l'exécuter ponctuellement :
plus, comme vous voyez sur les lieux mieux que personne ce qui se peut faire pour le passage de la dicte infanterie pour Calai:-, je vous en remets l'exécution selon que vous estimerez à propos . vous recommandant particulièrement le secret en toute celte affaire, et d'y apporter vostre bonne conduite et diligence "accouslumées; et sur ce, je prie Dieu qu'il vous ayt, Monsieur de Marsin, en sa sainte garde.
rrEserit à Paris, te h juin iti'i'i.-
Et plus bas
Signé t LOUIS.*
-I.i Tu.LUB.1
Bateaux plais.
ioutes les forces de Flandres nous tomberoienl sur les bras, si Ion ne Juin i644. les obligeoit à se partager, en attaquant les ennemis en quelque endroit qui leur soit plus convenable que ce qu'ils pourroicnt entreprendre sur nos frontières.
Nous avez eu raison d'osier à M. le prince d'Orange l'alarme qu'où luy avoit donnée de l'armée prétendue du cercle ^ estphalique et de la marche de Hatzfeld vers le Rhin. Car, outre que, comme vous luy avez représenté, cette armée n'est pas encore preste à s'esclore, bien qu'il •> .iyt desjà longtemps qu'elle soit conçue, et qu'il y a de l'apparence que, avant que cela soit, M. le prince d'Orange aura tout loisir d'achever à son ayse ce qu'il entreprendra, s'il n'en est diverly par ailleurs, il est encore certain que, supposé qu'elle se met le sur pied, elle ne sçauroit estre employée contre MM. les Estais en faveur des Espagnols, • cause de la résistance qu'apporteroient à cela tous les membres du corps \\ estphalique. qui ne prétendent la lever que pour la deffense "t. les interests de leur cercle, qui n'a rien à demesler avec MM. les Estats, avec lesquels, comme ils sçavent, l'Eslecteur et la ville de Cologne vivent fort bien et observenl les lois de bon voisinage: de sorte que. de ce costé-là, il n'y auioil rien à craindre pour eux.
Quanl à Hatzfeld, il esl vrav que nous avons nouvelles que, n'ayanl peu exécuter le dessein qu'il avoil contre Kœnismarck ou ailleurs, il a ramené ses troupes dans ses vieux quartiers de la Franconie pour les y faire rafraischir, et où il est tombé malade. Mais que de là il doive venir vers le Rhin pour \ faire diversion sur MM. les Estais, en faveur des Espagnols, cela n'a nulle apparence, puisqu'il est plus vraysemblable qu il ne laissera point le champ libre aux Suédois du costé de i\f et de la Thuringe, el qu'il faul < ( 1 1 • • ^ pour le moins, il demeure pour agir oantre eux. gj l'on n'envoyé quelque autre au secours Au poj de Danemarck. Outre que le mescontenteraenl que nous sçavons, de bonne part, qu'il a que Gleen luv avl esté prefei*é par l'autorité du duc de Bavière pour le commandement de celle armée westphalique, qu il avoit ardemmenl désiré, faira el qu'il n'iroitpas volontiers le Rhin, et qu'on ne l'v envoyeroil pas aussj sans quelque
Juin iii'i'i. grande nécessité, séparée des affaires des Espagnols, qui y obligeas! I Empereur.
\oiis vous servirez de ces considérations, si \ons le jugez à propos, pour faire cesser l'appréhension que MM. les Estais pourraient avoir d'estre troublés du costé d'Allemagne, s'ils s'embarquoienl à quelque grande entreprise. Je vous laisse à mesnager cette matière selon vostre prudence et la connoissance ([ne vous avez de l'humeur el des maximes de ces Messieurs.
Croyez, ce pendant, que je vous estime comme je doy, el que,dan6 les occasions, je prend ray le soin de vos interests que vous devez attendre de celuy qui est très-veritablcment,
Monsieur,
Vostre (rès-affectionné à vous faire Ben Le Cardinal MAZARIM.