DXXIII
Manusc. dé la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. 1, f° 287 verso.
A M. D'ESTRADE
I Paris,] U juin 1 1
Monsieur,
Vous aurez desjà sceu comme l'armée du Roy est attachée à Gi avelines, et que la tranchée se devoit ouvrir le premier du courant. Les choses ont esté conduites avec tant de secret et d'adresse, faisant en mesme temps entrer dans le pays ennemy quatre corps dilïerens qui donnoient jalousie à toutes leurs places, que nous estions arrivés a Gravelines avant qu'ils eussent aucun soupçon que nous en voulions à celle-là. Ils ont pourtant trouvé moyen d'y jeter des hommes par la voye de la mer en nombre assez considérable ', mais qui n'empeschera
' rrOuingenli hommes, dit Grolius, in dium.n (Epist. inédite, p. i44, lettre du Gravelingam penetrarunt aucfuni pr.Tsi- 26 mai/4 juin 16&&.)
pas que l'on ne continue dans la première resolution du siège avec Juini64û. espérance de bonne issue.
J'avois pensé que l'armée navale de MM. les Estats pourroit enipescher ces sortes de secours, par le moyen de leurs felouques1, des moyennes barques qu'on avoit fait espérer, et de ce bateau que vous m'avez mandé qui pouvoit aborder sans péril chargé de pièces d'artillerie. Je vous prie de faire renouveler par le prince d'Orange les ordres bien précis de ce que vous verrez de nécessaire sur ce sujet. comme des autres cboses dont nostre armée peut avoir besoin de l'assistance et de la faveur de MM. les Estats et de leur pays.
Je vous avoue que j'attends avec grande inquiétude la nouvelle que M. le prince d'Orange soit attaché à l'entreprise concertée. Je me suis engagé si positivement d'asseurer, sur les paroles que Son Altesse m'a l'ait donner, qu'elle y seroit dès le vingtième du passé, qu'il me semble que tout le retardement qui s'y rencontre me peut estre imputé, dont S;i Majesté aussy m'a desjà fait quelques reproches. Vous voyez assez combien il esl importanl au bon succès de nos desseins qu'ils soient entrepris en mesme temps, afin que les ennemis, dans la faiblesse où ils -ont. ne sçachent auquel courre, el perdent des deux costés, pour vouloir sauver lout. Je vous prie de n'omettre aucune diligence pour solliciter et liaster l'exécution de ce qui doit estre fait de vostre eoslé. puisque vous ne sçauriez guères rendre a Sa Majesté de service qui lia soi! pin- agréable. Ce pendant, je vous prie, etc.
P. S. Je vous prie de me mander si nous pourrions espérer que M. !<• prince d'Orange, exécutant son dessein, pourroit nous prestei quinze cens on deux nulle hommes pour employer à nostre entrepris lesquels viendraient dans des barques, et s'en retourneraient de sine aussytosl que le Biege sera fini.
Ce mol l'écrit ordinairement /êiottfiief, h désigne <!<• petits bâtiments <le l>ns bord el allant ■< rames.
Juin Hi'i'i.