‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 252 sur 335 · M. MILET · texte numérisé non relu

M. MILET

Paris, I ù juin iTiVi.

On envovc ordre au sieur de Marsin de venir joindre 1 armée de M. ie duc d'Anguien avec toutes les troupes de cavalerie qui! a, et. afin que l'infanterie ne lembarrassast pas dans sa marche et ne rendis! son passage moins seur, on a proposé de luy faire prendre ia route de Bois-le-Duc, et la faire embarquer pour venir en Picardie. On luv envoyé les ordres, se remettant pourtant à luy de l'exécution, parce que, au cas qu'il fust autrement, par des raisons que nous ne voyons pas, on laisse à son choix de faire ce qu il sera plus expédient.

11 ne faudra rien oublier, dans le temps que vous serez avant que pouvoir partir, pour faire mettre ladicte infanterie au meilleur estât qu'il se pourra, et vous la conduirez vous-mesme sans l'abandonner, prenant soin de la subsistance et des autres despenses nécessaires pour l'embarquement, jusques ;i \ostre arrivée à Calais, où >ous trouverez entre les mains de M. le comte de Gharost, ou son lieutenant dans la place, les ordres de Sa Majesté de ce que vous aurez à faire.

Je sçay que vous avez tiré de grandes contributions et que les troupes ne sont pas complètes. Cependant vous ne parlez point d'en tenir compte au Roy, et il sembloit, par vos dernières, que vous mettriez la main au dernier fonds qu'on vous a fait tenir, dès qu'il seroit arrivé. Souvenez-vous que le sujet de vostre envoy n'a esté que pour le»mesnage des finances, et ne faites pas que je sois trompé dans la confiance que j'ay prise en vostre fidélité. Il faut absolument faire en sorte de ne point payer la monstre à ces troupes, tant de cavalerie que d in- Fanterie, qu'elles ne soient arrivées dans les armées où elles sont destinées pour servir: autrement, il seroit à craindre que la plusparl des

soldats, ayant louebv l'argent, ne vous quittassent et aymassent mieux Juin niv demeurer dans le pays, pour en attraper encore de eeluy d'Espagne.

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